12.07.2006

La mousson africaine surveillée de près

Chaque mercredi, les rendez-vous de la découverte jusqu'au 30 août


Bien que les pluies soient un peu plus abondantes depuis quelques années sur le Sahel, il est trop tôt pour dire si la région est sortie du cycle de sécheresse dévastateur entre 1990 et 1995. Durant cet intervalle, la pluviométrie a diminué de 20% à 50% par rapport aux vingt années précédentes, perturbant considérablement l’agriculture et l’élevage. «L’impact de ces variations climatiques a eu pour effet, depuis vingt-cinq ans, de faire rechuter la production alimentaire de plus de 23%» a expliqué Yaye Sène Gassama, ministre de la recherche scientifique du Sénégal.
Le programme AMMA, lancé officiellement en 2002, doit aider à mieux comprendre la variabilité de cette mousson vitale qui répand ses pluies entre juin et septembre. Initié par des chercheurs français, il regroupe aujourd’hui une soixantaine de laboratoires et doit se poursuivre jusqu’en 2010 pour un coût total de 55 millions d’€uros, dont 11,7 millions fournis par l’Union Européenne. Pour Jean-Luc Reidelsperger, spécialiste des nuages au Centre national de recherche météorologique à Toulouse, «les Africains ont pris conscience de la variabilité du climat sur les activités socio-économiques: la santé, les ressources en eau et l’agriculture». Les données du programme devraient permettre de mieux comprendre le fonctionnement de la mousson africaine, due à un contraste de température entre l’océan et le continent. En effet, quand ce dernier se réchauffe en été, il attire l’air qui s’est chargé d’humidité au-dessus du Golfe de Guinée.