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31.07.2007

La Une financière, le 31 juillet

1a12121633e632dcff1064f9d056a9c7.jpgLe blog économique reprendra régulièrement des extraits de la revue de presse financière effectuée quotidiennement par Vincent Colot, analyste financier chez Euroconsumers. Il décrypte chaque jour les principaux titres du Financial Times et du Wall Street Journal. Prochain rendez-vous à la rentrée.

 

·La crise des crédits risqués immobiliers américains continue de faire tache d’huile : les marchés obligataires ont été rudement touchés hier et, au-delà de cela, des banques allemandes telles que IKB et Commerzbank vont en ressentir les effets dans leurs comptes de résultats. Articles de Stacy-Marie Ishmael, Gillian Tett et Saskia Scholtes du FT et de Carrick Mollenkamp et Edward Taylor du WSJE. Les turbulences financières actuelles redonnent la main, en matière de fusions/acquisitions, aux entreprises au détriment des fonds d’investissement. Avantage stratégique, expliquent Jason Singer et Dana Cimilluca du WSJE.

 

·Au Japon, la défaite électorale du parti au pouvoir met le premier ministre Shinzo Abe sous le feu de la critique en provenance de l’opposition mais aussi de son propre part. Combat pour la survie. Article de Michiyo Nakamoto et David Pilling du FT. La Commission Européenne réprimande Eon et GdF pour collusion en vue de ne pas empiéter sur leurs marchés locaux respectifs. Contraire à l’esprit de la libéralisation du secteur énergétique. Article de Tobias Buck du FT.

30.07.2007

Le parfum de Jasmin n'enivra plus les kiosques

medium_medias.jpgJasmin, l'hebdomadaire féminin lancé par Axel Ganz en octobre dernier, cessera sa parution le 12 août prochain. L'éditeur, qui a dirigé pendant vingt-six ans Prisma Presse, revient demain dans un entretien accordé au Figaro sur un des rares échecs de sa carrière. "a diffusion n’a pas été un succès pour plusieurs raisons. Au moment du lancement, le magazine n’était pas parfait mais après quelques semaines il a évolué positivement car nous y avons introduit les deux principaux éléments qui font vendre: l’actualité et le people. L’actualité est très appréciée par les femmes car cela valorise la lectrice. Mais ce n’était pas un argument d’achat pour chaque semaine. Puis nous avons ajouté des sujets people mais nous nous sommes refusé d’aller vers le «trash» car notre titre est sélectif. Le vrai problème est que le comportement de consommation des magazines a changé. Le nombre de média a beaucoup augmenté mais pas le temps disponible. La question n’est pas que les femmes n’aient pas les moyens d’acheter un nouveau magazine, c’est qu’elles ont moins de temps pour le lire. Conséquence, notre taux de réachat régulier ne s’est élevé qu’entre 35% et 40%, alors qu’il aurait fallu atteindre un taux de 60 % à 70 %", explique Axel Ganz.

La société AG+J, qu'il a porté avec Gruner+Jahr, va s'arrêter après des pertes d'exploitation ayant atteint 20 millions d'euros. Un reclassement de la cinquantaine de salariés est à l'étude. Après deux tentatives de relance qui n'ont pas porté les fruits escomptés, Ganz a "constaté qu’il n’y avait pas de perspective pour rentabiliser cet investissement". "Je n’ai aucun regret d’avoir essayé de lancer ce magazine féminin alors qu’il n’y avait pas eu de lancement depuis celui de Femme Actuelle que j’ai fait il y a 25 ans. Depuis, tout le monde se demandait pourquoi il n’y avait pas eu de nouveau titre. Est-ce parce que personne n’a essayé ou parce qu’il n’y a pas de marché. Aujourd’hui nous avons une réponse claire : il n’y a pas de marché", conclut, dynamique mais un brin amer, l'artisan de titres à succès depuis trois décennies.

La Une financière, le 30 juillet

1a12121633e632dcff1064f9d056a9c7.jpgLe blog économique reprendra régulièrement des extraits de la revue de presse financière effectuée quotidiennement par Vincent Colot, analyste financier chez Euroconsumers. Il décrypte chaque jour les principaux titres du Financial Times (détenu par Pearson) et du Wall Street Journal (Dow Jones).

·Des fonds d’investissement contrôlés étatiquement en provenance d’Asie ou du Moyen Orient s’intéressent à des entreprises occidentales. Ils sont souvent très peu transparents, ce qui pousse les Etats ciblés à se protéger. Article de John Willman et Joanna Chung en page 7 du FT. Après les récents résultats mitigés, le patron de Nissan et de Renault, Carlos Ghosn, est mis sous pression. Mais il garde l’ambitieux cap qu’il s’est fixé : atteindre une rentabilité opérationnelle de 6% en 2009. Article de John Reed en page 10 du FT. Après les turbulences boursières de la dernière semaine, les investisseurs repensent leur perception du risque et du rendement. Comparativement, il n’y a plus grand chose de vraiment bon marché. Article de Joanna Slater du WSJE.

·Le patron de Unilever est aussi attendu au tournant alors que le groupe publiera ses résultats trimestriels ce jeudi : un peu plus de vitalité est attendue pour le géant de l’agro-alimentaire qui « se traîne » depuis plusieurs années. Des bouleversements en perspective ? Article de Deborah Ball en page 7 du WSJE. En Inde, une nouvelle Révolution Verte est espérée pour accroître la production de riz. A défaut de cela, ce sont les perspectives de croissance du sous-continent qui pourraient être compromises. Long article de Patrick Barta en pages 14 et 15 du WSJE.

29.07.2007

Le pétrole cher est-il une menace pour l'économie mondiale?

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"L'ouverture des marchés a joué un rôle d'amortisseur des pressions inflationnistes, et la relative synchronisation des cycles économiques dans les différentes zones économiques - excepté l'Europe - a permis de masquer l'impact de la hausse des cours de brut. Mais cet impact est bien réel sur l'économie. En 2004, le pétrole (+ 32 %) a déjà coûté plus d'un point de croissance mondiale. L'an dernier, la croissance a été amputée de 0,7 point (5,2 % contre 5,9 % en termes de parité de pouvoir d'achat) face à une nouvelle envolée des cours de plus de 40 %. D'autant que nous assistons à un nouveau phénomène : la hausse du pétrole s'accompagne d'un emballement du prix des matières premières. Nous sommes donc dans un environnement plus périlleux, qui peut rajouter au ralentissement économique", indique à La Tribune Moncef Kaabi, directeur de recherche et spécialiste des matières premières chez Ixis CIB.

Dans les faits, l'économie américaine est plus sensible aux cours du pétrole que ne le sont les économies occidentales: en effet, l'Insee estime que la hausse des cours du pétrole a entraîné un surcroît annuel de dépense pour chaque Américain de 330 euros en 2005 contre 120 euros en France ou 176 euros en Allemagne. La récente baisse des cours ne semble pas s'installer dans l'opinion. La hausse des cours constatée depuis quelques mois a été intégrée de longue date par les compagnies aériennes, qui n'hésitent pas à répercuter ce surplus sur les factures. En 2003, la facture de kérosène de l'ensemble des compagnies aériennes s'élevait à 44 milliards de dollars. En 2006, elle a dépassé les 110 milliards de dollars. Pourtant, selon l'Association internationale du transport aérien, les passagers ne supportent qu'entre entre 15% et 20% seulement de la hausse de la facture de kérosène par le biais des surcharges tarifaires. Pour se prémunir face à des rebonds sauvages, certaines compagnies négicient des contrats à long terme, à l'instar d'Air France-KLM. L'entreprise paie actuellement chaque baril de 10 à 20 dollars de moins que le marché. La baisse des cours, consatée depuis quelques jours, pourrait avoir des effets bénéfiques sur le pouvoir d'achat si elle se confirme.

Dans le cadre de la hausse des cours, un système de cycle semble se dessiner: d'une part, la demande de pétrole ne peut que progresser, car les exportations chinoises progressent de manière régulière, avec +31% en 2003 et +35% en 2004. D'autre part, l'offre est structurellement limitée et le reste de la consommation mondiale s'avère incompressible. De ce fait, le prix du pétrole ne peut que s'élever. Les compagnies pétrolières sont confrontées à deux défis: poursuivre l'exploration et faire face à la montée en puissance des compagnies publiques. L’exploration pétrolière a pour but de trouver les pièges à hydrocarbure, et à calculer si les réserves potentielles sont assez importantes pour entreprendre un forage. Dans les soixante premières années du vingtième siècle, les majors ont d’abord exploité les champs pétroliers directement accessibles, avant de plancher sur la nature des terrains dans le but de leur exploration. Les gisements les plus importants de pétrole se situent dans la région du golfe Arabo-Persique qui représente les deux tiers des réserves mondiales. Les besoins énergétiques mondiaux sont, encore aujourd'hui, couverts à 44% par le pétrole, alors que ce combustible fossile ne représente que 16% environ des réserves énergétiques mondiales. Au début des années quatre-vingt-dix, les réserves de pétrole ont été estimées à 137 milliards de tonnes, ce qui représente environ 45 à 50 ans de production. Pour calculer les réserves d’un pays ou celles détenues par un exploitant pétrolier, on retire des réserves les quantités qui ont été produites pendant l’année, on y ajoute les volumes découverts dans le cadre de l’exploration, et on y ajoute ou retire les révisions de réserves des gisements en production. Certaines zones ne peuvent faire l'objet d'une implantation, en raison de l'instabilité politique ou bien en raison du fait que certains Etats souhaitent garder la main mise sur leurs ressources et érigent des barrières à l'implantation de capitaux étrangers. Parallèlement à ces difficultés, l'émergence des compagnies publiques, notamment dûe au fait que des prix élevés sont source d'intérêt de la part de dirigeants poilitiques, constituent un acteur de poids sur la scène pérolière internationale. La Chine et l'Inde se penchent sur les réserves pétrolières syriennes. La China National Petroleum Corp a conclu un accord avec Damas afin de construire, pour un milliard de dollars, une raffinerie capable de traiter 70.000 barils par jour, un baril correspond à 42 gallons américains, soit environ 160 litres. Elle a par ailleurs pris une participation dans le gisement Al-Furat, à l'origine de la moitié de la production syrienne. Elle s'élève à 38%, avec la firme indienne Oil and National Gas Corp. Les sociétés d'ingénierie fournissent aux Etats l'infrastructure nécessaire pour exploiter un gisement de pétrole et peuvent donc se passer de l'expérience des majors. Les cours élevés et les importantes marges de raffinerie ne sont plus forcément l'apanage des compagnies pétrolières. Graphique: La Tribune

LIEN Raffineries: le sous-investissement pointé du doigt

LIEN EXTERNE Retrouvez cet article en MP3 sur Agoravox

27.07.2007

Quel est le réel poids économique de la Chine?

La Chine se place désormais au quatrième rang des puissances économiques mondiales en termes de PIB à parité de pouvoir d'achat, et l'Inde occupe la sixième place. Le développement économique chinois se heurte cependant à un certain nombre de limites et doit faire face à la méfiance des puissances occidentales

L'ouverture progressive de l'économie chinoise à l'international, initié en 1979 par Deng Wiaoping, a permis à l'empire du Milieu de se développer à une vitesse impressionnante: une restructuration industrielle d'une importante ampleur a été engagée, tout comme la libéralisation graduelle des marchés. Une urbanisation massive a permis aux villes de se développer et de s'imposer sur la scène économique internationale: avec 1,3 milliard d'habitants, la Chine s'affiche comme le pays le plus peuplé sur le globe, avec 20% de la population mondiale à l'intérieur de ses frontières. La part de la Chine dans le PIB mondial est passée de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. Sa part dans le total des exportations mondiales a pour sa part franchi un nouveau cap, passant de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. C'est en 1991, suite à une importante crise de la balance des paiements, que décision fût prise de sortir de la logique d'autosuffisance et de pousser à nouveau l'ouverture, notamment dans les services, tout en conservant un regard poussé sur les flux financiers. La capitalisation financière est un autre indicateur du dynamisme de l'économie chinoise: en avril dernier, la capitalisation réunie de Shangai et de Shenzen a dépassé celle de Hong Kong, pourtant promu au rang de plus grand marché d'Asie en dehors du Japon. Le ratio exportations/PIB est passé de 6% en 1980 à 34% en 2005. Le modèle de croissance en vigeur, fondé sur une croissance très soutenue appuyée sur une progression très rapide des exportations assise sur le maintien de la compétitivité-prix par le biais d'une fixation des taux de change et une hausse accélérée des investissements, semble donc porter ses fruits mais doit faire face à des limites internes.

Le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique de la Chine. Une sous-évaluation de la devise et un contrôle des capitaux retiennent une épargne nationale excédentaire, et l'instrumentalisation du système par l'Etat et les gouvernements locaux freinent encore l'investissement. Le secteur bancaire est très concentré: les cinq premières banques chinoises détiennent 6% du total de l'actif bancaire. Les banques étrangères restent quant à elles marginalisées, avec environ 2% de l'actif bancaire. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire: l'activité se concentre dans les zones urbaines, avec 75 agences pour 1 million d'habitants. Le poids des banques publiques (ici, les actifs détenus par l'Etat) s'élève quant à lui à 83%. La législation demeure encore très restrictive: les opération en monnaie locales sont, depuis 2001, accessibles aux établissements étrangers, à condition de capitaliser leurs filiales à hauteur de 1 milliard de yuans. Dans le domaine des affaires, la corruption gangrène l'économie. Selon Transparency international, l'indice de perception de la corruption (IPC) de la Chine s'élevait à 1,5 en 1998 et à 3,3 en 2006. L'IPC est une note comprise entre zéro et dix, zéro correspondnt à une situation de très forte corruption. Le taux de scolarisation combiné (primaire, secondaire et supérieur additionnés) ne s'élève qu'à 70% en Chine, et pèse sur la formation de la population. Cette dernière est rendue d'autant plus difficile que l'école est payante, d'où le choix de nombreux ménages de priver leur enfant de scolarisation durant une période donnée ou de s'endetter lourdement. 17% de la population chnoise survit avec moins d'un dollar par jour, et 47% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Question énergie, la Chine n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993. Le charbon assure 70% de la consommation d'énergie, d'où d'importants rejets de CO2: selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine pourrait devenir le plus grand émetteur de CO2 dès l'an prochain. La question des droits de l'Homme, et plus particulièrement de ceux de l'enfant, comme abordé dans le document vidéo (voir ci-dessus) est particulièrement sensible. De plus, la Banque Mondiale rappelle qu'une "forte inégalité menace la stabilité politique d'un pays parce qu'une part importante de la population ne se satisfait pas de son statut économique, ce qui rend un consensus politique entre les groupes à hauts revenus et ceux à bas revenus plus difficiles à atteindre".

"Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines", a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8 finances, qui s'est tenu le 19 mai dernier à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique "à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains", a-t-il indiqué, ajoutant que "cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés". "Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement", déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Afrique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Les investissements chinois directs en Afrique sont amenés à progresser. Pour encore de nombreuses années, les investissements asiatiques en Afrique devraient, compte tenu du contexte économique et du sous-développement d'un important nombre de zones, restés concentrés dans le secteur des matières premières. La montée en puissance de la Chine se poursuit, mais de nombreux freins sont disséminés sur ce parcours.

LIEN Les limites de la coopération Chine-Afrique en question

Matières premières agricoles: les raisons de la hausse

medium_agriculture.2.jpg23:59 I L'embellie des cours semble inexorable. Le monde agricole retrouve des couleurs, à l'exception de la viticulture, et Bruxelles lève progressivement les carcans qui ont encadré le marché pendant de nombreuses années, à l'image de la mise entre parenthèses de la jachère obligatoire pour 2008. En 2006, les revenus agricoles ont grimpé de 17 %. Le cours du blé a crû de 70% en un an, le maïs a pris 52 %, le soja 40 % et la poudre de lait 85 %. Les aléas climatiques ont fortement affecté les récoltes, avec une importante sécheresse en Australie, un hiver rude et long en Russie, un climat difficile aux Etats-Unis et des récoltes en baisse pour certaines denrées. L'impact du phénomène El Nino sera particulièrement surveillé ces prochains mois. Au-delà de ces éléments imprévisibles sur le long terme, des facteurs d'ordre structurel sont à même d'affecter le cours de nombreuses matières premières agricoles. Le rapport de Cyclope, société d'analyse spécialisée dans l'étude des marchés mondiaux des matières premières,  en date de cette année pointe du doigt l'explosion de la demande en provenance des pays émergeants, au premier rang desquels la Chine et l'Inde dans le cadre de la demande de soja et de blé. Le blé profite d'une situation mondiale particulièrement tendue où la demande est supérieure à l'offre et où les stocks sont au plus bas. Dans ce contexte, le moindre incident climatique a des répercussions immédiates sur les prix", indiquait le mois dernier un analyste à l'AFP. La sécheresse annonce une baisse des récoltes en Europe centrale et en Russie, tandis que depuis le début de la semaine, les pluies diluviennes qui tombent sur les Etats-Unis perturbent le début de la moisson du blé d'hiver dans les Grandes Plaines. Selon une récente publication du ministère américain de l'Agriculture (USDA), 5% seulement des blés d'hiver auraient pu être ramassés à la date du 10 juin contre 17% l'an dernier à la même époque. Au même moment, la Jordanie, l'Arabie saoudite et le Maroc recherchent d'importants volumes sur le marché mondial. Parallèlement à cette hausse de la demande non entièrement satisfaite, la flambée du cours du pétrole, ralentie ces dernières heures par plusieurs indicateurs de nature à satisfaire les marchés de manière temporaire, déclenche une prise de conscience d'un certain nombre d'Etats qui lorgnent sur l'expansion des biocarburants. La production de sucre, céréales, oléagineux et de certaines huiles risque d'être guidée par cette nouvelle donne. Le développement des usages non-agricoles du blé se répercute sur les autres céréales, dans un contexte favorable aux carburants végétaux: selon l'institut Global Insight, le diester et le bioéthanol représenteront 15% de la demande mondiale de carburant d'ici à 2030. Le bioéthanol fait partie de ces énergies vertes. Des cultures de plantes céréalières et sucrières sont fermentées et transformées en sucre, puis en alcool. Un mélange à des produits pétroliers est effectué, puis est incorporé à l'essence, les véhicules équipés Flex Fuel étant le mieux placés pour en profiter.

"Cette situation tendue aggrave considérablement le prix de revient des produits alimentaires déjà touchés par les augmentations importantes du prix de l’énergie et des emballages", indique l'Association nationale des industries agroalimentaires qui n'exclut pas une possible hausse du prix des produits de grande consommation comme les yaourts, les fromages, les crèmes et le lait de près de 5% d'ici à la fin de l'année. Le secteur de la bière est touché par la hausse des cours: pour produire un litre de bière blonde, il faut 200 grammes de malt. Le malt est tiré de l’orge, dont le cours ne cesse de grimper. "Les orges qu’il achetait il y a trois ans à 90 euros la tonne sont à 250 euros aujourd’hui! C’est une situation comme je n’en ai jamais connue. Et je suis depuis trente ans à la tête de l’entreprise", rapporte à Libération Michel Haag, PDG de la brasserie Météor. "Le blé dur, base quasi exclusive des pâtes alimentaires, connaît une situation préoccupante sans précédent depuis plus de vingt ans. Son prix a subi une augmentation de 40 % en l’espace de quelques semaines ce qui se traduira par une forte augmentation du prix des pâtes", indique pour sa part le Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France. Les exploitants de cinéma devront quant à eux se serrer la ceinture, quitte à rogner sur leur marge: bien que le pop-corn soit un produit incontournable dans les salles obscures, l'augmenter trop fortement reviendrait à faire détourner la clientèle des comptoirs.

LIEN À qui profite la hausse des matières premières agricoles?

Du rôle des fondations d'entreprise

"La montée des enjeux de responsabilité sociale pousse les entreprises à s’engager": selon Béatrice de Durfort, déléguée générale du Centre français des fondations (L’express, 30 novembre 2006), ce n’est pas seulement une question d’image qui amène les entreprises à créer une fondation, mais aussi un enjeu de responsabilité. Le facteur apparence n’est cependant pas à négliger: en effet, cela permet aux entreprises de donner une autre facette d’elles-mêmes, et de sécuriser leur act-ionnariat par le biais de la détention d’actions d’une société commerciale. Pour éviter tout conflit d’intérêt, certaines entreprises ont choisi de se lancer sur des terrains opposés aux leurs: ainsi, L’Occitane accompagne les non-voyants, et France Télécom est présente dans le domaine de l’autisme. La création d’une fondation permet aux entreprises de faire connaître leur action, contrairement au mécénat, où elles ont seulement le droit de les signer (la publicité est interdite). En France, les cinq fondations les mieux dotées sont celles de Louis Vuitton, (100 millions d’€uros sur cinq ans, dont un futur bâtiment à Paris), Véolia Environnement (25 millions d’€uros consacrés à des actions en faveur de la solidarité, et du cadre de vie), d’EADS (24 millions d’€uros, en faveur du soutien à la recherche et au développement de la culture scientifique et technique), de Carrefour (22,8 millions d’€uros), et, enfin, celle de Renault (13 millions d’€uros sur les cinq ans passés), consacrée au développement du respect et du rapprochement des cultures.

25.07.2007

Raffineries: le sous-investissement pointé du doigt

 

21:45 I Le brut baissait de 0,33% à 73,40 dollars à New York cet après-midi, tandis qu'à Londres le Brent cédait 0,97% à 74,35 dollars. Au cours de la semaine qui s'est terminée le 20 juillet aux Etats-Unis, les réserves d'essence, dont le niveau est une inquiétude récurrente en cette période de grands déplacements en voiture, ont augmenté de 800.000 barils, à 204,1 millions de barils. Les stocks ont diminué de 3,6% sur un an. Les raffineries américaines ont augmenté leur rythme d'activité en fonctionnant à 91,7% de leurs capacités, contre 91% la semaine précédente, mais c'est l'arbre qui cache la forêt selon de nombreux observateurs. "Les défaillances records des raffineries nationales" ont en effet récemment fait la Une du New York Times, et pour cause: au maximum, elles ne fonctionnent qu'à 90% de leurs capacités totales. Selon le spécialiste Raymond Learsy, cité par Libération, "il est difficile de croire qu’autant de désastres se sont abattus sur cette malheureuse industrie qui fait de son mieux pour nous fournir un produit au prix le plus élevé possible". L'Opep estime que s'il fournissait davantage de brut aujourd'hui, les barils iraient simplement s'empiler dans les terminaux américains, qui croulent déjà sous un pétrole que les raffineries peinent à transformer. Aucune nouvelle raffinerie n'a été construite sur le sol américain au cours des trente dernières années. "En créant une situation d’approvisionnement tendu, elles contrôlent les prix et n’ont aucun intérêt à augmenter la capacité de raffinage", analyse Mark Cooper, de la Consumer Federation of America. L'Opep est "prête" à accroître si nécessaire sa production, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il n'était pas certain qu'elle ait à le faire "avant la fin de l'année". Les cours du brut ont cédé presque trois dollars ce mardi. Pour Michael Davies, analyste chez Sucden, il s'agirait de "la première indication que l'Opep est prête à faire quelque chose pour enrayer la hausse des prix", selon Reuters.

· "Pour la troisième année consécutive, les prix internationaux du pétrole brut ont augmenté fortement en 2006, établissant un nouveau record au cours de l'été : le cours du Brent atteint 78 dollars par baril en août. Malgré un certain recul en fin d'année, ce cours s'établit à 65,1 dollars en moyenne annuelle, en hausse de près de 20 % par rapport à 2005. Cette augmentation est certes moins forte que celles de 2005 (+ 42,3 %) et de 2004 (+ 32,8 %), mais elle s'ajoute à celles-ci : le prix du brut a ainsi plus que doublé en trois ans. Par rapport à 1998, avant la première hausse sensible de la décennie, il a été multiplié en dollars par plus de cinq. Au cours des dernières années, la hausse du cours de l'euro par rapport au dollar avait atténué quelque peu la hausse du prix du baril exprimée en euros, mais cet effet, très sensible de 2002 à 2004, ne joue plus que faiblement en 2005 et 2006. Le cours du Brent s'établit ainsi à 51,9 euros en moyenne en 2006, en progression de 18,3 % par rapport à 2005, soit plus de quatre fois son niveau de 1998 en euros courants. En monnaie constante il reste cependant inférieur au maximum atteint en 1982 : à cette époque le prix moyen du pétrole importé en France équivalait à 68 euros de 2006 par baril", indique l'Insee dans une étude publiée aujourd'hui.

Le charbon est-il le carburant de l'avenir?

La flambée des cours enregistrée depuis le début de l'année incite de nombreux experts à se pencher sur une ressource dont la consommation croît actuellement plus vite que celle du pétrole et du gaz. La séquestration en sous-sol du CO2, actuellement à l'étude, sera un atout pour une relance active de l'exploitation de ce minerai. Les énergies fossiles se révèlent progressivement incapables de faire face à long terme à l'augmentation de la demande. Le pétrole et le gaz naturel se raréfient, et les énergies émettrices de CO2 font l'objet d'une surveillance accrue. Jusqu'à la fin du vingtième sicle, la question dominante chez les acteurs de l'énergie résidait dans l'anticipation des prix du pétrole, du gaz et du charbon. Cette dernière source d'énergie revient par ailleurs sur le devant de la scène. Aujourd'hui, lors d'un investissement dans ce domaine, plusieurs données doivent faire l'objet d'une analyse approfondie, au premier rang desquelles les quantités disponibles s'il s'agit d'une énergie fossile, ou bien la production potentielle. Plus du quart des réserves de charbon se trouvent aux Etats-Unis. Ce combustible fossile, longtemps associé à la révolution industrielle (XIX° siècle), revient sur le devant de la scène au XXI° siècle.

Aux Etats-Unis, le charbon redevient une alternative à l’or noir. L’Amérique dispose de 250 ans de réserves dans son sous-sol. Sans risque géopolitique quelconque, les mines américaines vont produire cette année 1,16 milliard de tonnes de charbon, soit 3,2% de plus qu’en 2005 selon la National Mining Association, qui représente les intérêts des sociétés minières américaines. Plus de 90% du charbon extrait des mines américaines est brûlé par des centrales pour produire l’électricité, ensuite fournie aux clients. Là aussi, l’extraction de cette énergie fossile nécessite de grands moyens: elle fait en effet appel à des camions gigantesques qui peuvent charger jusqu’à 270 tonnes de minerai. L'utilisation du charbon dans les centrales thermiques est très importante; ces centrales fournissent 40 % de la production mondiale d'électricité, la moitié aux Etats-Unis et en Allemagne. Longtemps considéré comme dépassé, l'intérêt du charbon revient quand les besoins énergétiques atteignent les capacités maximales de production de pétrole ou de gaz naturel, renchérissant leur coût. L'utilisation du charbon, notamment dans les centrales électriques, a fait et continue à faire des progrès énormes en matière de réduction des émissions de polluants tels que le soufre, les oxydes d'azote et les particules fines. Par contre rien ou presque n'a changé en matière d'émission de gaz à effet de serre. La question de l’environnement est cruciale dans le débat actuel sur l’énergie. Le charbon pollue lorsqu’il est brûlé pour la production d’électricité. Certes, les nouvelles centrales à charbon sont munies de filtres qui réduisent les émissions de dioxyde de carbone et de mercure (notamment), mais nombre de vieilles installations restent en service, ce qui contribue toujours au fait que l’Amérique soit le plus grand générateur de gaz à effet de serre. Aux Etats-Unis, l’administration encourage le développement d’une nouvelle technologie qui transforme le charbon en gaz. L’idée résulte dans le fait que le charbon soit débarassé des métaux polluants, puis distillé sous une forme liquide. L’augmentation des prix du pétrole à des niveaux élevés pourrait appuyer ce projet, éventuel modèle aux futures centrales américaines.

24.07.2007

Le PIB russe a atteint 7,8% au premier semestre

Les investissements directs étrangers en Russie affichent une hausse de 27,2% sur un an, passant de 12,8 milliards de dollars en 2005 à 28,7 milliards en 2006. "Les chiffres de croissance des tigres asiatiques ne paraissent plus aussi impressionnants. Nous répétons depuis longtemps que le boom de l'investissement est là pour durer. Etant donné ces chiffres, l'essor de la production industrielle vers une croissance à deux chiffres en juin 2007 n'a plus rien de surprenant", font ramarquer à La Tribune des analystes de Deutsche UFG. La croissance donne à nouveau confiance aux investisseurs, par le passé plutôt favorables aux investissements à court terme. "Les taux de croissance sont élevés, supérieurs à nos prévisions initiales. Une nouvelle tendance se dégage cette année: la croissance économique est moins soutenue par des facteurs externes et s'appuie principalement sur la demande intérieure", a indiqué ce mardi à des agences de presse russes le vice-Premier ministre Alexandre Joukov, en charge des questions économiques au sein du gouvernement. Il a expliqué cette performance par l'accélération de la production industrielle, qui a progressé de 10,9% en juin. En juin, les prix à la production ont augmenté de 12,5% sur un an.

· En France, la consommation des ménages français en produits manufacturés a augmenté de 1,6% en juin après un recul de 1,0% en mai (-0,8% en première estimation), selon des chiffres corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables publiés par l'Insee. Sur douze mois (juin 2007 par rapport à juin 2006), les dépenses de consommation des ménages en biens manufacturés affichent une progression de 3,1%.

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