02 décembre 2007
Démocrate, mais vraiment démocratique ?
Extraits. Luc Mandret, adhérent au Mouvement Démocrate, a assisté en partie au congrès du parti qui s'est tenu ce week-end. Hier, il s'agissait de voter les statuts de la nouvelle formation. Il pointe du doigt, dans un compte-rendu publié sur son blog, le manque de démocratie lors de l'exercice. Ou comment un parti qui se revendique comme démocrate vient à en oublier ses propres principes.
"J'en reviens surtout avec un goût amer. Celui d'appartenir à un mouvement démocrate guère démocratique. Je n'ai cessé de dire hier que ce congrès ressemblait à un congrès du PC du début des années 80. François Bayrou en Georges Marchais, ce Parti Communiste qui commençait à perdre son influence et donc verrouillait tous les organes. Ce MoDem, dont les fuites effraient les habitants du "Château", les bureaux de Marielle de Sarnez et de François Bayrou. Et le siège du MoDem qui cloisonne tout, qui se retranche seul dans sa forteresse pour mieux vérouiller et contrôler", indique-t-il. La journée de samedi s'est résumée en grande partie par "neuf heures de François Bayrou", celui-là même qui s'érigeait contre la personnification du pouvoir.
"Un Bayrou glorieux président d'un mouvement aux pratiques soviétiques. Imaginez : le vote de 83 amendements à mains levées. Vote de ces amendements seul intérêt de ce congrès. Et chaque fois que des minoritaires soutenaient et levaient la main pour soutenir une proposition, forcément l'on pouvait les dévisager. Le vote des amendements, c'était un défenseur de cet amendement [...]. Ensuite François Bayrou tout puissant donnait sa consigne de vote. François Bayrou, sur la tribune, entouré de ses lieutenants, quasiment le seul à parler. Et forcément une salle de militants groupies qui suivait à chaque fois les consignes du Dieu Bayrou", analyse le blogueur. "Je ressors de ce congrès triste, amer et déçu", indique-t-il en conclusion: "Au MoDem, on vous dira que ce congrès fut un merveilleux exercice de démocratie, les militants ayant écrit et voté leurs propres statuts. Certains ferment leur gueule juste pour obtenir une investiture. D'autres sont des groupies aveugles".
La marche s'annonce longue pour François Bayrou qui, bien qu'ayant été la surprise inattendue de la campagne électorale pour l'élection présidentielle en se plaçant sur la troisième marche du podium, peine à exister sur la scène médiatique. Sa déroute aux législatives est un exemple de la fragilité de ce soutien des électeurs. "Entre le pouvoir actuel, dont beaucoup commencent à mesurer que les promesses qu’il avait faites sont très éloignées de la réalité, et dont les valeurs méritent discussion, et un PS qui représente un puissant réseau d’élus mais qui n’a plus de message compréhensible pour les Français, il y a beaucoup d’interrogations, de lassitude et peut-être de désespérance". Le prochain défi pour l'ex-professeur sera de redonner du goût à sa sauce béarnaise.
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03 septembre 2007
MoDem: pour un projet alternatif
Benoît Charvet, futur étudiant à Sciences-Po et militant au Mouvement démocrate, propose une lettre ouverte. Il s'agit de construire un "projet alternatif" au centre en vue des prochaines échéances électorales. Ce qui fait débat reprend ce texte, auquel vous pouvez réagir par commentaire, mail ou sur le blog du projet.
Quel avenir pour le Mouvement démocrate? Quelle stratégie adopter pour les futures échéances électorales?
"En ces temps difficiles, l’hypermédiatisation de Nicolas Sarkozy rend difficilement audible tout projet alternatif. Il ne faut pas attendre les échéances de 2012 pour construire un nouveau projet. Ce projet ne sera pas un projet d’opposition. C’est un projet d’alternative.
L’alternative ne doit pas se résumer à une négation en bloc de tous les projets de la majorité. Au contraire, le projet alternatif tirera de sa nuance, de son ouverture, et de sa progressivité toute sa crédibilité. Trop souvent, les projets présidentiels (et la récente campagne l’a prouvé) semblent le résultat d’une alchimie instantané de sondages. Rendus public uniquement quelques mois avant le vote, ils sont souvent incompris. C’est vraiment sur la longévité que doit être présenté ce projet alternatif. Il doit prendre forme au cours d’un long processus qui prendra fin en 2012, tel un fruit qui arriverait à maturation. L’alternative doit se construire en parallèle de l’actualité gouvernementale et présenter son autre chemin (ou son approbation) à chaque réforme proposée par la majorité présidentielle. Elle doit aussi montrer ce qui est occulté, oublié et ainsi apporter un coup de projecteur nécessaire sur certains dossiers. Ainsi, l’alternative participe au débat d’idées nécessaire à toute démocratie.L’alternative se construira au fur et à mesure, ce projet sera solide, argumenté et clair. Il doit être accessible au plus grand nombre, via les nouveaux médias tel internet. Chaque citoyen pourra s’informer librement, se forger son opinion et comparer le projet de la majorité et celui de l’alternative. L’alternative participera ainsi, à la vie démocratique du pays.
Reste à savoir qui est capable d’incarner un tel projet d’alternative à la majorité. Pour moi, le Modem de François Bayrou est le plus à même de remplir cette tâche. En effet, ce sera bien une alternative et non pas une opposition frontale et systématique. François Bayrou a su montrer durant la campagne de nombreuses qualités. Le courant politique qu’il a concrétisé répond aux critères de l’alternative idéale : ouverture (faire travailler des gens de sensibilités différentes et capable d’approuver ou de critiquer certains dossiers de la majorité), nuance et progression.
C’est autour du Mouvement démocrate de François Bayrou que doit se construire ce fameux projet alternatif. Le Mouvement démocrate doit justement mettre en pratique ses fondements au cours de cette vaste entreprise politique : travailler main dans la main avec d’autres courants politiques : écologistes, socialistes, socio-démocrates, gaullistes, etc., bref, tous les partis républicains (ou à défaut toute personnalité politique) qui se reconnaissent dans une telle démarche. En effet, il faut montrer que le chemin décrit par François Bayrou pendant la campagne n’est pas utopique. Il est réalisable. L’idéal étant au sein d’un gouvernement. Mais l’idéal centriste peut d’ores et déjà s’appliquer pour la construction de ce projet alternatif. Mettre en application la fameuse ouverture pour la construction d’un projet : tel est le véritable enjeu qui attend le Mouvement démocrate. La coalition décrite par Bayrou pendant la campagne a manqué de crédibilité car elle n’était pas visible. C’est cette coalition qu’il faut mettre en œuvre dès maintenant afin qu’elle soit visible. Il faut la mettre en place, puis la consolider autour du projet alternatif, et enfin la soumettre aux suffrages en 2012. C’est pourquoi, le Modem a tout à gagner en s’engageant dès maintenant dans cette aventure. Il montrera sa capacité réelle de faire travailler des gens de sensibilités différentes autour d’un projet alternatif, nuancé et ouvert".
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16 mai 2007
60.000 personnes se sont connectées au Modem
Après avoir lancé, le 10 mai dernier, le Mouvement démocrate (en vidéo), François Bayrou compte sur sa base en vue des législatives. Le nouveau parti, qui sera lancé lors d'une soirée organisée jeudi 24 mai au Zénith de Paris, se targue d'ores et déjà d'avoir enregistré 60.000 pré-inscriptions, dont 80% de personnes qui n'étaient pas enregistrées dans ls fichiers de l'UDF, lequel compte 31.000 adhérents. "Le site bayrou.fr enregistre entre 40 000 et 50 000 visites par jour et nous recevons quotidiennement un millier de mails en moyenne, nous encourageant à rester cohérents", indiquent au Monde les responsables du site internet du troisième homme de l'élection présidentielle, qui avait recueilli plus de 18,57% des voix au soir du 22 avril. "C'est le pire des scrutins pour le Mouvement démocrate. Mais cela ne l'empêchera pas de poursuivre l'objectif principal: parvenir à un meilleur équilibre des pouvoirs. Et au moins contenir ce qui ressemblera sans doute à un raz-de-marée", a indiqué François Bayrou sur France5. En effet, le parti est crédité de faibles scores aux élections législatives, de 0 à 8 sièges selon l'Ifop. Depuis le ralliement de la majorité des députés centristes en faveur de la majorité présidentielle, le parti doit reconstruire une liste de candidats, mais la tâche sera ardue face aux intentions de vote annoncées en faveur de l'UMP, qui recueillerait entre 336 et 390 sièges. Les nouveaux adhérents du Modem concrétiseront-ils leur acte en versant leur côtisation, et l'élan centriste saura-t-il à nouveau se concrétiser les 10 et 17 juin prochains? Alors que la consititution d'un pôle de centre-droit sous la houlette de Gilles de Robien revient avec persistance sur le devant de la scène, le chemin s'annonce long pour François Bayrou et les siens.
22:25 Publié dans Permanent, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Bayrou
10 mai 2007
Bayrou lance le Mouvement Démocrate
Mises à jour 11:07,11:08,11:13,11:38,12:51 I François Bayrou a commencé à parler à 10:45 depuis Paris, où se tient le Conseil national de l'UDF. En pleine crise liée à la défection de la majorité des députés UDF pour rallier la majorité, et au moment où l'UMP a annoncé qu'elle placerait aux législatives un candidat face à chaque député potentiel qui n'aurait pas rejoint ou soutenu Nicolas Sarkozy, le président de l'UDF a tenu à énumérer la liste des forces en présence dans une salle pleine à craquer. La liste des sénateurs a loguement été égrénée, et l'évènement est retransmis sur les chaînes d'information en continu. L'objectif de François Bayrou est de conserver la dynamique du premier tour (18,57% des voix), en créant un nouveau parti, le Mouvement Démocrate, qui s'ouvrira au centre-gauche, aprèès une longue tradition de centre-droit. En 2002, Bayrou avait réussi à sauver l'UDF alors que deux tiers de ses élus avaient rejoint l'UMP. "Les Français attendent qu'on leur propose une synthèse politique démocratique et sociale", vient d'annoncer l'ex-candidat à la présidentielle, qui devra affronter un candidat de l'UMP dans la deuxième circonscription des Pyrénées-Atlantiques. "Nous voulons continuer à défendre aux législatives l'idée d'un centre indépendant et libre. Ce sont nos électeurs qui nous donneront nos sièges", a-t-il indiqué hier soir, réfûtant l'idée d'une alliance privilégiée avec le PS. Il a évoqué ce matin "les pressions sur un certain nombre d'élus" qui ont été exercées, sans citer de nom. Les députés présents à la tribune "ont simplement choisi de rester fidèles" à leurs engagements pris durant la campagne électorale. "Je veux seulement dire ceci: considérer que nous ne seulement pas là pour dire des sentiments, mais pour porter l'image" d'une formation politique, a-t-il lancé aux députés UDF ayant rallié l'UMP. "Vous n'avez le choix qu'entre céder et résister", a-t-il lancé, ajoutant qu'il était "plus juste, plus loyal, plus important de résister". "Nous avons le devoir de résister", a rappelé François Bayrou, immédiatement applaudi par l'assistance. "L'UDF appelle à la formation d'une force politique nouvelle et indépendante: le Mouvement démocrate", a lancé le leader centriste. "Comme quoi, les choses peuvent vite évoluer. En une quinzaine de jours, François Bayrou est passé du statut de troisième homme du premier tour, certes non qualifié mais auréolé d'un honnête score de 18 pc et à ce titre courtisé comme faiseur de roi pour le second tour, au rang de has been lâché par tous ou presque. Et qui ce jeudi, sabordera l'UDF, pour la remplacer par son nouveau Mouvement démocrate, dans une relative indifférence, ou en tout cas dans une situation de réel isolement", commente ce matin La libre Belgique.
11:00 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Bayrou
08 mai 2007
Quels soutiens pour le Mouvement Démocrate?
Mises à jour 22:26 et 13:25 I Alors qu'un conseil national de l'UDF doit se réunir jeudi, avec notamment pour objet la création du Mouvement Démocrate, dont l'identité visuelle a été révélée sur un site ayant pour objet de recueillir les demandes de pré-inscription, la question de la défection de députés UDF pour rallier la majorité présidentielle reste problématique. La question reste de savoir qui pourrait composer un nouveau groupe parlementaire. Hervé Morin, président des députés UDF, a fait part hier de son regret du fait que François Bayrou "ait décidé de se positionner dans l'opposition jusqu'en 2012". La question du positionnement du futur MD ne fait pas encore l'unanimité: résolument au centre, au centre droit, ou bien au centre gauche, avec dans le rétroviseur l'entre-deux tours de la présidentielle, avec le dialogue Royal-Bayrou? Le conseil de jeudi devrait permettre de mettre sur les rails la nouvelle force politique appelée de ses voeux par le troisième homme de la soirée du 22 avril dernier, avec 18,3% des voix. Mais c'est l'information parue ce soir dans le Monde qui change la donne. A propos des "vingt-trois ou vingt-quatre sur vingt-neuf députés qui étaient de l'UDF et veulent maintenant soutenir le projet présidentiel", Gilles de Robien a émis l'idée de créer une nouvelle formation politique "composante d'un pôle loyal à la majorité", donc en faveur de l'action du gouvernement. Gilles de Robien, seul ministre UDF du dernier gouvernement de Villepin et ayant déjà émis ses réserves vis-à-vis de la démarche de François Bayrou, tente, selon le Figaro, de recoller les pièces en fédérant ce "pôle centriste indépendant, cohérent et loyal", qui n'aura pas vocation à devenir "une annexe de l'UMP" mais bel et bien de donner naissance à un groupe parlementaire. La tentative de François Bayrou de créer une nouvelle force politique n'est donc pas achevée.
19:55 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Second tour, Bayrou
07 mai 2007
François Bayrou souhaite "équilibrer le pouvoir"
Edition spéciale: après le second tour
"Dans le futur Mouvement démocrate, il pourra y avoir une aile droite", a indiqué François Bayrou dans une déclaration tenue peu avant 21 heures au siège de l'UDF, mais pas relayée en télévision, "à condition qu'ils ne se livrent pas à des déclarations agressives". Le président du futur MD, qui a recueilli 18,3% des voix au premier tour par le biais de sa candidature sous l'étiquette UDF, souhaite s'inscrire dans le paysage politique français. "Equilibrer le pouvoir", tel est le souhait du troisième homme du premier tour, à savoir empêcher l'UMP de disposer d'une majorité écrasante à l'Assemblée nationale. Des candidats de la nouvelle force politique seront présentés dans toutes les circonscriptions, sauf, selon François Bayrou, en face de ceux qui l'ont soutenu dans sa campagne lors du premier tour. La question des députés ayant rallié Nicolas Sarkozy au premier tour est réglée, celle de ceux l'ayant rejoint entre les deux restant problématique. "Je ne me reconnais plus du tout dans le combat de François Bayrou et dans sa façon de voir les choses", indiquait hier Maurice Leroy, député et président du conseil général du Loir-et-Cher. François Bayrou reste perplexe face à cette vague de ralliements: "Qu'espèrent-ils? Il n'y en aura pas pour tout le monde. Tout au plus auront-ils droit à un strapontin. Et après?", s'interroge-t-il. Corine Lepage s'est dit prête, selon Le Monde, à rejoindre le gutur Mouvement Démocrate. "Arrêtez de ne vous intéresser qu'aux députés sortants, intéressez-vous plutôt aux entrants", a lancé l'ex-candidate écologiste. "Les Français ne veulent pas donner le pouvoir absolu à Nicolas Sarkozy. La première loi de la démocratie, c'est que tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir", a pour sa part conclu François Bayrou. Selon un sondage CSA, les candidats MD sont crédités de 15% d'intetntions de vote le 10 juin prochain, le PS 30% et l'UMP 35%.
19:09 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Second tour, Bayrou
28 avril 2007
Bayrou/Royal: je t'aime, moi non plus
Edition spéciale entre-deux tours
13:10 I Mises à jour 13:14, 13:18, 13:22 I Le dialogue télévisé entre François Bayrou et Ségolène Royal s'est déroulé entre 11:00 et 13:00 sur les antennes de BFMTV et de RMC. Reporté plusieurs fois, il a été organisé par NextRadioTV et modéré par Jean-Jacques Bourdin et Olivier Mazerolle.
"Il m'a semblé interessant de voir sur quels thèmes nous pouvons faire un bout de chemin ensemble", a indiqué Ségolène Royal au début de l'échange, qui s'est tenu dans un hôtel du premier arrondissement de Paris. "Je n'attends pas un ralliement, car ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs. (...) Mais, sur un certain nombre de sujets difficiles, nous pouvons faire émerger un certain nombre de convergences, qui vont permettre à la France de se redresser", a-t-elle déclaré à propos de ce débat dont elle avait lancé mercredi l'invitation à François Bayrou. Les questions économiques se sont révélées être le principal thème de désaccord entre les deux protagonistes. Pour François Bayrou, l'idée d'un SMIC européen n'est "pas sérieuse", contrairement à Ségolène Royal, qui considère que ce "principe" ne doit pas être abandonné. Pour le président de l'UDF, un euro faible serait à même "d'affaiblir l'économie française". "Si on voulait schématiser le débat, on a des convergences du point de vue institutionnel, mais je suis en désaccord avec la vision économique de Ségolène Royal", a indiqué François Bayrou. La question des retraites s'est aussi révélée être un point de distensions entre la candidate PS et le troisième homme du premier tour. "Ceux qui pensent qu'on peut revenir sur la loi Fillon se trompent", a indiqué ce dernier, tandis que Ségolène Royal a indiqué que la gauche "reviendra" sur cette mesure. "La France ce n'est pas un signe extérieur, c'est des valeurs", a lancé le leader centriste, souhaitant clarifer sa position vis-à-vis de la position de Ségolène Royal sur l'éventuelle possession d'un drapeau français dans chaque domicile.
13:15 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours, Bayrou, Royal
25 avril 2007
François Bayrou annonce la création d'un nouveau parti, mais l'organisation d'un débat avec Ségolène Royal se complique
Edition spéciale entre-deux tours
Mises à jour 16:36, 16:53, 16:59, 17:57 I 26.04 à 08:52, 15:30 et 19:05 I "Le Parti démocrate proposera de refonder nos institutions pour que le mot démocratie trouve son sens en France" a indiqué François Bayrou lors d'une conférence de presse, cet après-midi à Paris. Le président de l'UDF va transformer son parti en une nouvelle entité, qui "présentera des candidats à toutes les élections à venir, et d'abord aux élections législatives, pour représenter les Français qui veulent une politique nouvelle, indépendante, libre dans son expression et décidée à défendre les citoyens sans se laisser intimider par les menaces ou les tentations diverses liées au pouvoir". François Bayrou ne "donnera pas de consigne de vote", mais il a exprimé ses opinions quant à chacun des deux candidats au second tour de l'élection présidentielle. Il a reproché la conception du pouvoir ("l'intimidation", symbole d'une campagne "tellement archaique", et un système "concentrationnaire") de Nicolas Sarkozy, et le programme de Ségolène Royal, notamment sur le plan économique et l'interventionnisme de l'Etat. Il a accepté l'idée d'un débat avec Ségolène Royal, et a lancé une invitation pour un échange similaire avec Nicolas Sarkozy. Il a indiqué d'abord se consacrer à l'intérêt du pays avant de participer à un quelconque gouvernement. De plus, il ne participera pas à un gouvernement dont il "récuse les principes": pour le président de l'UDF, accepter une fonction ministérielle se révèle "absolument impossible, dans la situation actuelle".
François Bayrou et ses collègues devront sans doute songer à une autre appellation ou négocier: l'adresse http://www.lepartidemocrate.org/ appartient déjà à un parti politique qui porte le fameux nom évoqué depuis déjà quelques jours, et aujourd'hui par le président de l'UDF.
Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou se tiendra finalement samedi à 11:00 sur le plateau de i>télé, Canal+ et France inter. Un des deux modérateurs sera Michel Denisot. Initialement prévue vendredi avec le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), la rencontre avait été annulée ce matin en raison d'une réponse négative de ce dernier. "Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a indiqué Ségolène Royal, tandis que le candidat de l'UMP a refusé tout débat avec le président de l'UDF, hier soir sur l'antenne de TF1. "Je le démens formellement. Il n'y a pas eu la moindre pression de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas eu de contact", a pour sa part indiqué sur LCI Jacques Camus, un des responsables du syndicat. L'enjeu pour la candidate PS est de parvenir à tirer profit du réservoir de voix de François Bayrou, qui s'élève à près de sept millions d'électeurs. Dernière minute: le débat ne sera pas organisé par Canal+, annonce la chaîne dans un communiqué, en raison de règles du CSA. Crédit vidéo: Bayrou.fr/Dailymotion
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23 avril 2007
Conquérir les voix bayrouistes, enjeu du second tour
Edition spéciale entre-deux tours
Mise à jour 22:19 I Dans le cadre de son premier meeting d'entre-deux tours, ce soir à Valence, Ségolène Royal a indiqué que "pour faire gagner la France il faut demander une autre dimension à notre rassemblement". Elle a lancé une perche au président de l'UDF, qui l'attrapera "si François Bayrou souhaite cette main tendue et ce dialogue autour du pacte présidentiel", a-t-elle précisé. Elle a appelé le leader centriste: "A Monsieur Bayrou de dire s'il souhaite ce débat (...) Il est de ma responsabilité de femme de gauche de donner un signe à tous les électeurs qui ont voulu ce changement". Dans le même temps, Nicolas Sarkozy affirmait qu'il souhaitait "être le candidat de l'ouverture parce que je veux être le Président de l'ouverture, mais d'une ouverture qui n'a rien à voir avec la politique politicienne, d'une ouverture qui n'est pas l'ouverture vers les appareils". Il était présent ce soir à Dijon. Pour Corine Lepage, présidente de Cap 21 et soutien de François Bayrou dans cette campagne, "ce qui est sûr, c'est que François Bayrou ne doit pas renouer d'alliance avec la droite". Dans un sondage IFOP effectué avant le premier tour, près de 41% des électeurs potentiels de François Bayrou se déclaraient proches de la gauche, 9% de l'UMP et 50% de l'UDF. En attendant la conférence de presse de mercredi, un peu probable appel à voter en faveur d'un candidat, les jeux d'alliances possibles lors des législatives et la potentielle création d'un nouveau parti, toutes les hypothèses restent ouvertes. La position défendue ce soir par François Hollande se veut claire: "que François Bayrou fasse son choix. On met chacun devant ses responsabilités. Si on veut le changement, si on veut avancer, si on veut rénover la vie politique, et bien il faut voter Ségolène Royal".
LIEN Les électeurs de François Bayrou, enjeu de l'entre-deux tours
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Les électeurs de François Bayrou, enjeu de l'entre-deux tours
Edition spéciale entre-deux tours
"A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant. Malgré des manœuvres innombrables, malgré l'alliance objective du Parti socialiste et de l'UMP, malgré des sondages manipulés (...), malgré ces forces considérables, plus de 7 millions de Français se sont réunis pour porter une magnifique idée du changement. C'est à ces millions de Français que je pense : ils ont fait une magnifique campagne électorale. Ils ont formé une force nouvelle, la seule force nouvelle de la politique française. Ils ont ouvert un chemin d'espoir pour la France et ce chemin d'espoir ne s'arrêtera pas. Il y a enfin un centre en France. Un centre large, un centre fort, un centre indépendant capable de parler et d'agir au-delà des frontières d'autrefois. Ceux-là, ces millions de Français, ont compris que la vieille guerre des deux camps ne répondait plus au mal de la France. Je vous le dis, le mal de la France est plus grave qu'on ne le croit dans les deux partis qui sont, encore ce soir, arrivés en tête. Nous ne sortirons pas la France de la situation qui fait souffrir tant de femmes et d'hommes qui ont besoin qu'on s'occupe d'eux et pas des guerres de partis. (...) L'avenir de la France exige au contraire qu'on fasse vivre ensemble les valeurs des uns et des autres. L'avenir de la France exige une démocratie profondément nouvelle, honnête avec des rêves et des principes si souvent bafoués depuis longtemps. Toutes les décisions que je serai amené à prendre dans les jours qui viennent, toutes les positions que nous adopterons, seront inspirées par cette seule conviction : la nouvelle politique est en train de naître, cette espérance est grande et juste, et personne, vraiment personne ne l'arrêtera".
Dans son discours prononcé hier soir, François Bayrou a tenu à galvaniser ses troupes en vue des législatives. Même s'il n'a pas su concrétiser la promesse qu'une "autre voie" était possible, le candidat de l'UDF a malgré tout réussi à tripler son score obtenu en 2002. Fort de 18,55% des voix, il ne s'exprimera que mercredi lors d'une conférence de presse. Pas question pour autant d'appeler immédiatement au vote pour un des deux candidats en lice: "la campagne du second tour, maintenant, appartient aux deux candidats. Nous n'allons pas compromettre tout ce qu'a fait François par des négociations en sous-main. Il est hors de question de commencer à divaguer sur des chemins de traverse quand nous sommes en situation d'influence dans les 577 circonscriptions" indique au Monde le spécialiste des questions électorales à l'UDF, Eric Azière. "J'imagine mal ces électeurs faire maintenant le choix de Nicolas Sarkozy", a déclaré François Hollande sur RTL. "L’analyse que fait Bayrou sur les blocages de la société restera plus nécessaire que jamais", a pour sa part déclaré Marielle de Sarnez, qui a dirigé la campagne du candidat centriste. L'UDF présentera des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives, mais l'enjeu réside dans les accords potentiels qui pourraient se nouer.
13:20 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Entre-deux tours, Bayrou