12.12.2007

"À l'instant où je vous parle, la Belgique a cessé d'exister"

 

Le 13 décembre 2006, la Belgique a cessé d'exister (ou presque). Le docu-fiction diffusé par la première chaîne du service public francophone a provoqué un électrochoc, mettant en lumière des divisions entre Flamands et Wallons dont l'une des issues serait la séparation. Personnalités interloquées, transports interrompus, manifestations spontanées et scènes de joies et de cris, rien n'a été oublié par l'équipe de l'ancienne émission (toujours diffusée en France) Strip-Tease pour faire croire au pire. Le journaliste en charge de la présentation du journal du soir dans son décor habituel, avec pour seule indication initiale: "ceci n'est peut-être pas une fiction". Un an plus tard, la RTBF s'apprête à revenir sur ce coup médiatique qui prend tout son sens au regard de la crise politique dans laquelle la Belgique est plongée depuis six mois.

"Cela a été une pièce très utile dans le débat. Ça a poussé à ce que les gens se positionnent clairement par rapport à la problématique. Ç’a été un choc", indique à La libre Belgique Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF. "Nous voulions anticiper les élections de juin 2007, dont nous savions qu'elles allaient être sujettes à des blocages. Comment traiter le sujet avec l'écriture Strip-Tease ? Nous avons voulu conserver notre regard décalé", explique au Monde 2 Philippe Dutilleul, auteur du programme. 400.000 télespectateurs, soit 29% de parts de marché, se sont laissés prendre au jeu, non sans inquiétude comme l'a prouvé la quantité d'appels reçu à la RTBF. "Le choix d'une émission de fiction a été fait par l'ensemble des responsables de l'information, de la télévision, des rédactions, dans le respect de la procédure interne de la RTBF: il n'était donc pas improvisé et je l'assume", déclarait au lendemain de la diffusion Jean-Paul Philippot, administrateur général de la Radio-télévision belge francophone.

La démarche des concepteurs était d'ouvrir le débat sur les potentiels débouchés des lignes de fracture entre Flamands et Wallons; la question d'introduire le thème par la fiction fait encore débat. Il est avant tout question de la signalétique adaptée, un bandeau avertissant qu'il s'agissait d'une fiction n'étant intervenu qu'après la première demi-heure de diffusion. Il apparaît aujourd'hui que le programme a eu le mérite de mettre en lumière un scenario qui, même s'il semble peu plausible dans l'immédiat, revient régulièrement sur le devant de la scène.

LIEN La RTBF fait éclater la Belgique

20.11.2007

Avant-première: Mondadori se lance sur le Net

Mondadori France s'apprête à lancer une nouvelle version du site internet de Top Santé en insistant sur les fonctions commiunautaires. L'éditeur italien, qui propose aussi dans l'Hexagone Télé Star ou Science et Vie depuis la reprise des activités presse d'Emap, investit la Toile avec ce site.

L'accent est principalement mis sur la recherche de solutions aux problèmes quotidiens, et ce dès la page d'accueil. Un nuage de tags introduit la recherche avant de laisser place à une panoplie de questions pour préciser le problème. Les internautes peuvent noter chacune des solutions proposées, ou déposer un avis. "Les recommandations, les conseils délivrés ne tiennent pas lieu de prescription et ne remplacent pas une consultation auprès du médecin traitant, seul en mesure d'évaluer votre état de santé et d'établir un diagnostic", est-il néanmoins précisé sur ce projet destiné à devenir un véritable complément au mensuel éponyme.

07.11.2007

Cette fois-ci, c'est la presse qui fait la Une

4d1eb802fd1b28e72a0c5e0cc2a48b19.jpgRouge, le mot barre la Une de La Tribune. "Danger", tel est le terme employé par le second quotidien économique français pour qualifier l'environnement actuel du titre et de son concurrent Les Echos. Tandis que le premier est en passe d'être vendu à Alain Weill, le second vient d'être racheté à Pearson par LVMH. LVMH, propriétaire pour quelques heures encore de La Tribune.

Après deux jours de non-parution, Les Echos proposeront ce jeudi une édition partiellement consacrée à l'inquiétude des salariés et à l'avenir du titre. Bernard Arnault, patron de LVMH, a pris les commandes du groupe éponyme (Les Echos, lesechos.fr, Enjeux-Les Echos, Eurostaf, un pôle formation) pour 240 millions d'euros après un long processus de négociations exclusives avec Pearson. "Une attaque à la hussarde sur un fragile outil de démocratie économique est-elle la meilleure façon de servir la cause de la liberté d'entreprise?" s'interrogeait en juin dernier Jacques Barraux, directeur de la rédaction des Echos. Les garanties d'indépendance offertes par le nouveau propriétaire ne font pas l'unanimité au sein de la rédaction, qui pointe du doigt le possible conflit d'intérêt entre le traitement de l'information dans les domaines du luxe et de la distribution et un acteur majeur de ces secteurs aux manettes.

Du côté de La Tribune, on pointe du doigt le fait que Bernard Arnault choisit son concurrent (La Tribune est le deuxième quotidien économique français) et, là aussi, la conduction du processus de vente et les offres déposées. Alain Weill, patron de NextRadioTV, entré via sa holding News Participations en négociations exclusives avec LVMH, s'est engagé à n'effectuer aucun licenciement. Les économies s'effectueront notamment sur les frais de fabrication. Alain Weill est redouté au vu des licenciements effectués lors des rachats de BFM et du Groupe Tests. "News Participations considère que ce serait un honneur et une lourde responsabilité de prendre en charge le futur de ce grand quotidien qu’est La Tribune. News Participations croit à l’avenir de la presse écrite et notamment à celui de La Tribune. Son projet est à la fois ambitieux et réaliste. Il permettrait de relancer le journal dans le respect des valeurs d’indépendance auxquels les journalistes comme elle-même sont très attachés", fait savoir la holding dans un communiqué relayé par le site I-médias. Crée en 1985, le titre est lourdement déficitaire (perte d'environ 17 millions d'euros par an). Il emploie 189 salariés, dont 139 journalistes.

La presse financière fait depuis le début de l'année l'objet de nombreuses convoitises, avec pour points emblêmatiques le rapprochement Thomson-Reuters et l'acquisition par News Corporation (Rupert Murdoch) du Wall Street Journal.

LIEN L'affaire, en juin dernier

28.10.2007

La justice en images



Prenant de court le projet de chaîne du droit du Barreau de Paris, Planète Justice a commencé ses émissions hier soir sur Canal Sat, dans le cadre du développement du pôle découverte. Co-détenue par Canal+ et France Télévisions, la chaîne s'articule autour de la diffusion de documentaires, de magazines et à moyen terme de fictions. Conformément à la loi française, aucune diffusion de procès n'est prévue pour le moment, les caméras étant, sauf exception, interdites des tribunaux. "Bien sûr, nous rêverions de pénétrer dans les salles d'audiences, mais il nous faudra être patients. Cela ne veut pas dire que la grille se remplira de programmes américains, avant de se lancer dans l'aventure on a vérifié que les catalogues de documentaires français étaient assez remplis", ont indiqué les responsables de la chaîne.

Chaque soirée se déroulera autour d'une thématique définie: le lundi, des rediffusions d'émissions avec l'emblêmatique Faites entrer l'accusé de Christophe Hondelatte; le mardi et le vendredi, de grands documentaires unitaires; le mercredi des productions étrangères; le dimanche des collections. Dotée de 5,5 millions d'euros, Planète Justice tentera de répondre à l'engouement croissant des Français pour l'appareil judiciaire, et se rapprochera des abonnés à travers deux magazines et un site internet.

15.10.2007

Le chiffre d'affaires de NextRadioTV en hausse de 93%

medium_medias.jpgLe chiffre d'affaires du groupe NextRadioTV est en augmentation de 93% sur les neuf premiers mois de l'année, selon un communiqué publié ce soir. "Le chiffre d'affaires consolidé du Groupe NextRadioTV est de 70,3 millions d'euros au 30 septembre 2007, et progresse de 93% par rapport à la même période de l'exercice précédent, suite notamment à l'intégration de nouvelles activités Internet et Presse à compter du second trimestre 2007. A périmètre constant (activité radio et télévision), le chiffre d'affaires cumulé à fin septembre 2007 progresse de 6,3 millions d'euros, soit une hausse de 17,3%. En ne retenant que le périmètre cible (après abandons et cessions à venir de magazines), le chiffre d'affaires cumulé est de 64 millions, en progression de 75%", est-il précisé.

Entre le 30 septembre 2006 et le 30 septembre 2007, les recettes publicitaires de BFM TV ont progressé de 56%, confortées par la place de leader des chaînes d'information en continu sur l'univers TNT. Le chiffre d'affaires du pôle radio de l'entreprise progresse pour sa part de 13% sur un an, en bénéficiant des bonnes performances de RMC, qui devrait bénéficier de l'effet de la Coupe du monde de rugby lors des prochains résultats d'audience. Sur internet, NextRadioTV peut désormais compter sur l'apport de 01 net, référence sur la cible masculine. Des synergies sont d'ores et déjà mises en place, avec la création et le lancement du nouveau site de RMC. Celui-ci se place, selon le communiqué, devant les portails de RTL et de NRJ. La restructuration de l'activité presse du Groupe Tests est déjà visible pour les lecteurs, avec l'arrêt en septembre de titres tels que Micro Photo Vidéo, Décision Informatique ou Univers Mac. Seuls Micro Hebdo, 01 Informatique et L'Ordinateur individuel sont conservés, avec un chiffre d'affaires au troisième trimestre 2007 de 5,8 millions d'euros.

28.08.2007

Résultats "en très forte hausse" pour Canal+

Bertrand Méheut a indiqué que le groupe Canal+ annoncera des "résultats en très forte hausse" le 31 août prochain, à l'occasion de la publication des résultats semestriels de la maison-mère Vivendi. "Notre économie se porte très très bien. Les économies sont réelles. Vous verrez nos résultats sont en très forte hausse", a-t-il déclaré lors de la conférence de presse de rentrée. "La fusion avec TPS a été réalisée avec succès. Aujourd'hui, le groupe Canal+ est engagé dans une phase de croissance très ambitieuse de toutes ses activités, que ce soit la télévision avec Canal+ ou le cinéma avec Studio Canal", a ajouté Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+. La nouvelle grille de la chaîne cryptée se chiffre à 1,2 milliard d'euros, un chiffre stable.

Les abonnés pourront retrouver "six piliers éditoriaux", à savoir le cinéma, la fiction, le sport, l'information, le documentaire et l'information. La principale case dédiée au septième art, Lundi Box-Office, sera déplacée le samedi. "Notre portefeuille de droits [de football] n'a jamais été aussi fort avec l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne" et la Grande-Bretagne ont annoncé ls dirigeants, précisant que "Canal+ était la chaîne de tous les sports". "En ce qui concerne les 600 millions, c'est un chiffre très élevé qui à  l'époque incluait une acquisition stratégique de l'ensemble des droits. C'était un maximum lié à la situation de l'époque", a souligné Bertrand Méheut. Le groupe entamera à l'automne la renégociation pour les droits du championnat français de football concernant la période 2008-2011. Le groupe paie actuellement 600 millions d'euros par saison. 5,2 millions d'abonnés reçoivent Canal+ et neuf abonnés sur dix ont souscrit à l'offre "Le Bouquet", qui comprend les déclinaisons Canal+ Cinéma, Canal+ Sport (diffusées sur la TNT payante), Canal+ Décalé et, fin octobre, Canal+ Family.

30.07.2007

Le parfum de Jasmin n'enivra plus les kiosques

medium_medias.jpgJasmin, l'hebdomadaire féminin lancé par Axel Ganz en octobre dernier, cessera sa parution le 12 août prochain. L'éditeur, qui a dirigé pendant vingt-six ans Prisma Presse, revient demain dans un entretien accordé au Figaro sur un des rares échecs de sa carrière. "a diffusion n’a pas été un succès pour plusieurs raisons. Au moment du lancement, le magazine n’était pas parfait mais après quelques semaines il a évolué positivement car nous y avons introduit les deux principaux éléments qui font vendre: l’actualité et le people. L’actualité est très appréciée par les femmes car cela valorise la lectrice. Mais ce n’était pas un argument d’achat pour chaque semaine. Puis nous avons ajouté des sujets people mais nous nous sommes refusé d’aller vers le «trash» car notre titre est sélectif. Le vrai problème est que le comportement de consommation des magazines a changé. Le nombre de média a beaucoup augmenté mais pas le temps disponible. La question n’est pas que les femmes n’aient pas les moyens d’acheter un nouveau magazine, c’est qu’elles ont moins de temps pour le lire. Conséquence, notre taux de réachat régulier ne s’est élevé qu’entre 35% et 40%, alors qu’il aurait fallu atteindre un taux de 60 % à 70 %", explique Axel Ganz.

La société AG+J, qu'il a porté avec Gruner+Jahr, va s'arrêter après des pertes d'exploitation ayant atteint 20 millions d'euros. Un reclassement de la cinquantaine de salariés est à l'étude. Après deux tentatives de relance qui n'ont pas porté les fruits escomptés, Ganz a "constaté qu’il n’y avait pas de perspective pour rentabiliser cet investissement". "Je n’ai aucun regret d’avoir essayé de lancer ce magazine féminin alors qu’il n’y avait pas eu de lancement depuis celui de Femme Actuelle que j’ai fait il y a 25 ans. Depuis, tout le monde se demandait pourquoi il n’y avait pas eu de nouveau titre. Est-ce parce que personne n’a essayé ou parce qu’il n’y a pas de marché. Aujourd’hui nous avons une réponse claire : il n’y a pas de marché", conclut, dynamique mais un brin amer, l'artisan de titres à succès depuis trois décennies.

30.06.2007

i>Télé se réorganise

Valérie Lecasble, directrice générale de i>télé, la chaîne d'information en continu lancée en 1999 par le groupe Canal+, a présenté hier un plan destiné à faire parvenir l'entité à l'équilibre financier en 2009, soit dix ans après le lancement de la chaîne, et à redresser l'audience. Diffusée depuis fin 2005 sur la TNT gratuite, la chaîne ne peut désormais compter que sur ses recettes publicitaires pour se financer. Or, dans un contexte de plus en plus concurrenciel (BFMTV la distance sur la TNT gratuite, LCI est diffusée sur toutes les plates-formes payantes, EuroNews et France24 sont diffusées gratuitement sur tout le continent européen), il est de plus en plus difficile de se frayer un chemin, le marché publicitaire n'étant pas extensible à l'infini. Les 145 salariés se voient donc proposer, selon le supplément économique du Figaro, un plan de départs volontaires de quatorze personnes, l'objectif étant "d'arriver à une économie d'environ six millions d'euros". "Cette année, les recettes devraient encore croître de 60%", selon Valérie Lecasble, mais cela ne suffira pas à sortir immédiatement les comptes du rouge: le budget 2006 était de 37 millions d'euros et les pertes se sont élevées à 20 millions. Apparue sur les écrans le 4 novembre 1999, i>télé n'est jusqu'à présent jamais parvenue, quelque soit son modèle économique, à faire la preuve de sa viabilité financière.

En parallèle à cette réorganisation, la grille des programmes sera refondue dès septembre. Les tranches du matin et du soir, respectivement animées par le duo Bazin-Iannetta (i>Matin) et Thomas Hugues (Une heure trente chrono) seront renforcées, tandis que deux nouveaux rendez-vous seront lancés à la mi-journée et entre 22 heures et minuit. Pour "rester incontestablement la première chaîne d'information avec 0,9% de part d'audience et 10,7 millions de télespectateurs cumulés par semaine", i>Télé se recentre sur l'information en annonçant la suppression de six magazines.

26.06.2007

La presse au défi du numérique

Le succès des portails d'information durant la campagne pour l'élection présidentielle a mis en lumière l'effort de certains titres de presse pour asseoir leur audience sur internet, à l'instar du Monde depuis plus de dix ans ou du Nouvel Observateur. L'irruption des technologies numériques est en passe de modifier non seulement l'économie des médias, mais aussi leurs modes d'organisation et leurs contenus. Au centre de cette évolution, les user generated content (UGC), à savoir les contenus produits par les internautes. La vidéo, fin novembre, montrant Ségolène Royal s'exprimer sur le temps de travail, des professeurs ou celle plus récente mettant en scène Nicolas Sarkozy au G8, prouvent que le média internet est aujourd'hui incontournable dans le traitement de l'information. Pour en revenir à la presse écrite, l'enjeu est de récupérer sur internet les lecteurs de la version papier, mais aussi d'en séduire d'autres, notamment plus jeunes. La dominance du modèle économique gratuit est un facteur à intégrer pour les groupes de presse qui se lancent sur la Toile. Rendre payants des contenus nécessite que ceux-ci soient si possible fournis et destinés à une cible précise et réduite, comme l'édition abonnés de l'édition électronique du Monde. La présence sur internet induit aussi une réorganisation des rédactions, amenées à travailler en temps réel. 61% des internautes français se connectent pour rechercher des informations liées à l'actualité, et près de 50% des internautes recherchent une information sur l'actualité en temps réel, selon une étude menée pour le compte de la régie Manchette Publicité. Le Monde entretient deux rédactions, qui séchangent des contenus, tandis que La Tribune a fait le choix d'une seule équipe. Les "sites compagnons", qui présentent la Une du journal et quelques informations pratiques, peinent à s'imposer sur la Toile. La production d'un contenu dédié à cet outil permet d'y remédier. En parallèle, les groupes de presse sont amenés à une réflexion sur la formule de leurs publications papier, à l'instar de celle engagée après l'apparition des quotidiens gratuits d'information. Quels contenus le lecteur acceptera-t-il de payer, alors que l'information générale est disponible gratuitement et en permanence sur internet? Le rapport proposé par Marc Tessier, ex-président de France Télévisions, en février dernier, évoquait l'éventualité de la création d'un label des sites d'information afin de faire face aux agrégateurs de contenus proposés par les moteurs de recherche (Google News, Yahoo! News).

"Le temps moyen passé sur Internet est d’environ 24h par mois, soit presque quatre fois plus qu’en 2002. Au total, si l’on regarde l’ensemble des activités multimédias (Internet, musique, jeux vidéo, téléphone portable et programmes vidéos préenregistrées), 72 % de la population pratique au moins une de ces activités sur un jour moyen de semaine", indiquent les auteurs du rapport remis au ministère de la Culture et de la Communication en début d'année. Ces données, émanant de Médiamétrie, prouvent l'importance des médias numériques dans notre société, ce qui influe sur le temps disponible pour la lecture de la presse. Celui-ci tend à se réduire, en particulier chez les jeunes (les potentiels lecteurs de demain). Proposer des contenus plus adaptés aux lecteurs et s'imposer par le biais d'une stratégie multimédia sur leurs canaux favoris permet de capitaliser sur son audience et de l'accroître à chaque instant de communication des médias. Le Monde propose ainsi une version consultable sur son téléphone mobile, tandis que Les Echos font le choix d'une édition électronique téléchargeable sur un lecteur portable. Concernant le modèle économique, la presse est en passe de devenir le seul média d'informations payant. Les chaînes d'information en continu sont accessible gratuitement via la TNT, et l'internet impose le modèle gratuit comme celui prévalant chez les internautes. "Contrairement à la presse, pour laquelle il est nécessaire de payer à chaque fois que l’on veut actualiser l’information fournie, le coût marginal de l’information supplémentaire sur internet est nul : quel que soit le nombre de consultations d’un site d’informations au cours du mois, le prix final reste le même", indiquent Marc Tessier et l'inspecteur des finances Maxime Baffert. Seul le coût, mensuel et fixe, de la connexion à internet est en jeu.

Les contenus sont au coeur de la présence sur internet des titres de presse, en particulier quotidienne. Les groupes de presse doivent faire face à des pure players de la Toile qui ont développé une expertise dans leur propre domaine: Newsweb, qui a développé les sites Boursier.com (finance) ou Football.fr (sport), le pôle information de Benchmark, qui s'est imposé avec L'internaute magazine et le Journal du Net, ou bien encore Au féminin pour des contenus visant la cible particulière des femmes. Les chaînes de télévision jouissent quant à elles de leur notoriété. TF1 a récemment relancé LCI.fr, qui s'est rapidement hissé au rang de troisième site éditorial d'information en France. France 24, lancée en décembre dernier, peut quant à elle se targuer d'éditer un site Web puissant chez les leaders d'opinion par le biais d'une triple édition (français, anglais, arabe) et de contenus vidéo. Aujourd'hui, l'enjeu pour les groupes de presse est d'anticiper ces mutations et de réussir la transition de leurs supports sur la Toile. Pour accélerer leur développement, certaines entreprises n'hésitent pas à racheter des sites internet existants, à l'instar du Figaro (Evene.fr, culture) ou de Prisma Presse (Firstinvest.biz et Programme-TV.net afin de permettre le développement en ligne de Capital et de Télé Loisirs). Crédit vidéo NYFP

LIEN La presse au défi du numérique, rapport de Marc Tessier et de Maxime Baffert

22.06.2007

Nouvelle grève aux "Echos"

medium_AG_Les_échos_21_juin_2007.jpgMises à jour 17:17 et 19:14 I "Une attaque à la hussarde sur un fragile outil de démocratie économique est-elle la meilleure façon de servir la cause de la liberté d'entreprise?" s'interroge Jacques Barraux, directeur de la rédaction des Echos, dans un long éditorial publié aujourd'hui sur le site internet du journal. Pour la troisième fois de son histoire et la deuxième en moins d'une semaine, les salariés du groupe éponyme se sont mis en grève afin de protester contre une vente à Bernard Arnault. Le quotidien économique ne paraîtra pas lundi, comme cela avait été le cas mercredi. Une pétition, signée par une centaine de personnalités, a été mise en ligne: "nous lecteurs du premier quotidien économique français, tenons à manifester notre profond attachement à l'indépendance de ce titre et de son équipe rédactionnelle", est-il indiqué. De nombreux politiques, dont Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg, ou des chefs d'entreprise ont apposé leur paraphe afin d'affirmer leur attachement à "l'indépendance des Echos". Le groupe Pearson, propriétaire du journal depuis 1988, souhaite se désengager de la presse en France et doit faire face à une alléchante offre du patron de LVMH, à savoir une somme oscillant autour de 250 millions d'euros. Les Echos sont ainsi valorisés vingt-cinq fois leur résultat d'exploitation. L'annonce de l'ouverture de négociations exclusives entre le groupe Pearson et LVMH a provoqué la grève d'aujourd'hui - une conférence de presse était prévue à 15:30. "Les salariés des Echos constatent que l'interventionnisme du patron de LVMH - et plus encore celui de son entourage - a donné lieu dns le passé à plusieurs motions de défiance de la part des journalistes de la Tribune", est-il écrit dans l'édition du 21 juin. Les salariés du concurrent des Echos, détenu depuis 1993 par Bernard Arnault et toujours en perte, ont manifesté leur soutien au mouvement social, en apportant leur "soutien total" à la rédaction des Echos. Des conséquences sur l'emploi sont craintes par ceux-ci, redoutant une fusion des deux titres ou une vente de la Tribune. "Pearson a, lui, émis trois conditions dans le mandat de vente, à savoir des conditions de prix, sur l'emploi et une garantie d'indépendance. Il a, d'ailleurs, concédé que ce troisième point est le problème le plus délicat. Et cité l'exemple de The Economist où un conseil des sages indépendant nomme la direction de la rédaction. Mais, pour nous, il n'est pas sûr que cela assure l'indépendance du journal. Il est impératif que l'indépendance des Echos soit assurée à terme", déclare au Nouvel Observateur Vincent de Féligonde, président de la Société des Journalistes des Echos. "Proposée à un prix très attractif pour le vendeur, l'offre se heurte hélas de front à la stricte doctrine éditoriale du journal", résume Jacques Barraux. En fin d'après-midi, le site internet des Echos révèle que la banque d'affaires Lazard a été mandatée pour la vente de la Tribune. "Bernard Arnault serait prêt en outre à recapitaliser lourdement le quotidien, déficitaire, avant toute cession", est-il précisé. En début de soirée, il était annoncé que La Tribune sera également absente des kiosques lundi, afin de protester contre l'éventualité d'une vente par LVMH. "Les salariés de La Tribune réunis en assemblée générale apprennent avec stupeur que LVMH aurait mandaté la banque Lazard pour vendre le titre, au mépris de l'information des élus de l'entreprise. Alors que LVMH est en passe de racheter Les Echos, les salariés de La Tribune feront tout pour s'opposer à une vente à un investisseur dont le rôle serait de gérer l'extinction du concurrent des Echos. Le futur propriétaire des Echos se retrouve en situation de choisir son concurrent, ce qui serait une atteinte intolérable au droit de la concurrence et au pluralisme de la presse", est-il indiqué dans un communiqué publié sur le site internet du journal.

Photo: Emmanuel Parody

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