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22.11.2007

Inquiétude sur les marchés mondiaux

 

"La principale question porte sur le comportement à venir des consommateurs américains, alors qu'ils représentent les deux tiers de la croissance du PIB. Que se passera-t-il si le secteur immobilier se dégrade davantage et si les ménages ne peuvent faire face à des conditions hypothécaires plus restrictives ? Et si le cours du pétrole se maintient au-dessus de 90 dollars, le budget essence viendra-t-il pénaliser les autres dépenses ?", explique aux Echos Sam Stovall, responsable de la stratégie actions chez Standard and Poor's. Le marché américain est en ligne de mire sur les marchés, avec les répercussions de la crise du subprime. L'OCDE a estimé à 300 millions de dollars les pertes liées à la crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis.

Le CAC 40 est passé hier sous la barre des 5.400 points, en baisse de 2,28%, Francfort a reculé de 1,5%, Londres de 2,5% et le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,62% La tourmente qui touche les places boursières n'est pas sans rappeler la crise financière de l'été, mais l'ampleur est moindre et les causes différentes. L'envolée des cours du pétrole constitue cette première variable: de 60 dollars en janvier, le WTI côté à New York est désormais positionné aux alentours des 95 dollars. L'approche de l'hiver dope le baril, également poussé à la hausse par la chute du dollar. Les banques centrales des pays exportateurs de pétrole gèrent différemment leurs réserves de changes depuis quelques années, et ne souhaitent plus détenir uniquement du dollar. Une partie des contrats pétroliers, libellés en dollars, est revendue pour acheter de l'euro et du yen, ce qui exerce une pression sur la devise américaine.

Parvenue lundi à 1,48 dollar pour un euro, la devise américaine est la seconde variable explicative de l'inquiétude qui règne. La Fed a indiqué mardi ne tabler sur une croissance comprise qu'entre 1,8 et 2,5% pour 2008, contre une fouchette de 2,5 à 2,75% initialement prévue. "Les consommateurs américains pourraient ressentir une réelle pression sur leur capacité à dépenser si le prix du pétrole reste durablement à un niveau élevé, si l'inflation progresse ou si les choses se gâtent côté emploi. [...] Wall Street s'attend à voir la Réserve fédérale continuer à baisser ses taux directeurs pour éviter un recul de la consommation. Mais les investisseurs craignent que les niveaux actuels du pétrole et du dollar alimentent l'inflation et donc obligent la Fed à stopper son assouplissement", indique Sam Stovall.

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