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18.10.2007
Pétrole: pourquoi ça monte ?
Mises à jour 19.10 à 09:19 et 13:57 Les 89,57 dollars ont été atteints, puis la barre des 90 dollars franchie avant de voir le cours redescendre. "Le prix du baril de brut de pétrole a dépassé pour la première fois jeudi soir à New York le seuil des 90 dollars, lors des échanges électroniques d'après-séance", explique ce vendredi l'AFP (90,02 dollars exactement) Les 90,07 dollars ont été atteints ce vendredi. Ce record du baril de "light sweet crude" à New York (ici, pour livraison en novembre) trouve avant tout sa source dans un conflit géopolitique, comme indiqué dans le précédent article de ce dossier. Le Parlement turc a donné au gouvernement son aval pour agir militairement de l'autre côté de la frontière avec l'Irak, pour déloger de leurs bases les rebelles du Parti des travailleurs kurdes, le PKK. "Le PKK lutte depuis 1984 contre le pouvoir central turc, et selon Ankara, les Kurdes d'Irak le soutiennent en armes et explosifs", explique l'AFP. "Les tensions dans le nord de l'Irak préoccupent le marché, car elles ternissent l'espoir que les exportations de pétrole irakien reprennent via la Turquie", indique le courtier Sunden. Ces données ne constituent pourtant qu'une partie des raisons expliquant cette flambée des cours - le West Texas Intermediate s'est apprécié de plus de 10% depuis le début de la semaine.
Francisco Blanch, en charge de la recherche matières premières chez Merrill Lynch, a annoncé en début de semaine "ne pas pouvoir exclure l'éventualité d'une poussée du prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril à court terme si l'hiver s'annonce rigoureux". Parallèlement à cette inquiétude quant à une éventuelle hausse soudaine de la consommation, forc est de constater que la baisse des taux de la Fed il y a quelques semaines a provoqué un afflux massif d'investisseurs sur les marchés des matières premières.
Christophe de Margerie, PDG de Total, pointe pour sa part le manque de volonté des pays producteurs. Il s'exprimait début septembre au Financial Times: "Le monde a changé. Il y a la volonté pour un certain nombre de pays de garder leurs réserves pour le long terme. Ils gagnent suffisamment d'argent avec leur production, et ils sentent qu'il est bon pour leur peuple de conserver leurs réserves pour l'avenir... Ils ne veulent pas les exploiter trop vite". L'Opep ne juge pas utile de relever sa production de brut, annoncée à 500.000 barils par jour à compter du premier novembre. L'organisation préfère faire porter le chapeau aux difficultés rencontrées par les raffineries, comme il est indiqué dans son dernier rapport: "Ces dernières années, les marchés de produits ont fait face à une forte correction baissière en septembre, pesant sur l'ensemble du complexe pétrolier. Cependant, cette tendance a été significativement atténuée cette année du fait d'importantes maintenances saisonnières dans le bassin Atlantique et par des préoccupations sur le front des tempêtes, qui se sont manifestées sur la seconde moitié de septembre".
Le chef d'entreprise met aussi en cause l'augmentation des coûts parapétroliers, à savoir le forage, la géophysique, l'ingénierie et la construction d'équipements. "Je ne pleure plus sur les résultats des entreprises parapétrolières à condition qu'ils s'arrêtent. Nous ne pouvons laisser dériver les coûts de développement des projets", a-t-il déclaré le 10 octobre dernier, selon Le Monde. Selon Christophe de Margerie, depuis trois ans, le coût des projets en mer progresse de 16% chaque année. Des coûts qui, cette fois-ci, pourraient directement pénaliser les consommateurs, jusque là protégés par l'euro fort.
"Le marché du pétrole est avant tout une question de psychologie, une histoire de légendes. Il prend ses décisions non pas en fonction de la réalité, mais de sa perception de la réalité. Un trader qui anticipe une chute des prix et souhaite vendre doit trouver des acheteurs qui pensent le contraire. Le marché du pétrole, c'est en quelque sorte une perception qui cherche sa contrepartie", indiquait au journal en 2002 Robert Mabro, directeur de l'Oxford Institute for Energy Studies.
21:45 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole