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30 avril 2007
Le troisième trimestre discontinu des élèves
Au quotidien I Les 1er, 8 et 17 mai, les élèves ne prendront pas le chemin des bancs de l'école, et certains n'hésiteront pas à suivre leurs parents pour faire le pont, quitte à ne pas suivre certaines heures d'instruction. Certains jours du mois de mai, les classes apparaîssent clairsemées. "La seule obligation est de rattraper les jours chômés pour respecter les 36 semaines d'enseignement obligatoire", inquidue le ministère de l'Education nationale, tandis que dans le premier degré, l'inspecteur d'académie peut instaurer une journée de dérogation. La "journée du maire" a été supprimée en 1989. Dans le second degré, le conseil d'administration doit se prononcer, tout comme le chef d'établissement. Mais ces cas sont rares. "L'absentéisme pose toujours problème, mais on ne peut pas l'empêcher. Surtout qu'il peut être compréhensible, pour les internes, par exemple. On constate l'ampleur des dégâts et on s'adapte : il ne faut pas faire perdre leur temps aux présents, sans pénaliser les manquants", indique au Figaro Roland Hubert, secrétaire national du Snes, l'un des premiers syndicats enseignants. "Ce mois haché pose aussi un problème d'organisation aux parents : l'aîné peut très bien avoir cours et le benjamin rester à la maison. Il serait judicieux de prendre des décisions nationales pour harmoniser la situation", déclare pour sa part Anne Kerhove, présidente de la PEEP, une fédération de parents d'élèves. "Enseignants, chefs d'établissement et parents doivent se mettre autour d'une table. Il faut faire en sorte que le temps d'enseignement soit prolongé au moins jusqu'au 15 juin", estime-t-elle, à propos des élèves qui ne passent pas le brevet ou le baccalauréat. La question de la journée de solidarité, le lundi de Pentecôte, est aussi soulevée, car les enseignants travailleront ce jour-là mais pas les élèves, tandis que beaucoup de parents en seront contraints.
19:10 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Au quotidien, Education
Ségolène Royal souhaite "être présidente d'une France apaisée et énergique"
"Je veux une France rassemblée et pas les Français dressés les uns contre les autres. Je veux être présidente d'une France apaisée et énergique"; dans un entretien accordé au Monde, Ségolène Royal détaille sa feuille de route à moins d'une semaine du second tour de l'élection présidentielle. Elle se montre critique vis-à-vis de l'UDF: "c'est vrai, je l'ai dit : l'UDF a toujours gouverné avec la droite. Et, dans les collectivités territoriales, l'UDF ne vote jamais les budgets des régions, des départements ou des mairies de gauche, même s'ils sont bons", avant de lancer un appel à François Bayrou quant à un rassemblement de centre-gauche en vue des législatives: "Maintenant, c'est à François Bayrou de se définir. Il a dit qu'il attendait le débat mercredi pour se déterminer. Et s'il vient sur la majorité présidentielle, il fera partie de la majorité présidentielle. Comme toutes les autres forces politiques qui ont appelé à voter pour moi". Elle souhaite clarifier sa position vis-à-vis des 35 heures: "La deuxième loi sur les 35 heures était trop uniforme. Mais la diminution du temps de travail reste un objectif. En revanche, la façon dont on y parvient devra à nouveau être mise sur la table entre partenaires sociaux. Ce qui a manqué, dans l'application de la loi, c'est l'accompagnement humain. C'est aussi le faible poids des syndicats qui a permis dans certaines entreprises une application des 35 heures qui a dégradé les conditions de travail". Enfin, elle n'hésite pas à faire part de son point de vue vis-à-vis de Nicolas Sarkozy: "la bataille principale, elle est pour la France neuve et donc contre la droite dure, avec le bilan désastreux que le candidat sortant refuse d'assumer. C'est l'homme du passé et du passif. Il s'en prend à Mai 68 dans son discours de Bercy en oubliant que les ouvriers, qu'il découvre, ont obtenu les accords de Grenelle. Moi, je veux prendre le meilleur de chaque époque pour inventer la France de demain". Quelques heures plus tôt, elle a fustigé sur France 2 le revirement du candidat de l'UMP sur la question de l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives: "il y a quelques jours, il n'en était pas question. Aujourd'hui, je crois qu'il cherche surtout à capter les voix du Front national. C'est une perche tendue vers le Front national". Après avoir combattu cette idée, l'UMP a indiqué que son candidat souhaitait faire un pas dans ce sens.
13:23 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Royal
29 avril 2007
Nicolas Sarkozy se pose en "porte-parole" des Français
Edition spéciale entre-deux tours
Souhaitant adopter la posture d'un "porte-parole du peuple français", Nicolas Sarkozy a tenu un meeting cet après-midi à Bercy, devant 17.000 personnes, auxquelles s'ajoutent celles ayant dû suivre le discours du candidat de l'UMP sur des écrans géants.
"Durant ces quatre mois, je vous le jure, j'ai tout donné", a-t-il indiqué, s'appuyant sur une scénographie plaçant le candidat au coeur de la foule. La proposition de la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale a été évoquée au cours de ce discours: "le besoin de politique a pour corollaire le besoin de nation. On la disait condamnée, et la voilà de retour, contre l'inquiétude née de la mondialisation. Je réclame le droit de pouvoir parler de l'identité nationale française sans être traité de nationaliste". "Au lieu d'apporter leur soutien aux forces de l'ordre qui ont fait un travail", des adversaires ont prononcé "cette phrase qui devrait rester dans les annales des campagnes présidentielles : Il est inquiétant de constater qu'un fossé se creuse entre la police et la jeunesse. Cette gauche la n'a rien compris. C'est une insulte a la jeunesse de France que de les assimiler aux casseurs", a-t-il indiqué en référence aux émeutes de la gare du Nord. La question de la morale a aussi été évoquée, complétée de référence aux évènement de mai 1968, dont il faut "tourner la page": "nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d'un campagne". Il y a trente-neuf ans, "il n'y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux; l'élève valait le maître". Nicolas Sarkozy devra cependant faire preuve de tact afin de convaincre les électeurs de François Bayrou, qui ont été au nombre de 6,8 millions au premier tour de l'élection présidentielle. Des bannières "J'ai voté François, je vote Nicolas" sont apparues cet après-midi, au moment où Hervé Morin, président des députés UDF à l'Assemblée Nationale, a annoncé qu'il votera Nicolas Sarkozy "sans hésitation".
21:45 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours, Sarkozy
28 avril 2007
Bayrou/Royal: je t'aime, moi non plus
Edition spéciale entre-deux tours
13:10 I Mises à jour 13:14, 13:18, 13:22 I Le dialogue télévisé entre François Bayrou et Ségolène Royal s'est déroulé entre 11:00 et 13:00 sur les antennes de BFMTV et de RMC. Reporté plusieurs fois, il a été organisé par NextRadioTV et modéré par Jean-Jacques Bourdin et Olivier Mazerolle.
"Il m'a semblé interessant de voir sur quels thèmes nous pouvons faire un bout de chemin ensemble", a indiqué Ségolène Royal au début de l'échange, qui s'est tenu dans un hôtel du premier arrondissement de Paris. "Je n'attends pas un ralliement, car ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs. (...) Mais, sur un certain nombre de sujets difficiles, nous pouvons faire émerger un certain nombre de convergences, qui vont permettre à la France de se redresser", a-t-elle déclaré à propos de ce débat dont elle avait lancé mercredi l'invitation à François Bayrou. Les questions économiques se sont révélées être le principal thème de désaccord entre les deux protagonistes. Pour François Bayrou, l'idée d'un SMIC européen n'est "pas sérieuse", contrairement à Ségolène Royal, qui considère que ce "principe" ne doit pas être abandonné. Pour le président de l'UDF, un euro faible serait à même "d'affaiblir l'économie française". "Si on voulait schématiser le débat, on a des convergences du point de vue institutionnel, mais je suis en désaccord avec la vision économique de Ségolène Royal", a indiqué François Bayrou. La question des retraites s'est aussi révélée être un point de distensions entre la candidate PS et le troisième homme du premier tour. "Ceux qui pensent qu'on peut revenir sur la loi Fillon se trompent", a indiqué ce dernier, tandis que Ségolène Royal a indiqué que la gauche "reviendra" sur cette mesure. "La France ce n'est pas un signe extérieur, c'est des valeurs", a lancé le leader centriste, souhaitant clarifer sa position vis-à-vis de la position de Ségolène Royal sur l'éventuelle possession d'un drapeau français dans chaque domicile.
13:15 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours, Bayrou, Royal
27 avril 2007
La revue de presse.50
Le second tour de l'élection présidentielle risque-t-il de se transformer en référendum pour ou contre Sarko? "L'Express" et "Le Point" s'interrogent: "Peut-il être battu?" pour le premier, et "Sarkozy peut-il perdre?" pour le second. "Net vainqueur du premier tour avec plus de 11 millions de voix, le candidat de l'UMP récolte les fruits d'une stratégie développée depuis cinq ans: décomplexer la droite et assécher le Front national. Avec le risque de fédérer une forte hostilité à sa personne. De sa capacité à montrer qu'il serait aussi un président rassembleur dépend son élection le 6 mai", indique "L'Express". Pour le "Nouvel Observateur", gauche oblige, la question est inverse: Ségolène Royal "peut-elle battre Sarkozy?". "Courrier international" porte un regard différent mais pas si éloigné, sous le tire "Bienvenue à Sarkoland". "Dirigiste" et "simpliste", tels sont les deux adjectifs les plus antipathiques à l'égard du candidat de l'UMP qu'a relevés l'hebdomadaire. "Challenges" propose de revivre le "journal d'une campagne mouvementée" et dresse un état des lieux des soutiens de chacun des deux candidats. L'hebdomadaire propose par ailleurs une enquête sur les mutations du modèle traditionnel de l'hypermarché.
"Qui a gagné en Irak?": la revue internationale "Foreign Policy" propose un regard acéré sur l'intervention de la coalition en Irak dans le cadre de sa version française. Egalement au menu, la Corée du Nord. Plus proche des préoccupations du quotidien "le scandale des services internet" est mis en lumière par "Capital". Quant à "L'Expansion", place à un dossier sur "les nouvelles fortunes de France et de votre région".
19:30 Publié dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Revue de presse, Présidentielles
Le débat Bayrou/Royal aura lieu demain
Edition spéciale entre-deux tours
Mises à jour 17:15 et 18:25 I Appelée de ses voeux dès mercredi par Ségolène Royal, la confrontation avec François Bayrou, dans l'optique de récupérer les voix de ses sept millions d'électeurs, se révèle plus compliquée à organiser que prévu. Initialement prévue aujourd'hui avec le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), la rencontre avait été annulée hier matin en raison d'une réponse négative de ce dernier. "Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a indiqué Ségolène Royal, tandis que le candidat de l'UMP a refusé tout débat avec le président de l'UDF, hier soir sur l'antenne de TF1. "Je le démens formellement. Il n'y a pas eu la moindre pression de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas eu de contact", a pour sa part indiqué sur LCI Jacques Camus, un des responsables du syndicat. Le débat devait par la suite se tenir demain sur ls antennes de Canal+, i>télé et France inter, mais a été annulé hier soir par la chaîne cryptée en raison de problèmes liés à l'égalité des temps de parole. Le CSA a démenti être intervenu dans l'annulation de ce débat. Ce matin, Jean-Louis Bianco, co-directeur de la campagne de la candidate socialiste, a annoncé que la confrontation aura lieu demain. Elle sera retransmise de 11:00 à 12:30 sur RMC et BFMTV, et sera animée par Jean-Jacques Bourdin et Olivier Mazerolle. Un temps d'antenne compensatoire sera accordé à Nicolas Sarkozy sur les antennes de ces médias.
17:00 Publié dans Communication, Permanent, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours
26 avril 2007
Un regain d'intérêt pour la politique?
Avec un taux de participation s'élevant à plus de 85%, le premier tour de l'élection présidentielle a défait toutes les analyses démontrant que les Français ont tendance à se désinteresser de la politique. Les records d'audience des émissions spéciales, l'augmentation des ventes des journaux, l'allongement des files d'attente aux bureaux de vote sont autant de signes prouvant que cette campagne participe à éloigner le spectre de 2002 (28% d'abstention). "La montée des votes et des abstentions ayant valeur de protestation, ainsi que la multiplication des actions contestataires contredisent l'image d'un citoyen désinteressé de la politique. Elles donnent plutôt à voir un citoyen insatisfait, qui désire exprimer son mécontentement ou manifester son impatience civique", expliquait en 2003 le politologue Bruno Denis dans la revue Problèmes politiques et sociaux. Le taux d'abstention, qui est le rapport entre le nombre de personnes n'ayant pas pris part au vote (les votes blancs ou nuls sont considérés comme des votes) et le nombre d'inscrits sur les listes électorales, a tendance à prendre de l'importance dans le monde: de 79% en moyenne en 1945/1949, au lendemain de la guerre, il se situait en 1990/1998 dix points en-dessous, à 69%, selon l'Institut international pour la démocratie et l'assistance électorale. En France, en 1997, 46% des personnes interrogées ne faisaient confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner, un chiffre passé à 65% en octobre 2006. La question du vote obligatoire, lancinante, a été remise sur la place publique par François Bayrou, qui propose en contrepartie la reconnaissance du vote blanc. En Belgique, où le vote est obligatoire, les taux d'abstention aux élections (les prochaines se tiendront le 10 juin) sont bas. "Le vote obligatoire, c'est la meilleure solution. En Belgique, c'est le cas depuis 1830... et ça oblige les citoyens a s'intéresser un minimum à la politique et aux enjeux des élections. Le taux d'abstention est faible, de 10 à 15% suivant le scrutin (en comptant aussi les votes nuls et blancs)... Quant aux sanctions, c'est pas de la prison non plus... ce sont des amendes qui souvent sont "oubliées" par les parquets", indiquait en octobre dernier sur ce blog un lecteur belge.
22:05 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles
25 avril 2007
François Bayrou annonce la création d'un nouveau parti, mais l'organisation d'un débat avec Ségolène Royal se complique
Edition spéciale entre-deux tours
Mises à jour 16:36, 16:53, 16:59, 17:57 I 26.04 à 08:52, 15:30 et 19:05 I "Le Parti démocrate proposera de refonder nos institutions pour que le mot démocratie trouve son sens en France" a indiqué François Bayrou lors d'une conférence de presse, cet après-midi à Paris. Le président de l'UDF va transformer son parti en une nouvelle entité, qui "présentera des candidats à toutes les élections à venir, et d'abord aux élections législatives, pour représenter les Français qui veulent une politique nouvelle, indépendante, libre dans son expression et décidée à défendre les citoyens sans se laisser intimider par les menaces ou les tentations diverses liées au pouvoir". François Bayrou ne "donnera pas de consigne de vote", mais il a exprimé ses opinions quant à chacun des deux candidats au second tour de l'élection présidentielle. Il a reproché la conception du pouvoir ("l'intimidation", symbole d'une campagne "tellement archaique", et un système "concentrationnaire") de Nicolas Sarkozy, et le programme de Ségolène Royal, notamment sur le plan économique et l'interventionnisme de l'Etat. Il a accepté l'idée d'un débat avec Ségolène Royal, et a lancé une invitation pour un échange similaire avec Nicolas Sarkozy. Il a indiqué d'abord se consacrer à l'intérêt du pays avant de participer à un quelconque gouvernement. De plus, il ne participera pas à un gouvernement dont il "récuse les principes": pour le président de l'UDF, accepter une fonction ministérielle se révèle "absolument impossible, dans la situation actuelle".
François Bayrou et ses collègues devront sans doute songer à une autre appellation ou négocier: l'adresse http://www.lepartidemocrate.org/ appartient déjà à un parti politique qui porte le fameux nom évoqué depuis déjà quelques jours, et aujourd'hui par le président de l'UDF.
Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou se tiendra finalement samedi à 11:00 sur le plateau de i>télé, Canal+ et France inter. Un des deux modérateurs sera Michel Denisot. Initialement prévue vendredi avec le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), la rencontre avait été annulée ce matin en raison d'une réponse négative de ce dernier. "Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a indiqué Ségolène Royal, tandis que le candidat de l'UMP a refusé tout débat avec le président de l'UDF, hier soir sur l'antenne de TF1. "Je le démens formellement. Il n'y a pas eu la moindre pression de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas eu de contact", a pour sa part indiqué sur LCI Jacques Camus, un des responsables du syndicat. L'enjeu pour la candidate PS est de parvenir à tirer profit du réservoir de voix de François Bayrou, qui s'élève à près de sept millions d'électeurs. Dernière minute: le débat ne sera pas organisé par Canal+, annonce la chaîne dans un communiqué, en raison de règles du CSA. Crédit vidéo: Bayrou.fr/Dailymotion
16:30 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours, Bayrou, Royal
24 avril 2007
Analyse des résultats du premier tour: les enjeux du second
Edition spéciale entre-deux tours
Victoires et défaites. Dimanche à 20 heures, les Français ont pu prendre connaissance de l'issue du premier des deux tours qui les passionnent depuis l'Automne. Une journée ensoleillée, un taux de participation exceptionnel (seulement 14,65%), une mise à genoux des extrêmes pour retrouver deux partis traditionnels au second tour. Aujourd'hui, plusieurs enjeux se dessinent, selon les partis. Comment vont se reporter les voix des électeurs de François Bayrou, le troisième homme avec 18,76% des voix, soit trois fois plus qu'en 2002? Pourquoi le FN a-t-il perdu près d'un million d'électeurs? L'écart de voix entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal peut-il se renverser? Autant d'interrogations qui sont au centre de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle.
Une participation record depuis 1965. 15,25% d'abstention au premier tour de l'élection présidentielle de 1965, 21,6% en 1995, 28,4% en 2002, 15,4% dimanche: plus de 36,9 millions d'électeurs se sont mobilisés dimanche dernier. Plus de 87,8% des inscrits ont exprimé leurs voix dans quatre départements de l'Ouest, et dans une large zone allant des Landes à la Lozère. C'est en Ile-de-France que la hausse de la participation est la plus significative, avec dix-neuf points de plus en cinq ans.
Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, le duo sans surprise qui peut en révéler. L'optimisme est de mise à l'UMP. Nicolas Sarkozy a recueilli dimanche 31,11% des voix et a été immédiatement encensé par Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Jean-Pierre Raffarin et le premier ministre Dominique de Villepin. "Finalement, c'est Sarkozy qui avait la bonne stratégie", s'est pour sa part félicité le premier ministre en fonction entre 2002 et 2005. Tous espéraient récolter le meilleur score, mais c'est l'ampleur de la vague en faveur de l'UMP qui a surpris: plus de 30% des suffrages exprimés. Jusqu'en mars 2007, il s'est accroché à son poste de ministre, à partir duquel, à l'Intérieur après un bref passage aux Finances, il a su, à coups de phrases chocs et de sondages, s'emparer de l'opinion et de l'UMP. Ravalant sa rancoeur de ne pas avoir été nommé premier ministre, il souhaite aujourd'hui accéder à la fonction suprême. Lors d'un déplacement aux Antilles, en mars, il avait indiqué qu'au "soir du premier tour, c'est une autre campagne qui commence. J'ai expliqué le changement, il faudra expliquer le rassemblement". Les conseillers du candidat de l'UMP ont commencé dès dimanche soir à analyser les résultats. Il faut aussi séduire les électeurs centristes. Reste à corriger l'image du présidentiable, de peur que le scrutin du 6 mai ne se transforme en référendum pour ou contre Sarko.
Ségolène Royal est quant à elle la plus soulagée des deux candidats en lice pour le second tour. Cinq ans après le traumatisme du 21 avril, elle s'est qualifiée avec 25,83% des voix. "La bataille commence dès ce soir. Je n'appartiens plus seulement aux électeurs socialistes", a-t-elle déclaré quelques heures après l'annonce de sa victoire, du moins partielle. Une large partie de l'extrême gauche, dont Arlette Laguiller, qui n'avait jamais fait cela depuis 1974, a appelé à contrer Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste est donc la mieux placée pour recueilir ces voix, mais l'enjeu réside dans celles de François Bayrou. Selon France 2, pas moins de 30% des électeurs de François Bayrou se déclarent sympathisants de la gauche. En attendant la réponse du candidat centiste, elle s'est fixée pour but de ne pas céder de terrain médiatique à son adversaire et à combler son retard.
L'enjeu des voix centristes. François Bayrou s'exprimera ce mercredi à 15:30 sur ses intentions futures, mais ce sont ses 6.750.006 électeurs qui sont au centre de toutes les convoitises. Son rêve s'est en partie concrétisé: "Je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007, je suis élu en 2012". L'UDF est à un tournant de son histoire: elle est forte de 18,55% des suffrages exprimés, mais a joué le jeu du "ni droite, ni gauche". Cette position apparaît difficile à tenir en vue des législatives, élections auxquelles des accords avec l'UMP ont été conclus par le passé. Ségolène Royal a écrit et va envoyer une lettre au leader centriste, en vue du second tour de l'élection présidentielle. Le parti présentera 577 candidats les 10 et 17 juin prochains, mais si le nouveau parti démocrate appelé de ses voeux par François Bayrou lui-même ne voit pas le jour rapidement, le potentiel centriste risque de s'évaporer.
Jean-Marie Le Pen s'effondre. Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop, résume parfaitement la situation: la participation record "a noyé l'électorat frontiste, qui est toujours très mobilisé". Le leader du FN perd près d'un million de voix par rapport à 2002, et retrouve, avec 10,51% des voix, un score inférieur à celui de 1988. Jamais le parti d'extrême droite n'avait imaginé pareille déconfiture après la qualification pour le second tour en 2002: non seulement les électeurs supplémentaires ne se sont pas portés sur la personne de Jean-Marie Le Pen, mais ses thèmes de prédilection ont fait l'objet de déclaration des autres candidats, en particulier Nicolas Sarkozy. Le rôle de Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, devrait figurer au menu des débats qui suivront cette défaite.
L'extrême gauche rejoint des profondeurs abyssales. "Un grand moment de réflexion pour tirer les enseignements de la campagne", tel est selon Marie-Georges Buffet l'objet du congès national extraordinaire qui sera convoqué avant la fin de l'année. Avec 1,93% des voix, le PCF obtient le plus bas score de son histoire. Porté par le "non" au référendum de 2005, le PCF n'a pas su transformer l'essai et parvenir à unir la gauche anti-libérale. "Je pense qu'il faudra tirer les leçons avec un congrès qui pourrait se tenir assez rapidement d'ici la fin de l'année dans la mesure où cette stratégie nous a amené à une impasse", déclarait mardi matin André Gérin, député-maire de Vénissieux. Le parti n'est pas épargné dans ses fiefs historiques, parmi lesquels le Val-de-Marne. Le PCF y récolte dix fois moins de voix que pour Ségolène Royal. Pour Gérard Schivardi, c'est un score confidentiel qui a été réalisé, 0,34% des voix exprimées. Les Verts sont à 1,57% Seul Olivier Besancenot se détache du lot: la LCR réalise 4,15%. Mais aucun de ces candidats n'a réussi à dépasser la barre des 5%.
Pour les observateurs, la balle est au centre et dans l'image des deux candidats en lice pour le second tour de l'élection présidentielle. Débat le 2 mai, les urnes le 6 mai, nouveau président dans moins de deux semaines.
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Débat le 2 mai: le dispositif télévisuel enfin dévoilé
Edition spéciale entre-deux tours
Mise à jour 25.04 à 19:01 I Les journalistes politiques reprennent le dessus en télévision. Après la déferlante d'émissions donnant la parole aux télespectateurs, les formes traditionnelles d'intervention des politiques reprennent le dessus avec deux dispositifs proposés par TF1, première chaîne privée, et France2, première chaîne publique.
Demain à 20:10, TF1 proposera Face à la Une, une émission animée par Patrick Poivre d'Arvor et François Bachy. Ils recevront Nicolas Sarkozy. A 21:00, France2 proposera A vous de juger, avec Ségolène Royal. Elle sera interrogée par Arlette Chabot. Jeudi, la candidate PS sera présente sur l'antenne de la chaîne privée à 20:10, et le candidat UMP dans les locaux de la chaîne publique à 21:00.
Mercredi 2 mai à partir de 21:00, les deux prétendants à l'Elysée participeront à un débat d'une durée de 90 minutes diffusé simultanément sur TF1, France2, et les chaînes de télévision et de radio qui souhaiteront le retransmettre. Patrick Poivre d'Arvor et Arlette Chabot sont pressentis pour animer le débat, qui se tiendra en direct des studios de la SFP à Boulogne-Billancourt. Deux réunions ont lieu au CSA pour la mise en place du dispositif (journalistes, distance des tables ou des pupitres, décor, réalisation, conditions) entre les représentants de TF1 et de France2 et ceux de l'UMP (Claude Guéant, directeur de campagne, Franck Louvrier, directeur de la communication et Jean-Michel Goudard, publicitaire) et du PS (Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal).
19:50 Publié dans Communication, Permanent, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours