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06.10.2007
Stiglitz réservé sur la décision de la BCE
Mise à jour 06/10 "La BCE reste focalisée sur les risques d'inflation. Or, des taux élevés contribuent à ralentir l'économie. Tant que la BCE maintiendra cette politique, elle ne pourra pas répondre aux problèmes de cette crise financière. D'autant qu'il n'y a pas de sérieuses tensions inflationnistes en Europe. La Fed a eu raison de baisser ses taux le 18 septembre. Mais cette mesure a un effet limité. La Réserve fédérale américaine a agi sur le coût de l'argent à court terme. A plus long terme, les taux d'intérêts (fixés par le marché) restent élevés. In fine, la Fed a surtout aidé les établissements de crédits hypothécaires pour éviter qu'ils ne fassent faillite. Ces derniers ont été à l'origine de la crise car ils avaient prêté démesurément en prenant des risques inconsidérés. Ce ne sont pas eux qu'il fallait soutenir. Il faudrait plutôt aider les ménages qui sont aujourd'hui menacés de perdre leur logement", estime dans un entretien accordé au Monde Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie 2001.
L'économiste réagit à la décision de la Banque centrale européenne de conserver son principal taux directeur, celui de refinancement, à 4%, contrairement à la décision de la Fed de baisser ces taux au début du mois. Jean-Claude Trichet fait valoir les risques inflationnistes dans la zone euro, l'inflation pouvant se définir comme une hausse durable du niveau général des prix. L'inflation par la monnaie correspond pour sa part au résultat d'une création monétaire excessive, ce qui amène à une hausse des prix. L'institution prévoit une installation de l'inflation à plus de 2% en 2008, avant une période de modération. L'ex-gouverneur de la Banque de France s'en est expliqué jeudi: "Nous sommes entrés dans une période où les effets défavorables des prix de l'énergie vont avoir un fort impact sur la progression annuelle des prix à la consommation", a-t-il indiqué.
Parallèlement à cette information, force est de constater que l'on assiste à une nouvelle flambée des matières premières. "Il n'y a nulle part problème de croissance. La demande est là, comme le prouve la hausse continue des cours du fret maritime qui transporte les produits de base. Enfin, les matières premières sont des produits d'investissement bien plus sûrs que d'autres", indique, toujours au Monde, Phlippe Chalmin, professeur à Paris-Dauphine. La décision de la Réserve fédérale américaine y contribue sans doute, l'assouplissement des conditions de crédit par cette banque centrale ayant été bien accueilli sur les marchés. Mais, comme le rappelle Joseph Stiglitz, "La dynamique de l'économie américaine est négative".
00:15 Publié dans Economie , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BCE, Euro, inflation, refinancement, matières premières