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24 avril 2007
Analyse des résultats du premier tour: les enjeux du second
Edition spéciale entre-deux tours
Victoires et défaites. Dimanche à 20 heures, les Français ont pu prendre connaissance de l'issue du premier des deux tours qui les passionnent depuis l'Automne. Une journée ensoleillée, un taux de participation exceptionnel (seulement 14,65%), une mise à genoux des extrêmes pour retrouver deux partis traditionnels au second tour. Aujourd'hui, plusieurs enjeux se dessinent, selon les partis. Comment vont se reporter les voix des électeurs de François Bayrou, le troisième homme avec 18,76% des voix, soit trois fois plus qu'en 2002? Pourquoi le FN a-t-il perdu près d'un million d'électeurs? L'écart de voix entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal peut-il se renverser? Autant d'interrogations qui sont au centre de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle.
Une participation record depuis 1965. 15,25% d'abstention au premier tour de l'élection présidentielle de 1965, 21,6% en 1995, 28,4% en 2002, 15,4% dimanche: plus de 36,9 millions d'électeurs se sont mobilisés dimanche dernier. Plus de 87,8% des inscrits ont exprimé leurs voix dans quatre départements de l'Ouest, et dans une large zone allant des Landes à la Lozère. C'est en Ile-de-France que la hausse de la participation est la plus significative, avec dix-neuf points de plus en cinq ans.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, le duo sans surprise qui peut en révéler. L'optimisme est de mise à l'UMP. Nicolas Sarkozy a recueilli dimanche 31,11% des voix et a été immédiatement encensé par Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Jean-Pierre Raffarin et le premier ministre Dominique de Villepin. "Finalement, c'est Sarkozy qui avait la bonne stratégie", s'est pour sa part félicité le premier ministre en fonction entre 2002 et 2005. Tous espéraient récolter le meilleur score, mais c'est l'ampleur de la vague en faveur de l'UMP qui a surpris: plus de 30% des suffrages exprimés. Jusqu'en mars 2007, il s'est accroché à son poste de ministre, à partir duquel, à l'Intérieur après un bref passage aux Finances, il a su, à coups de phrases chocs et de sondages, s'emparer de l'opinion et de l'UMP. Ravalant sa rancoeur de ne pas avoir été nommé premier ministre, il souhaite aujourd'hui accéder à la fonction suprême. Lors d'un déplacement aux Antilles, en mars, il avait indiqué qu'au "soir du premier tour, c'est une autre campagne qui commence. J'ai expliqué le changement, il faudra expliquer le rassemblement". Les conseillers du candidat de l'UMP ont commencé dès dimanche soir à analyser les résultats. Il faut aussi séduire les électeurs centristes. Reste à corriger l'image du présidentiable, de peur que le scrutin du 6 mai ne se transforme en référendum pour ou contre Sarko.
Ségolène Royal est quant à elle la plus soulagée des deux candidats en lice pour le second tour. Cinq ans après le traumatisme du 21 avril, elle s'est qualifiée avec 25,83% des voix. "La bataille commence dès ce soir. Je n'appartiens plus seulement aux électeurs socialistes", a-t-elle déclaré quelques heures après l'annonce de sa victoire, du moins partielle. Une large partie de l'extrême gauche, dont Arlette Laguiller, qui n'avait jamais fait cela depuis 1974, a appelé à contrer Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste est donc la mieux placée pour recueilir ces voix, mais l'enjeu réside dans celles de François Bayrou. Selon France 2, pas moins de 30% des électeurs de François Bayrou se déclarent sympathisants de la gauche. En attendant la réponse du candidat centiste, elle s'est fixée pour but de ne pas céder de terrain médiatique à son adversaire et à combler son retard.
L'enjeu des voix centristes. François Bayrou s'exprimera ce mercredi à 15:30 sur ses intentions futures, mais ce sont ses 6.750.006 électeurs qui sont au centre de toutes les convoitises. Son rêve s'est en partie concrétisé: "Je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007, je suis élu en 2012". L'UDF est à un tournant de son histoire: elle est forte de 18,55% des suffrages exprimés, mais a joué le jeu du "ni droite, ni gauche". Cette position apparaît difficile à tenir en vue des législatives, élections auxquelles des accords avec l'UMP ont été conclus par le passé. Ségolène Royal a écrit et va envoyer une lettre au leader centriste, en vue du second tour de l'élection présidentielle. Le parti présentera 577 candidats les 10 et 17 juin prochains, mais si le nouveau parti démocrate appelé de ses voeux par François Bayrou lui-même ne voit pas le jour rapidement, le potentiel centriste risque de s'évaporer.
Jean-Marie Le Pen s'effondre. Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop, résume parfaitement la situation: la participation record "a noyé l'électorat frontiste, qui est toujours très mobilisé". Le leader du FN perd près d'un million de voix par rapport à 2002, et retrouve, avec 10,51% des voix, un score inférieur à celui de 1988. Jamais le parti d'extrême droite n'avait imaginé pareille déconfiture après la qualification pour le second tour en 2002: non seulement les électeurs supplémentaires ne se sont pas portés sur la personne de Jean-Marie Le Pen, mais ses thèmes de prédilection ont fait l'objet de déclaration des autres candidats, en particulier Nicolas Sarkozy. Le rôle de Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, devrait figurer au menu des débats qui suivront cette défaite.
L'extrême gauche rejoint des profondeurs abyssales. "Un grand moment de réflexion pour tirer les enseignements de la campagne", tel est selon Marie-Georges Buffet l'objet du congès national extraordinaire qui sera convoqué avant la fin de l'année. Avec 1,93% des voix, le PCF obtient le plus bas score de son histoire. Porté par le "non" au référendum de 2005, le PCF n'a pas su transformer l'essai et parvenir à unir la gauche anti-libérale. "Je pense qu'il faudra tirer les leçons avec un congrès qui pourrait se tenir assez rapidement d'ici la fin de l'année dans la mesure où cette stratégie nous a amené à une impasse", déclarait mardi matin André Gérin, député-maire de Vénissieux. Le parti n'est pas épargné dans ses fiefs historiques, parmi lesquels le Val-de-Marne. Le PCF y récolte dix fois moins de voix que pour Ségolène Royal. Pour Gérard Schivardi, c'est un score confidentiel qui a été réalisé, 0,34% des voix exprimées. Les Verts sont à 1,57% Seul Olivier Besancenot se détache du lot: la LCR réalise 4,15%. Mais aucun de ces candidats n'a réussi à dépasser la barre des 5%.
Pour les observateurs, la balle est au centre et dans l'image des deux candidats en lice pour le second tour de l'élection présidentielle. Débat le 2 mai, les urnes le 6 mai, nouveau président dans moins de deux semaines.
22:35 Publié dans Magazine | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours
Commentaires
Je ne me prononce pas sur le 2 mai car il y aurait trop à dire ....
Ecrit par : Cassandrium | 25 avril 2007
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