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23 avril 2007

Les électeurs de François Bayrou, enjeu de l'entre-deux tours

Edition spéciale entre-deux tours

medium_urne_plexiglas-50.jpg"A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des manœuvres innombrables, malgré l'alliance objective du Parti socialiste et de l'UMP, malgré des sondages manipulés (...), malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement. C'est à ces millions de Français que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé une force nouvelle, la seule force nouvelle de la politique française. Ils ont ouvert un chemin d'espoir pour la France et ce chemin d'espoir ne s'arrêtera pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un centre indépendant capable de parler et d'agir au-delà des frontières d'autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis, le mal de la France est plus grave qu'on ne le croit dans les deux partis qui sont, encore ce soir, arrivés en tête. Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d'hommes qui ont besoin qu'on s'occupe d'eux et pas des guerres de partis. (...) L'avenir de la France exige au contraire qu'on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et des autres. L'avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des rêves et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toutes les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l'arrêtera".

Dans son discours prononcé hier soir, François Bayrou a tenu à galvaniser ses troupes en vue des législatives. Même s'il n'a pas su concrétiser la promesse qu'une "autre voie" était possible, le candidat de l'UDF a malgré tout réussi à tripler son score obtenu en 2002. Fort de 18,55% des voix, il ne s'exprimera que mercredi lors d'une conférence de presse. Pas question pour autant d'appeler immédiatement au vote pour un des deux candidats en lice: "la campagne du second tour, maintenant, appartient aux deux candidats. Nous n'allons pas compromettre tout ce qu'a fait François par des négociations en sous-main. Il est hors de question de commencer à divaguer sur des chemins de traverse quand nous sommes en situation d'influence dans les 577 circonscriptions" indique au Monde le spécialiste des questions électorales à l'UDF, Eric Azière. "J'imagine mal ces électeurs faire maintenant le choix de Nicolas Sarkozy", a déclaré François Hollande sur RTL. "L’analyse que fait Bayrou sur les blocages de la société restera plus nécessaire que jamais", a pour sa part déclaré Marielle de Sarnez, qui a dirigé la campagne du candidat centriste. L'UDF présentera des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives, mais l'enjeu réside dans les accords potentiels qui pourraient se nouer.

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