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14.10.2006
Un dimanche un peu moins noir que prévu !
Chroniques des lecteurs l En direct de Belgique Pierre, Charleroi
Ce 8 octobre, 7,5 millions de Belges ont renouvelé l’équipe dirigeante de leur commune. L’Europe avait un œil sur Anvers. La deuxième ville de Belgique avait choisi, en 2000, le Vlaams Blok comme premier parti pour diriger la ville. Qu’en est-il aujourd’hui ?
En octobre 2000, les Anversois s’étaient réveillés avec la gueule de bois… Le premier parti de la ville devenait le Vlaams Blok avec 32,95% des voix. Parti d’extrême-droite aux propos racistes et antisémites. Très vite, les partis démocratiques se sont formés en cartel pour créer un « cordon sanitaire », une sorte de majorité alternative pour mener les destinées de la ville portuaire. Ce dimanche 8 octobre 2006 était le grand rendez-vous avec l’électeur. Le raz-de-marée prévu n’a pas eu lieu. Le Vlaams Belang se tasse. Son score ne dépasse pas 33,51%. Mieux encore, il est n’est plus le premier parti d’Anvers, le sp-a (socialistes flamands) récolte 35,28% (15,79% en 2000 !). L’effet du très populaire Patrick Janssen, ancien président du sp-a, et maire sortant a fonctionné. La tendance d’Anvers se généralise dans les grandes villes flamandes où le Vlaams Belang ne décolle plus. Bien que dans les petites villes, il ne cesse de progresser.
Du Blok au Belang
En 2004, le Vlaams Blok se fait condamner par un tribunal pour son programme trop raciste, une loi condamne les parti raciste en leur supprimant leurs dotations publiques. Peu de temps après, Filip Dewinter balaye le logo et modifie le nom en Vlaams Belang. Le programme change aussi, les propos racistes et antisémites sont plus nuancés et le VB se tourne vers le nationalisme pur, tels la Flandre avant tout, encore plus de fédéralisme, moins de transferts Flandre-Wallonie, voire la fin de la Royauté et la scission du pays. Rien que ça ! Un programme qui tend vers celui des chrétiens flamands (CVP) et surtout de l’ex-Volksunie parti nationaliste qui s’est rattaché au CVP pour former le CD&V. Dont les propos de Yves Leterme dans Libération, cet été, donne déjà une certaine ambiance politique [...].
Et chez les Francophones
En Wallonie on tablait aussi sur un sursaut du Front National de Daniel Féret. De nombreuses affaires de malversations et d’abus de biens sociaux dans de nombreuses communes ont fait craindre une montée de l’extrême-droite. Mais, suite à une erreur administrative des membres du parti, le FN n’a pas pu se présenter tel quel à l’électeur wallon. Ses listes ont été annulées par le Ministre des Affaires intérieures. Le Front National a du changer de logo et de nom en trois semaines chronos pour se présenter au suffrage.
A Charleroi, la première ville de Wallonie, très touchées par les affaires, le FN ne réalise que 9,5% (par rapport aux 18% des régionales de 2004). On prédisait aussi un nouveau dimanche noir dans la cité carolorégienne. Le PS y perd sa majorité absolue au profit du MR(libéraux) et du cdH (chrétiens démocrates). A Liège, le PS et le Mouvement Réformateur de Didier Reynders gagnent des sièges au détriment des catholiques et des écolos. Le FN n’y fait que 4,1% mais décroche un siège au Conseil communal.
La capitale de l’Europe voit son Olivier (majorité de centre-gauche PS-cdH-Ecolo) reconduit par l’électeur bruxellois même si les verts perdent 5 sièges au profil des socialistes. Le Bourgmestre Freddy Thielemans conserve son écharpe mayorale.
Ces élections communales avaient surtout valeur de test. Le Vlaams Belang heureusement se tasse, les « affaires » en Wallonie ont certes affaibli le PS mais n’ont pas trop fait grimper le MR ou le cdH. Statut quo à Bruxelles où la plupart des majorités sont reconduites. Par contre le VLD de Guy Verhofstadt (premier ministre) régresse fortement face au CD&V, à plus de 6 mois des législatives fédérales.
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