05 septembre 2007
La Chine tire les cours des métaux vers le haut
"Il suffit que les Chinois se mettent à acheter un produit pour que son prix monte au ciel!", indique à Capital Philippe Chalmin, professeur à Paris Dauphine et président de Cyclope, un institut spécialisé dans les matières premières. Depuis 2002, la puissance a multiplié par sept ses importations de minerais de fer, et triplé sa consommation de nickel. Le plomb fait les frais de cette forte demande: depuis janvier, le prix du métal mou à doublé à Londres, tandis que la demande chinoise progresse à elle seule de 20 % par an. La hausse des prix du plomb est aussi à relier à des problèmes ayant trait à l'exportation (parmi lesquels une explosion dans une raffinerie du Missouri en juillet dernier et l'interdiction par les autorités australiennes de l'exportation de plomb depuis un port), mais force est de constater que l'irruption de la Chine au sein de l'économie mondiale change la donne. Emmanuel Paingault, de Société générale Asset Management, livre son explication au Monde quant à la raréfaction de l'offre: "Au départ, le plomb était un métal mineur et n'avait pas bonne presse auprès des analystes. Les exploitants de mines le laissaient de côté, quand il était associé à l'argent ou au zinc. Voilà comment les stocks sont tombés à moins de 30 000 tonnes". Le 20 juillet, la record de 3.505 dollars la tonne a été atteint à Londres. Après une baisse liée à des prises de bénérices, un rebond s'est fait sentir, avec, le 31 août dernier, un prix de 3.110 dollars la tonne.
Entre 2002 et 2003, les importations de coton de la Chine sont passées de 500.000 à 1,2 million de tonnes. On assiste à une envolée de la demande de minerais, de métaux ferreux et non ferreux. Concernant l'aluminium, la demande de la Chine progresse de 12,2% par an, tandis que la moyenne mondiale s'élève à 2,1%. Le pays capte 16% de l'offre mondiale par an. La consommation d'acier du pays augmente pour sa part de 8% par an, contre 1,8% dans le reste du monde. En ce qui concerne le charbon, la Chine en est le premier producteur mondial, s'arrogeant 27% de parts de marché, mais en est aussi le premier importateur, absorbant plus de 35% de l'offre, dans un contetxe où la demande de la part du pays progresse de 8% par an.
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25 juillet 2007
Le charbon est-il le carburant de l'avenir?
La flambée des cours enregistrée depuis le début de l'année incite de nombreux experts à se pencher sur une ressource dont la consommation croît actuellement plus vite que celle du pétrole et du gaz. La séquestration en sous-sol du CO2, actuellement à l'étude, sera un atout pour une relance active de l'exploitation de ce minerai. Les énergies fossiles se révèlent progressivement incapables de faire face à long terme à l'augmentation de la demande. Le pétrole et le gaz naturel se raréfient, et les énergies émettrices de CO2 font l'objet d'une surveillance accrue. Jusqu'à la fin du vingtième sicle, la question dominante chez les acteurs de l'énergie résidait dans l'anticipation des prix du pétrole, du gaz et du charbon. Cette dernière source d'énergie revient par ailleurs sur le devant de la scène. Aujourd'hui, lors d'un investissement dans ce domaine, plusieurs données doivent faire l'objet d'une analyse approfondie, au premier rang desquelles les quantités disponibles s'il s'agit d'une énergie fossile, ou bien la production potentielle. Plus du quart des réserves de charbon se trouvent aux Etats-Unis. Ce combustible fossile, longtemps associé à la révolution industrielle (XIX° siècle), revient sur le devant de la scène au XXI° siècle.
Aux Etats-Unis, le charbon redevient une alternative à l’or noir. L’Amérique dispose de 250 ans de réserves dans son sous-sol. Sans risque géopolitique quelconque, les mines américaines vont produire cette année 1,16 milliard de tonnes de charbon, soit 3,2% de plus qu’en 2005 selon la National Mining Association, qui représente les intérêts des sociétés minières américaines. Plus de 90% du charbon extrait des mines américaines est brûlé par des centrales pour produire l’électricité, ensuite fournie aux clients. Là aussi, l’extraction de cette énergie fossile nécessite de grands moyens: elle fait en effet appel à des camions gigantesques qui peuvent charger jusqu’à 270 tonnes de minerai. L'utilisation du charbon dans les centrales thermiques est très importante; ces centrales fournissent 40 % de la production mondiale d'électricité, la moitié aux Etats-Unis et en Allemagne. Longtemps considéré comme dépassé, l'intérêt du charbon revient quand les besoins énergétiques atteignent les capacités maximales de production de pétrole ou de gaz naturel, renchérissant leur coût. L'utilisation du charbon, notamment dans les centrales électriques, a fait et continue à faire des progrès énormes en matière de réduction des émissions de polluants tels que le soufre, les oxydes d'azote et les particules fines. Par contre rien ou presque n'a changé en matière d'émission de gaz à effet de serre. La question de l’environnement est cruciale dans le débat actuel sur l’énergie. Le charbon pollue lorsqu’il est brûlé pour la production d’électricité. Certes, les nouvelles centrales à charbon sont munies de filtres qui réduisent les émissions de dioxyde de carbone et de mercure (notamment), mais nombre de vieilles installations restent en service, ce qui contribue toujours au fait que l’Amérique soit le plus grand générateur de gaz à effet de serre. Aux Etats-Unis, l’administration encourage le développement d’une nouvelle technologie qui transforme le charbon en gaz. L’idée résulte dans le fait que le charbon soit débarassé des métaux polluants, puis distillé sous une forme liquide. L’augmentation des prix du pétrole à des niveaux élevés pourrait appuyer ce projet, éventuel modèle aux futures centrales américaines.
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