24 décembre 2007

Les relations sino-américaines sous l'angle du renseignement

Entre 1949 et 1973, même si l'URSS reste alors la priorité numéro 1, la CIA surveille attentivement les Chinois. L'absence de station en Chine oblige la CIA  a travailler depuis les stations a l'étranger,entre autres celles qui entourent la Chine communiste. La station de Rangoon a aussi une section spécialisée en direction des Chinois. Une autre base avancée est la station de Bangkok, d'ou la CIA envoie des changkaïchekistes. Après les ratées dans les tentatives d'envahir par les provinces du Sud de la Chine communiste,a partir de la Birmanie et de la Thaïlande de l'armée du général Li Mee et l'absence de soulèvements comme l'espérait la CIA,la station de Bangkok fut utlisée pour former des chinois et les envoyer sur le territoire de la Chine communiste.

La priorité de la CIA concernant la Chine communiste,la RCP,est la collecte de renseignements. Difficile de recruter des chinois ou de les pousser a faire défection. La CIA obtiendra néanmoins quelques résultats:Zhao Fu,responsable de la sécurité de l'ambassade de Chine a Stockholm,prend la fuite en 1962.C'était la 1ere fois que les autorités pékinoises ont reconnues la fuite d'un des leurs. En mai 1964,c'est Dong Jiping,qui a été envoyé a Burundi en tant qu'attaché culturel adjoint en 1963,qui fait déféction au profit de la CIA.Né a Shanghai en 1940,il y suit les cours de l'Institut des langues étrangères,et intègre ensuite le service de renseignement extérieur chinois. Il livre l'ordre de bataille du renseignement chinois en Afrique a la CIA; ce qui est fort précieux, sachant que l'Afrique est justement un des continents ou la Chine cherche le plus a s'implanter.

La station de la CIA à Beijing

En janvier 1986,le sénateur américain Orrin Hatch part pour Pékin.Le régime chinois aide la CIA en la fournissant en équipements qui sont ensuite transmis aux moudjahidins afghans via les services secrets militaires pakistanais,l'ISI. Accompagné du chef des services de renseignement du Département d'Etat Morton Abramowitz,du directeur-adjoint de la Direction des Opérations de la CIA et du chef de station de la CIA a Beijing.Hatch demandera aux officiels chinois d'aider les Etats-Unis dans leur soutien,pour équiper les moudjahidins en matériel plus sophistiqué.Par exemple en missiles Stinger. Les Chinois donneront leur accord.

Dans un communiqué en date du 18 septembre 1989, le Guojia Anquanbu, le service de renseignements extérieur et de contre-espionnage chinois,s'inquiète de l'augmentation des affaires d'espionnage. Selon le rapport, ont été mises en cause pas moins d'une centaine de personnes pour espionnage,travaillant dans l'armée, les services gouvernementaux,le domaine politique. L'ouverture de la Chine a en effet facilité l'établissement de contacts avec les Chinois; sa montée en puissance inquiète les rivaux ainsi que les pays alentours,d'ou une activation des services de renseignements pour obtenir des informations dans les différents domaines: politique,économique et militaire.

Les relations sino-américaines en question

Les relations sino-américaines,néanmoins,qui s'étaient dégradées suite aux événements de la Place Tian An Men en 1989 ,et normalisées ensuite,subissent un nouveau coup suite à une erreur monumentale: en pleine guerre du Kosovo en 1999, les forces de l'OTAN bombardent Belgrade. Et un des sites touchés est l'ambassade de Chine a Belgrade,provoquant la fureur des autorités de Pékin et des manifestations devant son ambassade.Dans son édition du 11 mai 1999, le Figaro indique que sur ordre de Langley,la station de la CIA a Beijing (Alors dirigée par Timothy Long?) détruit les documents les plus sensibles dès le début du siège de l'ambassade. Il est hors de question que ,comme en 1979 à Téhéran,une foule ne s'empare de l'ambassade et des documents de la station de la CIA..Cette information du Figaro n'a,toutefois,pas été confirmée par d'autres sources. Etant donné le climat latent, elle paraît néanmoins fort probable. Ensuite, le calme reviendra.

Evidemment, une des menaces est la puissance militaire chinoise. La CIA devra tenir compte de la réussite des essais chinois de leur nouveau missile,le DF-31, le 02 août 1999,par la deuxième base d'artillerie de l'Armée Populaire de Libération chinoisedans la province de Shanxi, tandis que le point d'impact était à Lob Nor.

Donc, début septembre 1999 est rendue publique une analyse de la CIA  sur les pays représentant un danger pour les Etats-Unis avec leurs missiles ballistiques. Le danger n°1 est la Russie, avec ses 1000 ICBM (Missiles Intercontinentaux Ballistiques. On appelle ses missiles des ICBM car les ICBM ont une portée pouvant aller de 6000 a 13000 Kilomètres.On les distingue des missiles tactiques- missiles balistiques a courte portée, les SRBM- dont la portée est inférieure a 800 kilomètres,et des IRBM,a portée intermédiaire,entre 2400 et 6400 Kilomètres ), et la menace numéro 2 est la Chine communiste avec 20 missiles capables d'atteindre les Etats-Unis.En cette année 1999, la Chine a essayée un système de missiles du nom de DF-31 qui dispose d'un rayon d'action de 8000 kilomètres. Ses missiles,toutefois,sont dirigés non pas contre les Etats-Unis,mais contre les pays d'Asie et la Russie. La CIA estime néanmoins que vers 2015 la Chine aura une dizaine de ICBM dirigés contre les Etats-Unis,et qui donc menaceront le territoire national.

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Cyril Gelibter

09 novembre 2007

Et qu’est-ce qu’on fait maintenant !?

d6f40719e982a3e69656a11fe09312fc.jpg150 jours après les élections, les partis flamands de la Commission de l’Intérieur de la Chambre ont voté la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Que va-t-il se passer ?

La presse internationale était en nombre, mercredi après-midi au Palais de la Nation, pour suivre les débats et surtout assister, à la Commission de l'Intérieur de la Chambre, au vote historique de la majorité numérique flamande sur la scission de BHV. Et les journalistes n’ont pas été déçus. Pourtant les partis francophones espéraient l’annulation de la réunion pour continuer à négocier un accord de gouvernement orange-bleue dans la sérénité.

Tous les partis flamands des plus démocratiques aux moins fréquentables, à l’exception de Groen ! (Les verts) ont voté la scission de l’arrondissement. Les membres francophones préférant quitter la Commission en signe de désaccord. Avec ou sans les Francophones, la supériorité numérique l’emportait. Et c’est une première, une Communauté qui dicte sa loi de part sa simple supériorité numéraire au Parlement fédéral. Ce vote, tout aussi symbolique qu’il puisse paraître, ne change pas grand chose à ce stade, cela veut simplement dire que la Commission envoie le dossier en séance plénière de la Chambre.

Pièce de théâtre amateur

Les réactions sont à l’image du vote, coté francophone, on parle de coup de canif dans le pacte fédéral belge, voire de trahison. Coté flamand, si la NV-A se félicite de l’avancée, certains du coté de l’Open-VLD sont plus embarrassés, et on parle de « vote surtout symbolique », ouvrant la porte constitutionnelle aux Francophones qui vont utiliser toutes les ficelles institutionnelles pour contrer la suite de ce vote à la Chambre. Les socialistes flamands parlent d’une mauvaise pièce de théâtre amateur, où le CD&V a fait une sorte de show puisque le parti des chrétiens-démocrates a toujours clamé que « pour régler le sort de BHV, cinq minutes de courage politique suffisent ! ». On est parti pour au moins 6 mois de blocage de ce dossier ! Enfin, pour le Bourgmestre de Lennik, commune flamande de l’arrondissement concerné, « le mouvement est lancé, il ne pourra pas être arrêté ».

Conflit d’intérêt

Le vote a pour première conséquence de suspendre les négociations de formation d’un Gouvernement, les partis francophones se demandant si Yves Leterme reste fréquentable, puisque son parti, a obtenu la Présidence de la Chambre et celle de la Commission de l’Intérieur. Le CD&V donne donc le ton des réunions de Commission.

Les francophones s’organisent. Après la réunion des Présidents, mercredi soir, la procédure en Conflit d’intérêt va être lancée par le Parlement de la Communauté française. Cette procédure peut être déclenchée par une assemblée parlementaire, si l’entité qu’elle représente se sent lésée par une législation. Pour que le PCF entame cette procédure, trois-quarts des parlementaires communautaires doivent en faire la demande. Dès cet instant, l’examen en séance plénière de la Chambre, de la proposition de scission sera suspendue pendant 60 jours. Cette procédure est distincte de la Sonnette d’Alarme, où la minorité linguistique au sein de la Chambre des Représentants qui se sent défavorisée, peut invoquer ce principe. Le texte de loi serait donc renvoyé devant le Gouvernement, actuellement en affaires courantes, qui devrait alors trouver une solution. La route est donc encore bien longue…

La presse internationale se déchaîne sur la Belgique, la Suisse va jusqu’à parler d’ « acte de guerre ». Même si les négociations traînent, et que le chemin est difficile, nous ne sommes pas non plus en Ex-Yougoslavie, la Belgique repose sur un compromis depuis 1830, et le vote de mercredi ne remet rien en question.

C’est maintenant au Palais Royal de reprendre les choses en main. Albert II vient de conforter Yves Leterme dans sa mission, mais lui coltine les Présidents de la Chambre et du Sénat, pour s’acquitter des questions communautaires. Des béquilles, en quelque sorte…

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Pierre Bertinchamps, à Charleroi

LIEN L'économie au coeur de l'impasse politique belge

08 novembre 2007

L'ami du petit déjeuner, ce n'est pas seulement Ricoré

Le célèbre slogan publicitaire vient rappeler l'importance du petit déjeuner dans les temps de consommation de l'individu. Selon une enquête réalisée par le Crédoc pour le compte de Kellogg's, les Français y consacrent en moyenne 16 minutes, mais 91% des enfants et des adultes s'y prêtent, ce taux tombant à 76% chez les adolescents. Censé approter 25% des besoins quotidiens, le petit déjeuner est l'occasion pour faire la part belle aux vitamines et aux plus petits d'entre nous, avec une abondante gamme qui leur est consacrée, des céréales à plonger dans le lait aux biscuits, en passant par les compotes sous forme de gourde à transporter à l'école.

"Les habitudes du repas du matin sont très difficiles à casser. Même s'il n'est pas très élaboré en semaine, cela représente un rituel de répétition des mêmes gestes, pour gagner du tempsé", explique au magazine LSA Pierre Richard, directeur associé de l'agence Stella. Les professionnels des médias s'approprient depuis de nombreuses années ce premier contact pour proposer d'importants programmes d'information, une tendance qui s'étend sur les chaînes numériques de télévision. Pour tenir jusqu'à midi, les industriels proposent au consommateur un éventail de produits souvent à consommer chaud, comme de nouvelles gammes de café en dosettes. L'enjeu est ici de doper le chiffre d'affaires à travers de multiples innovations qui, en apportant de la nouveauté au client, influeront sur son comportement futur.

Le nomadisme est le maître-mot des nouveautés introduites, avec des produits à consommer dans les transports ou au bureau. Très sédentaire, le petit déjeuner est amené, selon McDonald's avec son offre du matin et Starbucks, à se prendre aussi en dehors du domicile, d'où l'implantation près de nombreux bureaux. Le Plan National Nutrition Santé (PNNS) a par ailleurs fait ressortir la nécessité d'ue alimentation équilibrée. Les industriels peinent à emboîter ce segment pour leur offre petit déjeuner, insistant avant tout sur la dimension "plaisir". Danone, en introduisant Actimel,  conquis là une longueur d'avance.

01 novembre 2007

Vers un baril à 100 dollars ?

Mise à jour 10:14 | 96,24 dollars. Ce nouveau record absolu a été atteint ce jeudi, et concerne le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre. Les cours du Brent, côté à Londres, sont parvenus pour leur part à 91,10 dollars le baril, un record là aussi.

Cette succession de records enregistrée depuis le début du mois trouve ses racines immédiates dans un contexte financier particulier (baisse des taux de la Fed et faiblesse du dollar), une baisse des stocks américains, l'arrêt d'installations pétrolières situées dans le golfe du Mexique avant le passage annoncé de tempêtes tropicales, et les tensions à la frontière entre la Turquie et l'Iran. Selon le Département américain de l'Energie, lors de la semaine qui s'est achevée hier, les réserves de brut ont diminué de 3,9 millions de barils à 312,7 millions de barils (un baril représente 158,98 litres).

Deux grands types de pétrole font office de référence sur les marchés. Le brut, côté à New York sous l'appellation de West Texas Intermediate, est extrait des gisements et n'est pas raffiné lors de sa cotation. Les bruts les plus recherchés, donc aux prix les plus élevés, sont les plus légers. "En termes physiques, le WTI n'est qu'un brut américain négligeable, qui représente 200.000 barils sur une production mondiale de 56 millions de barils. Mais, en termes boursiers, il constitue l'un des deux contrats pétroliers de référence avec le brent et s'échange deux fois plus que ce dernier", expliquait le 22 octobre dernier aux Echos Frédéric Lasserre, responsable de la recherche sur les matières premières à la Société Générale. Le Brent, pour sa part, est le pétrole de référence en Europe et en Afrique. Le gisement éponyme de la mer du Nord est devenu un mélange de bruts côté sur le marché à terme londonien.

Ce n'est pas la première fois que les prix du pétrole affolent la scène internationale. La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le 14 septembre 1960, a pour origine une volonté de stopper la baisse des prix du pétrole liée à une diminution du dollar sur le marché des changes. L'Iran, l'Arabie Saoudite, le Venezuela, l'Irak et le Koweit inaugurent le groupe, rejoint les années suivantes par le Qatar, l'Indonésie, la Libye, et trois pays africains (l'Algérie, le Nigeria, l'Equateur et le Gabon). Les cours du brut sont multipliés par quatre en quelques mois à la suite du déclenchement de la guerre du Kippour, en 1973: les producteurs arabes décrètent un embargo contre les pays, dont les Etats-Unis, qui soutiennent Israël. On assiste au premier choc pétrolier. L'embargo sera levé en 1974. En 1979, le second choc pétrolier survient à la suite de la révolution iranienne. Les islamistes renversent le Shah, provoquant une perturbation des approvisionnements en provenance du golfe Arabo-Persique. Afin de maintenir le niveau des cours, des quotas de production sont fixés pour la première fois en 1982. Un contre-choc pétrolier se produit en 1986: les prix du pétrole s'effondrent à la suite d'une hausse de la production de l'Arabie Saoudite. Le baril chute de 30 à 15 dollars. En 1997, le scénario se répète: les cours chutent de 40% suite à l'augmentation de 10% de la production de l'Opep. En 2003, l'Irak réintègre l'Oper à la suite de l'intervention de la coalition américano-britannique. L'ouragan Katrina détruit en 2005 certaines interventions pétrolières off shore dans le golfe du Mexique. En 2007, les 95 dollars le baril sont pulvérisés, affichant ainsi des niveaux jamais atteints. La chute des réserves américaines de brut, annoncée de semaine en semaine, stimule les cours.

Le spectre de l'épuisement

Selon le cercle Energy Watch Group, créé par le député Vert allemand Hans-Josef Fell, le pic pétrolier, à savoir l'instant où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006. L'extraction pétrolière diminuerait depuis de 3% par an, un chiffre qui tombe au plus mauvais point. Le dynamisme de la croissance mondiale, située à environ 5%, est poussé par la demande en hausse constante de la part des pays émergents, Chine et Inde en tête. Tandis que les économies développées tentent de trouver des alternatives à l'or noir, ces pays tirent la consommation vers le haut. "La baisse bien plus importante que prévu des réserves de brut a propulsé le pétrole à de nouveaux records. Il continue d'y avoir une crainte qu'il n'y ait pas assez de pétrole en réserve", indique à l'AFP Bart Melek, analyste chez BMO Capital Markets.

Christophe de Margerie, PDG de Total, pointe pour sa part le manque de volonté des pays producteurs. Il s'exprimait début septembre au Financial Times: "Le monde a changé. Il y a la volonté pour un certain nombre de pays de garder leurs réserves pour le long terme. Ils gagnent suffisamment d'argent avec leur production, et ils sentent qu'il est bon pour leur peuple de conserver leurs réserves pour l'avenir... Ils ne veulent pas les exploiter trop vite". L'Organisation des pays exportateurs de pétrole  ne juge pas utile de relever sa production de brut, annoncée à 500.000 barils par jour à compter du premier novembre. L'Opep préfère faire porter le chapeau aux difficultés rencontrées par les raffineries, comme il est indiqué dans son dernier rapport: "Ces dernières années, les marchés de produits ont fait face à une forte correction baissière en septembre, pesant sur l'ensemble du complexe pétrolier. Cependant, cette tendance a été significativement atténuée cette année du fait d'importantes maintenances saisonnières dans le bassin Atlantique et par des préoccupations sur le front des tempêtes, qui se sont manifestées sur la seconde moitié de septembre".

La faiblesse du dollar et des tensions géopolitiques en ligne de mire

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Comme le démontre ce graphique réalisé par les journalistes du quotidien économique belge L'Echo, la corrélation entre les cours du dollar et ceux du pétrole, sur le WTI et le Brent comme exposé ci-dessus, ne cesse de progresser depuis 2005. "Je suis de ceux qui pensent que la faiblesse du dollar explique la hausse du brut. Alors que les stocks de l'OCDE augmentent, que la demande est revue à la baisse, que la production de l'Opep augmente et que la saison des ouragans est relativement clémente, c'est le dollar qui semble bien être la principale explication", analyse Anatol Feygin, responsable de la stratégie matières premières de Bank of America. Les banques centrales des pays exportateurs de pétrole gèrent différemment leurs réserves de changes depuis quelques années, et ne souhaitent plus détenir uniquement du dollar. Une partie des contrats pétroliers, libellés en dollars, est revendue pour acheter de l'euro et du yen, ce qui exerce une pression sur la devise américaine. Parallèlement à cette corrélation, le marché "craint les conséquences d'une possible intervention militaire de la Turquie contre les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK) réfugiés en Irak, de l'autre côté de la frontière", indique l'AFP. Le transport des hydrocarbures est à relier à ce problème: les détroits surchargés de pétroliers doivent faire l'objet d'une surveillance accrue afin de protéger l'or noir. 40 millions de barils de pétrole transitent quotidiennement les océans.

Les réactions du marché en question

"Ce serait trop simpliste de dire que c'est l'OPEP qui fixe les prix. Ceux-ci sont en réalité le résultat d'une interaction entre l'annonce d'une quantité de production fixée par l'OPEP et l'interprétation que le marché fait de cette annonce. Si le marché estime que les quotas ne sont pas respectés par les pays membres et que l'annonce n'a aucune valeur, la déclaration de l'OPEP n'aura pas d'impact sur les prix. [...] Chaque fait, petit ou grand, provoque sa litanie de supputations : les traders se préoccupent non pas d'avoir une interprétation correcte des faits, mais d'anticiper l'interprétation que vont en avoir les autres acteurs du marché !", expliquait en décembre 2002 au Monde Robert Malbro, à la tête de l'Oxford Institute for Energy Studies. La crise du subprime est aussi à ajouter à la longue liste de paramètres pouvant expliquer cette flambée des cours du pétrole. Après des prises de bénéfices, certains investisseurs se sont rabattus sur les marchés des matières premières.

"Le super-cycle mondial d’investissement, alimenté par les immenses besoins des nouveaux géants de l'économie globale, devrait durer de nombreuses années, et même dans les pays de l'OCDE, nous croyons que le cycle est très loin d’être terminé. Par conséquent, nous prévoyons une hausse significative des prix du brut à partir de 2009", font savoir Eric Chaney, chef économiste Europe chez Morgan Stanley, et son homologue américain, Richard Berner, dans le cadre d'une analyse publiée sur le site de la plate-forme intellectuelle Telos. Les prix à la pompe n'ont pas encore suffisamment augmenté pour provoquer un changement de comportement des consommateurs. Cette transition constitue l'inconnue la plus importante de l'univers pétrolier.

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Franck Stassi

 

23 septembre 2007

La difficile mesure des inégalités

Mondialisation. Les notions de richesses et d'inégalité se rattachent à différents indicateurs, dont la portée et la pertinence diffèrent. La question de leur mesure trouve notamment sa pertinence au sein de l'analyse des échanges Nord-Sud. Le document-source utilisé pour la rédaction de cette chronique est un article rédigé par Benoît Ferrandon, et paru dans le N°305 des Cahiers français.

Toute société se fixe pour objectif d'améliorer constamment la croissance économique afin d'améliorer les conditions de vie et enrichir la population. La croissance doit permettre de réduire les inégalités, pour contribuer à renforcer la cohésion sociale. Cette volonté n'est que partiellement comblée, les inégalités étant nombreuses et pas seulement économiques.

Les inégalités sont plurielles: en effet, elles ne se limitent pas à des différences de salaires, revenus et de patrimoine. Elles sont aussi sociales et culturelles. Les inégalités sont donc des différences entre des groupes sociaux qui sont socialement perçues comme illégitimes ou injustes. Pour les partisans du processus de mondialisation, l'intégration au sein de l'économie mondiale permet de réduire la fracture entre nations pauvres et riches; pour les autres, il produit une concentration des richesses entre les mains des Etats les plus puissants. Le développement économique reste néanmoins une condition indispensable à l'amélioration du bien-être de la population. Sur la scène commerciale mondiale, il est possible d'observer la capacité des Etats à répondre aux demandes émanant des autres marchés. Exception faite des pays d'Asie qui réussissent à tirer leur épingle du jeu, les pays en développement ont vu leur poids se réduire dans le cadre du commerce international. Les moyens dont disposent les gouvernants pour contribuer à l'amélioration du niveau de vie de leur population sont donc très disparates. Les flux financiers font office de miroir: en 1998, les pays de la Triade (Japon, Etats-Unis, Europe) représentaient 92% de la capitalisation boursière mondiale.

Le développement apparaît donc plus incertain dans certaines zones du globe. Pour mettre en évidence toutes les facettes du développement, le PNUD a crée l'IDH, l'indicateur de développement humain. Compris entre 0 et 1, il a pour objectif de présenter trois aspects du développement économique et social d'un pays: l'espérance de vie à la naissance, le degré d'éducation, mesuré par le biais du taux d'alphabêtisation des adultes et le nombre moyen d'années d'études), et le PIB par habitant (en parité de pouvoir d'achat). Benoît Ferrandon présente à ce titre l'exemple de trois pays à situations différentes: le Qatar a un revenu par tête supérieur à l'Espagne, mais un IDH inférieur à celui de la Lituanie. De plus, la richesse matérielle apparaît comme un indicateur incontournable des inégalités au sein d'un Etat. Le PIB par habitant se révèle mieux correspondre à cette volonté de pertinence, comme le prouvre l'exemple de la Chine, second Etat du monde selon son PIB national mais bien derrière selon le premier indicateur. Un autre indicateur à utiliser dans le cadre de la mesure des inégalités pourrait être la courbe de Lorenz. Elle permet de savoir si la répartition des revenus , du patrimoine et des terres est égalitaire ou non: elle rend possible une représentation des inégalités et de la répartition de la richesse parmi une population donnée. Le sociologue Louis Chauvel a pour sa part présenté ses travaux sous forme de strobiloïde. "L’observation du seul revenu ne permet pas de repérer des catégories fragilisées, cumulant des handicaps nombreux, handicaps que le revenu ne permet pas nécessairement de pallier. Le revenu à lui seul ne suffit pas non plus à définir la puissance sociale de certains individus ou familles dans l’organisation sociale", rappelle-t-il.

La mesure des inégalités peut donc être effectuée au moyen d'indicateurs qui se complètent. Cependant, des imperfections persistent, en raison du manque d'homogénéisation des données au plan mondial, de l'impossiblité de mesurer certaines inégalités, et des insuffisances statistiques de certains Etats.

LIEN Entre les riches et les pauvres, les classes moyennes, étude de Louis Chauvel

07 septembre 2007

Le fordisme et le taylorisme sont-ils dépassés?

15:40 - Le travail peut être étudié sous deux angles, à savoir un angle économique et un angle sociologique. Le travail est en effet un facteur de production. Il est source de richesses, mais il a aussi un coût (le salaire).  Par ailleurs, le travail est une activité humaine qui occupe approximativement le tiers d'une journée. Lorsque l'entreprise recherche une combinaison de facteurs de production la plus efficace et la plus économique, elle ne peut pas négliger l'aspect humain du travail. Dans toute entreprise, il existe une organisation du travail, c'est-à-dire l'agencement des postes de travail afin d'aboutir à une productivité maximale; on appelle "division technique du travail" l'organisation des tâches dans l'entreprise. En France, l'organisation du travail a eu pour influence les principes de Taylor, puis de Ford. Les Trente Glorieuses ont été marquées par le taylorisme et le fordisme, des principes remis en cause par la suite et devant être remplacés. La recherche de Nouvelles Formes d'Organisation du travail (NFOT) y contribue.

Les avantages de la division du travail ont été montrés par l'économiste anglais Adam Smith (1723-1790) dans le cadre de l'exemple de la manufacture d'épingles, évoqué en 1776 dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations: "l'important travail de fabrication des épingles est divisé en dix-huit oérations distinctes ou environ, lesquelles, dans certaines fabriques, sont remplies par autant de mains différentes". La division du travail correspond à une décomposition du processus de production en de multiples tâches partielles, cette décomposition ayant pour but une plus grande efficacité. Chaque ouvrier est spécialisé dans une tâche et devient plus performant que s'il devait effectuer plusieurs opérations (suppression des pertes de temps, etc).

Taylor a démarré comme ouvrier avant de parvenir à la tête d'une manufacture d'acier. Deux problèmes, la flânerie du personnel et le nombre important d'ouvriers qualifiés (qui reçoivent des salaires élevés) l'ont amené à bâtir les principe de l'organisation scientifique du travail. Il s'agit de trouver la méthode de production la plus efficace pour chaque ouvrier, "the one best way". La division horiontale du travail est introduite: la parcellisation des tâches consiste en la décomposition de la production en opérations simples et de durée mesurable. Si on chronomètre chaque opération, il devient possible d'instaurer un système de salaire au rendement. L'ouvrier  le plus rapide et le plus efficace va être sélectionné, et ensuite on demande aux autres ouvriers de respecter des normes de gestes et des normes de temps. Une hausse de la productivité et des profits découlent de cette course au rendement. Taylor a introduit un second principe, celui de la division verticale du travail. Le travail de conception est séparé du travail d'exécution. Des experts en organisation ouvrent au bureau des méthodes, et des ingénieurs travaillent au sein d'un bureau d'études. Les ouvriers spécialisés participent seulement à la chaîne de production. Cette division du travail en fonction des compétences a été résumée au sein de la formule "the right man in the right place". Les principes d'Henry Ford (1863-1947) ont ajouté à l'OST le système de la chaîne de montage. L'emploi d'un convoyeur permet le transport des pièces à travailler d'un poste à l'autre, et la standardisation des pièces et des produits permet de réduire les coûts. Cepdendant, une politique de salaires élevés s'instaure, dans le but d'accroître la productivité et la demande s'adressant à l'entreprise. Le fordisme a permis l'emploi massif d'ouvriers non-qualifiés. Le passage en 1914 du salaire des ouvriers de 2,5 dollars à 5 dollars par jours, le five dollars day, a aussi pour objectif de limiter le turn-over.

La remise en cause de l'OST. La pénibilité du travail et la disqualification ont contribué à un ralentissement des gains de productivité. L'Ecole des relations humaines a émis des critiques envers l'organisation scientifique du travail. Il a été démontré par le biais d'enquêtes réalisées dans les années 1930 que la vision mécaniste de l'OST influait sur le moral des ouvriers, et par conséquence sur le rendement. L'expérience Hawthorne y a contribué. Cinq ouvrières, sélectionnées en raison de leurs affinités et se prêtant de plein gré aux expériences, furent isolées dans une pièce. Leur environnement de travail a été progressivement amélioré, et, en dépit de la réduction du temps de travail, leur rendement est apparu comme amélioré. Paradoxalement, le rendement continua de s'accroître une fois les ouvrières revenues à leur situation initiale. La considération dont ces ouvrières avaient été l'objet a été très important, beaucoup plus que le seul cadre de travail. L'Ecole des relations humaines considère qu'on ne parle pas d'une simple addition d'individus au travail, mais d'une entité dont le fonctionnement peut avoir des répercussions sur la production, notamment via de bonnes relations ou la communication. Les limites de la parcellisation du travail sont apparues au cours des années 1950-1960, notamment par le biais d'importants taux de turn-over (rotation des salariés dans l'entreprise durant une certaine période). L'absentéisme est aussi à prendre en compte: il correspond à toutes les absences des salariés à l'exception de celles liées aux congés légaux. Les ouvriers peuvent aussi s'adonner au "coulage" et au "freinage", à savoir le gaspillage des matières premières et la fixation de cadences de production inférieures à celles fixées par le bureau des méthodes. Des aménagements ont été introduits dans certaines entreprises, parmi lesquels la rotation des postes, l'élargissement des tâches (regrouper plusieurs opérations d'exécutions afin que l'ouvrier réalise des ensembles ou des sous-ensembles complets), l'enrichisement du travail (ajout aux tâches habituelles de nouvelles activités plus interessantes pour le salarié) ou les groupes semi-autonomes (équipe de salariés ayant la responsabilité d'organiser leur temps et leur travail). Il n'y a cependant pas de remise en cause du fordisme ou du taylorisme. Les nouvelles conditions de la concurrence et les nouvelles attentes des consommateurs ont participé à l'assouplissement de ces doctrines, en raison de la concurrence de producteurs originaires de pays émergents ou bien encore d'une volonté de personnalisation des produits (la Ford T noire n'était plus adaptée).

Les conditions de travail se sont aujourd'hui améliorées, et un certain nombre de tâches parcellisées ont été supprimées, grâce à l'automatisation des processus de production et par le biais de l'utilisation des NTIC. Des ouvriers qualifiés ont été embauchés et formés dans l'industrie, notamment automobile. On constate cependant qu'entre 1964 et 1998, le nombre de salariés déclarant avoir un travail répétitif a progressé de 9 points.

LIEN Aux origines de la croissance économique

04 septembre 2007

Ingouvernable Belgique !

Les négociations pour former un gouvernement fédéral pour la Belgique sont au point mort. Flamands et Francophones ne sont plus sur la même longueur d’onde. Prémisses d’une séparation de fait ou simples divergences de vues sur le plan communautaire.

Depuis le lendemain des élections législatives, la Belgique est à la recherche d’un nouveau Gouvernement. Les cartes ont été redistribuées. Envol des sociaux chrétiens flamands ; sursauts des humanistes et des verts, au sud du pays ; maintient des libéraux francophones et chutes des socialistes tant en Wallonie qu’en Flandre. La reconduction de la Violette est compromise.

Une Orange bleue

Au vu des résultats électoraux, une coalition chrétienne-démocrate et libérale, dite l’Orange Bleue, serait le choix le plus proche de l’électeur. Le Roi passe donc la, main à Yves Leterme, le champion des voix de préférence, avec 800.000 votes au Sénat. L’ex-Ministre-Président de la Communauté flamande doit négocier avec les partenaires de la coalition pour former un Gouvernement au plus vite. Le formateur, issu du cartel CD&V/N.VA (le CD&V est un parti de centre-droit néerlandophone, NDLR), doit trouver un terrain d’entente avec les libéraux du MR et du VLD et les centristes du cdH (ex-PSC, Parti Social Chrétien). Outre les divergences au point de vue idéologique, Yves Leterme doit faire face à un Front francophone qui ne fait pas de la Réforme de l’Etat, une de ses priorités, alors que les séparatistes de la branche N.VA ne veulent même pas entrer en négociation si les questions communautaires ne sont pas, d’emblée, réglées.

Le clash communautaire

Depuis ses prises de positions vis-à-vis des Francophones, dans Libération (juillet 2006) notamment, ou encore sa bourde, le 21 juillet dernier, sur le parvis de la Cathédrale Saint-Michel et Gudule, où Monsieur Leterme chantonna La Marseillaise en lieu et place de La Brabançonne ! Sa méthode de travail est tout aussi controversée… Trop loin des médias, pas assez communicateur et surtout toujours trop étiqueté flamand. Car le Premier-Ministre belge est asexué linguistiquement, c’est-à-dire que, quelle que soit sa provenance géographique, il doit se situer au-dessus de la mêlée. Pressé par le N.VA, Yves Leterme se trouvait en embuscade. D’un coté, lâcher du leste communautaire pour séduire les Francophones, de l’autre, durcir le ton sur l’obligeance de réformer l’Etat sous l’impulsion du partenaire N.VA. Le clash a eu lieu à la mi-août, où le Formateur jette l’éponge. Remettant sa démission, au poste de Formateur, au Roi. Le Souverain reprenant la main.

Le chagrin des Belges

Pourquoi les Belges ne savent-ils plus s’entendre ? En fait, ce sont surtout les politiques qui entretiennent ce mal belge. La population n’est pas plus encline que cela à voir la Belgique disparaître. Dans les années septante, certains francophones voulaient régionaliser certaines compétences fédérales comme la sidérurgie, en crise, en Wallonie, espérant un avenir meilleur pour les usines du Hainaut et de Liège. Au Nord du Pays, c’est plutôt la Culture et l’Emploi des langues, trop axés sur le français, qui intestinent la Flandre. Les Régions et les Communautés voient le jour. C’est la fin de la « Belgique de Papa ». La dynamique de désunion est lancée… Elle est continue depuis plus de 40 ans.

Sécurité sociale menacée

Les exigences flamandes pour ce round communautaire sont multiples. Les plus importantes sont la régionalisation complète de la politique d’Emploi, des Allocations de chômages et familiales et surtout la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Cet arrondissement est l’épine dans le pied des négociateurs. Si les Francophones acceptent, ce sera la fin des facilités accordées aux Francophones vivants en Brabant flamand. Ces facilités ont été données lorsqu’en 1963, la frontière linguistique a été dessinée. La plupart des communes de la périphérie bruxelloise possède des francophones, parfois ces derniers sont majoritaires, mais pour éviter un effet tâche d’huile qui réduirait le caractère flamand autour de Bruxelles (ville à 90% peuplée de Francophones), le recensement linguistique a été aboli et une frontière scelle les territoires de langue en Belgique. Mais pour permettre aux Francophones de pouvoir toujours élire des représentants dans cette zone, un arrondissement bilingue est crée. Cet arrondissement est remis en question par les Flamands. Ce, à quoi les Francophones répondent par un élargissement de la Région bilingue de Bruxelles-Capitale à ces communes où les Francophones sont majoritaires. C’est déjà l’impasse ! Au niveau de la Sécurité sociale, la plus favorable d’Europe, la Flandre voudrait gérer elle-même les allocations familiales et surtout les indemnités de chômage, la Flandre étant presque au plein emploi alors que la Wallonie peine avec un taux frôlant à certains endroits les 30% ! Par contre, le pilier « pension » de la Sécu ne serait pas régionalisé. En effet la Flandre vieillissante y perdrait beaucoup en bien-être de ses habitants, et surtout, ce serait trop lourd à payer pour la Région flamande. La SNCB est aussi au menu communautaire, une Flandre plus plate et plus urbaine verrait d’un bon œil la régionalisation du chemin de fer, histoire de profiter au maximum des cordons de la bourse d’investissements plus rentables que dans une Région wallonne au relief ardennais, rurale, et au réseau plus coûteux.

Les négociations s’annoncent très difficiles entre un front de refus des Francophones et des demandes flamandes toujours plus régionalistes. Quatre-vingt-six jours que la Belgique attend un nouveau Gouvernement. La coalition Orange bleue pourrait virer à la coalition Jamaïcaine (avec en plus les Verts). En attendant, le Royaume vit au rythme de ses rancoeurs… Et si la RTBF avait vu juste, le 13 décembre dernier ?

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Pierre Bertinchamps, à Charleroi

Mise à jour 00:21 avec un extrait du blog de Jean Quatremer, correspondant à Bruxelles de Libération: "un nouveau sondage publié ce week-end par les quotidiens économiques francophone, l’Écho, et néerlandophone, Tijd, montre exactement le contraire : 88 % des Flamands approuvent les revendications autonomistes des démocrates-chrétiens du CD & V et des indépendantistes du NV-A (appuyé par les libéraux du VLD). Mieux (ou pis) : 43 % des néerlandophones du pays souhaitent la scission du pays contre seulement 12 % des francophones. Enfin, 80 % des Flamands sont opposés à l’élargissement de la région de Bruxelles capitale aux communes francophones de sa périphérie qui, pour leur malheur, se trouvent en Flandre : pour eux, le territoire flamand est déjà intangible".

LIEN La crise politique belge vue par la presse

03 septembre 2007

Aux origines de la croissance économique

Tandis qu'une commission sur la "libéralisation de la croissance", présidée par Jacques Attali, procède actuellement à des travaux, le blog économique propose de se pencher sur les racines de ce phénomène.

Selon un rapport du Bureau international du travail, les travailleurs français arrivent en troisième position mondiale derrière les Norvégiens et les Américains pour leur productivité par heure de travail. La hausse la plus rapide a été relevée en Asie de l'Est. Ainsi la production par travailleur est passée d'un huitième à un cinquième du niveau atteint par les pays développés entre 1996 et 2006. "Certaines personnes perçoivent la croissance impressionnante de la productivité en Asie et en Asie du Sud-Est comme une menace, mais il s'agit en fait d'une tendance positive pour l'économie mondiale", indique José Salazar-Xirinachs, du BIT.

Selon l'économiste François Perroux, la croissance se définit par "l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d'un indicateur de dimension (le PIB), le produit global net en termes réels (en volume ou en monnaie constante)". Un taux de croissance suffisamment élevé, à savoir supérieur à au moins 2% par an, est entendu dans le cadre de l'expression "soutenue". Ce phénomène est caractérisé sur une période d'au moins deux ans, tandis que l'on parlera d'expansion si le phénomène est de courte durée (1 ou 2 mois). Il s'agit d'un phénomène quantitatif mesurable, à savoir que la croissance signifie que les richesses ont augmenté en volume. Un indicateur de mesure de la croissance réside dans le PIB, le produit intérieur brut. On retient pour critère le territoire. Le PIB correspond à l'addition de la somme des valeurs ajoutées des différentes branches, de la TVA et des droits de douane. Le PIB total se compose du PIB marchand (les biens et services produits par les entreprises) et non-marchand (les services non-marchands produits par les administrations, mais il y aun problème quant à l'évaluation d'une somme). Le PIB fait l'objet de critiques en raison d'imperfections. En effet, toute activité donnant lieu à des flux monétaires contribue à la hausse du PIB, quelque soit l'impact environnemental ou sociétal de cette activité. D'autre part, il sous-estime les richesses produites car il ne tient pas compte de l'économie souterraine ou informelle. Les taux de croissance sont différents selon les pays, et variable d'une période à l'autre. En 1820, l'écart entre les taux de croissance entre les pays riches et les pays pauvres en termes de développement était de 1 à 3, tandis qu'en 1998 ce même écart variait de 1 à 19. Le Japon, l'Allemagne et la France ont figuré parmi les heureux pays où se sont déroulées les Trente Glorieuses entre 1945 et 1975, avec un taux de croissance moyen en France de 4 à 5% par an.

La contribution des facteurs de production à la croissance

Afin d'accroître le PIB, il faut augmenter la quantité des facteurs de production: lorsque l'on procède à l'augmentation du nombre d'actifs et de l'investissement, on parle d'une croissance extensive. L'accroîssement de l'efficacité de la combinaison des facteurs de production aboutit à une croissance intensive. Le facteur travail peut s'étudier à deux niveaux, quantitatif (population active plus nombreuse) et qualitative (plus qualifiée). Le capital humain ne se cantonne pas aux diplômes, par le biais de la formation intitiale, de la formation professionnelle et de l'expérience. Entre 1913 et 1992, le nombre d'années de scolarité à été multiplié par environ 2,3, ce qui traduit les efforts de certains Etats pour former leur main d'oeuvre. L'investissement en capital contribue aussi à la croissance. L'investissement peut se définir comme une opération réalisée par un agent économique consistant à acquérir des moyens de production. Dans une entreprise, l'investissement a pour objectif de maintenir ou d'accroître le potentiel productif. On distingue les investissements de capacité des investissements de productivité. L'investissement de capacité a pour objet l'achat de nouveaux équipements pour accroître la production, ce qui mène à une augmentation de la production et de l'emploi, tandis qu'un investissement de productivité consiste en l'achat d'équipents plus performants dans le but de parvenir à une réduction des coûts, ce qui aboutit à une augmentation de la productivité. Certains investissements sont pour leur part liés au renouvellement ou au remplacement du matériel. L'investissement est facteur de croissance aux entreprises de produire plus et /ou mieux. Le progrès technique regroupe l'ensemble des innovations des entreprises, un domaine auquel l'économiste Joseph Alois Schumpeter (1883-1950) a consacré une large partie de ses travaux. Les innovations sont censées rendre les facteurs de production plus efficaces.

À la recherche de gains de productivité

Améliorer ou modifier l'organisation du travail est une des solutions possibles pour aboutir à un gain de productivité. Le travail à la chaîne ou la parcellisation des tâches sont des hypothèses envisageables. On découpe une tâche en gestes simples, et chaque tâche sera affectée à un ouvrier. Ces innovations organisationnelles doivent avoir pour conséquence une hausse des rendements. Ces innovations permettent de réduire le coût du travail pour deux raisons: d'une part, une faible qualification des ouvriers (d'où des salaires à la baisse), et d'autre part, un temps de formation réduit. Réaliser des investissements peut aussi concourir à l'obtention de gains de productivité. Les investissements dans les TIC, les technologies de l'information et de la communication, sont qualifiés d'investissements immatériels. Le paradoxe de Solow, édicté en 1987, rappelait que "l'informatique se voit partout, sauf dans les statistiques". En effet, lorsque les entreprises s'équipent en TIC, leurs gains de productivité ne sont pas immédiats. La question des limites de la croissance se pose dans des termes différents, à chaque époque.

29 juillet 2007

Le pétrole cher est-il une menace pour l'économie mondiale?

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"L'ouverture des marchés a joué un rôle d'amortisseur des pressions inflationnistes, et la relative synchronisation des cycles économiques dans les différentes zones économiques - excepté l'Europe - a permis de masquer l'impact de la hausse des cours de brut. Mais cet impact est bien réel sur l'économie. En 2004, le pétrole (+ 32 %) a déjà coûté plus d'un point de croissance mondiale. L'an dernier, la croissance a été amputée de 0,7 point (5,2 % contre 5,9 % en termes de parité de pouvoir d'achat) face à une nouvelle envolée des cours de plus de 40 %. D'autant que nous assistons à un nouveau phénomène : la hausse du pétrole s'accompagne d'un emballement du prix des matières premières. Nous sommes donc dans un environnement plus périlleux, qui peut rajouter au ralentissement économique", indique à La Tribune Moncef Kaabi, directeur de recherche et spécialiste des matières premières chez Ixis CIB.

Dans les faits, l'économie américaine est plus sensible aux cours du pétrole que ne le sont les économies occidentales: en effet, l'Insee estime que la hausse des cours du pétrole a entraîné un surcroît annuel de dépense pour chaque Américain de 330 euros en 2005 contre 120 euros en France ou 176 euros en Allemagne. La récente baisse des cours ne semble pas s'installer dans l'opinion. La hausse des cours constatée depuis quelques mois a été intégrée de longue date par les compagnies aériennes, qui n'hésitent pas à répercuter ce surplus sur les factures. En 2003, la facture de kérosène de l'ensemble des compagnies aériennes s'élevait à 44 milliards de dollars. En 2006, elle a dépassé les 110 milliards de dollars. Pourtant, selon l'Association internationale du transport aérien, les passagers ne supportent qu'entre entre 15% et 20% seulement de la hausse de la facture de kérosène par le biais des surcharges tarifaires. Pour se prémunir face à des rebonds sauvages, certaines compagnies négicient des contrats à long terme, à l'instar d'Air France-KLM. L'entreprise paie actuellement chaque baril de 10 à 20 dollars de moins que le marché. La baisse des cours, consatée depuis quelques jours, pourrait avoir des effets bénéfiques sur le pouvoir d'achat si elle se confirme.

Dans le cadre de la hausse des cours, un système de cycle semble se dessiner: d'une part, la demande de pétrole ne peut que progresser, car les exportations chinoises progressent de manière régulière, avec +31% en 2003 et +35% en 2004. D'autre part, l'offre est structurellement limitée et le reste de la consommation mondiale s'avère incompressible. De ce fait, le prix du pétrole ne peut que s'élever. Les compagnies pétrolières sont confrontées à deux défis: poursuivre l'exploration et faire face à la montée en puissance des compagnies publiques. L’exploration pétrolière a pour but de trouver les pièges à hydrocarbure, et à calculer si les réserves potentielles sont assez importantes pour entreprendre un forage. Dans les soixante premières années du vingtième siècle, les majors ont d’abord exploité les champs pétroliers directement accessibles, avant de plancher sur la nature des terrains dans le but de leur exploration. Les gisements les plus importants de pétrole se situent dans la région du golfe Arabo-Persique qui représente les deux tiers des réserves mondiales. Les besoins énergétiques mondiaux sont, encore aujourd'hui, couverts à 44% par le pétrole, alors que ce combustible fossile ne représente que 16% environ des réserves énergétiques mondiales. Au début des années quatre-vingt-dix, les réserves de pétrole ont été estimées à 137 milliards de tonnes, ce qui représente environ 45 à 50 ans de production. Pour calculer les réserves d’un pays ou celles détenues par un exploitant pétrolier, on retire des réserves les quantités qui ont été produites pendant l’année, on y ajoute les volumes découverts dans le cadre de l’exploration, et on y ajoute ou retire les révisions de réserves des gisements en production. Certaines zones ne peuvent faire l'objet d'une implantation, en raison de l'instabilité politique ou bien en raison du fait que certains Etats souhaitent garder la main mise sur leurs ressources et érigent des barrières à l'implantation de capitaux étrangers. Parallèlement à ces difficultés, l'émergence des compagnies publiques, notamment dûe au fait que des prix élevés sont source d'intérêt de la part de dirigeants poilitiques, constituent un acteur de poids sur la scène pérolière internationale. La Chine et l'Inde se penchent sur les réserves pétrolières syriennes. La China National Petroleum Corp a conclu un accord avec Damas afin de construire, pour un milliard de dollars, une raffinerie capable de traiter 70.000 barils par jour, un baril correspond à 42 gallons américains, soit environ 160 litres. Elle a par ailleurs pris une participation dans le gisement Al-Furat, à l'origine de la moitié de la production syrienne. Elle s'élève à 38%, avec la firme indienne Oil and National Gas Corp. Les sociétés d'ingénierie fournissent aux Etats l'infrastructure nécessaire pour exploiter un gisement de pétrole et peuvent donc se passer de l'expérience des majors. Les cours élevés et les importantes marges de raffinerie ne sont plus forcément l'apanage des compagnies pétrolières. Graphique: La Tribune

LIEN Raffineries: le sous-investissement pointé du doigt

LIEN EXTERNE Retrouvez cet article en MP3 sur Agoravox

27 juillet 2007

Quel est le réel poids économique de la Chine?

La Chine se place désormais au quatrième rang des puissances économiques mondiales en termes de PIB à parité de pouvoir d'achat, et l'Inde occupe la sixième place. Le développement économique chinois se heurte cependant à un certain nombre de limites et doit faire face à la méfiance des puissances occidentales

L'ouverture progressive de l'économie chinoise à l'international, initié en 1979 par Deng Wiaoping, a permis à l'empire du Milieu de se développer à une vitesse impressionnante: une restructuration industrielle d'une importante ampleur a été engagée, tout comme la libéralisation graduelle des marchés. Une urbanisation massive a permis aux villes de se développer et de s'imposer sur la scène économique internationale: avec 1,3 milliard d'habitants, la Chine s'affiche comme le pays le plus peuplé sur le globe, avec 20% de la population mondiale à l'intérieur de ses frontières. La part de la Chine dans le PIB mondial est passée de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. Sa part dans le total des exportations mondiales a pour sa part franchi un nouveau cap, passant de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. C'est en 1991, suite à une importante crise de la balance des paiements, que décision fût prise de sortir de la logique d'autosuffisance et de pousser à nouveau l'ouverture, notamment dans les services, tout en conservant un regard poussé sur les flux financiers. La capitalisation financière est un autre indicateur du dynamisme de l'économie chinoise: en avril dernier, la capitalisation réunie de Shangai et de Shenzen a dépassé celle de Hong Kong, pourtant promu au rang de plus grand marché d'Asie en dehors du Japon. Le ratio exportations/PIB est passé de 6% en 1980 à 34% en 2005. Le modèle de croissance en vigeur, fondé sur une croissance très soutenue appuyée sur une progression très rapide des exportations assise sur le maintien de la compétitivité-prix par le biais d'une fixation des taux de change et une hausse accélérée des investissements, semble donc porter ses fruits mais doit faire face à des limites internes.

Le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique de la Chine. Une sous-évaluation de la devise et un contrôle des capitaux retiennent une épargne nationale excédentaire, et l'instrumentalisation du système par l'Etat et les gouvernements locaux freinent encore l'investissement. Le secteur bancaire est très concentré: les cinq premières banques chinoises détiennent 6% du total de l'actif bancaire. Les banques étrangères restent quant à elles marginalisées, avec environ 2% de l'actif bancaire. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire: l'activité se concentre dans les zones urbaines, avec 75 agences pour 1 million d'habitants. Le poids des banques publiques (ici, les actifs détenus par l'Etat) s'élève quant à lui à 83%. La législation demeure encore très restrictive: les opération en monnaie locales sont, depuis 2001, accessibles aux établissements étrangers, à condition de capitaliser leurs filiales à hauteur de 1 milliard de yuans. Dans le domaine des affaires, la corruption gangrène l'économie. Selon Transparency international, l'indice de perception de la corruption (IPC) de la Chine s'élevait à 1,5 en 1998 et à 3,3 en 2006. L'IPC est une note comprise entre zéro et dix, zéro correspondnt à une situation de très forte corruption. Le taux de scolarisation combiné (primaire, secondaire et supérieur additionnés) ne s'élève qu'à 70% en Chine, et pèse sur la formation de la population. Cette dernière est rendue d'autant plus difficile que l'école est payante, d'où le choix de nombreux ménages de priver leur enfant de scolarisation durant une période donnée ou de s'endetter lourdement. 17% de la population chnoise survit avec moins d'un dollar par jour, et 47% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Question énergie, la Chine n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993. Le charbon assure 70% de la consommation d'énergie, d'où d'importants rejets de CO2: selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine pourrait devenir le plus grand émetteur de CO2 dès l'an prochain. La question des droits de l'Homme, et plus particulièrement de ceux de l'enfant, comme abordé dans le document vidéo (voir ci-dessus) est particulièrement sensible. De plus, la Banque Mondiale rappelle qu'une "forte inégalité menace la stabilité politique d'un pays parce qu'une part importante de la population ne se satisfait pas de son statut économique, ce qui rend un consensus politique entre les groupes à hauts revenus et ceux à bas revenus plus difficiles à atteindre".

"Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines", a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8 finances, qui s'est tenu le 19 mai dernier à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique "à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains", a-t-il indiqué, ajoutant que "cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés". "Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement", déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Afrique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Les investissements chinois directs en Afrique sont amenés à progresser. Pour encore de nombreuses années, les investissements asiatiques en Afrique devraient, compte tenu du contexte économique et du sous-développement d'un important nombre de zones, restés concentrés dans le secteur des matières premières. La montée en puissance de la Chine se poursuit, mais de nombreux freins sont disséminés sur ce parcours.

LIEN Les limites de la coopération Chine-Afrique en question

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