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04 novembre 2007
L'économie au coeur de l'impasse politique belge
Les négociateurs de l'Orange bleue, cette dénomination correspondant à la formation du futur gouvernement belge, devraient se garder de fêter un nouveau record dans leur pays. Demain, la Belgique franchira le seuil des 148 jours sans gouvernement.
Vingt ans après le précédent record, les négociations ont connu un retard suite à la démission et au retour du formateur Yves Leterme. Après les élections législatives du 10 juin dernier, Yves Leterme, du parti chrétien-démocrate flamand, le CD&V, s'était vu chargé par le Roi d'entamer des négociations afin de composer un gouvernement de coalition. Il avait présenté le 23 août dernier sa démission au Roi, avant d'être rappelé le 30 septembre dernier. La configuration politique de la future coalition ne fait pas de doute, selon Vincent de Coorebyter, directeur du Centre de recherche et d'informations socio-politiques. Selon lui,"l'Orange bleue est la seule possibilité, personne ne veut négocier avec les socialistes". Il s'exprime dans une dépêche publiée sur le site internet du Journal du Dimanche. "Il a la légitimité des urnes et ne cesse de le clamer. Il a déjà changé ses méthodes depuis la première fois, il s'est mis dans la position de chef d'équipe, et il y a désormais un arbitre", indique Jean Faniel, de la même entité.
Une clef économique: les transferts interrégionaux
Trois régions sont établies au sein du royaume: la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale. La première peut se targuer d'afficher le taux de chômage le moins élevé et la plus forte contribution au PIB (57,3%). La seconde, touchée par la crise de l'industrie sidérurgique se redresse. La troisième fait l'objet d'un taux de chômage record (plus de 20%). Le "plan Marschall" adopté par les autorités wallonnes dans l'agriculture et la biotechnologie est censé permettre à la région de revenir sur le devant de la scène, en développant certains domaines porteurs. Les négociateurs flamands souhaitent, conformément à leur programme, étendre la régionalisation de certaines compétences au domaine économique. Parmi les points de tension, "la Flandre voudrait gérer elle-même les allocations familiales et surtout les indemnités de chômage, la Flandre étant presque au plein emploi alors que la Wallonie peine avec un taux frôlant à certains endroits les 30%", rappelait début septembre Pierre Bertinchamps dans un article publié sur le blog. L'Etat risque-t-il de devenir une coquille vide au profit d'un plus fort fédéralisme ? La question est au coeur des tensions.
Concernant la Sécurité sociale, les transferts entre régions sont évalués, selon Le Monde, entre 2,3 et 3,7 milliards d'euros par an. Le Nord paierait-il trop pour le Sud ? Cette interrogation titille une partie des Flamands, le dynamisme économique de la Flandre rompant avec les chiffres du chômage affichés en Wallonie. En cas de scission de la Flandre, "les francophones doivent-ils craindre pour leur niveau de bien-être dans l'hypothèse d'une scission du pays? Prétendre le contraire serait naïf. La plupart des estimations aboutissent à une réduction moyenne des budgets des entités francophones de l'ordre de 20%.", expliquait fin août le quotidien économique L'Echo.
14:05 Publié dans Economie, Monde, Permanent, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Belgique
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