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17 février 2007

Procès de l'Erika: les poubelles flottantes en accusation

medium_actualite.2.jpgLe procès qui s’est ouvert le 12 Février devra faire la lumière sur une des plus grandes catastrophes maritimes. Chaque bénévole conserve un souvenir intact suite au long nettoyage des côtes

20000 tonnes de fioul, 40000 kilomètres de côtes souillées, 150 000 oiseaux mazoutés: lorsque l’Erika s’est brisé le 12 Décembre 1999, c’est une des plus importantes catastrophes maritimes qui s’est déclenchée. «L’Erika n’aurait pas sombré si son armateur endetté n’avait pas négligé la sécurité pour exploiter à outrance le pétrolier et si Total n’avait pas contourné ses propres procédures afin d’honorer à temps un contrat de livraison assorti de pénalités de retard»: les conclusions des enquêteurs, sévères, servent en partie aux arguments de l’accusation lors du procès qui s’est ouvert le 12 Février, et ce pour quatorze semaines, l’un des plus chers de l’histoire judiciaire française. Les parties civiles (l’Etat, certaines collectivités locales, des associations et des ONG) ont évalué à plus d’un milliard d’€uros le préjudice économique engendré par la poillution, et espèrent obtenir une somme supérieure à celle déjà accordée par le Fipol, le fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.

Les côtes bretonnes et vendéennes souillées

Les bénévoles qui ont œuvré au nettoyage des côtes ont chacun des souvenirs particuliers de ce mois de Décembre 1999, où ils ont, la plupart avec peu de moyens, tenté de faire le maximum pour restaurer l’état des côtes. Les populations conservent un souvenir intact des dégâts. «Malheureusement, je n’attends rien du procès. A chaque catastrophe, on entend dire plus jamais ça et ça a recommencé, on l’a vu encore récemment» déclarait au Parisien Jean Cloutour, bénévole à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de Talmont Saint-Hilaire (Vendée) lors de l’ouverture du procès. Le Major Ange Le Guennec garde un fort souvenir de l’expérience: «Je suis un homme de terrain. Je me souviens du naufrage de l’Erika comme d’une forte expérience professionnelle, déclare le pompier de Quiberon. […] J’espère que cela restera une expérience unique». Le 11 Décembre 1999, le cargo est ballotté par la tempête et lance à 14:08, à 300 kilomètres au sud d’Ouessant, un appel de détresse. Des fissures apparaissent sur le pont, dans lesquelles s’engouffrent les déferlantes. A 16:27, le pétrolier fait route vers Donges, où Total dispose d’une raffinerie. Le 12 Décembre, un appel de détresse est lancé: «Mayday! La coque est cassée!», à 6:04. A 8:10, cinq hommes d’équipage sont secourus par hélicoptère, et douze autres embarquent dans un canot de sauvetage. L’Erika se brise en deux. Le 23 Décembre 1999, le navire à simple coque rentre dans l’Histoire de la pollution maritime par le biais des premières boulettes de fioul qui arrivent sur la côte bretonne, et le 28 Décembre, le département de la Vendée est le premier à se constituer partie civile. 25000 bénévoles oeuvreront au milieu du pétrole, du sable et des pierres.

 

Comment éviter une nouvelle catastrophe?

Même si la sécurité maritime a progressé depuis le naufrage de l’Erika, l’Union Européenne prenant des dispositions pour repousser hors de ses eaux une partie des navires poubelles, cela ne suffit pas, tout comme les contrôles dans les ports. L’enjeu est aujourd’hui de responsabiliser les pavillons et les armateurs, et d’amplifier le développement de la circulation de navires à double coque. «Les doubles coques sont plus difficiles à entretenir, tempère Eric Berder, sous-directeur au Ministère des Transports (Le Monde du 13 Février). Il faudra être plus vigilant à l’avenir».

Commentaires

Merci pour ta réponse.
Très intéressant ce billet sur l'Erika.
Bonne soirée.
Sandrine

Ecrit par : Sandrine | 17 février 2007

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