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25.10.2007
Les fonds souverains à l'assaut du globe
"Trois mois de réserves de change suffiraient à la Chine pour acheter n'importe quelle société du CAC 40", explique à L'Expansion Stephen Jen, chez Morgan Stanley. La sphère financière se passionne pour l'émergence d'investisseurs d'un nouveau genre, les fonds d'investissement souverains. La réunion du G7 Finances qui s'est tenue la semaine dernière a évoqué pour la première fois les Soveraign Wealth Funds (SWF); ils deviennent des agents majeurs au coeur des marchés de capitaux.
Les SWF se caractérisent par la fait que les capitaux sont détenus par les Etats, ce qui laisse planer des interrogations quant à une éventuelle tentative d'exercer une influence politique dans des entreprises et structures étrangères, comme l'avait laissé entendre Angela Merkel cet été. le passé montre qu'ils ne se comportent pas en activistes politiques", indique Nicolas Véron, économiste au centre de réflexion européen Bruegel. Il s'exprimait il y a quinze jours dans L'Agefi hebdo. "En 1990 les fonds souverains détenaient probablement 500 milliards de dollars tout au plus ; il sont actuellement estimés à 2 500 ou 3 000 milliards de dollars et, compte tenu de l'évolution probable des comptes courants, ils pourraient atteindre 10 000 milliards de dollars d'ici à 2012", analyse pour sa part l'économiste en chef du FMI Simon Johnson dans Le Figaro.
Les pétrodollars ou les excédents commerciaux de certains pays leur permettent de pouvoir investir à l'étranger et ainsi de prendre part au jeu de l'économie mondiale. "Ces fonds, et en particulier celui de la Chine, ne veulent plus se contenter des 4 ou 5% de rémunération offerts par les bons du Trésor, ils déplacent leurs avoirs sur les actions, bien plus rémunératrices", indique Jean-Patrick Yanitch, conseiller financier de l'ambassade de France à Pékin. Investir, mais pour quoi faire? Le retour sur investissement semble bien plus important aux yeux des responsables des SWF que le contrôle de sociétés, les fonds étant notamment destinés au fonctionnement intérieur dex Etats, tels les régimes de retraite. Le meilleur rendement est donc privilégié.
Des prises de participation spectaculaires en guise de vitrine
Les fonds d'investissement souverains ne sont pas inconnus des spécialistes de la finance. Après le premier choc pétrolier des années 1970, les pays producteurs ont constitué des entités et des fonds de pension destinés à placer cette nouvelle manne de "pétrodollars". A l'aube des années 2000, c'est la zone asiatique du globe qui a, à son tour, pris part à ce système, croissance économique et flambée des matières premières aidant. Les Etats accumulent des réserves principalement en dollars, et souscrivent à des obligations. Aujourd'hui, la tentation est grande pour les SWF de s'aventurer sur les marchés actions, où les dividendes peuvent se faire plus appétissants. Quelques opérations symboliques assurent par ailleurs la notoriété de ces fonds: en 2006, la banque publique russe VTB prenait 5% du capital d'EADS, et au début de l'année 3,5% pour le fonds de Dubai. Plus tôt, en 2005, Abu Dhabi entrait au capital de Ferrari à hauteur de 5%.
11:56 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : finance, fonds d'investissement
Commentaires
Pour prolonger cette réflexion sur les fonds souverains, le Sénat vient de rendre public un rapport sur les fonds souverains dans les pays du Golfe persique.
Le rapport est disponible en ligne :
http://www.senat.fr/noticerap/2007/r07-033-notice.html
Ecrit par : Og | 02.11.2007