16.01.2008

L’initiative choc de Leclerc face à l’inflation

Des hausses de 20,94% en quelques mois pour La Vache qui rit (Fromageries Bel), + 18,29% pour le Brownie géant de Brossard, + 19% pour le Pulco: la nouvelle campagne de Leclerc se veut résolument ancrée dans l’actualité. Les six produits présentés sur une pleine page sont retirés de la vente par le distributeur, afin de protester contre certaines hausses jugées excessives. “Les hausses de tarifs actuellement proposées par les forunisseurs n’ont plus rien à voir avec la seule hausse des matières premières. Les industriels profitent d’une législation qui empêche les distributeurs de les mettre en compétition et de négocier leurs tarifs“, est-il expliqué, provoquant une nouvelle charge contre la loi Galland.

L’Insee vient de publier une étude sur l’inflation qui appuie le sentiment d’un nombre grandissant de consommateurs: les prix des produits alimentaires augmentent. Ceux-ci enregistrent une hausse de 3,4% sur un an pour les produits frais; 3% hors produits frais. Passant de 114,70 en décembre 2006, l’indice des prix à la consommation à 117,70 en décembre 2007, l’inflation s’affiche comme une réalité pour les ménages. L’association de consommateurs Familles rurales estime, par la comparaison des relevés de son panier moyen, que les produits touchant au petit déjeuner ont vu leurs prix augmenter de 3,83% en un an et les surgelés de 2,35%. La hausse la plus sensible provient des produits “premiers prix”, dont les tarifs progressent en moyenne de 13,84%.

L’inflation, qui s’élève à 2,6% sur un an, pourrait rester “bien au-dessus de 2 % durant la majeure partie de l’année, avec un pic autour de 3 % durant le premier trimestre, poussée par les tensions sur le prix des matières premières et des effets de base défavorables“, explique au Figaro Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas. Les matières premières agricoles, après avoir enregistré un bond en 2007, voient leur cours fluctuer en fonction de l’actualité, avec notamment les répercussions de la crise financière. Toutefois, le blé a augmenté de 70% en un an, le lait de 90% et le soja de 150%.

Les hypermarchés sont les surfaces dans lesquelles les prix augmentent le plus, selon l’Insee: au cours des douze derniers mois, la hausse de l’indice des prix (base 100 en 1998) s’élève à 2,6% dans les hypermarchés et à 2,1% dans les supermarchés. Pour Familles rurales, la hausse est de 1,47% pour chez les hard-discounters. Quoi qu’il en soit, les établissements de Leclerc “resteront les moins chers” en 2008, selon le distributeur.

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14.01.2008

En plein débat sur le pouvoir d’achat, les distributeurs repartent à l’offensive

Bien que l’Insee annonce que le pouvoir d’achat progresse de 2% par an, ce n’est pas le sentiment des Français qui trouvent la vie de plus en plus chère. Les politiques tentent de se mettre au diapason: ainsi, Nicolas Sarkozy a mandaté une commission d’experts chargée de réfléchir à l’élaboration d’un nouvel indicateur de richesse plus en adéquation avec la situation des consommateurs que l’est actuellement le PIB. “Le Produit Intérieur Brut (PIB), utilisé pour calculer la croissance, ne permet pas de comprendre comment la vie des individus est impactée par l’économie. Il ne s’agit donc pas d’un simple exercice statistique mais d’une tentative de rendre compte des conditions réelles de vie dans chaque pays“, rappelait mardi 8 janvier Amartya Sen, prix Nobel d’économie 1998 et membre de la commission.

Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe de distribution éponyme, jette ce matin un pavé dans la mare en annonçant que “l’inflation va tourner autour de 4% pour les produits de grande consommation, ce qui est le double de ce qui est annoncé par le gouvernement“. Celle-ci s’éleverait à 1,6% selon la ministre de l’Economie Christine Lagarde. Certains industriels “exagèrent dans les hausses tarifaires“, souligne le distributeur. Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries agroalimentaires, a pour sa part tenu à indiquer que les prix de cette catégorie de produits connaitraient une hausse “dans des proportions raisonnables“. Selon lui, les prix des grandes marques ont diminué de 3% en 2006 suite à la réforme de la loi Galland concernant la revente à perte.

Un graphique publié sur le site de l’agence intellectuelle Telos et appuyé par un article de Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital, montre que le revenu disponible brut des Français connait une augmentation depuis 2003. Le revenu disponible brut représente la part du revenu primaire qui reste à la disposition des ménages résidents, pour la consommation et l’épargne. Le pouvoir d’achat des salariés (50% de la population) connait un taux de croissance qui stagne depuis 1990, cette hausse est de moins de 1% par an selon Laurence Boone. Les retraités, qui représentent 25% de la population et dont le revenu se compose à 80% de leurs retraites, ont vu eux aussi leur pouvoir d’achat ne s’accroitre que de moins de 1% par an.

Faute de ne pouvoir effectuer d’importantes baisses de prix dans un contexte de hausse des prix des matières premières, les distributeurs tentent d’apparaitre comme les moins chers et les plus engagés en faveur du pouvoir d’achat.

Leclerc (environ 17% de parts de marché), qui communique sur ce thème depuis ses débuts, relaie à travers ses campagnes publicitaires le message martelé par son chef de file: les industriels réclament des augmentations trop importantes pour les grandes marques ! Michel-Edouard Leclerc reconnait que les prix ont augmenté dans ses magasins en novembre et en décembre, et plaide pour une nouvelle réforme de la loi Galland afin de ne plus avoir à se justifier des rabais versés par les fournisseurs en échange d’une mise en valeur des produits.

Carrefour a fait du pouvoir d’achat un axe majeur de son plan de relance dans l’Hexagone. Malmenée par le premier, l’enseigne mise sur les produits à sa marque (marque de distributeur), annoncés comme étant de 15% à 30% moins chers que les grandes marques, ainsi que sur son programme de fidélité. “L’an dernier, nous avons reversé en moyenne 60 euros à nos clients actifs porteurs de la carte“, explique au Figaro Guy Yraeta, directeur général des hypermarchés pour la France. “En 2008, il y a aura une inflation et nous essaierons de la contenir au maximum“, indique pour sa part José Luis Duran, président du directoire. Entre des matières premières agricoles dont le prix a flambé en 2007 et des hausses de tarifs émanant des fournisseurs, le pari sera délicat à tenir, même pour les MDD.

Trois secteurs à suivre en 2008

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Dans un contexte d’inquiétudes sur le pouvoir d’achat, d’engouement pour les solutions en faveur de l’environnement et de développement des contenus numériques en télévision, Problématiques.fr a identifié trois créneaux porteurs à suivre de près cette année, autant pour créer son entreprise que pour enrichir son portefeuille boursier.

Plusieurs données permettent d’affiner ses choix, au premier rang desquelles les cours des matières premières, des indicateurs relatifs à la conjoncture ainsi que les investissements réalisés par les entreprises. Selon la banque d’affaires Goldman Sachs, après avoir connu une hausse entre 2007 et 2008, les cours de l’aluminium devraient refluer cette année, tout comme ceux de l’acier. Le cours moyen annuel du cuivre devrait pour sa part poursuivre sa hausse, passante de 7.205 dollars par tonne en 2007 à 7.306 dollars en 2008 (côtation sur le LME). Pour Barclays, la hausse qui semble inexorable des cours du pétrole est une réalité. Le baril de brut (WTI) devrait voir son cours moyen croître à nouveau: à 66,2 dollars en 2006 et 72.4 $ en 2007, le cours moyen annuel devrait s’élever à 79 dollars cette année.

Le déficit commercial se creuse: à 35,7 milliards d’euros en 2007, il plonge à 41,9 milliards d’euros cette année. On assiste dans le même temps à un ralentissement de la croissance des exportations: en volume, celle-ci s’élevait à 6,3% en 2006, et les prévisions annoncent 3,5% en 2007, 2,9% en 2008. La production industrielle progresse dans l’Hexagone, passant de 0,9% en 2006 à 1,9% en 2008 selon les données de L’Usine nouvelle qui s’appuie sur les simulations et statistiques de l’Insee, Eurostat et HSBC. Le taux de croissance des investissements diminuerait, en passant de 4,9% en 2007 à 2,9% en 2008.

La cession annoncée à l’été dernier de la branche biscuits de Lu à l’américain Kraft Foods répond avant tout à une volonté de recentrer le périmètre de l’entreprise à des produits à forte valeur ajoutée, apportant une réponse aux préoccupations sur la santé tout en dégageant de généreuses marges. Le succès d’Actimel a été renforcé par l’arrivée d’un nouveau blockbuster potentiel au rayon frais, Essensis, pour le moins nouveau puisqu’il s’agit de s’inspirer des codes de l’univers comestique: le yaourt propose de “nourrir la peau de l’intérieur“. Vendu à plus de 2 euros les quatre pots, c’est pourtant un succès. Les produits bio sont également une niche à explorer, avec des coûts de R&D sensiblement moins élevés puisqu’il s’agit essentiellement de transformation d’une matière première. Suite à la parution d’un décret obligeant les cantines scolaires à incorporer 15% de produits bio au sein de leurs menus et en plein phénomène de retour à des valeurs plus traditionnalistes, le marché du bio pourrait frôler les 20% de croissance cette année en France - il pèse actuellement près de 2 milliards d’euros.

Le coût de vente au consommateur final risque cependant de contrarier certaines ambitions. Un sentiment d’inquiétude sur le pouvoir d’achat s’est installé parmi les consommateurs, provoquant un report de certains achats sur les marques de distributeurs. Siglés aux couleurs de Carrefour, Auchan ou Intermarché, les MDD enregistrent des hausses exponentielles dans un certain nombre de rayons tels que le traiteur (+16%), les desserts (+ 18,7%) ou l’alimentation infantile (+ 26,7%). Des chiffres à relativiser cependant avec leur poids dans les ventes en valeur de produits de grande consommation: en France, les MDD ne pèsent que 26,5%, tandis que ce chiffre s’élvève jusqu’à 50% en Angleterre ou en Allemagne.

Les compagnies pétrolières révèlent une position à double tranchant quant aux cours élevés du pétrole. Ces derniers leurs permettent certes de poursuivre l’exploration ainsi que la R&D, mais ils ne peuvent répercuter l’ensemble des hausses au consommateur final. L’Institut français du pétrole estime à 350 milliards de dollars les investissements mondiaux dans l’exploration-production, en hausse de 10,8%. Les pays exportateurs peuvent quant à eux réinvestir une partie de leurs pétrodollars dans des projets qui assureront leur prospérité lorsque les gisements montreront des signes d’épuisement. Les prix élevés de l’or noir profitent notamment au charbon. 80 milliards d’euros seront investis d’ici à 2020 dans trente nouvelles centrales.

Le Grenelle de l’environnement a mis en exergue la nécessité de trouver d’autres sources d’énergie, dans la mesure du possible renouvelables et non-polluantes. Les carburants verts peinent à convaincre de leur pertinence au vu de l’envolée des prix des matières premières et de la chaîne de production imposante, de la culture à la pompe en passant par la transformation. Les investisseurs lorgnent désormais du coté de l’éolien, qui profite de cette vogue pour les énergies renouvelables. Le cabinet Xerfi estime que la croissance des capacités éoliennes sera, dans l’Hexagone, de 33,3% par an d’ici à 2010. Une véritable industrie se développe autour du vent, des fabricants d’éoliennes aux fournisseurs et installateurs. Les particuliers peuvent quant à eux se rabattre sur les panneaux solaires, dits photovoltaïques, avec un prix de rachat de l’électricité par EDF plus élevé (55 centimes le kWh, contre 30 auparavant).

Les médias dits traditionnels s’adapatent au numérique. Après le lancement de la TNT en 2005, c’est au tour de la radio de basculer sur un nouveau mode de réception. Il ne s’agira pas ici d’adapter son poste comme les télespectateur le font avec leur démodulateur, mais bien de remplacer les appareils existants. C’est pourquoi l’arrêt de l’analogique n’est pas envisagé avant une vingtaine d’années, les autoradios intégrés étant difficilement remplaçables par exemple. Les constructeurs devraient se pencher sur les normes techniques retenues par la France afin d’être prêt pour un potentiel lancement fin 2008.

Concernant la télévision, la télévision mobile personnelle permettra de capter une quinzaine de chaînes sur un terminal adapté, et ce indépendamment des actuelles offres proposées par les opérateurs. Un nouveau réseau d’émetteurs devra également être installé, comme c’est actuellement le cas pour la TNT. Les éditeurs de services se pencheront sur les appels d’offres et attentes du public afin d’adapter leurs contenus à de nouveaux modes de consommation, en regardant la télévision de manière plus courte et à n’importe quel endroit couvert. De ce fait, les traditionnelles fiction ou émissions de 90 minutes pourraient se cantonner aux chaînes classiques ou faire l’objet de résumés. Certains producteurs y planchent déjà.

09.01.2008

La croissance mondiale, l'inconnue de l'année

Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.

L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt

"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.

Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année

"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier

Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.

Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.


La Chine en ligne de mire

11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.

08.01.2008

Mission sur les indices économiques: Amartya Sen s'explique

eeb418e655c2f4aef4b3b4a73068dcec.jpg"L’IDH a été conçu et réfléchi pour les pays en voie de développement. Les critères retenus, comme l’espérance de vie, ne sont pas fondamentaux dans les pays déjà développés comme la France. Il faut donc réfléchir à un nouvel indice qui explique pourquoi certaines personnes dans les pays riches ne voient pas leurs conditions de vie s’améliorer lorsque le PIB augmente", explique dans un entretien à paraître demain dans 20 Minutes Amartya Sen, professeur à l'université d'Harvard et prix Nobel d'économie en 1998. Il a accepté, avec Joseph Stiglitz, de faire partie d'une commission chargée de réfléchir à la modernisation des outils de mesure de la croissance.

"En effet, le Produit Intérieur Brut (PIB), utilisé pour calculer la croissance, ne permet pas de comprendre comment la vie des individus est impactée par l’économie. Il ne s’agit donc pas d’un simple exercice statistique mais d’une tentative de rendre compte des conditions réelles de vie dans chaque pays", explique-t-il à propos du principal indicateur économique utilisé actuellement. Selon l'économiste François Perroux, la croissance se définit par "l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d'un indicateur de dimension (le PIB), le produit global net en termes réels (en volume ou en monnaie constante)". Cequifaitdebat.blogspirit.com l'évoquait en septembre dernier.

Enfin, interrogé sur sa participation à une initiative lancée par le président à un homme réputé de gauche, l'économiste répond: "Si j’étais français, j’aurais voté pour Ségolène Royal! Mais des enjeux professionnels et non politiques existent en économie. Je suis par ailleurs impressionné par les initiatives pleine d’imagination que prend Nicolas Sarkozy à travers le monde en parvenant à réunir des gens de différents horizons. Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI et Bernard Kouchner comme ministre des Affaires étrangères en témoignent".

05.01.2008

Marchés: quelles prévisions pour 2008 ?

2/01 La crise est passée par là. La tourmente issue de la crise de confiance issue des subprimes américains a jeté un froid dans la sphère financière, avec un gain de seulement 1,31 % pour le CAC 40 en 2007. Quelques 110 opérations de LBO ont été réalisées au premier semestre 2007, pour une valeur de 15.8 milliards d'euros. Une acquisition par endettement, le leverage buy-out, consiste à racheter une entreprise en s'appuyant sur un effet de levier financier, c'est-à-dire en faisant appel à des organismes spécialisés qui financent cette reprise par de l'endettement. On parle aussi de rachat par effet de levier. Un resserrement des conditions d'octroi des crédits, consécutif à la crise financière, a cependant fait nettement ralentir le volume de ce type d'opérations.

La conjoncture sera au coeur d'une éventuelle reprise de ce type d'activité et d'un retour de la confiance sur les marchés. La consommation sera scrutée de près par les analystes, et ce en particulier outre-Atlantique. La chute des prix de l'immobilier risque de peser sue le budget des ménages; Alan Greenspan, ancien président de la Fed, a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une récession. Des tensions inflationnistes pourraient survenir. En cette année d'élection présidentielle, les Etats-Unis sont donc surveillés de près par les acteurs de la finance mondiale: les mesures consécutives à la crise du subprime présentées par l'administration Bush doivent prendre effet dans les semaines à venir, et les propositions de chacun des candidats pourront intervenir dans le débat. L'attitude de la Fed quant à son taux directeur s'annonce comme déterminante, la baisse des taux étant censée soutenir l'activité. Le plan Bush est censé apporter une réponse aux inquiétudes des ménages quant à une possible saisie de leurs biens suite à la contraction d'un prêt subprime. De 400.000 à 500.000 procédures de faillites personnelles sont cependant attendues chaque trimestre. Les taux variables des emprunteurs doivent être gelés pendant cinq ans, et le système de refinancements fluidifié.

Le pétrole en ligne de mire. Un ralentissement de la croissance américaine pourrait avoir des conséquences sur les cours du pétrole, tout comme les variations du dollar, monnaie de référence sur les marchés. Après avoir franchi le seuil des 99 dollars en novembre puis s'être calmés, les cours du light sweet crude sont repartis à la hausse suite à l'assassinat de Benazir Bhutto et les tensions géopolitiques qui en découlent. La demande des pays émergents, en particulier de la Chine, s'annonce comme une donnée incontournable pour l'année 2008. L'attitude de certains Etats consistant à nationaliser leurs gisements au détriment des majors s'annonce aussi comme une donnée clef à prendre en compte dans le cadre de l'évolution des prix de l'or noir.

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04.01.2008

Un pétrole cher à long terme: des conséquences économiques néfastes ?

Le Brent, côté à Londres, a lui aussi battu un nouveau record (98,50 USD) ce jeudi. Le Brent est le pétrole de référence en Europe et en Afrique. Le gisement éponyme de la mer du Nord est devenu un mélange de bruts côté sur le marché à terme londonien. Le brut s'est pour sa part établi à 100,09 dollars en cours de séance à New York.

Ces nouveaux records plongent les agents économiques dans le spectre d'un pétrole cher à long terme, accentuant de jour en jour le fossé entre des économies capables de résister à ces évolutions et les pays en voie de développement qui subissent le poids d'une énergie chère, entravant une fois de plus les capacités économiques des agents. Les pays pauvres qui ne produisent pas sont de plus en plus dépendants de l'or noir du fait d'une efficacité énergétique réduite. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l'allègement de la dette des pays pauvres voté en 2005 au sommet du G8. Certains Etats d'Afrique réfléchissent à l'idée de la création d'un "fonds de stabilisation" destiné à amortir la volatilité des prix.

Les Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir avec un quart de la consommation mondiale, font preuve d'une dépendance difficilement réduisible. Les récentes mesures adoptées par certains gouverneurs d'Etats ne produiront leurs premiers effets qu'à long terme. L'administration Bush a par ailleurs indiqué sa volonté de réduire de 20% la consommation de carburant en dix ans; la campagne pour l'élection présidentielle devrait voir son lot de propositions. Le dollar étant faible, les consommateurs américains doivent faire face à une réduction de leur pouvoir d'achat. De plus, selon les statistiques du Département américain de l'Energie (DoE), lors de la semaine achevée le 28 décembre, les stocks de brut ont baissé de 4 millions de barils, à 289,6 millions de barils, soit leur plus bas niveau depuis janvier 2005. Lors des quatre dernières semaines, les Américains ont consommé 21,2 millions de barils de produits pétroliers par jour en moyenne, soit 2,1% de plus qu'en 2006 à la même période.

"Une révision des prélèvements obligatoires" qui tiendra compte "à la fois les taxes sur les produits pétroliers et les taxes ou les incitations sur les nouveaux types d'approvisionnement" a été évoquée par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a rappelé l'existence d'accords pour limiter la hausse des prix à la pompe. "Je suis contente qu'on ait négocié avec les producteurs-distributeurs de pétrole au mois de novembre pour obtenir de leur part un engagement de répercuter les baisses immédiatement et de lisser les hausses. C'est ce qu'ils font actuellement", a encore déclaré la ministre de l'Economie. "On va être extrêmement vigilant pour s'assurer que c'est bien le cas", a-t-elle indiqué. L'UFC-Que Choisir pointe du doigt la répartition des effets d'une hausse en fonction des composantes de la population: "pour un couple en milieu rural qui a deux voitures et se chauffe au fuel domestique, l'impact est violent alors que pour un jeune actif parisien qui utilise les transports en commun et se chauffe à l'électrique, il est presque indolore". Il apparaît cependant important de rappeler que la facture pétrolière n'a représenté que 2% du PIB français en 2006, contre le double en 1980.

Les banques centrales doivent pour leur part faire face à l'inflation, une augmentation des prix de l'énergie pouvant provoquer une hausse générale des prix. Un relèvement des taux d'intérêt est l'arme des banquiers centraux pour faire face à l'inflation; les partenaires sociaux peuvent quant à eux négocier une hausse des salaires qui provoquent des "effets de second tour" difficiles à maîtriser par la suite.

Des agents économiques bénéficiaires de la hausse des prix

La financiarisation de l'économie semble être une des données clefs dans le cadre de cette envolée des cours. La crise des subprimes a incité des investisseurs à se reporter sur les marchés des matières premières et à entretenir la spéculation autour des cours élevés de l'or noir. En pleine déconfiture du dollar et hausse de la demande asiatique, le pétrole devient un élément incontournable du portefeuille de certains fonds d'investissement.

Les pays producteurs de pétrole sont à la fête, hormis la baisse du dollar qui pourrait les amener à prendre des mesures. Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. L'Arabie saoudite affiche sa forte dépendance à l'or noir, avec 90% des exportations, 50% du PIB et 80% des recettes budgétaires. L'Iran a vu pour sa part ses recettes liées au pétrole tripler entre 202 et 2006. Sur le plan géopolitique, la menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du brut mondial, est une des actions redoutées par les observateurs internationaux. Quant au Vénézuéla, des cours élevés confortent Hugo Chavez dans sa volonté de nationaliser les gisements d'or noir.

02.01.2008

ÉDITION SPÉCIALE: LE PÉTROLE À 100 DOLLARS

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18:29, puis mises à jour Les cours du pétrole brut, le light sweet crude, se sont établis ce mercredi sur la barre des 100 dollars à New York, ce qui en fait un record historique. A Londres, le Brent aussi a battu un nouveau record. Il est parvenu lui aussi à un seuil exact,celui de 98 dollars. "Les ponctions du pétrole pourraient dépasser le seuil supportable dès le début de 2008", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Véronique Riches-Flores, économiste en chef à la Société Générale. Pour en revenir au brut, le précédent sommet datait du 21 novembre dernier, à 99,29 dollars le baril. Les tensions géopolitiques sont au coeur de cette flambée des cours de l'or noir. Quatre policiers ont été tués en Algérie dans un attentat suicide à Naciria, et 18 personnes sont mortes dans des attaques rebelles à Port Harcourt. "Les prix augmentent en raison de nouvelles violences au Nigeria, d'inquiétudes sur la stabilité du Pakistan, des prévisions pour les stocks pétroliers et de températures hivernales froides", indique à l'AFP Phil Flynn, analyste d'Alaron Trading, à l'AFP. "Nous avons enfin touché cette barre des 100 dollars et nous allons y rester tant qu'il y aura un déséquilibre entre l'offre et la demande", selon Bart Melek, analyste de BMO Capital Markets.

Cette relance des cours à la hausse est de mauvaise augure pour le gouvernement, le budget 2008 étant calqué sur un baril à 73 dollars. Le prix du pétrole a ainsi progressé de 57% en 2007. Les statistiques qui seront annoncées demain par le département américain de l'énergie (DoE) seront surveillées de près par les investisseurs. A 18:20 heure de Paris, le baril de light sweet crude pour livraison en février s'arrogeait 3,48 dollars à 99,46 dollars. Les quantités sont en nombre limitées, et le raffinage s'avère coûteux. L'Agence internationale de l'Energie anticipait en novembre une hausse de 55% de la demande énergétique mondiale d'ici à 2030.

Un ralentissement de la croissance américaine n'est plus à exclure, selon les nombreux analystes interrogés par les agences de presse. Avec 13 millions de barils consommés par jour, les Etats-Unis, également pénalisés par le dollar, sont au premier rang des Etats qu'un pétrole cher à long terme peut affecter. "J'ai le sentiment que, si baisse il y a, le pétrole n'ira plus en dessous des 60 dollars. On a une situation très tendue actuellement, et il suffirait qu'il y ait quelque part des restrictions d'offres et que la croissance économique va se poursuivre partout pour que l'on atteigne à plus ou moins brève échéance des niveaux à 100, 120 voire 150 dollars", estime dans un entretien accordé au Figaro.fr Jean-Marie Chevalier, directeur du Centre de géopolitique de l'Energie et des Matières premières. L'économie américaine est plus sensible aux cours du pétrole que ne le sont les économies occidentales: en effet, l'Insee estime que la hausse des cours du pétrole a entraîné un surcroît annuel de dépense pour chaque Américain de 330 euros en 2005 contre 120 euros en France ou 176 euros en Allemagne. L'euro fort protège le Vieux continent de fortes variations.

Bourse 24.TV revient sur la dernière semaine de cotations de l'année 2007:

· Les perspectives pour l'année

· Décryptage: vers un baril à 100 dollars

· Pourquoi ça monte ?

· Le niveau des réserves en question

· Le dossier complet

4423f03e3a5cdba093a8e76ce3a7de39.pngL'Union française des industries pétrolières (UFIP) propose chaque semaine un relevé des prix des carburants automobiles sur son site. Il s'agit d'une comparaison par rapport au baril de Brent (parité euro/dollar, au 31 décembre 2007). Ce document sert de référence pour pouvoir constater l'évolution des prix au fil des jours, une donnée importante en plein débat sur le pouvoir d'achat. L'organisme établit aussi un graphique relatif aux cours du brut, du Brent et du Dubaï.

"Les défaillances records des raffineries nationales" ont récemment fait la Une du New York Times, et pour cause: au maximum, elles ne fonctionnent qu'à 90% de leurs capacités totales. Selon le spécialiste Raymond Learsy, cité par Libération, "il est difficile de croire qu’autant de désastres se sont abattus sur cette malheureuse industrie qui fait de son mieux pour nous fournir un produit au prix le plus élevé possible". Aucune nouvelle raffinerie n'a été construite par les majors sur le sol américain au cours des trente dernières années. "En créant une situation d’approvisionnement tendu, elles contrôlent les prix et n’ont aucun intérêt à augmenter la capacité de raffinage", analyse Mark Cooper, de la Consumer Federation of America.

Les compagnies pétrolières doivent se prémunir face aux convoitises suscitées par les cours élevés de l'or noir. Reportage de France 24 au Nigéria:

23.12.2007

Le spectre de l'inflation en toile de fond

Le taux annuel d'inflation de la zone euro s'est élevé à 3,1% en novembre selon Eurostat, l'office statistique des Communautés européennes. Il atteignait seulement 1,9% un an auparavant. "Le taux annuel mesure l’évolution des prix entre le mois pris en compte et le même mois de l’année précédente. Cette mesure est sensible à des changements récents du niveau des prix, mais peut être affectée par des effets exceptionnels dans l’un ou l’autre des mois", est-il rappelé. De tels niveaux n'avaient pas été atteints depuis 2001. La hausse annuelle des prix à la consommation aux Etats-Unis était quant à elle de 3% en octobre. L'inflation correspond à une hausse durable des prix; l'indice des prix à la consommation fait figure d'outil de référence. Il s'agit - en France, pour l'Insee - de sélectionner un certain nombre de produits jugés représentatifs de la consommation des ménages.

La flambée des cours d'un certain nombre de matières premières s'inscrit dans le cadre de cette tendance. Cependant, un certain nombre d'investisseurs qui s'étaient repliés sur ces marchés suite à la crise des subprimes pourraient déserter leurs positions sur certains postes, selon certains économistes. Les hausses commencent par ailleurs à être répercutées sur les prix au détail, impactant directement le budget des ménages. Les cours du pétrole représentent une donnée non négligeable dans une poursuite, ou non, de la poussée inflationniste enregistrée ces dernières semaines: après avoir frôlé la barre des 100 dollars à New York, ceux-ci se sont repliés autour des 90 dollars.

Le niveau d'interventionnisme des banques centrales semble à même d'influer sur la tendance, avec un possible relèvement des taux directeurs de la Fed et de la BCE. Ceux-ci ont en effet chuté en 2007 face à une des conséquences de la crise financière, à savoir un système de refinancement interbancaire grippé. Toujours est-il que l'inflation est au coeur des préoccupations des Français, avec la question lancinante du pouvoir d'achat.

22.12.2007

Vers une chute de l'immobilier ?

La crise des subprimes a jeté un froid sur les constructions aux Etats-Unis, le nombre de saisies progressant et le surplus de logements étant déjà conséquent (2 millions). Les mises en chantier outre-Atlantique chutent de 20 à 30% l'an depuis plusieurs mois, la variation du nombre de mises en chantier de logements est devenue négative dans l'Hexagone en 2007, et le nombre de transactions au Royaume-Uni est 15% inférieur à celui qu'il était il y a un an.

Un possible resserrement des conditions de crédit suite à la crise financière ne devrait pas aider à améliorer ces statistiques, le recours à l'emprunt pouvant être stimulé par un possible scénario consistant en ce que les prix repartent à la hausse. "Si les prix des maisons augmente à un rythme supérieur à celui des taux d'intérêt, les ménages continuent d'être incités à s'endetter puisque la valeur des biens achetés progresse plus vite que la dette. Cette dynamique reste à l'oeuvre au Royaume-Uni", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Patrick Artus, directeur des études chez Natixis.

Le plan présenté par l'admnistration Bush doit entrer en vigueur au premier trimestre de l'année 2008, censé apporter une réponse aux inquiétudes des ménages quant à une possible saisie de leurs biens suite à la contraction d'un prêt subprime. De 400.000 à 500.000 procédures de faillites personnelles sont cependant attendues chaque trimestre. Les taux variables des emprunteurs doivent être gelés pendant cinq ans, et le système de refinancements fluidifié.

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