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08.12.2007

La revue de presse.74

17cb98f42492722c944f1355d5e1a20d.jpgL'épineuse question des transferts de technologie est abordée par l'Usine nouvelle à l'occasion d'un dossier sur les échanges commerciaux avec la Chine. Egalement dans l'hebdomadaire, un entretien avec Jean Syrota, président du conseil énergétique du Comité d'analyse stratégique. "Le prix du pétrole est imprévisible. Il résulte à la fois de considérations économiques, des appréciations sur les capacités de production et sur l'évolution de la demande, des événements géopolitiques et des phénomènes spéculatifs. La commission de l'énergie avait pour mission d'étudier les perspectives énergétiques de la France jusqu'à l'horizon 2050. Elle a fait élaborer des simulations, ce qui nécessitait d'introduire un prix du pétrole dans les modèles. Elle a retenu 80$ jusqu'en 2015, puis 100 à 150 de 2015 à 2030 et 100 de 2030 à 2050", affirme-t-il.

Challenges consacre un dossier à Marx. Un choix surprenant de la part de l'hebdomadaire économique, qui s'explique: "Ce travailleur infatigable - il a mis vingt ans à écrire Le Capital - reste le grand penseur du capitalisme dont il a très tôt saisi les faiblesses. Et c'est dans le désarroi de nos sociétés face à une mondialisation galopante que le philosophe de Trèves semble retrouver une deuxième jeunesse. Si étonnant que cela puisse paraître, c'est dans le camp libéral que l'on trouve aujourd'hui ses plus ardents défenseurs".

Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire

 

Jusqu'alors discret sur la question, George W.Bush est sorti de sa réserve pour présenter son plan en faveur des victimes de la crise des subprimes mortgage, les crédits hypothécaires à risque américains à l'origine de la crise financière estivale. La crise a été déclenchée, outre-Atlantique, par l'évolution défavorable des taux d'intérêt, les ménages américains s'endettant principalement à taux variables. Ils ne bénéficient cependant d'aucune protection en cas de remontée des taux, ce qui s'est produit. Les foyers ayant contracté des prêts à risques sont extrêmement sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange percevant le moins de revenus et la plus endettée.

Les marchés ont réagi favorablement, jeudi soir, à l'annonce du plan présenté par l'administration Bush, bien que des craintes puissent survenir quant au fait que les mécanismes de marché se retrouvent ainsi grippés. Il s'agit de demander à l'ensemble du secteur de geler pour une période de cinq ans les taux d'intérêt sur certains pris souscrits entre le début de l'année 2005 et l'été dernier. Deux millions de foyers sont concernés par les taux variables, qui doivent être revus à la hausse dans les mois à venir, selon les analystes. Aucune intervention des pouvoirs publics ne devrait avoir lieu, "Qui va investir dans des obligations ou des titres si le gouvernement peut de façon arbitraire réduire des rendements garantis contractuellement ?", s'interroge dans le Wall Street Journal Martin Feldstein, ancien conseiller de Ronald Reagan.

Une enquête du FBI

La Fed pourrait abaisser ses taux directeurs le 11 décembre, une nouvelle diminution face à un possible ralentissement de la consommation. En l'espace d'un an, le prix des propriétés a chuté de 5%, mais le nombre de saisies immobilières a doublé. Le FBI et la Commission des titres financiers et des bourses cherchent par ailleurs à savoir de quelle manière des propriétés ont été délibérement surévaluées afin de faciliter l'octroi de prêts. L'enjeu est aussi de prouver comment des courtiers ont réussi à placer auprès de foyers modestes des crédits dont il ne les informaient pas que les taux remontaient de 30% à l'issue de la troisième année. Crédit vidéo: NYFP

07.12.2007

À la Une.07/12

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Chaque vendredi, le blog économique reprend des extraits de la revue de presse financière effectuée quotidiennement par Vincent Colot, analyste financier chez Euroconsumers. Il décrypte chaque jour les principaux titres du Financial Times et du Wall Street Journal Europe.

 

 ·Alors que les signes d’un coup de froid économique se multiplient outre-Manche, la Banque d’Angleterre a réduit d’un quart de point ses taux d’intérêt pour la première fois en plus de deux ans. La Banque Centrale Européenne fait, elle, le gros dos, coincée entre la faiblesse de l’économie et les poussées inflationnistes. Articles de Joellen Perry et Alistair MacDonald du WSJE et de Chris Giles et Ralph Atkins du FT.

 

·La sous-traitance est loin d’être toujours la panacée en ces temps de globalisation : elle explique en grande partie le retard pris par Boeing dans la fabrication de son 787. Article de J.Lynn Lunsford du WSJE. Alitalia aurait finalement trouvé repreneur : la compagnie aérienne italienne tomberait dans le giron d’Air France-KLM, confronté alors à une restructuration délicate. Article de Gabriel Kahn du WSJE et de Guy Dinmore et Adrian Michaels en page 16 du FT.

 

·A l’approche des fêtes, le constat est là pour Nintendo : la demande pour sa console Wii est largement supérieure à la production actuelle. Les consommateurs américains sont frustrés. Cela illustre les difficultés que peuvent rencontrer les entreprises même plus d’un an après le lancement d’un produit. Article de Yukari Iwatani Kane et Nick Wingfield en page 4 du WSJE. La rivalité continue de faire rage quant au futur format DVD qui va s’imposer : Blu-ray ou HD-DVD ? Article de Matthew Garrahan en page 18 du FT.

·Le « business model » des compagnies pharmaceutiques repose traditionnellement sur la commercialisation de médicaments-vedettes, les « blockbusters » (ventes annuelles supérieures au milliard de dollars). Mais aujourd’hui ces firmes peinent à trouver des remplaçantes aux molécules qui ne sont plus protégées par leurs brevets. Longue et intéressante analyse de Barbara Martinez et Jacob Goldstein en pages 14 et 15 du WSJE.

06.12.2007

La lutte contre le réchauffement climatique, enjeu de la conférence de Bali

Comment envisager l'après-protocole de Kyoto? Alors que celui-ci arrivera à son terme en 2012, un cycle de deux ans de négociations s'est ouvert lundi à Bali. La capitale indonésienne accueille 190 pays en vue de trouver un successeur à ce pacte symbolique d'une prise de conscience à l'échelle internationale. Les gaz à effet de serre retiennent la chaleur à l’intérieur de l’atmosphère terrestre. Le principal d’entre eux est le dioxyde de carbone (CO2), suivi du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (N2O). Trois autres gaz industriels sont également concernés par ce protocole légalement contraignant depuis février 2005. 175 pays l'ont ratifié, mais les Etats-Unis s'en sont retirés sous l'impulsion de George W.Bush pour cause de motifs économiques.

"Les attentes du public sont grandes. Les yeux du monde sont tournés vers vous. Le résultat de cette conférence déterminera, à un certain degré, si Bali et d’autres sites vulnérables sont destinés à devenir des paradis perdus", a expliqué Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention de l'ONU sur les changements climatiques. En ratifiant l'accord, l'Australie a apporté un signal fort à l'ouverture du sommet. L'Union Européenne s'est fixée pour sa part de réduire ses rejets polluants d'au moins 20% d'ici à 2020. "L'objectif du futur accord doit être de limiter le réchauffement de la planète à 2 °C au-dessus des températures de l'ère préindustrielle, afin d'éviter les effets les plus catastrophiques du changement climatique", indique Stavros Dimas, commissaire en charge de l'environnement et négociateur de l'UE.

Les négociations risquent cependant d'être tendues entre les parties, du fait de la non-adhésion au proctocole de Kyoto des Etats-Unis. "La sécurité énergétique et le changement climatique sont deux des plus importants défis de notre époque", a rappelé George W.Bush afin d'apaiser les tensions. Selon l'ONG britannique Oxfam, "les catastrophes naturelles ont quadruplé au cours des deux dernières décennies. Cette recrudescence des épisodes climatiques extrêmes est en accord avec les modèles développés par la communauté scientifique internationale". Idéalement signé en 209, le successeur du protocole de Kyoto s'appliquerait en 2013.

La contestation anti-LRU cherche à perdurer

L'appel à la fin de la grève sifflé la semaine dernière par l'Unef a permis à la coordination étudiante réunie ce week-end de réaffirmer son souhait d'assister à l'abrogation de la loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) à l'initiative de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue aujourd'hui, avec pour point d'orgue la manifestation prévue cet après-midi à Paris.

Les défilés n'ont cependant jamais dépassé les 5.000 personne s, et la dernière en date n'a pas dépassé le nombre de 600 manifestants à Paris, selon la police. L'hypothèse d'un CPE bis semble donc s'essouffler, et un recentrage du mot d'ordre sur la cause estudiantine n'est pas à exclure. La récupération du mouvement par des syndicats d'extrême-gauche décidés à élargir le mouvement à une constestation de l'ensemble de la politique gouvernementale ne semble pas porter ses fruits.

Selon un décompte effectué par l'AFP, seuls 27 sites universitaires étaient perturbés à des degrés divers mardi, contre une cinquantaine au plus fort du mouvement. Valérie Pécresse a annoncé sur i>Télé qu'elle présentera son plan en faveur de la réussite en licence (40% d'échec) jeudi prochain. "Les étudiants nous ont rappelé à la réalité, ils nous ont rappelé que ce qu'ils voulaient c'était du changement concret dès janvier donc le plan licence, que je présenterai le 13 décembre à l'ensemble de mes partenaires de concertation", a-t-elle affirmé.

LIEN Facs: vers un essoufflement du mouvement

05.12.2007

Les marchés insensibles au statu quo de l'Opep

 

En restant fixés sous la barre des 90 dollars, les cours du light sweet crude côté à New York semblent s'être éloignés durablement du seuil des 100 dollars, comme le prouvent les réactions des marchés suite à deux annonces phares survenues ce mercredi: le statu quo de l'Opep quant à une éventuelle hausse de la production d'une part, et d'autre part la chute des stocks américains.

La production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole restera donc inchangée. Elle avait été relevée de 500.000 barils par jour à la suite d'une précédente réunion en septembre. La chute des prix du baril, diminuant de 10 dollars en l'espace d'une semaine, n'y est sans doute pas étrangère. Le risque d'un ralentissement de la consommation de pétrole tiré notamment par les Etats-Unis est en ligne de mire. De plus, l'Opep rappelle depuis quelques semaines que les tensions géopolitiques ne reflètent en rien l'offre et la demande réelle d'or noir. Un hiver doux est également redouté. Une prochaine réunion se tiendra le 1er février.

La baisse des stocks américains à 305,2 millions de barils, soit une diminution de 8 millions, les fait retomber à leur plus bas niveau depuis mars 2005. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à une baisse de seulement 800.000 barils. "La réaction du marché risque de ne pas être celle qu'on attend, surtout parce que la demande continue d'être faible, notamment la demande d'essence. La hausse des distillats pendant une période où, habituellement, il y a des retraits saisonniers montre bien que la demande est atone", explique à l'agence Eric Wittenauer, analyste chez A.G. Edwards. Les stocks d'essence ont progressé de 4 millions de barils. Ce soir, à New York, le cours du baril de brut s'élève à 89,89 dollars.

LIEN 21 novembre: 99,29 dollars

04.12.2007

L'Europe inquiète face à la dégringolade du dollar

Peer Steinbrück, le ministre des finances allemand, prétendait jusqu'alors "adorer l'euro fort". Il a du se résoudre à faire volte-face, en admettant que "le taux de change du dollar et les prix du pétrole pourraient peser sur le développement économique". Louis Gallois, patron d'EADS, maison-mère d'Airbus, a pour sa part lancé un signal fort quant à de potentiels risques de délocalisation de la production en zone dollar. "Nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d’avion, des portes, des éléments de fuselage, des éléments d’aile, à l’extérieur de l’Europe", a-t-il indiqué, ajoutant hier soir que "tout le monde doit être conscient du fait qu'une partie de l'industrie aéronautique et spatiale européenne est menacée par l'évolution du dollar". Une nouvelle réunion du G7 ayant pour thème la parité euro-dollar serait le bienvenue pour l'ex-président de la SNCF: en effet, "il y a une crise profonde dans un certain nombre d'industries due uniquement au fait que les Américains mène une politique qui se traduit par une baisse sans fin du dollar".

Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. Ces trois derniers mois, la baisse par rapport à la monnaie américaine est de 10%. A l'origine de cette dégringolade: les finances américaines. Le déficit courant des Etats-Unis s'élève à 5,5% du PIB, en dépit d'un redressement des exportations. Une consommation excessive et un manque d'épargne concourent à la chute du billet vert. Il apparaît aussi un doute quant à la politique que mèneront des pays tels que la Chine ou l'Arabie Saoudite, détentrices d'importantes réserves en dollar. De plus, la crise du crédit a précipité l'effondrement de la devise américaine. Auparavant considérées comme des valeurs refuges, les obligations d'Etat américaines sont moins prisées des banques centrales de pays émergents, qui préfèrent se rabattre sur les obligations d'entreprises. Des produits plus risqués mais plus rémunérateurs les attirent. 

Pour Avinash Persaud, professeur à la London School of Economics, "la chute du dollar ne s'interrompra que lorsque son cours sera assez bas pour provoquer un changement de politique monétaire en Europe". Il s'exprimait dans l'Agefi hebdo du 22 novembre. A un mois du neuvième anniversaire de l'euro, un défi majeur pour l'ensemble de la zone est à surmonter.

LIEN L'Europe ne souhaite pas supporter les conséquences de déséquilibres mondiaux

03.12.2007

Les gains des dealers de cannabis en question

L'observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a remis à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie la première étude portant sur les gains estimés des trafiquants de cannabis, mettant un lumière un pan entier de l'économie souterraine. En 2005, 30,6 % des 15- 64 ans avaient déjà fait usage du cannabis et 8,6 % des Français déclaraient avoir fumé au moins un joint lors des douze derniers mois. "Le cannabis est la drogue illicite la plus fréquemment proposée à la consommation", rappelle Christian Ben Lakhdar, auteur de l'enquête.

L'étude se porte sur six quartiers de différentes villes. Il apparaît qu'un semi-grossiste écoulerait en moyenne 50 kilogrammes par an, à raison de 1.400€ par kilo. Quatre intermédiaires sont distingués entre l'achat initial de la drogue et le consommateur. De ce fait, "le commerce de cannabis n’est que peu profitable", avec des gains estimés pour le revendeur final de entre 4.500 et 10.000 euros par an. La menace d'être interpellé représenterait environ 23,6% du prix final.

"Un élément économique important, fondement de l’incitation au trafic de stupéfiant, est évalué, à savoir le taux de ristourne pratiqué sur l’achat en gros de cannabis. Bien évidemment, la décision d’initier ou de participer à une entreprise criminelle ne dépend pas uniquement de facteurs répressifs ; l’état du marché du travail et le niveau d’éducation influent aussi sur cet engagement dernier, façonnent en grande partie le calcul rationnel des dealers et les profits à réaliser. Ces gains annuels, fonction de la ristourne et de l’investissement initial des dealers, sont alors évalués entre 253 000 et 552 000 euros au niveau du grossiste, entre 35 000 et 77 000 euros au niveau d’un premier intermédiaire, entre 4 500 et 10 000 euros au niveau d’un second intermédiaire et enfin dans la même fourchette si un dernier intermédiaire intervient au niveau le plus bas de l’échelle de distribution (pour un réseau de distribution à quatre strates)", est-il indiqué.

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