« Facs: vers un essoufflement du mouvement | Page d'accueil | À la Une.30/11 »

29 novembre 2007

Travailler plus pour gagner plus, l'équation irrésolue

Tel un étendard de campagne, le slogan "Travailler plus pour gagner plus" prôné par le candidat Sarkozy ne produit pas les effets escomptés. Pour la première fois, selon le baromètre établi par la Sofrès et publié samedi par Le Figaro magazine, le chef de l'Etat voit sa côte de popularité chuter sous la barre des 50%, à 49%. Les mouvements sociaux ont sans doute écorné l'image de Nicolas Sarkozy, bien que le principe de la réforme des régimes spéciaux soit approuvée par la majorité des Français, mais ce n'est pas la seule hypothèse à même d'expliquer cette baisse de régime.

La lutte contre la vie chère devient la principale source de préoccuptation pour les citoyens, qui peinent de plus en plus à joindre les deux bouts. L'influence des hausses de prix des matières premières agricoles et du pétrole s'est faite sentir. Dans les rayons, des aménagements se préparent avec l'abrogation potentielle de la loi Galland. Le gouvernement doit donner l'impression de s'activer sur le problème, mais l'équation budgétaire à laquelle il doit faire face restreint considérablement sa marge de manoeuvre: en effet, les effets du paquet fiscal, d'une valeur de 15 milliards d'euros, peinent à se faire sentir, et la mesure phare de l'ex-candidat de l'UMP, la défiscalisation des heures supplémentaires, se heurte à une complexité telle qu'elle a été confirmée par la présidente du Medef Laurence Parisot. "Les Français ne s’attendent pas à ce que je distribue des cadeaux de Noël, alors qu’il n’y a pas d’argent dans les caisses", a expliqué ce soir Nicolas Sarkozy, qui a rappelé qu'il "n’est pas question de supprimer les 35 heures, il ne s’agit pas de revenir sur un acquis social mais de permettre de travailler plus".

Une conférence organisée à la mi-décembre permettra de fixer l'agenda social de 2008 afin de savoir "comment faire pour donner davantage de flexibilité aux entreprises, et en même temps donner davantage de garanties aux salariés". C'est la moindre des choses de la part d'un chef de l'Etat qui a affiché jusqu'ici un style novateur et accompagné d'une profonde volonté réformiste. Pour que l'état de grâce ne cède pas sa place à la désillusion.

Ecrire un commentaire