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12.12.2007

Des répercussions de la crise politique belge sur l'économie

"A plus court terme, pour les entreprises, il y a des lois et décrets qui devaient être modifiés et qui ne l'ont toujours pas été", expliquait vendredi dernier aux Echos Rudi Thomaes, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique. Les conséquences de la crise politique sur l'économie belge apparaissent comme limitées, selon le représentant. C'est surtout la dégradation des finances publiques qui l'inquiète: "Ce qui me préoccupe le plus, c'est la dégradation des finances publiques. La Belgique a transmis en avril à l'Union un plan qui prévoit un excédent de 0,3% du PIB en 2007, de 0,5% en 2008 et 0,7% en 2009. Or cette année nous serons probablement en déficit et l'an prochain tout juste à l'équilibre. Certaines mesures d'économies n'ont pas été prises", indique-t-il.

L'optimisme n'est toutefois pas de mise. "Nous perdons du terrain à l'étranger et les investisseurs hésitent à venir en Belgique", a rappelé la Chambre de commerce et d'industrie de Bruxelles. L'image d'un pays instable se répand à l'étranger, suscitant la crainte des investisseurs. "Les régions, qui disposent déjà d'importantes prérogatives, fonctionnent normalement", signale aux Echos Etienne de Calatay, en charge de la recherche action à la banque Degroof. Le système de gestion des affaires courantes tel que conduit actuellement par Guy Verhofstadt permet de ne pas plonger le pays dans un cadre où il n'aurait plus de dirigeants.

"La vigilance est de mise, mais nous ne pouvons pas tomber dans une sorte d'hystérie collective en raison de prévisions qui seraient à la baisse", a expliqué dimanche Karel Van Eetvelt, administrateur délégué de l'Union des PME flamandes. "La croissance est ralentie, mais en général, nos entreprises font encore de bonnes affaires. Par ailleurs, la rentabilité est en augmentation, tout comme les emplois. Les difficultés dues aux mauvais payeurs sont également en recul. Un pessimisme exagéré n'est donc pas de mise", indique pour sa part l'Union des classes moyennes flamandes.

Le moral des consommateurs est à son plus bas niveau depuis 2001. Guy Quaden, gouverneur de la Banque nationale de Belgique, a conseillé à l'éventuel futur gouvernement de lancer une campagne d'image à destination de l'étranger. Par ailleurs, certaines entreprises prestataires de services pour l'Etat affirment être en mauvaise posture suite à des retards dans le paiement des factures. L'euro semble cependant avoir changé la donne: lors des dernières crises, les taux d'intérêt avaient augmenté et le franc belge avait glissé par rapport au mark. En parallèle, les courtiers ont commencé à émettre plusieurs avis négatifs sur les obligations d'Etat belges.

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