« Record historique pour le pétrole brut | Page d'accueil | La revue de presse.62 »
13.09.2007
80,20 dollars le baril
Après être montés jusqu'à 80,18 dollars hier à New York puis s'être légèrement repliés en raison de prises de bénéfice, les cours du pétrole brut ont atteint aujourd'hui en séance 80,20 dollars le baril. "Vers 14H25 GMT, le baril de light sweet crude pour livraison en octobre était stable à 79,91 dollars sur le New York Mercantile Exchange, après avoir atteint un peu plus tôt 80,20 dollars", indique ce soir l'AFP.
L'ouragan Humberto a atteint les côtes du Texas, une région stratégique dans le cadre de la production américaine de pétrole brut. Des vents de 135 kilomètres/heure ont déferlé sur la zone, soit un cyclone de niveau 1 sur une échelle qui en compte 5. Mais l'arrivée du phénomène climatique a contribué à limiter les prises de bénéfices. "Les prix du brut sont montés en flèche mercredi après la publication d'un rapport très haussier sur les réserves de brut américaines, qui a montré une chute bien plus grande que prévu des stocks de brut", ajoutent les analystes de PVM Oil Associates à l'agence de presse. Les 500.000 barils quotidiens supplémentaires annoncés par l'Opep, qui représente 40% de la production mondiale, ne seront pompés qu'à partir du 1er novembre. Pourtant, l'Agence internationale de l'énergie a revu ses prévisions conernant la demande mondiale à la baisse. La crise financière pourrait en effet conduire à un ralentissement ou un essoufflement de la croissance dans certains pays industrialisés.
L'AIE a abaissé légèrement ses prévisions de demande des pays de l'OCDE qui devrait croître de 0,4% à 49,4 millions de barils par jour (mbj) en 2007 et de 1,6% à 50,2 mbj en 2008. Les prévisions pour la Chine font pour leur part l'objet d'un maintien à 7,6 mb/j pour 2007 et 8 mb/j en 2008. "Pour l'année prochaine, l'Agence internationale de l'énergie, qui a projeté une demande en hausse de 1,4 million de barils/jour, a révisé à la baisse de 0,3. La consommation de l'Asie, surtout de la Chine, a doublé en cinq ans, passant de 3,5 millions à 7 millions de barils/jour. [...] D'autres pays suivent, comme l'Inde, et globalement, la demande de pétrole dans le monde tend à croître de plus en plus. Alors que la production est en ralentissement, en augmentation moins rapide. [...] Structurellement, les prix ont une tendance à la hausse. Et ils continueront à croître", décrypte dans un chat sur le site internet du Monde Moncef Kaabi, responsable des matières premières chez Ixis CIB. De plus, les stocks américains ont chuté de 9% depuis juin.
Les cours du pétrole brut ont enregistré une augmentation exponentielle depuis cinq ans. Fin décembre 2002, le prix du baril s'élevait au-dessus de 30 dollars, soutenu par une perspective de guerre en Irak et des tensions nucléaires avec la Corée du Nord. Les Etats-Unis importent en priorité du Canada, du Vénuezela et du Mexique. L'Arabie Saoudite n'en est que le quatrième fournisseur, alors qu'il s'agit du premier producteur au monde. L'offre et la demande ne sont pas les seules composantes de la fixation des prix du brut, selon Joël Maurice, auteur du Prix du pétrole. "L'Arabie et le marché se partagent pour moitié chacun la détermination du prix du brut : au premier les deux chiffres avant la virgule, au second les deux chiffres suivants", indiquait-il au Monde en 2002. L'OPEP pèse aujourd'hui pour 40% de la production mondiale, bien que cette part soit régulièrement en diminution. Deux types de pétrole brut font office de référence sur le marché, à savoir le brent, qui est puisé en mer du Nord, et le WTI, le West Texas Intermediate. Le tarif d'un baril destiné aux Etats-Unis s'aligne sur le WTI, et celui d'un baril destiné à l'Europe sur le brent. L'augmentation de la production de l'Opep de 500.000 barils par jour n'a rien de surprenant, en se fiant aux déclarations de Joël Maurice en 2002: "Ils savent que des prix trop élevés conduiraient à moyen terme à un développement des productions non-OPEP et, par conséquent, à une baisse de la part de marché du cartel. Ils ont aussi à l'esprit qu'une inflation forte accélérerait le recours aux énergies de substitution. Bref, ils risqueraient de tuer la poule aux œufs d'or".
18:20 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole