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22 septembre 2007

L'euro fort en question

Débat. Réagissez à cet article par commentaire ou par courriel: face à l'euro fort, quelle attitude doit adopter la BCE? La monnaie unique a franchi hier le seuil de 1,40 dollar, à 1,4120 dollar pour un euro. La décision de la Fed d'abaisser d'un demi-point son principal taux directeur, mardi dernier, contribue à cette affaiblissement de la devise américaine.

"Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème. Je dis à M. Trichet (...) regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres", a estimé jeudi soir Nicolas Sarkozy. "L'euro n'est pas la seule cause des difficultés de notre commerce extérieur et de notre faible croissance. Cela étant dit, quand on essaye de relier le taux de change et les évolutions de parts de marché, ça marche assez bien. L'appréciation de l'euro nous a coûté des parts de marché et a pesé sur notre croissance", complétait en début de semaine Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévisions de l'OFCE.

Risque de délocalisation

"Le super-euro nous préoccupe. Il crée des problèmes aux exportations de toute l'Europe. Sans vouloir donner de leçons à personne, nous demandons à la BCE et à notre gouvernement de faire quelque chose pour défendre la croissance autant que la stabilité monétaire", a pour sa part indiqué Luca Cordero di Montezemolo, qui préside le patronat italien.

Les critiques ne manquent pas à l'égard de la BCE, qui n'a pas réduit son principal taux directeur. Les partisans d'un euro fort font cependant valoir leurs arguments, en premier lieu liés à la flambée des cours du pétrole. En effet, l'euro fort présente l'avantage de diminuer le coût réel des importations. Selon des chiffres rapportés par Les Echos, la facture énergétique de la France s'est allégée de 9% entre juillet 2006 et juillet 2007, tandis que l'euro s'appréciait de 10%. A noter que dans l'Hexagone, le pourcentage des exportations hors de la zone euro est passé de 46,7% en 2001 à 52,7% en 2004. On constate donc un amortissement du prix des matières premières importées.

De plus, les investissements en zone dollar sont rendus plus attractifs. Des inconvénients se font malgré tout sentir, parmi lesquels le risque d'un ralentissement des exportations dans la zone dollar et à l'intérieur de celles dont les monnaies sont sous-évaluées. L'industrie allemande a pris le parti, depuis plusieurs années, de jouer la carte de l'innovation et d'une politique puissante en matière de R&D afin de contre-carrer cet effet. Par ailleurs, l'euro fort peut avoir pour conséquence néfaste d'inciter aux délocalisations, les entreprises les moins compétitives souhaitant s'implanter dans des zones moins coûteuses.

Plusieurs facteurs contribuent à la baisse du dollar face à l'euro: des taux d'intérêt plus faibles, une poussée inflationniste, une fuite des capitaux, un déficit commercial, et une crise de confiance dans le pays. Les entreprises françaises gèrent les risques de change de façon différente en fonction du secteur dans lequel elles évoluent. À titre d'exemple, Vivendi réalise les deux tiers de son chiffre d'affaires en euros. LVMH, quant à elle, compte parmi ses principaux marchés les Etats-Unis (26%) et le Japon (13%).

LIEN Comment redresser le blason de l'euro ?

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