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09 septembre 2007

Les premières répercussions de la crise financière

Eric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, revient ce dimanche sur la crise financière qui a agité les marchés boursiers ces dernières semaines. "Des gens si bien payés ont fait des bêtises, ils ne méritent aucune impunité. Ils doivent nettoyer leurs écuries, estimer dès maintenant l'ampleur de leurs pertes, le dire, reprendre les crédits normaux à l'économie réelle et prendre les moyens pour s'interdire de recommencer. Sinon, il faudra le leur imposer", estime-t-il, tandis que les répercussions de la crise se font sentir sur l'économie américaine, notamment à travers de nombreuses suppressions de postes. En août, le solde mensuel des créations d'emplois aux Etats-Unis a été négatif, et ce, pour la première fois depuis 2003. 4.000 emplois ont été supprimés en août, contre 68.000 crées en juillet. "Cette mauvaise surprise, due notamment à la contraction de l'emploi dans les secteurs manufacturier et public, ne témoigne pas encore pleinement des conséquences sur l'emploi de la crise de l'immobilier, sans compter les mauvaises surprises à attendre aussi du côté du secteur des services financiers", indique au quotidien Jean-Marc Lucas, de BNP Paribas. "Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le consommateur américain: l'immobilier est déprimé, les marchés financiers sont en proie aux turbulences, et maintenant voilà que le marché de l'emploi faiblit nettement", complète Audrey Childe-Freeman, économiste à CIBC (La Tribune). "Ce que nous vivons sur le marché du crédit a la capacité de pénaliser la croissance, mais l'économie va continuer à croître dans la seconde moitié de l'année", a pour sa part précisé le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Bloomberg-TV. Fin août, l'enquête semestrielle de l'Association américaine des économistes d'entreprise révêlait que 32% d'entre eux ont placé "l'effet des subprime" et "l'endettement excessif des ménages et des entreprises" en tête des problèmes qui pèsent sur l'économie outre-Atlantique, devant la menace terroriste.

Le subprime morgage, le crédit hypothécaire à risques, a représenté 13,6% du crédit immobilier américain accordé en 2006. L'aggravation de la crise financière est avant tout liée à l'incertitude qui plane sur les pertes provoquées à la suite des turbulances frappant les subprimes. Plus de deux millions de maisons ont été mises en chantier par an en dix ans aux Etats-Unis, mais à quel prix? Un certain nombre de ménages a été victime de l'appétit d'organismes de crédit peu regardants sur la solvabilité des personnes concernées (et qui en paient aujourd'hui le prix). Il a été garanti à ses ménages que le prix de leur logement allait monter, et ces prêts ont été revendus - ou titrisés - à des fonds. Des hedge funds ont racheté massivement ces crédits afin de les diluer dans des produits complexes dont on ne sait l'exposition réelle aux subprimes. Un certain nombre de banques s'est montré client pour ce type de produits, aussi appelés structured investment vehicules. La remontée des taux d'intérêt et la baisse des prix des logements depuis deux ans aux Etats-Unis ont étranglé le segment des subprimes américains. L'inquiétude planant sur les marchés provient essentiellement du flou entourant le nombre d'opérations effectuées autour de ces produits. "Nous avons eu une baisse significative du marché du logement aux Etats-Unis car il progressait à des niveaux qui n'étaient pas tenables. Vous ne pouvez pas avoir une correction pareille sans que cela fasse des dégâts. Il est trop tôt pour dire si c'est terminé mais je pense que c'est le cas. On en saura plus dans un mois ou deux", expliquait Henry Paulson en mai dernier. C'est aujourd'hui chose faite.

LIEN Faut-il craindre la crise américaine ?

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