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15 juin 2007
Tensions sur le marché de la bière
17:05 I La récente grève chez Kronenbourg, qui a eu lieu entre le 4 et le 8 juin, a été avant tout marquée par le fait que les salariés souhaitant gagner plus sans travailler plus, comme Nicolas Sarkozy l'avait évoqué durant la campagne, mais aussi par le fait qu'elle intervenait en "haute saison", selon les mots du brasseur. Jusqu'ici optionnelles, dans la limite d'un plafond de 100 heures par an, les heures supplémentaires sont devenues obligatoires à Obernai, obligeant les salariés à travailler jusqu'à quarante-huit heures par semaine. Kronenbourg appartient au groupe britannique Scottish & Newcastle, et subsiste dans l'Est de la France dans un climat alsacien morose ces dernières années: la brasserie Fischer a été racheté par Heineken, et les brasseries Adelshoffen, propriété du groupe Heineken, et Schutzenberger, qui était indépendante, ont fermé. Une bière sur quatre vendue en France est certes une Kronenbourg, la plus consommée dans l'Hexagone, mais le marché apprait cependant comme étroit comparé aux autres pays européens. Les Allemands ou les Néerlandais ingurgitent plus de cent litres de bière par an, contre 34 par an et par personne en France. D'après Brasseurs de France, 20,2 millions d'hectolitres ont été vendus en 2006, ce qui correspond à une baisse de 0,4 % par rapport à 2005. "Entre l'été et l'hiver, la consommation varie du simple au double", explique à la séquence économie du Journal du Net Fabien Duvilla, directeur de la marque Kronenbourg. En France, Kronenbourg détient 19,7% de parts de marché sur le secteur alimentaire, à savoir les ventes en magasins, contre 14,3% de parts de marché en valeur pour l'hollandais Heineken. Pour relever la tête, la firme a mis le paquet en lançant à la fin 2006 le Beertender, qui permet de réaliser chez soir une bière pression. Réalisé avec le concours de Seb, l'objet ne permet cependant que d'utliser de la bière maison. La machine sans fût est vendue au prix de 249,99€, mais il s'en est écoulé 20.000 lors des fêtes de fin d'année. De plus, le concept Culture bière a été décliné sous forme d'une boutique sur les Champs-Elysées, à Paris. Le nouveau terrain d'affrontement entre les deux marques réside dans le succès du panaché en période estivale. Moins alcoolisé que la bière traditionnelle, il permet de toucher une cible familiale mais peine à recruter de nouveaux clients et à interesser la grande distribution. "Cela nous intéresse de rester acteur sur ce marché car nous arrivons à toucher un noyau familial et à capter de nouveaux consommateurs, comme les amateurs de soft-drinks", déclare au mensuel professionnel Rayon Boissons Philippe Ligouy, chef de produits sans alcool aux Brasseries Kronenbourg. "Un degré de plus au thermomètre génère 10 % de volumes supplémentaires sur les panachés", ajoute pour sa part Fabrice Herlax, chef de groupe marketing chez Heineken France.
23:25 Publié dans Economie, Manger, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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