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02.01.2008

ÉDITION SPÉCIALE: LE PÉTROLE À 100 DOLLARS

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18:29, puis mises à jour Les cours du pétrole brut, le light sweet crude, se sont établis ce mercredi sur la barre des 100 dollars à New York, ce qui en fait un record historique. A Londres, le Brent aussi a battu un nouveau record. Il est parvenu lui aussi à un seuil exact,celui de 98 dollars. "Les ponctions du pétrole pourraient dépasser le seuil supportable dès le début de 2008", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Véronique Riches-Flores, économiste en chef à la Société Générale. Pour en revenir au brut, le précédent sommet datait du 21 novembre dernier, à 99,29 dollars le baril. Les tensions géopolitiques sont au coeur de cette flambée des cours de l'or noir. Quatre policiers ont été tués en Algérie dans un attentat suicide à Naciria, et 18 personnes sont mortes dans des attaques rebelles à Port Harcourt. "Les prix augmentent en raison de nouvelles violences au Nigeria, d'inquiétudes sur la stabilité du Pakistan, des prévisions pour les stocks pétroliers et de températures hivernales froides", indique à l'AFP Phil Flynn, analyste d'Alaron Trading, à l'AFP. "Nous avons enfin touché cette barre des 100 dollars et nous allons y rester tant qu'il y aura un déséquilibre entre l'offre et la demande", selon Bart Melek, analyste de BMO Capital Markets.

Cette relance des cours à la hausse est de mauvaise augure pour le gouvernement, le budget 2008 étant calqué sur un baril à 73 dollars. Le prix du pétrole a ainsi progressé de 57% en 2007. Les statistiques qui seront annoncées demain par le département américain de l'énergie (DoE) seront surveillées de près par les investisseurs. A 18:20 heure de Paris, le baril de light sweet crude pour livraison en février s'arrogeait 3,48 dollars à 99,46 dollars. Les quantités sont en nombre limitées, et le raffinage s'avère coûteux. L'Agence internationale de l'Energie anticipait en novembre une hausse de 55% de la demande énergétique mondiale d'ici à 2030.

Un ralentissement de la croissance américaine n'est plus à exclure, selon les nombreux analystes interrogés par les agences de presse. Avec 13 millions de barils consommés par jour, les Etats-Unis, également pénalisés par le dollar, sont au premier rang des Etats qu'un pétrole cher à long terme peut affecter. "J'ai le sentiment que, si baisse il y a, le pétrole n'ira plus en dessous des 60 dollars. On a une situation très tendue actuellement, et il suffirait qu'il y ait quelque part des restrictions d'offres et que la croissance économique va se poursuivre partout pour que l'on atteigne à plus ou moins brève échéance des niveaux à 100, 120 voire 150 dollars", estime dans un entretien accordé au Figaro.fr Jean-Marie Chevalier, directeur du Centre de géopolitique de l'Energie et des Matières premières. L'économie américaine est plus sensible aux cours du pétrole que ne le sont les économies occidentales: en effet, l'Insee estime que la hausse des cours du pétrole a entraîné un surcroît annuel de dépense pour chaque Américain de 330 euros en 2005 contre 120 euros en France ou 176 euros en Allemagne. L'euro fort protège le Vieux continent de fortes variations.

Bourse 24.TV revient sur la dernière semaine de cotations de l'année 2007:

· Les perspectives pour l'année

· Décryptage: vers un baril à 100 dollars

· Pourquoi ça monte ?

· Le niveau des réserves en question

· Le dossier complet

4423f03e3a5cdba093a8e76ce3a7de39.pngL'Union française des industries pétrolières (UFIP) propose chaque semaine un relevé des prix des carburants automobiles sur son site. Il s'agit d'une comparaison par rapport au baril de Brent (parité euro/dollar, au 31 décembre 2007). Ce document sert de référence pour pouvoir constater l'évolution des prix au fil des jours, une donnée importante en plein débat sur le pouvoir d'achat. L'organisme établit aussi un graphique relatif aux cours du brut, du Brent et du Dubaï.

"Les défaillances records des raffineries nationales" ont récemment fait la Une du New York Times, et pour cause: au maximum, elles ne fonctionnent qu'à 90% de leurs capacités totales. Selon le spécialiste Raymond Learsy, cité par Libération, "il est difficile de croire qu’autant de désastres se sont abattus sur cette malheureuse industrie qui fait de son mieux pour nous fournir un produit au prix le plus élevé possible". Aucune nouvelle raffinerie n'a été construite par les majors sur le sol américain au cours des trente dernières années. "En créant une situation d’approvisionnement tendu, elles contrôlent les prix et n’ont aucun intérêt à augmenter la capacité de raffinage", analyse Mark Cooper, de la Consumer Federation of America.

Les compagnies pétrolières doivent se prémunir face aux convoitises suscitées par les cours élevés de l'or noir. Reportage de France 24 au Nigéria: