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25.11.2007

Une mobilisation contre le gouvernement ?

Le départ de délégués de l'Unef de la "coordination nationale étudiante" censée fédérer les forces durant le combat contre la loi de réforme des universités laisse apparaître au grand jour une réalité déjà visible depuis quelques jours: le mouvement ne s'apparente plus à l'ensemble de l'opposition mais à la seule extrême gauche, en une mobilisation aux contours beaucoup plus anti-gouvernement qu'anti loi Pécresse. En cause, le fait que l'Unef ait accepté de négocier avec le gouvernement durant l'élaboration de la la loi et pendant le mouvement, alors que le message provenant des contestataires d'extrême-gauche se résume en l'objectif d'une abrogation de la loi.

"Il y a un refus de l'organisation de la coordination à propos des négociations. C'est pour cela qu'ils refusent notamment des délégations du mouvement. On appelle les AG à continuer à se mobiliser mais on considère que cette coordination n'est plus représentative du mouvement. Le point de clivage est sur la reconnaissance des syndicats étudiants représentatifs et sur le fait que ces syndicats vont négocier avec le gouvernement pour obtenir de meilleures conditions de vie étudiantes", a indiqué une porte-parole du syndicat étudiant, qui ne demande pas un retrait du texte mais des discussions constructives avec le gouvernement. "Le syndicat lycéen regrette la division du mouvement étudiant qui s'est révélée ce week-end pendant la coordination nationale", rappelle ce soir la Fidl, second mouvement lycéen. Le principe d'un appel à se mobiliser le 27 novembre et à manifester le 29 est maintenu.

Le mouvement principalement étudiant contre la loi Pécresse se révèle donc être avant tout une marotte d'extrême gauche qui rejette en bloc la politique gouvernementale, et s'inscrit en rupture avec les codes et pouvoirs établis pour les contestataires les plus acharnés. Les journalistes, rapportent plusieurs médias ce soir, ont été cantonnés dans une salle de l'université Lille I sans pouvoir s'entretenir avec des représentants de la coordination. "L'Unef refuse de cautionner cette ambiance très tendue et très violente à la fois vis-à-vis des délégations des étudiants et de la presse", a expliqué la porte-parole du syndicat.

En transformant la contestation en lutte idéologique sous couvert de représentation des étudiants, la "coordination nationale" commet un faux pas, déjà observé les semaines précédentes à Rennes et à Tours: l'extension des revendications à l'ensemble des mesures adoptées par le gouvernement, sans justification ni réel espoir de voir les demandes aboutir, cantonne progressivement ce qui devait être un mouvement d'ampleur, comme l'a été la lutte contre le CPE, a un combat minoritaire et dénué de sens pour une majorité d'étudiants qui, même s'ils sont de sensiblités politiques différentes de celle du gouvernement, ne se reconnaissent plus dans cette "coordination nationale".

LIEN 20/11: comment l'Unef appelle à la mobilisation

Commentaires

De l'observation les représentants de l'UNEF ne représentent pas les membres de l'UNEF. Sur Montpellier c'est ce que j'ai entendue de plusieurs membres de l'Unef, mais ce qui est plus remarquable, c'est que les séparations ne se font pas par rapport à un courant de pensées mais plutôt en fonction de la fac présentée, comme si certaines facs allaient pouvoir survivre et d'autres être condamnées à disparaitre. Difficile de distinguer le vrai du faux car chaque étudiant venant contrôler l'arrêt des cours me présente une vision différente de la chose, le seul point commun c'est qu'ils ne veulent pas voir d'autres personnes que moi dans les salles !

Ecrit par : Temps | 25.11.2007

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