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30 septembre 2007
Leterme saura-t-il mettre un terme à la crise politique belge ?
"Le roi a chargé Monsieur Yves Leterme de former un gouvernement. Celui-ci a accepté cette mission", a annoncé le Palais ce samedi peu après 22 heures. Après un mois de négociations, le négociateur Herman Van Rompuy pense avoir mené à bien sa mission pour tenter de former à nouveau un gouvernement. "Il y a suffisamment d'éléments de convergence pour permettre la reprise des négociations sous la direction d'un formateur", indiquait le Palais en fin d'après-midi. Après les élections législatives du 10 juin dernier, Yves Leterme, du parti chrétien-démocrate flamand, le CD&V, s'était vu chargé par le Roi d'entamer des négociations afin de composer un gouvernement de coalition, dit de l'Orange bleue au vu des résultats électoraux. Après cinq semaines de discussions, ayant constaté des blocages dans les négociations, il avait présenté le 23 août dernier sa démission au Roi. Un explorateur, Herman Van Rompuy, président flamand de la Chambre des députés, avait alors été nommé, prenant ses fonctions le 29 août. Ce samedi soir, le Roi charge à nouveau Yves Leterme de former un gouvernement.
"Yves Leterme ne s'est forgé que des images négatives : au milieu d'une vague de drapeaux nationalistes au soir des dernières élections, confondant La Marseillaise et La Brabançonne sur le parvis d'une cathédrale, refusant de répondre en français à un reporter de la RTBF avant de lui conseiller, plus tard, d'aller se faire f...", constate Jean-Pierre Stroobants, correspondant du Monde en Belgique. A 47 ans, l'ex-ministre président de la région flamande a triomphé aux élections du 10 juin dernier, dix ans après son élection en tant que député. Son image apparaît comme assez négative du côté francphone, et ce ne sont pas certains propos qui auront réussi à inverser la tendance: "La situation économique de la Wallonie, pointe- t-il, n'a jamais été aussi mauvaise qu'aujourd'hui", avait-il fait savoir. "Non. La Belgique n'a pas de valeur en soi. La nécessité d'avoir un gouvernement fédéral passe au second plan par rapport aux intérêts de la Flandre", déclarait-il dans un entretien accordé à Libération en juin dernier. " Les exigences institutionnelles du CD&V, renforcées encore par son cartel avec les nationalistes de la N-VA seront donc plus que probablement très élevées ce qui rendra la négociation difficile. D'autant plus qu'Yves Leterme n'a pas les faveur des leaders francophones qui le qualifient de dangereux et d'arrogant", expliquait l'hebdomadaire belge Le Vif avant les élections.
En attendant la constitution d'un nouveau gouvernement, la précédente équipe gouvernementale conduite par Guy Verhofstadt reste aux "affaires courantes". Les affaires "urgentes" sont à sa charge, car, si elles n'étaient pas réglées, cela poserait "un préjudice irréparable à la collectivité" (cf. Le Monde, 15 septembre). La gestion des affaires courantes est assurée par l'ancien gouvernement, qui a pourtant rendu sa démission depuis les élections. "Les interrogations sur le devenir du pays s'expriment davantage dans les médias étrangers que dans la réalité", indique au Figaro François Delhaye, porte-parole du ministère belge des Affaires étrangères. Il rappelle néanmoins que l'équipe de Guy Verhofstadt "ne prend aucune nouvelle initiative et doit se montrer prudent". Si un nouveau gouvernement n'était formé au 9 octobre prochain, la majorité parlementaire et l'exécutif seraient alors différents. Une situation elle aussi inconfortable. Photo: AP.
00:25 Publié dans Monde, Permanent, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Belgique
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