22.06.2007
Un parti sans électeurs?
"Notre campagne, aussi intense fût-elle, fut malmenée par la question de la désunion mais aussi par le doute sur la faisabilité de notre programme", a déclaré Marie-George Buffet lors de l'ouverture du Conseil national du PC, ce vendredi à Paris. Elle a reconnu une part de responsabilité dans la préparation des scrutins successifs. Lors de la présidentielle, le score le plus bas jamais obtenu par un candidat communiste sous la cinquième République a été obtenu par la secrétaire générale du Parti. "Le soulagement après la bonne résistance aux législatives ne doit pas nous amener à repousser les questionnements sur l'avenir de la gauche et celui du PCF", avait souligné la veille Olivier Dartignolles, porte-parole du PC. L'heure est à la remise en cause après cet échec. Lors des législatives, le parti de la place du Colonel-Fabien a réussi à contenir la déroute annoncée, en maintenant quinze députés dans l'Hémicycle, mais n'a plus de groupe parlementaire. Un congrès extraordinaire faisant le point sur les stratégies d'alliance est envisagé pour la fin de l'année. Des proches de Robert Hue appellent pour leur part à un éventuel changement de nom dans le cadre de la création d'un nouveau parti. Le PC n'a pas réussi a se placer en tant que parti fédérateur de l'extrême gauche aux présidentielles, provoquant un inévitable émiettement des voix. Seule piste d'espoir aujoud'hui selon Marie-George Buffet, d'éventuelles oppositions à la politique de Nicolas Sarkozy pour rester à la surface. "La droite a gagné son offensive idéologique, (...) Nicolas Sarkozy peut se heurter à des contradictions liées à l'application de sa politique", a-t-elle indiqué. Les échecs électoraux successifs pèsent sur les finances du parti lui-même - des suppressions de postes occupés par des permanents sont envisagées - et sur les ventes de l'ex-organe officiel du PC, L'Humanité. "Faire L'Huma après le 1,9 % du parti à la présidentielle, faut la santé!", rappelle au Monde Claude Cabanes, éditorialiste et ancien directeur de la rédaction du quotidien. "Entre L'Huma et le parti, ce n'est pas que de la dialectique. C'est aussi, hélas !, de la schizophrénie. Nous avons du mal à mettre en œuvre ce que nous voulons. Nous restons souvent dans l'incantation plus que dans la démonstration, dans le fantasme de la réalité plus que dans la description. Notre vieille culture revient malgré nous" indique pour sa part Jean-Emmanuel Ducoin, rédacteur en chef. Le système PC apparait donc menacé dans son ensemble, tant au niveau politique que médiatique.
23:10 Publié dans Politique , Permanent | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Buffet
29.03.2007
Marie-George Buffet confrontée à la division de la gauche radicale
Mise à jour 17:25 I "Pour battre la droite, j'appellerai à voter à gauche au second tour [...] Mais je n'appellerai pas à entrer dans un gouvernement qui appliquerait une politique comme celle que nous propose la candidate socialiste": en meeting mardi à Vault-en-Velin (Rhône) et mercredi soir à Grenoble, Marie-George Buffet a articulé son discours autour du vote, plus particulièrement "utile". "Comme le disent les enfants, on nous dit de prendre le moins pire pour éviter le plus pire. Et moi je dis prenez le parti de votre vie, votez pour vous-même, votez tout simplement pour vivre", a déclaré la candidate du PCF devant une salle de 2000 personnes, selon les organisateurs. Le vote de gauche est ardemment défendu par celle qui a pris la succession de Robert Hue dans les batailles électorales. "Tout sauf Sarko, ce n'est pas François Bayrou, tout sauf Sarko, ce n'est pas une gauche qui regarde vers le centre, a-t-elle lancé. Tout sauf Sarko, c'est une gauche de combat qui s'attaque aux privilèges. Le meilleur moyen d'être contre Sarko, c'est le vote pour la gauche populaire", a déclaré Mme Buffet, vingt-quatre heures après avoir à nouveau appelé de ses voeux le rassemblement de la gauche radicale. Olivier Besancenot (LCR) avait immédiatement réfûté cette hypothèse: "le PCF a des usines d'élus à sauvegarder. En l'absence d'élection à la proportionnelle intégrale, il est obligé d'être mis sous tutelle du PS, et donc d'avaler des couleuvres à longueur d'année". Francine Bavay, porte parole de José Bové, déclare ce jeudi dans "Libération" que "Besancenot ne manque pas d'air. Après avoir été un des diviseurs, il prend dans la dernière ligne droite une posture de rassembleur".
Robert Hue livre son point de vue sur la campagne dans une tribune publiée cet aprps-midi par "Le Monde". Il reconnait que son parti participe à l'éparpillement des voix des électeurs de gauche, et rend difficile le rassemblement souhaité par Marie-George Buffet. "Inquiet du résultat qui se dessine pour la candidate que, naturellement, je soutiens : Marie-George Buffet. Inquiet pour mon parti : le Parti communiste français. Conduit dans des orientations confuses et contradictoires, il s'isole et se divise, brouillant toujours davantage son identité et son projet. Malgré l'engagement de ses militantes et militants, sa campagne ne parvient pas à convaincre. Il participe ainsi à l'affaiblissement de la gauche", affirme l'ancien président du PCF, qui donne par ailleurs son point de vue sur sa définition du "vote utile": "c'est à l'intelligence et à l'expérience de nos concitoyens qu'il faut s'adresser. Depuis plusieurs années, François Bayrou vise non pas à faire une autre politique mais à faire plus intelligemment la politique de la droite. Le vote en sa faveur ne serait "utile" qu'à ceux qui, dans cette droite, craignent que la brutalité ultralibérale de Nicolas Sarkozy les conduise à l'échec. Que chacun, chacune des candidats de l'"éventail" de la gauche et des écologistes s'attache d'ici au 22 avril à en faire la démonstration auprès de son électorat". Enfin, il appelle pour voter pour Ségolène Royal si elle se qualifiait au second tour de l'élection présidentielle: "je souhaite que tous les candidats de gauche fassent le plein des suffrages dans leurs électorats respectifs - et il y a beaucoup à faire pour la candidature de Marie-George Buffet. Je souhaite, sans ambiguïté, que les conditions soient ainsi réunies pour que Ségolène Royal l'emporte au second tour. Tel est mon choix. Je suis déterminé à le faire partager le plus largement possible".
15:55 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Buffet
19.03.2007
Douze candidats briguent un mandat présidentiel
Mises à jour 17:41, 18:07, 18:52 I La liste des candidats à l'élection présidentielle a été dévoilée par Jean-Louis Debré, président du Conseil Constitutionnel. Olivier Besancenot (LCR), José Bové (altermondialiste), Marie-George Buffet (PC), Arlette Laguiller (LO), Jean-Marie Le Pen (FN), Frédéric Nihous (CPNT), Ségolène Royal (PS), Nicolas Sarkozy (UMP), Gérard Schivardi ("candidat des maires" soutenu par le Parti des travailleurs), Dominique Voynet (Les Verts), François Bayrou (UDF) et Philippe de Villiers (MPF) ont été nommés comme faisant partie des prétendants au mandat présidentiel. C'est donc un retour au niveau de 1974 qui s'opère, cinq ans après le record de 2002 (16 candidats).
En 1962, lors de la réforme qui instaura l'élection au suffrage universel du chef de l'Etat, il suffisait de collecter cent signatures d'élus émanant de dix départements différents. En 1976, le nombre de parrainages a été augmenté à 500, et le Conseil économique et social exclu.
17:35 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Bové, Besancenot, Buffet, Laguiller, Le Pen, Nihous