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12 décembre 2007

Yves Leterme, acteur incontournable de la crise politique belge

Samedi, l'ex-formateur Yves Leterme s'est exprimé dans divers médias flamands ainsi qu'à la chaîne de télévision RTL TVi. Lors de cette opération de communication, il s'en est violemment pris à la RTBF, le service public audiovisuel francophone. Il reproche à l'entité d'avoir fait de "la propagande" en faveur de Joëlle Milquet, leader des centristes francophones, qui avait récemment pointé du doigt le caractère "chaotique" des méthodes de l'homme politique. Il a comparé la RTBF à Radio mille collines, qui avait appelé à la violence lors du génocide rwandais en 1994. Ce dérapage a été vivement condamné au sein de la classe politique. "On  peut reprocher à des médias de refléter trop unilatéralement les positions de leur communauté, mais on ne peut faire la comparaison avec une station de radio qui prônait l'extermination", expliquait lundi au Monde Alain Destexhe, sénateur libéral francophone. "Yves Leterme a tout simplement commis une faute en validant l’idée qu’une radio-télé démocratique de service public inciterait au génocide. [...]Monsieur Leterme a la lecture sélective, la susceptibilité à sens unique et ne s’interroge guère depuis des mois pour comprendre ce qui, côté francophone, sans diabolisation, donne à penser qu’il ne serait pas le Premier ministre de tous les Belges", rappelait lundi dans Le Soir Béatrice Delvaux, rédactrice en chef.

Ce dérapage suit d'autres épisodes qui entretiennent la réputation peu enviable dont Yves Leterme jouit parmi les francophones. Il s'était demandé si ces derniers étaient dans "l'incapacité intellectuelle" de parler le néerlandais, et avait confondu l'hymne national belge, la Brabançonne, avec la Marseillaise lors de la fête nationale du 21 juillet dernier. Yves Leterme sait aussi faire parler de lui quant à son rôle dans la crise politique. Fort de ses 800.000 voix obtenues le 10 juin dernier, il souhaite imposer ses vues. Plus de régionalisation. " Ce n’est quand même pas génétiquement inscrit que la Wallonie doive rester une telle région retardataire en Europe ? Il y a des régions qui travaillent de façon fantastique, comme le Brabant wallon. Mais seule une plus grande responsabilisation fournira le combustible nécessaire pour une reprise de la Wallonie", a-t-il déjà indiqué.

Entre le Flandre et la Wallonie, "que reste-t-il en commun ? Le Roi, l'équipe de foot, certaines bières...", s'interrogeait Yves Leterme dans un entretien polémique accordé à Libération à l'été 2006. Né en 1960 en Flandre-Occidentale, il obtient en 1985 à Gand une licence en droit et sciences politiques. Il débute sa carrière comme auditeur à la Cour des comptes entre 1987 et 1989. Expert-administrateur auprès de l'Union européenne en 1992, il devient cinq ans plus tard député du Parti chrétien-démocrate flamand. Ministre-président de la région flamande en 2004, il démissionne de son poste au printemps dernier dans la perspective d'accéder au poste de Premier ministre. Six mois plus tard, Guy Verhofstadt occupe toujours le 16 rue de la Loi, en affaires courantes.

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