« 2007-07 | Page d'accueil | 2007-09 »

29.08.2007

Le baril de brut franchit les 73 dollars

Suite à la publication des stocks pétroliers américains, en forte baisse, le cours du baril de brut WTI a sensiblement progressé: les réserves de brut ont diminué de 3,5 millions de barils à  333,6 millions. Les analystes interrogés par l'agence Reuters attendaient une baisse de seulement 800.000 barils. Les stocks d'essence ont baissé de 3,6 millions de barils, tandis que le marché anticipait une diminution de 1,7 million de barils. Les réserves des produits distillés, comprenant le fioul domestique, ont progressé de 900.000 barils, contre un million attendu. Le taux d'utilisation des capacités des raffineries a reculé de 1,3 point à 90,3%, tandis que le marché tablait sur 91,6%, pariant sur une stabilité de ce taux. "Les défaillances records des raffineries nationales" ont en effet récemment fait la Une du New York Times, et pour cause: au maximum, elles ne fonctionnent en moyenne qu'à 90% de leurs capacités totales. Selon le spécialiste Raymond Learsy, cité par Libération, "il est difficile de croire qu’autant de désastres se sont abattus sur cette malheureuse industrie qui fait de son mieux pour nous fournir un produit au prix le plus élevé possible".

"Les importations de pétrole brut ont, elles aussi, nettement diminué, de 993.000 barils par jour d'une semaine sur l'autre, à 9,8 millions de barils par jour. Du côté de la demande d'essence, elle a légèrement baissé, de 11,4 %, par rapport à la semaine dernière où elle avait atteint un record historique", complètent les journalistes de La Tribune. En moyenne lors des quatre dernières semaines, les Américains ont consommé 21,2 millions de barils par jour. "Les investisseurs doivent arbitrer entre les inquiétudes sur la crise du crédit et les fondamentaux du marché. Et, pour l'instant, les fondamentaux du marchés semblent l'emporter, ce qui soutient les cours. L'offre mondiale demeure tendue et les tensions géopolitiques demeurent", explique l'analyste chez MF Global Mike Fitzpatrick. A 14h36 GMT, le brut léger américain gagne 1,24%, à 72,62 dollars le baril. Le Brent s'adjuge 89 cents (1,26%) à 71,44 dollars. Graphique: Le Monde

LIEN Raffineries: le sous-investissement pointé du doigt

La Chine peine à s'imposer sur le terrain de la R&D

Mise à jour 2/09/07 "La Chine a encore un long chemin à parcourir pour se doter d'un système d'innovation moderne et hautement performant", estime l'OCDE dans une étude rendue publique en début de semaine. L'enquête décrit le pays comme encore trop dépendant d'une production à faible valeur ajoutée. Les exportations de produits de haute technologie ont certes explosé entre 1996 (7,9% des exportations totales) et 2005 (29,9), mais elles restent pour 88% le fait d'entreprises étrangères installées dans le pays. Les dépenses annuelles de recherche et développement ont, selon l'étude réalisée en collaboration avec la ministère chinois de la Science et des technologies, augmenté de 19% en rythme annuel depuis 1995, mais le pays ne pointe toujours qu'au sixième rang mondial. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés". La recherche est trop focalisée sur les hautes technologies au détriment de pôles majeurs pour le développement du pays, à savoir les services, l'énergie et la protection de l'environnement. Le système bancaire et financier figure parmi les freins à l'expansion économique de la Chine. Les start-up peinent à se développer. "Des marchés de capitaux plus ouverts et plus efficients permettraient aux entrepreneurs davantage de risque et d'investir dans des secteurs comme la biotechnologie", complète l'OCDE. "En ce moment, il y a de grands pays comme la Chine qui se développent vite et il est nécessaire de respecter les règles du jeu", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel devant son homologue Wen Jiabao, qui réfûte la thèse de la "menace chinoise". La Chine est pointée du doigt pour le manque de respect des brevets (contrefaçon) et le manque de sécurité de certains produits, notamment pointé du doigt au cours de l'été avec l'affaire des jouets rappelés par Mattel.

·La presse  financière se penche ce matin sur l'actualité économique chinoise. "En Chine, le gigantesque barrage des Trois Gorges s’avère de plus en plus être un désastre pour l’environnement et la stabilité de l’écosystème. Longue analyse de Shai Oster en pages 14 et 15 du Wall Street Journal Europe. Si on inclut la place de Hong Kong, en terme de capitalisation boursière totale, la Bourse chinoise est à présent plus importante que la Bourse japonaise. La hausse brutale des actions chinoises depuis 18 mois est-elle un signe de bulle financière ? C’est l’avis de nombreux analystes étrangers. Article de Geoff Dyer en page 27 du Financial Times", décrypte l'analyste Vincent Colot sur son blog.

LIEN Quel est le réel poids économique de la Chine?

Ikea, distributeur et promoteur immobilier

C'est finalement avec vingt-quatre heures d'avance qu'a ouvert le nouveau magasin français d'Ikea, situé au sein de la nouvelle zone commerciale de Thiais (Val-de-Marne). Le centre commercial à ciel ouvert construit par Altarea (notamment promoteur de Bercy-Village) ne propose pas d'hypermarché (il faut se rendre en face, au centre Belle-Epine), mais des commerces reposant principalement sur l'équipement de la maison et de la personne. Pour Ikea, les charges de ce type de centre sont "cinq fois plus faibles que dans un centre classique". L'enseigne nordique implante ainsi son magasin le plus proche de Paris, souhaitant renforcer ses positions en région parisienne et désengorger par la même occasion son implantation de Villiers-sur-Marne.

L'enseigne est la seule à être propriétaire de ses murs au sein du nouveau centre commercial de Thiais, après de longues discussions avec Altarea. Richard Valtaire, directeur général d'Ikea Développement, l'entité immobilière du distributeur, s'explique ce matin au Figaro: "Nous ne sommes pas côtés. Nous avons donc moins de pression. Nous voulons être complètement indépendants et surtout ne pas avoir à souffrir d'une éventuelle flambée des loyers. Si nous n'avions pas été propriétaires de nos terrains, certains chantiers, qui font l'objet de recours de la part de concurrents, n'auraient jamais été lancés". L'enseigne, en étant propriétaire de ses murs, peut par ailleurs réguler ses horaires d'ouverture à son libre souhait. L'acquisition de terrains à bâtir se poursuit dans l'Hexagone: 70 hectares ont déjà été achetés à Caen, Bry-sur-Marne, Bayonne et Avignon. Ikea peut ainsi contrôler le développement des alentours de ses magasins. Depuis 2002, Ikea ouvre en moyenne deux magasins par an en France, soit vingt unités. Cela fait de l'Hexagone le troisième marché (9%) de l'enseigne, après l'Allemagne (17% des ventes) et les Etats-Unis (12%). Depuis 2005, Ikea a grillé la politesse à But en s'imposant au deuxième rang des enseignes d'équipement, derrière Conforama. Pour l'exercice 2005-2006 clôs fin août, un chiffre d'affaire de 1,5 milliard d'euros a été réalisé, en hausse de 20,5% et de 4,6% à surface comparable. "Nos performances peuvent susciter des jalousies. Mais nous n'avons que 12% de parts de marché. Ikea a eu le mérite de réveiller le marché. Nous sommes loin de l'étouffer", indique Jean-Louis Baillot, président de Ikea Développement.

28.08.2007

Résultats "en très forte hausse" pour Canal+

Bertrand Méheut a indiqué que le groupe Canal+ annoncera des "résultats en très forte hausse" le 31 août prochain, à l'occasion de la publication des résultats semestriels de la maison-mère Vivendi. "Notre économie se porte très très bien. Les économies sont réelles. Vous verrez nos résultats sont en très forte hausse", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de rentrée. "La fusion avec TPS a été réalisée avec succès. Aujourd'hui, le groupe Canal+ est engagé dans une phase de croissance très ambitieuse de toutes ses activités, que ce soit la télévision avec Canal+ ou le cinéma avec Studio Canal", a ajouté Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. La nouvelle grille de la chaîne cryptée se chiffre à 1,2 milliard d'euros, un chiffre stable.

Les abonnés pourront retrouver "six piliers éditoriaux", à savoir le cinéma, la fiction, le sport, l'information, le documentaire et l'information. La principale case dédiée au septième art, Lundi Box-Office, sera déplacée le samedi. "Notre portefeuille de droits [de football] n'a jamais été aussi fort avec l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne" et la Grande-Bretagne ont annoncé ls dirigeants, précisant que "Canal+ était la chaîne de tous les sports". "En ce qui concerne les 600 millions, c'est un chiffre très élevé qui à  l'époque incluait une acquisition stratégique de l'ensemble des droits. C'était un maximum lié à la situation de l'époque", a souligné Bertrand Méheut. Le groupe entamera à l'automne la renégociation pour les droits du championnat français de football concernant la période 2008-2011. Le groupe paie actuellement 600 millions d'euros par saison. 5,2 millions d'abonnés reçoivent Canal+ et neuf abonnés sur dix ont souscrit à l'offre "Le Bouquet", qui comprend les déclinaisons Canal+ Cinéma, Canal+ Sport (diffusées sur la TNT payante), Canal+ Décalé et, fin octobre, Canal+ Family.

Faut-il craindre la crise américaine?

"La crise du subprime a dégénéré en une crise des marchés. Les banques ne veulent plus prêter et les investisseurs ne veulent plus acheter d'actifs risqués. Cette aversion au risque ne me semble pas de nature durable. En revanche, les Américains consomment moins, donc importent moins. Un point de croissance perdu aux Etats-Unis entraîne à peu près 0,4 point de croissance en moins en France. Le monde va perdre 6 ou 7 dixièmes de point de croissance en 2008 du fait de la situation américaine, mais seuls en souffriront ceux qui ont par ailleurs des problèmes intérieurs comme l'Hexagone", indique au Monde Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis.

Selon l'enquête semestrielle de l'Association américaine des économistes d'entreprise, 32% d'entre eux ont placé "l'effet des subprime" et "l'endettement excessif des ménages et des entreprises" en tête des problèmes qui pèsent sur l'économie outre-Atlantique, devant la menace terroriste. Cette étude prouve l'importance de la crise financière qui a frappé ces dernières semaines la sphère économique, d'abord aux Etats-Unis puis dans le reste du monde. "Nous avons vu un rétablissement, un certain retour à la normale cette semaine, mais je pense qu'il est bien trop tôt pour juger que la crise est terminée", a déclaré dimanche Larry Summers, ancien secrétaire américain au Trésor, sur la chaîne de télévision ABC. Selon M.Summers, le risque de récession le plus élevé aux Etats-Unis depuis 2001. "Je ne pense pas que nous ayons les éléments nécessaires pour prédire une récession mais je dirais que les risques que nous en ayons une sont les plus élevés depuis les attentats du 11-Septembre", a-t-il déclaré. Il fait référence à un assèchement du crédit provoqué par le manque de visibilité dans le cadre de la crise des prêts hypothécaires américains, et à un manque de confiance.

"Nous n'avons pas encore d'indications de la consommation en août, mais je m'attends à des signes d'affaiblissement dans les prochaines semaines. Même si les marchés se calment, l'offre de crédit va se réduire ce qui aura un impact sur la consommation. Des gens croyant avoir accès au crédit vont rencontrer des conditions plus difficiles que prévu" explique au Figaro Dana Johnson, économiste en chef de Comerica, une banque de Detroit, dans le Michigan. Les ventes de maisons ont plongé de 16% dans le comté de Washington DC. Le PIB des Etats-Unis a progressé de 3,4% au second trimestre, après +0,6% au premier. Cependant, les composantes de la croissance laissent apparaître que la consommation des ménages, qui pèse pour 70% dans l'activité du pays, a fortement décéléré, avec une hausse de 1,3% contre une progression de 3,7% au trimestre précédent. "Les dépenses durables des ménages, qui comprennent notamment les achats immobiliers, ont continué à baisser de 9,3%", complète L'Expansion.

"Les problèmes que connaissent les Etats-Unis à cause du subprime n'arriveront pas en France, tout simplement parce que ce produit n'existe pas chez nous", explique René Pallincourt, président de la Fédération nationale des agents immobiliers (FNAIM). Les banques sont contraintes par la loi d'engager une étude complète sur la situation financière du client, et les taux d'intérêt sont moins élevés qu'outre-Atlantique, où ils peuvent être compris entre 10 et 12%.

LIEN Quelles victimes après la crise financière?

27.08.2007

La Une financière.27/08

1a12121633e632dcff1064f9d056a9c7.jpgLe blog économique reprendra régulièrement des extraits de la revue de presse financière effectuée quotidiennement par Vincent Colot, analyste financier chez Euroconsumers. Il décrypte chaque jour les principaux titres du Financial Times et du Wall Street Journal.

·Quel sera l’impact de l’actuelle crise financière d’origine américaine sur l’économie européenne ? Tout le monde attend le discours de Jean-Claude Trichet ce lundi. En cas de ralentissement, ce sont les petites et moyennes entreprises qui seront le plus touchées. Article de Joellen Perry du WSJE. Les financiers se penchent sur leurs livres d’histoire pour étudier les leçons à glaner des crises précédentes : les crises surviennent régulièrement, souvent alimentées par la conviction qu’une innovation majeure a changé la donne. Dossier de Gillian Tett en page 5 du FT.

·Les Saoudiens renforcent la sécurité autour de leurs installations pétrolières : ils craignent à la fois Al Qaeda et les risques liés aux tensions irano-américaines. Article de Andrew England du FT. L’Iran prévient qu’en cas d’attaques américaines, il bloquera le détroit d’Hormuz, par lequel transitent quelque 2/5 du pétrole mondial transporté par mer. Les Emirats Arables réfléchissent déjà à des solutions alternatives. Article de Matt Chambers en page 7 du WSJE. La réforme du jour de Nicolas Sarkozy : il veut plus de flexibilité quant à l’ouverture des magasins le dimanche, notamment en faveur de l’industrie touristique. Les économies d’énergie sont de plus en plus monnaie courante dans les entreprises. Au-delà de la problématique du réchauffement climatique, cet investissement s’avère aussi rentable en ces temps d’énergie chère. Article de Leila Abboud et John Biers en page 14 du WSJE. Retour aux fondamentaux qui ont fait le succès de l’entreprise : c’est le mot d’ordre de Jim Skinner à la tête de McDonald : en deux mots, un service rapide et de qualité. Interview par Jenny Wiggins en page 8 du FT.

25.08.2007

Quelle ampleur pour la crise des subprimes?

Mise à jour 2/09/07 Sur les 876 trésoriers interrogés par l'Association Française des Trésoriers d'Entreprises (AFTE), seuls 123 ont répondu à la question qui hante les places boursières en ce moment, à savoir: "votre entreprise est-elle touchée par la crise du marché du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis ?". Sur ce total, 23 % des sondés ont avoué que leur société était concernée par la crise liée aux subprimes. BNP Paribas a annoncé jeudi la réouverture des trois fonds qui avaient été "gelés" le 9 août dernier. La banque avait expliqué la suspension de ces fonds par l'impossibilité de calculer leur valeur en raison de l'arrêt des transactions sur le marché des produits de titrisation adossés à des subprimes, les crédits immobiliers à risque américains. Les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. En Allemagne, plusieurs banques ont été mises en lumière suite à cette crise. HSH Nordbank, une banque régionale, a annoncé être engagée à hauteur de 1,8 milliard d'euros sur le marché du crédit immobilier à risque aux Etats-Unis. Le 30 juillet dernier, c'est IKB qui avait déclenché un avertissement sur résultats. La banque des PME avait fait l'objet d'un plan de sauvetage de la part du secteur bancaire, avec l'appui du gouvernement. La semaine dernière, SachsenLB a fait l'objet d'un plan de sauvetage. Ses caisses ont été renflouées de 17,3 milliards d'euros. Les banques asiatiques apparaissent elles aussi empêtrées dans cette crise. Bank of China et sa filiale BOC Hong-Kong ont indiqué détenir 11,25 milliards de dollars engagés sur le marché actuellement en crise. "Le marché, nous y compris, a été surpris de voir que Bank of China, par exemple, avait des engagements importants sur des titres liés au marché du subprime" indique à La Tribune Samuel Chen, analyste chez JP Morgan.

Quand un investisseur souhaite placer des fonds dans un instrument à risque a priori limité, il choisit généralement des fonds d'Etat, et en particulier  des emprunts émis par son propre pays afin de ne pas supporter un risque de change. Il peut prêter son argent à divers taux d'intérêt pour une durée pouvant varier de trois mois à trente ans. S'il a un besoin urgent de liquidités, l'investisseur peut céder ses titres sur le marché, mais il risque de ne pas retrouver  la totalité de son capital. "Si les taux d'intérêt de son pays ont monté, la valeur des titres obligataires aura diminué pour refléter ce mouvement de taux", explique La Tribune. Un investisseur en quête d'un rendement supérieur peut, s'il le souhaite, se pencher sur les obligations d'entreprises. Un Etat peut lever l'impôt, tandis qu'une entreprise ne peut compter que ses équipes et ses produits pour réaliser des profits et rembourser ses créanciers.

Les dérivés de crédit sont au coeur de la crise financière. Ils permettent aux banques de revendre sur le marché leurs créances ou leurs risques, comme ce fut le cas pour les subprime. Selon la Revue de la stabilité financière de la Banque de France end ate de juin 2005, citée par Le Monde, les collateralised debt obligations (CDO) sont des "titres représentatifs de portefeuilles de créances bancaires ou d'instruments financiers de natures diverses". Par ailleurs, l'AMF mettait déjà en cause les agences de notation, dans son rapport de 2006, en raison de potentiels risques de conflits d'intérêt, à cause du "petit nombre d'intervenants par rapport au volume d'affaires généré par cette activité, avec la participation, dans certains cas, des analystes des agences aux négociations commerciales en cas de produits très complexes".

La revue de presse.59

17cb98f42492722c944f1355d5e1a20d.jpg24.08 - "Le président de la République fascine", constate L'Express. La sortie du livre-événement de Yasmina Reza, L'Aube le soir ou la nuit, marque le cap des cent jours passés à l'Elysée. "Pour garder l'attention des (télé) spectateurs, Sarkozy soigne son verbe. Qui repose sur deux principes, l'abondance et la clarté. Puisqu'il s'estime le meilleur avocat de sa propre cause, autant parler souvent, quand ses prédécesseurs cultivaient la rareté de leurs expressions. Il utilise alors un langage simple et direct, accessible à tous. 'Lui, au moins, il dit les choses', revient comme un leitmotiv dans les commentaires des Français", indique l'hebdomadaire, qui propose sur son site internet un important dossier à l'ascension fulgurante du chef de l'Etat. "La belle cote de popularité du chef de l’Etat s’effrite. Ceux qui s’attendaient à une rupture plus nette avec son prédécesseur commenceraient-ils à s’impatienter ? Tout a un prix. Les espoirs qu’a soulevés la présidentielle, s’ils ne sont pas encore déçus, commencent à fabriquer des sceptiques. Nicolas Sarkozy, en cette pluvieuse rentrée, cent jours après son entrée en fonctions à l’Elysée, perd quelques plumes en termes de popularité. Avec un recul de 5 points au baromètre Ipsos, il revient à son niveau de juin. Rien de bien inquiétant : qui ne rêverait de se trouver avec une cote de 61 % d’opinions favorables ? Mais des clignotants s’allument", analyse Sylvie Pierre-Brossolette dans Le Point.

"La crise de l'été 2007 ouvre un nouveau chapitre de l'histoire boursière. Celui d'une finance qui a envahi nos économies. Les banques ont joué aux apprentis sorciers, vendant des produits trop complexes à des fonds à risque. Cette financiarisation excessive, génératrice de bulles spéculatives, hypothèque désormais en permanence la croissance", constate pour sa part le Nouvel Observateur, qui tente d'expliquer la crise financière de ces dernières semaines en neuf points. L'économiste Patrick Artus précise qu'il ne s'agit pas d'un krach boursier: "Il n'est pas question de chute d'un marché d'actions surévalué, comme après l'éclatement de la bulle internet en 2000. Pas question non plus d'une baisse de la rentabilité des entreprises ou de forte hausse des taux, qui n'ont jamais été aussi bas. Enfin, il n'y a pas du tout de contraction des liquidités mondiales. Je ne vois pas ici les ingrédients d'un krach. Il s'agit plutôt d'une crise de microdifficultés cumulées, et comme d'habitude les banques qui prêtent beaucoup quand ça va bien se retirent quand ça va mal. Ca paralyse le système". Pour Le Point, il faut "tenir" face à la crise financière. "Le problème qui est posé par la crise financière actuelle est celui de l’appréciation du risque, selon les professeurs Charles Calomiris et Joseph Mason en page 7 du Financial Times (de ce vendredi). Une nouvelle typologie en la matière découragerait les risques excessifs et faciliterait le travail des régulateurs de marché", explique l'analyste financier Vincent Colot sur son blog.

Une nouvelle ambition

Cequifaitdebat.blogspirit.com entame une nouvelle saison consacrée au décryptage de l'actualité entrepreneuriale et financière. L'enjeu de ce travail est de proposer un espace d'information, de réflexion et d'observation sur la Bourse, les entreprises, l'intelligence économique, la vie quotidienne et l'international. A court terme, plus de 70% des contenus proposés seront consacrés à l'économie, et 30% à l'international, aux sciences, à la communication et au lifestyle. L'idée n'est pas de proposer un panorama exhaustif de l'actualité, mais d'apporter des éclairages au jour le jour sur un thème majeur et incontournable. La revue de presse hebdomadaire est reconduite. Afin d'être le plus complet possible, le blog économique ouvre ses colonnes à ses lecteurs, par courriel, par le biais d'un agrégateur de contenus à dominante économique, et par la reprise d'articles parus sur d'autres blogs, avec l'accord de leur auteur. Le blog sera aussi plus réactif, comme en témoignent les deux articles consacrés à la crise financière postés mi-août. Le blog se devait de proposer une tentative d'explication de cette tourmente boursière. Une nouvelle saison commence donc sur le blog économique Ce qui fait débat: en espérant qu'elle soit riche, fructueuse, et enrichissante.

24.08.2007

Crise sur les marchés : récit d’une correction boursière

21.08 - 11:30 I La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé vendredi son taux d'escompte, à savoir le taux auquel les banques peuvent se procurer des liquidités supplémentaires, de 0,50 point, à 5,75%. Une mesure d'une telle ampleur n'avait pas été observée depuis les attentats du 11 septembre 2001, et n'avait jamais été mise en oeuvre par l'actuel président de la Fed, Ben Bernanke, depuis son arrivée à la tête de l'institution. Les places boursières ont immédiatement réagi à l'annonce de la Fed, avec un gain de 1,82% pour le Dow Jones et de 2,2% pour le Nasdaq (cotations à New York), un gain de 3,50% à Londres (FTSE 100), et un CAC 40 qui s'est apprécié à Paris de 1,86% après s'être envolé de 3% en séance. L'action de la Fed « a un effet plus permanent que l'injection de liquidités pour faire baisser le coût du crédit. La Fed a mis une grosse goutte d'huile dans le système, mais les inquiétudes demeurent. Si un établissement de crédit ‘subprime’ fait faillite la semaine prochaine, la Bourse repartira à la baisse », décrypte au « Monde » Jean-Louis Mourier, d’Aurel Leven. Les précédentes interventions de banques centrales (afin de permettre aux banques de faire face à une pénurie de liquidités, ces établissements hésitant mutuellement à se prêter de l'argent), parmi lesquelles l’injection de plus de 200 millions d’euros par la BCE et de 90 milliards de dollars (67 milliards d’euros) par la Fed, n’ont pas suffi à apaiser les tensions.

Le scénario de la crise se dessine aux yeux des acteurs des milieux financiers et politiques. Fin 2006, sont apparues les premières difficultés d’établissements spécialisés dans la distribution de crédits immobiliers à risque, les « subprime mortgage », destinés aux personnes à faible revenu. Après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la Fed a ramené par étape son taux d’intérêt directeur jusqu’à 1% en 2004, permettant à ces individus d’accéder plus facilement à la propriété, d’autant plus que les conditions de crédit s’étaient relâchées dans ces établissements. Les foyers ayant contracté des prêts à risques, dits « subprimes », sont très sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange de la population percevant le moins de revenus et la plus endettée. La remontée des taux de quatre points étrangle ces ménages, ce qui amène à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit sont conduites au dépôt de bilan. La crise se propage à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. BNP Paribas, après s’être affirmé se situer en-dehors de cette crise, a annoncé le 9 août dernier le gel de trois sicav (société d’investissement à capital variable) qui avaient massivement investi dans les « subprime ». La chaîne des refinancements interbancaires est ébranlée, et l’ampleur de la crise est incertaine. Les prises de bénéfices se multiplient, aboutissant à une correction boursière. Quatre banques centrales (voir l’édition du 16 août) sont intervenues, sans pour autant rétablir la confiance. De nombreux investisseurs rapatrient les capitaux investis dans les pays émergents. « Les marchés les plus touchés sont ceux d’Europe centrale », indique aux « Echos » Robert Davy, gérant de fonds sur les marchés émergents pour Schroders.

Les récents résultats financiers publiés par les entreprises pourraient faire changer la donne, surtout s’ils sont conformes aux attentes ou les dépassent, comme pour de nombreux trimestriels récemment publiés en Asie. Ces prises de bénéfices, qui s’étendent jusqu’aux matières premières (dont les métaux de base), apportent la preuve d’une opinion négative sur les marchés, que l'annonce, samedi dernier, du sauvetage d'une banque allemande - le deuxième depuis le début de la crise - ne devrait pas contribuer à apaiser.

LIEN Quelles victimes après la crise financière?

Toutes les notes