06.12.2007
La lutte contre le réchauffement climatique, enjeu de la conférence de Bali
Comment envisager l'après-protocole de Kyoto? Alors que celui-ci arrivera à son terme en 2012, un cycle de deux ans de négociations s'est ouvert lundi à Bali. La capitale indonésienne accueille 190 pays en vue de trouver un successeur à ce pacte symbolique d'une prise de conscience à l'échelle internationale. Les gaz à effet de serre retiennent la chaleur à l’intérieur de l’atmosphère terrestre. Le principal d’entre eux est le dioxyde de carbone (CO2), suivi du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (N2O). Trois autres gaz industriels sont également concernés par ce protocole légalement contraignant depuis février 2005. 175 pays l'ont ratifié, mais les Etats-Unis s'en sont retirés sous l'impulsion de George W.Bush pour cause de motifs économiques.
"Les attentes du public sont grandes. Les yeux du monde sont tournés vers vous. Le résultat de cette conférence déterminera, à un certain degré, si Bali et d’autres sites vulnérables sont destinés à devenir des paradis perdus", a expliqué Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention de l'ONU sur les changements climatiques. En ratifiant l'accord, l'Australie a apporté un signal fort à l'ouverture du sommet. L'Union Européenne s'est fixée pour sa part de réduire ses rejets polluants d'au moins 20% d'ici à 2020. "L'objectif du futur accord doit être de limiter le réchauffement de la planète à 2 °C au-dessus des températures de l'ère préindustrielle, afin d'éviter les effets les plus catastrophiques du changement climatique", indique Stavros Dimas, commissaire en charge de l'environnement et négociateur de l'UE.
Les négociations risquent cependant d'être tendues entre les parties, du fait de la non-adhésion au proctocole de Kyoto des Etats-Unis. "La sécurité énergétique et le changement climatique sont deux des plus importants défis de notre époque", a rappelé George W.Bush afin d'apaiser les tensions. Selon l'ONG britannique Oxfam, "les catastrophes naturelles ont quadruplé au cours des deux dernières décennies. Cette recrudescence des épisodes climatiques extrêmes est en accord avec les modèles développés par la communauté scientifique internationale". Idéalement signé en 209, le successeur du protocole de Kyoto s'appliquerait en 2013.
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25.07.2007
Le charbon est-il le carburant de l'avenir?
La flambée des cours enregistrée depuis le début de l'année incite de nombreux experts à se pencher sur une ressource dont la consommation croît actuellement plus vite que celle du pétrole et du gaz. La séquestration en sous-sol du CO2, actuellement à l'étude, sera un atout pour une relance active de l'exploitation de ce minerai. Les énergies fossiles se révèlent progressivement incapables de faire face à long terme à l'augmentation de la demande. Le pétrole et le gaz naturel se raréfient, et les énergies émettrices de CO2 font l'objet d'une surveillance accrue. Jusqu'à la fin du vingtième sicle, la question dominante chez les acteurs de l'énergie résidait dans l'anticipation des prix du pétrole, du gaz et du charbon. Cette dernière source d'énergie revient par ailleurs sur le devant de la scène. Aujourd'hui, lors d'un investissement dans ce domaine, plusieurs données doivent faire l'objet d'une analyse approfondie, au premier rang desquelles les quantités disponibles s'il s'agit d'une énergie fossile, ou bien la production potentielle. Plus du quart des réserves de charbon se trouvent aux Etats-Unis. Ce combustible fossile, longtemps associé à la révolution industrielle (XIX° siècle), revient sur le devant de la scène au XXI° siècle.
Aux Etats-Unis, le charbon redevient une alternative à l’or noir. L’Amérique dispose de 250 ans de réserves dans son sous-sol. Sans risque géopolitique quelconque, les mines américaines vont produire cette année 1,16 milliard de tonnes de charbon, soit 3,2% de plus qu’en 2005 selon la National Mining Association, qui représente les intérêts des sociétés minières américaines. Plus de 90% du charbon extrait des mines américaines est brûlé par des centrales pour produire l’électricité, ensuite fournie aux clients. Là aussi, l’extraction de cette énergie fossile nécessite de grands moyens: elle fait en effet appel à des camions gigantesques qui peuvent charger jusqu’à 270 tonnes de minerai. L'utilisation du charbon dans les centrales thermiques est très importante; ces centrales fournissent 40 % de la production mondiale d'électricité, la moitié aux Etats-Unis et en Allemagne. Longtemps considéré comme dépassé, l'intérêt du charbon revient quand les besoins énergétiques atteignent les capacités maximales de production de pétrole ou de gaz naturel, renchérissant leur coût. L'utilisation du charbon, notamment dans les centrales électriques, a fait et continue à faire des progrès énormes en matière de réduction des émissions de polluants tels que le soufre, les oxydes d'azote et les particules fines. Par contre rien ou presque n'a changé en matière d'émission de gaz à effet de serre. La question de l’environnement est cruciale dans le débat actuel sur l’énergie. Le charbon pollue lorsqu’il est brûlé pour la production d’électricité. Certes, les nouvelles centrales à charbon sont munies de filtres qui réduisent les émissions de dioxyde de carbone et de mercure (notamment), mais nombre de vieilles installations restent en service, ce qui contribue toujours au fait que l’Amérique soit le plus grand générateur de gaz à effet de serre. Aux Etats-Unis, l’administration encourage le développement d’une nouvelle technologie qui transforme le charbon en gaz. L’idée résulte dans le fait que le charbon soit débarassé des métaux polluants, puis distillé sous une forme liquide. L’augmentation des prix du pétrole à des niveaux élevés pourrait appuyer ce projet, éventuel modèle aux futures centrales américaines.
22:15 Publié dans Economie , Monde , Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Charbon, dossier pétrole
21.06.2007
Energie: la nouvelle donne
Lundi, le pétrole a approché les 70 dollars sur le marché londonien, une hausse jugée comme inexorable par les analystes. Deux grands marchés de cotation font référence pour le brut : le NYMEX, aux Etats-Unis, et l'ICE, à Londres. Sur le premier, est coté le brut léger américain, ou WTI (West Texas Intermediate). Sur le second, on retrouve le brut de Mer du Nord, le fameux Brent. Un baril correspond à 42 gallons américains, soit 160 litres environ. Pendant ce temps, les énergies fossiles se révèlent progressivement incapables de faire face à long terme à l'augmentation de la demande. Le pétrole et le gaz naturel se raréfient, et les énergies émettrices de CO2 font l'objet d'une surveillance accrue. Jusqu'à la fin du vingtième sicle, la question dominante chez les acteurs de l'énergie résidait dans l'anticipation des prix du pétrole, du gaz et du charbon. Cette dernière source d'énergie revient par ailleurs sur le devant de la scène. Aujoud'hui, lors d'un investissement dans ce domaine, plusieurs données doivent faire l'objet d'une analyse approfondie, au premier rang desquelles les quantités disponibles s'il s'agit d'une énergie fossile, ou bien la production potentielle. L'autre facteur concerne les prix: le coût induit par la pollution est à prendre en compte, rendant de ce fait possible l'hypothèse du choix des énergies renouvelables. Le réchauffement climatique faisant l'objet d'une prise de conscience mondiale, les technologies et les énergies non émettrices de CO2 vont bénéficier d'avantages non négligeables concernant leur coût. Les entreprises pétrolières ont déjà cherché à diversifier leurs activités vers de nouvelles sources d'énergie.
La nouvelle signification du sigle BP, transformé en "Beyond Petroleum", relève de cette stratégie qui place aujourd'hui la firme britannique en tant qu'acteur majeur de l'énergie photovoltaïque. La R&D est au coeur de la nouvelle compétition mondiale entre les acteurs de l'énergie: il faut à la fois permettre le développement de technologies plus propres, non ou faiblement émettrices de CO2, et développer des équipements en permettant la capture. On envisage en effet d'équiper les centrales à charbon pulvérisé et les turbines à gaz de dispositifs de capture du CO2, afin d'éviter son rejet dans l'atmosphère. Le CO2 fait l'objet d'une séparation des ga de combustion puis est comprimé puis transporté afin d'atterrir dans des réservoirs souterrains. Total contrôle Total Energie dans ce domaine. Areva se penche pour sa part sur le secteur de l'éolien, qui peine à jouir de meilleures implantations. L'installation d'éoliennes est en effet soumis à une stricte réglementation, et soulève souvent l'hostilité d'une partie des riverains. Mais ce n'est pas un actif stratégique pour Areva: le développement du nucléaire est envisagé dans les pays émergents, qui doivent faire face à une croissance forte de leur population. Sachant qu'il devient possible de construire des réacteurs à des coûts nettement inférieurs à ceux pratiqués au lancement de cette technologie, un certain nombre de pays repensent leur politique énergétique. Cependant, les matériaux et les connaissances utlisés dans le cadre des programmes nucléaires civils peuvent servir à développer des armes nucléaires. Crédit vidéo: NYFP
21:52 Publié dans Economie , Sciences , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Dossier pétrole
18.06.2007
La publicité est-elle compatible avec le développement durable?
Colle, affiches, matériel de tournage, équipes en effectifs importants: la publicité est-elle soluble avec les problèmes environnementaux? Une récente étude publiée conjointement par le Bureau de Vérification de la Publicité (BVP) et l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie) s'attache certes au contenu des messages publicitaires et non à leur fabrication, mais les résultats valent néanmoins le détour. Le constat de départ est sans appel: "un certain nombre de publicités a récemment fait l’objet de vives critiques, soit parce que celles-ci pouvaient induire le consommateur en erreur quant à la réalité de la qualité écologique du produit, du service ou de la démarche interne initiée par l'entreprise, soit parce qu'elles représentaient des comportements contraires à la protection de l'environnement, au risque de délivrer un message pour le moins contreproductif au regard des préconisations publiques et des programmes de sensibilisation actuels", indiquent les auteurs de l'étude. Les réclames en faveur de véhicules tels que les 4x4 sont pointées du doigt, notamment en raison de la non-corrélation entre le fait que ces véhicules soient massivement polluant pour certains d'entre eux et la présence de milieux naturels (désert, montagne). Les producteurs d'énergie usent de l'écologie pour restaurer leur image, ce qui interpelle le BVP et l'ADEME: "sur un marché devenu très concurrentiel, il apparaît que les entreprises considèrent déjà la thématique environnementale comme une véritable opportunité non seulement commerciale, mais aussi d'image, puisque certaines parmi les plus importantes campagnes de communication de 2006 (Total, EDF, Areva, Gaz de France, entre autres) avaient pour thème l’environnement. Mais le consommateur (et l’environnement) s’y retrouve-t-il lorsque la publicité utilise à mauvais escient l'argument écologique ou envoie un message contraire aux préconisations publiques en faveur de la protection de l'environnement ? Et quelle est la réalité exacte de ce risque ?" Les militants anti-nucléaire ne devraient pas manquer de réagir à ce constat. A noter que les nouveaux opérateurs de distribution d'électricité et de gaz n'évoquent pas le sujet, du moins Poweo et Gaz de France. Des problèmes ont d'ores et déjà été relevés dans le cadre de la rédaction de cette étude. Les publicités en faveur du secteur automobile sont mises en cause. "L’information, pour les véhicules, sur les taux d’émission de CO2 n’est pas systématiquement affichée, même en cas d’argumentation écologique. Elle n’est en effet actuellement obligatoire que pour certains supports publicitaires. Compte tenu de l’intérêt de cette donnée pour une bonne information des consommateurs, la question se pose de la généraliser, quel que soit le support de diffusion du message. Surtout dans les cas où la publicité revendique un argument de type environnemental", indiquent les auteurs.
Le secteur automobile est pointé du doigt dans le cadre de cette étude, notamment par le biais de l'étude d'une publicité vantant les mérites d'un véhicule de Land Rover. Le "nouvel horizon" de la marque se traduit par un paysage naturel, la mer. Un bémol est néanmoins relevé par les auteurs, le fait que la dimension tout-terrain de l'engin se traduise par sa présence dans un océan. Il s'agit ici d'une "incitation du consommateur à conduire hors des voies légalement prévues à cet effet . La représentation de ce véhicule stationnant ou circulant en mer est contraire aux principes de protection des espaces naturels (ADEME). Si la recommandation du BVP autorise les correctifs de ce type, la loi L 362-4 du code de l'environnement ne les autorise pas. Même constat pour un visuel de l'annonceur Mazda, qui met aussi en scène un véhicule de type 4x4 en milieu aquatique. Plusieurs publicités ne correspondent pas aux règles: "le visuel est de nature à inciter le consommateur à avoir un comportement contraire à la protection de l’environnement", peut-on lire à plusieurs reprises. Le fait qu'Iveco "invente un nouveau geste pour l'environnement", à savoir celui de circuler en camion, fait bondir les auteurs émanant de l'ADEME. Selon l'étude, la publication de cette mention est "disproportionné car un véhicule à moteur essence ou diesel est toujours polluant: selon l'ADEME, un poids lourds émet 79g de CO2 par tonne transportée et par km parcouru, la voie d'eau en émet 37,68 g/t.km et le train 6,1 g/t.km. Or, le caractère absolu de la promesse figurant dans l’accroche (« respect de l’environnement ») laisse supposer une totale innocuité du camion". "Les messages utilisant à mauvais escient l'argument écologique ne sont pour beaucoup que la partie visible d'une question plus vaste qui est la connaissance insuffisante des enjeux environnementaux par le secteur publicitaire, comme c'est le cas par ailleurs dans d’autres secteurs. La nécessité d'en prendre conscience trouve ici sa légitimité et permettra d'amener tout naturellement un changement des pratiques, via un effort de sensibilisation/formation aux enjeux environnementaux", concluent les auteurs de l'étude.
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09.06.2007
À qui profite le réchauffement climatique?
20:50 I Réunis en sommet de mercredi à vendredi à Heiligendamm, en Allemagne, les dirigeants des huit pays les plus industrialisés de la planète ont annoncé qu'ils envisageraient sérieusement l'objectif d'une réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050. Cet objectif, qui n'est pas pour autant contraignant au sens d'un accord, intervient alors que la polémique sur la non-ratification du protocole de Kyoto par un certain nombre d'Etats, dont les Etats-Unis, ressurgit. "Les pays riches du Nord seront les gagnants, les pays pauvres du Sud seront les perdants", a indiqué Jann-Gunnar Winther, directeur de l'Institut polaire norvégien. Les effets sont déjà visibles: au pôle Nord, la fonte des glaces se produit plus rapidement que l'on ne l'imaginait auparavant, dans le bassin de l'Atlantique, l'activité cyclonique a été, sur la dernière décennie, d'une intensité exceptionnelle, tandis que dans le Pacifique, la hausse du niveau moyen des océans est de 3,3 mm par an depuis 1990. "L'agriculture s'épanouira considérablement grâce à la multiplication des journées où il fait plus de 5°C", a-t-il dit. "La Grande-Bretagne pourra produire un vin blanc de meilleure qualité parce que son raisin s'améliorera alors que les vins de Bordeaux verront leur qualité pâtir de la chaleur excessive", a ajouté M. Winther.
21:08 Publié dans Sciences , Permanent | Lien permanent | Envoyer cette note
29.05.2007
Moins de thon mais plus de baleines?
"Si nous continuons à pêcher de jeunes thons, les stocks vont se détériorer et au final nous finirons par nous couper la gorge nous mêmes": selon un responsable de l'agence japonaise des pêches, Tokyo souhaite infléchir son discours sur la pêche du thon. En effet, le Japon a accepté ces derniers mois de réduire fortement ses quotas de pêche dans plusieurs régions du monde. Pendant ce temps, un autre round se joue, à la Commission baleinière internationale cette fois-ci. "Il est important que le Japon comprenne que l'inclusion de baleines à bosse dans ses pêches aura un impact sur son image en Australie", a indiqué Malcolm Turnbull, ministre australien de l'Environnement depuis l'Alaska, où s'est ouverte lundi la 59éme réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), étant donné que le Japon projette de tuer cinquante baleines à bosse lors de sa prochaine campagne annuelle en Antarctique. De plus, le trochon brûle entre le Japon et les Etats-Unis. En effet, les américains s'opposent la pêche de la baleine à des fins commerciales, mais ils demandent le maintien pour les populations indigènes d'Alaska de pêcher un quota de baleines du Groenland. Au titre de cette dérogation, le Japon plaide en faveur de certaines de ses communautés côtières de pêcher un nombre non déterminé de baleines de Minke. La CBI, qui a décrété un moratoire sur la chasse commerciale à la baleine en 1986, fait néanmoins une exception pour des populations indigènes aux Etats-Unis, en Russie et au Groenland afin de leur permettre d'assurer leur subsistance. La CBI s'oppose depuis vingt ans à ce que le Japon obtienne que ce droit soit étendu à quatre de ses petites communautés côtières.
10:50 Publié dans Sciences , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.04.2007
Les écolos peinent à replacer l'environnement au coeur de la campagne
"C'est vrai qu'il y a eu un trou après ma non-candidature. Je savais qu'il faudrait remonter au créneau. L'objectif, en campagne électorale, c'est de se faire élire. Les candidats essaient donc de coller avec ce qui apparaît, en première lecture, comme les inquiétudes prioritaires des Français. Ou les plus immédiates. Et c'est vrai que les changements climatiques, la biodiversité, la santé et l'environnement n'apparaissent pas comme une urgence": hier, dans Libération Nicolas Hulot reconnaissait que, depuis l'annonce de sa non-candidature, le fait environnemental occupe une place moins importante dans la campagne. Pour tenter de remobiliser les foules, il appelle à un grand rassemblement cet après-midi, sur l'esplanade du Trocadéro, à Paris. Rarement l'écologie n'a risqué d'être aussi absente des urnes: après les défections de France Gamerre et d'Antoine Waechter et le ralliement de Corine Lepage à François Bayrou, Dominique Voynet (Les Verts) s'est autoproclamée comme "la seule candidate de l'écologie politique". "En portant l'écologie sur le plan moral, Hulot a affaibli l'écologie politique. Il nous a purement et simplement siphonnés" indiquait récemment Noël Mamère, qui remarquait par ailleurs qu'un certain nombre d'écologistes devraient s'exprimer en faveur de Ségolène Royal. José Bové marche aussi sur les plates-bandes des Verts, en se posant à la fois comme candidat altermondialiste et comme pourfendeur des OGM. "Au comité de campagne de Dominique, tout le monde n'est pas en train de se pendre. On savait que ce serait difficile" déclare cependant Denis Baupin, adjoint de Bertrand Delanoë à Paris. Le parti politique cherche à se repositionner avant d'affronter les suffrages.
Du côté des candidats mieux placés dans les sondages, ceux-ci sont peu amenés à s'exprimer, selon Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), qui s'exprimait dans le Monde: "lors de l'émission de télévision "J'ai une question à vous poser", sur TF1, personne n'a interrogé Nicolas Sarkozy sur l'écologie. Même si l'environnement intéresse, quand les gens n'ont droit qu'à une seule question, ce n'est pas celle qu'ils choisissent".Nicolas Sarkozy a déclaré cette semaine vouloir réunir des ONG "dès le lendemain de la présidentielle" pour mettre en place un "Grenelle de l'environnement".
13:20 Publié dans Sciences , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Voynet
21.02.2007
Les poissons vont-ils disparaître?
Ce n’est pas une question enfantine. Si l’on continue à pêcher à ce rythme, les océans pourraient être vides d’ici cinquante ans, si l’on en croît les experts. Un récent rapport tire la sonnette d’alarme: «Cette tendance générale à l’érosion de la biodiversité pose un sérieux problème, car elle tend vers un effondrement global de tous les taux de poissons pêchés pour le milieu du XXI° siècle (si l’on se fonde sur notre simulation jusqu’en 2048)».
Les morues commencent déjà à être concernées. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’aquaculture révélait en 2005 que 75% des zones de pêche de la planète étaient exploitées à leur maximum, surexploitées ou épuisées. Plus spécifiquement, le temps de la pêche abondante de la morue est terminé. Deux études publiées aux Etats-Unis et au Canada émettent de sérieux doutes sur la capacité de l’espèce à se renouveler. La première, réalisée par le centre de recherches de Stony Brook (État de New York), indique que la pêche de poissons de grande taille induit une transformation génétique de l’espèce, et ce à partir d’études sur la capucette, une autre espèce de poisson. La morue se serait ainsi en quelque sorte programmée pour disparaître, La seconde étude, en provenance de chercheurs du Ministère canadien des pêches et des océans, publiée en Février, indique que même le peu qui reste de la pêche côtière à la morue au large des côtes canadiennes ampute les chances d’observer un rétablissement de l’espèce.
A Terre-Neuve, 37000 personnes se sont retrouvées au chômage après l’effondrement du secteur de la pêche à la morue dans les années 1990. La dépollution des eaux et des côtes aussi coûte cher, tout comme l’éventuelle crise alimentaire mondiale annoncée par la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation). La logique financière et économique est donc à prendre en compte dans la balance qui fera que l’on agira, ou non, face à cette raréfaction des espèces de poissons. De plus, un écosystème aussi efficace que celui des océans est à même, selon le biologiste allemand Boris Worm ("Le Monde 2" du 10 Février) de «nous protéger contre les invasions d’espèces nuisibles ou venimeuses, comme certains parasites, algues ou méduses». Pour renverser la tendance, plusieurs mesures sont à prendre, au premier rang desquelles protéger les zones de reproduction des poissons, et interdire la pêche «grand fond et les filets dérivants». Car les grands fonds attisent aussi l’appétit des pêcheurs, qui disposent déjà des outils adéquats pour parvenir à leurs fins. De grands filets (appelés "chaluts à vergue") ouverts par une barre de métal râclent les fonds marins. Certains entrepreneurs font appel à des pompes électriques sous-marines.
Un débat fait rage sur l’aquaculture. Face à ce constat, nombreuses sont les voix qui préconisent cette solution. Aujourd’hui, 43% des poissons consommés en proviennent, selon la FAO. Mais un problème se pose: les poissons d’élevage comme le cabillaud doivent manger de grandes quantités de farines et d’huiles de poissons, ce qui, à terme, revient à pêcher beaucoup d’espèces sauvages menacées pour nourrir les poissons d’élevage censés compensés les pertes ayant eu lieu en haute mer.
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17.02.2007
Procès de l'Erika: les poubelles flottantes en accusation
Le procès qui s’est ouvert le 12 Février devra faire la lumière sur une des plus grandes catastrophes maritimes. Chaque bénévole conserve un souvenir intact suite au long nettoyage des côtes
20000 tonnes de fioul, 40000 kilomètres de côtes souillées, 150 000 oiseaux mazoutés: lorsque l’Erika s’est brisé le 12 Décembre 1999, c’est une des plus importantes catastrophes maritimes qui s’est déclenchée. «L’Erika n’aurait pas sombré si son armateur endetté n’avait pas négligé la sécurité pour exploiter à outrance le pétrolier et si Total n’avait pas contourné ses propres procédures afin d’honorer à temps un contrat de livraison assorti de pénalités de retard»: les conclusions des enquêteurs, sévères, servent en partie aux arguments de l’accusation lors du procès qui s’est ouvert le 12 Février, et ce pour quatorze semaines, l’un des plus chers de l’histoire judiciaire française. Les parties civiles (l’Etat, certaines collectivités locales, des associations et des ONG) ont évalué à plus d’un milliard d’€uros le préjudice économique engendré par la poillution, et espèrent obtenir une somme supérieure à celle déjà accordée par le Fipol, le fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.
Les côtes bretonnes et vendéennes souillées
Les bénévoles qui ont œuvré au nettoyage des côtes ont chacun des souvenirs particuliers de ce mois de Décembre 1999, où ils ont, la plupart avec peu de moyens, tenté de faire le maximum pour restaurer l’état des côtes. Les populations conservent un souvenir intact des dégâts. «Malheureusement, je n’attends rien du procès. A chaque catastrophe, on entend dire plus jamais ça et ça a recommencé, on l’a vu encore récemment» déclarait au Parisien Jean Cloutour, bénévole à la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de Talmont Saint-Hilaire (Vendée) lors de l’ouverture du procès. Le Major Ange Le Guennec garde un fort souvenir de l’expérience: «Je suis un homme de terrain. Je me souviens du naufrage de l’Erika comme d’une forte expérience professionnelle, déclare le pompier de Quiberon. […] J’espère que cela restera une expérience unique». Le 11 Décembre 1999, le cargo est ballotté par la tempête et lance à 14:08, à 300 kilomètres au sud d’Ouessant, un appel de détresse. Des fissures apparaissent sur le pont, dans lesquelles s’engouffrent les déferlantes. A 16:27, le pétrolier fait route vers Donges, où Total dispose d’une raffinerie. Le 12 Décembre, un appel de détresse est lancé: «Mayday! La coque est cassée!», à 6:04. A 8:10, cinq hommes d’équipage sont secourus par hélicoptère, et douze autres embarquent dans un canot de sauvetage. L’Erika se brise en deux. Le 23 Décembre 1999, le navire à simple coque rentre dans l’Histoire de la pollution maritime par le biais des premières boulettes de fioul qui arrivent sur la côte bretonne, et le 28 Décembre, le département de la Vendée est le premier à se constituer partie civile. 25000 bénévoles oeuvreront au milieu du pétrole, du sable et des pierres.
Comment éviter une nouvelle catastrophe?
Même si la sécurité maritime a progressé depuis le naufrage de l’Erika, l’Union Européenne prenant des dispositions pour repousser hors de ses eaux une partie des navires poubelles, cela ne suffit pas, tout comme les contrôles dans les ports. L’enjeu est aujourd’hui de responsabiliser les pavillons et les armateurs, et d’amplifier le développement de la circulation de navires à double coque. «Les doubles coques sont plus difficiles à entretenir, tempère Eric Berder, sous-directeur au Ministère des Transports (Le Monde du 13 Février). Il faudra être plus vigilant à l’avenir».
17:30 Publié dans Magazine , Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.02.2007
Nos aliments sont-ils vraiment pollués?
Certains produits dépassent la norme de pesticides autorisés, selon une enquête de la DGCCRF. Cette peur est donc en partie justifiée. Mais une autre inquiétude, liée à l’eau, s’invite dans le débat
Peut-on encore consommer des fruits et légumes sans s’inquiéter? La liste des 4479 contrôles réalisés en 2005 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes tend à faire dire le contraire. Les résultats, révélés en février par le mensuel Capital, sont alarmants: 16,7% des ananas, 21,4% des raisins secs et 31,8% des céleris branche dépassent les seuils autorisés de pesticides. En moyenne, 6,7% des produits maraîchers contiennent des résidus de pesticides. «Pas étonnant, selon François Veillerette, porte-parole d’une association anti-pesticides. Depuis 1945, notre modèle agricole pousse à l’utilisation massive de produits phytosanitaires». De fortes disparités apparaissent cependant dans le cadre de cette moyenne (seuls 9,9% des haricots non écossés sont concernés, par exemple).
78300 tonnes de fongicides ont été répandues en 2005, ce qui fait de la France le premier consommateur européen de ce type de produits. Par ailleurs, 96% des rivières et 61% des nappes souterraines sont contaminées, selon l’Institut français de l’environnement. Les maladies sont principalement liées aux concentrations de nitrates, et concernent l’appareil digestif.
Les vrais risques d’une pollution de l’eau
La Direction générale de la santé montrait qu’en 2003, près de cinq millions de Français étaient alimentés par une eau douteuse. Les activités industrielles n’expliquent que partiellement l’origine du problème, qui touche notamment à la présence de produits toxiques au bout des tuyaux. La pollution des rivières, des nappes phréatiques et de l’eau potable provient principalement de la surconsommation de produits chimiques dans le cadre de pratiques agricoles – la France est le deuxième utilisateur mondial de pesticides.
Provenant à 60% des eaux souterraines et à 40% des eaux de surface, l’eau du robinet est considérée comme très surveillée, du moins officiellement, sur le plan sanitaire. En effet, elle ne doit pas présenter plus de 50 mg de nitrates par litre, et est surveillée «constamment» (Ministère de l’écologie). Les critères de contrôle peuvent être regroupés en différents groupes, parmi lesquels: les paramètres microbiologiques (bactéries et virus pathogènes sont exclus), les caractéristiques physico-chimiques acquises par l’eau lors de son parcours, et, enfin, les paramètres organoleptiques (couleur, goût…) même si ce dernier reste subjectif. Le chlore est utilisé dans le but de garantir une qualité bactériologique de l’eau dans le cadre de son transport jusqu’aux robinets. Mais son odeur rebute plus d’un consommateur, ainsi que le doute sur la teneur de l’eau en plomb. Selon le Ministère de l’écologie, elle en contient «peu» avec en moyenne cinq microgrammes par litre. Selon une étude de la Direction générale de la Santé, «9% de la population a été alimentée en 2003 par une eau du robinet non conforme vis-à-vis des pesticides». Douze départements ont seulement entre 40 et 80% de leur population qui reçoit une eau conforme aux normes en vigueur. «Ces trente dernières années, mes collègues ont balancé environ cinq kilos d’atrazine-simazine par hectare», s’alarme Jacques Maret, agriculteur biologique en Charente-Maritime. A long terme, ces substances pourraient avoir de graves conséquences, dont des cancers selon certains chercheurs. Cependant, les conséquences ne se mesurent que sur vingt ou trente ans.
15:45 Publié dans Magazine , Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier eau