09 janvier 2008
La croissance mondiale, l'inconnue de l'année
Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.
L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt
"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.
Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année
"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier
Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.
Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.
La Chine en ligne de mire
11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.
18:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, conjoncture, BCE, subprimes, croissance, finance, Fed
24 décembre 2007
Les relations sino-américaines sous l'angle du renseignement
Entre 1949 et 1973, même si l'URSS reste alors la priorité numéro 1, la CIA surveille attentivement les Chinois. L'absence de station en Chine oblige la CIA a travailler depuis les stations a l'étranger,entre autres celles qui entourent la Chine communiste. La station de Rangoon a aussi une section spécialisée en direction des Chinois. Une autre base avancée est la station de Bangkok, d'ou la CIA envoie des changkaïchekistes. Après les ratées dans les tentatives d'envahir par les provinces du Sud de la Chine communiste,a partir de la Birmanie et de la Thaïlande de l'armée du général Li Mee et l'absence de soulèvements comme l'espérait la CIA,la station de Bangkok fut utlisée pour former des chinois et les envoyer sur le territoire de la Chine communiste.
La priorité de la CIA concernant la Chine communiste,la RCP,est la collecte de renseignements. Difficile de recruter des chinois ou de les pousser a faire défection. La CIA obtiendra néanmoins quelques résultats:Zhao Fu,responsable de la sécurité de l'ambassade de Chine a Stockholm,prend la fuite en 1962.C'était la 1ere fois que les autorités pékinoises ont reconnues la fuite d'un des leurs. En mai 1964,c'est Dong Jiping,qui a été envoyé a Burundi en tant qu'attaché culturel adjoint en 1963,qui fait déféction au profit de la CIA.Né a Shanghai en 1940,il y suit les cours de l'Institut des langues étrangères,et intègre ensuite le service de renseignement extérieur chinois. Il livre l'ordre de bataille du renseignement chinois en Afrique a la CIA; ce qui est fort précieux, sachant que l'Afrique est justement un des continents ou la Chine cherche le plus a s'implanter.
La station de la CIA à Beijing
En janvier 1986,le sénateur américain Orrin Hatch part pour Pékin.Le régime chinois aide la CIA en la fournissant en équipements qui sont ensuite transmis aux moudjahidins afghans via les services secrets militaires pakistanais,l'ISI. Accompagné du chef des services de renseignement du Département d'Etat Morton Abramowitz,du directeur-adjoint de la Direction des Opérations de la CIA et du chef de station de la CIA a Beijing.Hatch demandera aux officiels chinois d'aider les Etats-Unis dans leur soutien,pour équiper les moudjahidins en matériel plus sophistiqué.Par exemple en missiles Stinger. Les Chinois donneront leur accord.
Dans un communiqué en date du 18 septembre 1989, le Guojia Anquanbu, le service de renseignements extérieur et de contre-espionnage chinois,s'inquiète de l'augmentation des affaires d'espionnage. Selon le rapport, ont été mises en cause pas moins d'une centaine de personnes pour espionnage,travaillant dans l'armée, les services gouvernementaux,le domaine politique. L'ouverture de la Chine a en effet facilité l'établissement de contacts avec les Chinois; sa montée en puissance inquiète les rivaux ainsi que les pays alentours,d'ou une activation des services de renseignements pour obtenir des informations dans les différents domaines: politique,économique et militaire.
Les relations sino-américaines en question
Les relations sino-américaines,néanmoins,qui s'étaient dégradées suite aux événements de la Place Tian An Men en 1989 ,et normalisées ensuite,subissent un nouveau coup suite à une erreur monumentale: en pleine guerre du Kosovo en 1999, les forces de l'OTAN bombardent Belgrade. Et un des sites touchés est l'ambassade de Chine a Belgrade,provoquant la fureur des autorités de Pékin et des manifestations devant son ambassade.Dans son édition du 11 mai 1999, le Figaro indique que sur ordre de Langley,la station de la CIA a Beijing (Alors dirigée par Timothy Long?) détruit les documents les plus sensibles dès le début du siège de l'ambassade. Il est hors de question que ,comme en 1979 à Téhéran,une foule ne s'empare de l'ambassade et des documents de la station de la CIA..Cette information du Figaro n'a,toutefois,pas été confirmée par d'autres sources. Etant donné le climat latent, elle paraît néanmoins fort probable. Ensuite, le calme reviendra.
Evidemment, une des menaces est la puissance militaire chinoise. La CIA devra tenir compte de la réussite des essais chinois de leur nouveau missile,le DF-31, le 02 août 1999,par la deuxième base d'artillerie de l'Armée Populaire de Libération chinoisedans la province de Shanxi, tandis que le point d'impact était à Lob Nor.
Donc, début septembre 1999 est rendue publique une analyse de la CIA sur les pays représentant un danger pour les Etats-Unis avec leurs missiles ballistiques. Le danger n°1 est la Russie, avec ses 1000 ICBM (Missiles Intercontinentaux Ballistiques. On appelle ses missiles des ICBM car les ICBM ont une portée pouvant aller de 6000 a 13000 Kilomètres.On les distingue des missiles tactiques- missiles balistiques a courte portée, les SRBM- dont la portée est inférieure a 800 kilomètres,et des IRBM,a portée intermédiaire,entre 2400 et 6400 Kilomètres ), et la menace numéro 2 est la Chine communiste avec 20 missiles capables d'atteindre les Etats-Unis.En cette année 1999, la Chine a essayée un système de missiles du nom de DF-31 qui dispose d'un rayon d'action de 8000 kilomètres. Ses missiles,toutefois,sont dirigés non pas contre les Etats-Unis,mais contre les pays d'Asie et la Russie. La CIA estime néanmoins que vers 2015 la Chine aura une dizaine de ICBM dirigés contre les Etats-Unis,et qui donc menaceront le territoire national.
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Cyril Gelibter
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05 septembre 2007
La Chine tire les cours des métaux vers le haut
"Il suffit que les Chinois se mettent à acheter un produit pour que son prix monte au ciel!", indique à Capital Philippe Chalmin, professeur à Paris Dauphine et président de Cyclope, un institut spécialisé dans les matières premières. Depuis 2002, la puissance a multiplié par sept ses importations de minerais de fer, et triplé sa consommation de nickel. Le plomb fait les frais de cette forte demande: depuis janvier, le prix du métal mou à doublé à Londres, tandis que la demande chinoise progresse à elle seule de 20 % par an. La hausse des prix du plomb est aussi à relier à des problèmes ayant trait à l'exportation (parmi lesquels une explosion dans une raffinerie du Missouri en juillet dernier et l'interdiction par les autorités australiennes de l'exportation de plomb depuis un port), mais force est de constater que l'irruption de la Chine au sein de l'économie mondiale change la donne. Emmanuel Paingault, de Société générale Asset Management, livre son explication au Monde quant à la raréfaction de l'offre: "Au départ, le plomb était un métal mineur et n'avait pas bonne presse auprès des analystes. Les exploitants de mines le laissaient de côté, quand il était associé à l'argent ou au zinc. Voilà comment les stocks sont tombés à moins de 30 000 tonnes". Le 20 juillet, la record de 3.505 dollars la tonne a été atteint à Londres. Après une baisse liée à des prises de bénérices, un rebond s'est fait sentir, avec, le 31 août dernier, un prix de 3.110 dollars la tonne.
Entre 2002 et 2003, les importations de coton de la Chine sont passées de 500.000 à 1,2 million de tonnes. On assiste à une envolée de la demande de minerais, de métaux ferreux et non ferreux. Concernant l'aluminium, la demande de la Chine progresse de 12,2% par an, tandis que la moyenne mondiale s'élève à 2,1%. Le pays capte 16% de l'offre mondiale par an. La consommation d'acier du pays augmente pour sa part de 8% par an, contre 1,8% dans le reste du monde. En ce qui concerne le charbon, la Chine en est le premier producteur mondial, s'arrogeant 27% de parts de marché, mais en est aussi le premier importateur, absorbant plus de 35% de l'offre, dans un contetxe où la demande de la part du pays progresse de 8% par an.
22:00 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Matières premières, Chine, fer, plomb, aluminium, acier, charbon
29 août 2007
La Chine peine à s'imposer sur le terrain de la R&D
Mise à jour 2/09/07 "La Chine a encore un long chemin à parcourir pour se doter d'un système d'innovation moderne et hautement performant", estime l'OCDE dans une étude rendue publique en début de semaine. L'enquête décrit le pays comme encore trop dépendant d'une production à faible valeur ajoutée. Les exportations de produits de haute technologie ont certes explosé entre 1996 (7,9% des exportations totales) et 2005 (29,9), mais elles restent pour 88% le fait d'entreprises étrangères installées dans le pays. Les dépenses annuelles de recherche et développement ont, selon l'étude réalisée en collaboration avec la ministère chinois de la Science et des technologies, augmenté de 19% en rythme annuel depuis 1995, mais le pays ne pointe toujours qu'au sixième rang mondial. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés". La recherche est trop focalisée sur les hautes technologies au détriment de pôles majeurs pour le développement du pays, à savoir les services, l'énergie et la protection de l'environnement. Le système bancaire et financier figure parmi les freins à l'expansion économique de la Chine. Les start-up peinent à se développer. "Des marchés de capitaux plus ouverts et plus efficients permettraient aux entrepreneurs davantage de risque et d'investir dans des secteurs comme la biotechnologie", complète l'OCDE. "En ce moment, il y a de grands pays comme la Chine qui se développent vite et il est nécessaire de respecter les règles du jeu", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel devant son homologue Wen Jiabao, qui réfûte la thèse de la "menace chinoise". La Chine est pointée du doigt pour le manque de respect des brevets (contrefaçon) et le manque de sécurité de certains produits, notamment pointé du doigt au cours de l'été avec l'affaire des jouets rappelés par Mattel.
·La presse financière se penche ce matin sur l'actualité économique chinoise. "En Chine, le gigantesque barrage des Trois Gorges s’avère de plus en plus être un désastre pour l’environnement et la stabilité de l’écosystème. Longue analyse de Shai Oster en pages 14 et 15 du Wall Street Journal Europe. Si on inclut la place de Hong Kong, en terme de capitalisation boursière totale, la Bourse chinoise est à présent plus importante que la Bourse japonaise. La hausse brutale des actions chinoises depuis 18 mois est-elle un signe de bulle financière ? C’est l’avis de nombreux analystes étrangers. Article de Geoff Dyer en page 27 du Financial Times", décrypte l'analyste Vincent Colot sur son blog.
13:35 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, OCDE, R&D, vidéo
27 juillet 2007
Quel est le réel poids économique de la Chine?
La Chine se place désormais au quatrième rang des puissances économiques mondiales en termes de PIB à parité de pouvoir d'achat, et l'Inde occupe la sixième place. Le développement économique chinois se heurte cependant à un certain nombre de limites et doit faire face à la méfiance des puissances occidentales
L'ouverture progressive de l'économie chinoise à l'international, initié en 1979 par Deng Wiaoping, a permis à l'empire du Milieu de se développer à une vitesse impressionnante: une restructuration industrielle d'une importante ampleur a été engagée, tout comme la libéralisation graduelle des marchés. Une urbanisation massive a permis aux villes de se développer et de s'imposer sur la scène économique internationale: avec 1,3 milliard d'habitants, la Chine s'affiche comme le pays le plus peuplé sur le globe, avec 20% de la population mondiale à l'intérieur de ses frontières. La part de la Chine dans le PIB mondial est passée de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. Sa part dans le total des exportations mondiales a pour sa part franchi un nouveau cap, passant de 2,9% en 1980 à 5,5% en 2006. C'est en 1991, suite à une importante crise de la balance des paiements, que décision fût prise de sortir de la logique d'autosuffisance et de pousser à nouveau l'ouverture, notamment dans les services, tout en conservant un regard poussé sur les flux financiers. La capitalisation financière est un autre indicateur du dynamisme de l'économie chinoise: en avril dernier, la capitalisation réunie de Shangai et de Shenzen a dépassé celle de Hong Kong, pourtant promu au rang de plus grand marché d'Asie en dehors du Japon. Le ratio exportations/PIB est passé de 6% en 1980 à 34% en 2005. Le modèle de croissance en vigeur, fondé sur une croissance très soutenue appuyée sur une progression très rapide des exportations assise sur le maintien de la compétitivité-prix par le biais d'une fixation des taux de change et une hausse accélérée des investissements, semble donc porter ses fruits mais doit faire face à des limites internes.
Le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique de la Chine. Une sous-évaluation de la devise et un contrôle des capitaux retiennent une épargne nationale excédentaire, et l'instrumentalisation du système par l'Etat et les gouvernements locaux freinent encore l'investissement. Le secteur bancaire est très concentré: les cinq premières banques chinoises détiennent 6% du total de l'actif bancaire. Les banques étrangères restent quant à elles marginalisées, avec environ 2% de l'actif bancaire. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire: l'activité se concentre dans les zones urbaines, avec 75 agences pour 1 million d'habitants. Le poids des banques publiques (ici, les actifs détenus par l'Etat) s'élève quant à lui à 83%. La législation demeure encore très restrictive: les opération en monnaie locales sont, depuis 2001, accessibles aux établissements étrangers, à condition de capitaliser leurs filiales à hauteur de 1 milliard de yuans. Dans le domaine des affaires, la corruption gangrène l'économie. Selon Transparency international, l'indice de perception de la corruption (IPC) de la Chine s'élevait à 1,5 en 1998 et à 3,3 en 2006. L'IPC est une note comprise entre zéro et dix, zéro correspondnt à une situation de très forte corruption. Le taux de scolarisation combiné (primaire, secondaire et supérieur additionnés) ne s'élève qu'à 70% en Chine, et pèse sur la formation de la population. Cette dernière est rendue d'autant plus difficile que l'école est payante, d'où le choix de nombreux ménages de priver leur enfant de scolarisation durant une période donnée ou de s'endetter lourdement. 17% de la population chnoise survit avec moins d'un dollar par jour, et 47% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Question énergie, la Chine n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993. Le charbon assure 70% de la consommation d'énergie, d'où d'importants rejets de CO2: selon les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie, la Chine pourrait devenir le plus grand émetteur de CO2 dès l'an prochain. La question des droits de l'Homme, et plus particulièrement de ceux de l'enfant, comme abordé dans le document vidéo (voir ci-dessus) est particulièrement sensible. De plus, la Banque Mondiale rappelle qu'une "forte inégalité menace la stabilité politique d'un pays parce qu'une part importante de la population ne se satisfait pas de son statut économique, ce qui rend un consensus politique entre les groupes à hauts revenus et ceux à bas revenus plus difficiles à atteindre".
"Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines", a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8 finances, qui s'est tenu le 19 mai dernier à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique "à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains", a-t-il indiqué, ajoutant que "cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés". "Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement", déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Afrique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Les investissements chinois directs en Afrique sont amenés à progresser. Pour encore de nombreuses années, les investissements asiatiques en Afrique devraient, compte tenu du contexte économique et du sous-développement d'un important nombre de zones, restés concentrés dans le secteur des matières premières. La montée en puissance de la Chine se poursuit, mais de nombreux freins sont disséminés sur ce parcours.
LIEN Les limites de la coopération Chine-Afrique en question
22:50 Publié dans Economie, Magazine, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, actifs financiers, corruption
16 juillet 2007
Le protectionnisme au service de la sécurité alimentaire
Elle ne contrôle, faute de moyens, qu'environ 1% des importations arrivant sur le sol américain, mais la Food and Drug Administration, chargée de veiller sur la santé des consommateurs outre-Atlantique, tente de retenir à la frontière des denrées suceptibles de mettre en danger le consommateur. Entre juin 2006 et mai 2007, la FDA a rejeté 1.368 livraisons alimentaires en provenance de Chine, 1.480 en provenance du Mexique et 1.763 livraisons de produits alimentaires indiens. Pékin annonce en parallèle la mise en place de nouvelles procédures afin de restaurer la confiance dans ses produits. Il faut "laver la réputation du pays" après la découverte d'incidents tels que ces 23.000 cas de nourriture toxique décelés par les autorités chinois entre décembre et mai. "La transparence est l'ennemi de la corruption. C'est pourquoi nous avons introduit ces nouvelles règlementations", déclare Wu Zhen, directeur adjoint de l'administration étatique pour les aliments et les médicaments. "Nos aliments ne sont pas mauvais en soi, mais nos normes sanitaires sont moins sévères" que celles des pays occidentaux, indique pour sa part le quotidien officiel China Daily. Washington a banni des produits toxiques et dangereux tels que les poissons ou des jus de fruits aux colorants douteux. Les douaniers aussi bien européens que japonais mettent sous embargo des dentifrices chinois contenant du glycol de diétylène, une substance entrant dans la composition des antigels. "Une croisade pour restaurer la confiance du public" est donc lancée par Pékin, mais le non-alignement sur des standards internationaux de qualité pénalise les exportations du pays.
22:30 Publié dans Economie, Manger, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, protectionnisme
29 mai 2007
Chine: le whisky et le cognac ont le vent en poupe
Chivas Regal, Royal Salute, Ballantine's, le cognac Martell ou les champagnes Perrier-Jouët et Mumm: ces marques sont tombées dans l'escarcelle du groupe Pernod Ricard au cours de ces dernières années après les acquisitions de Seagram en 2001 et de Allied Domecq en 2005. Ces produits permettent aujourd'hui à la firme française d'être présente sur le marché asiatique, et plus particulièrement en Chine: il revendique la position de leader dans le whisky dans l'empire du Milieu, et la forte croissance économique cumulée au fait que la proportion d'individus en âge de consommer de l'alcool augmente sont un atout pour l'industriel. La Chine est entrée pour la première fois en 2006 dans le palmarès dix premiers pays importateurs, selon les chiffres de la Scotch Whisky Association, basée à Edimbourg. La valeur totale des importations a progressé de 27% sur un an, à 58,2 millions de livres. "Contrairement au cognac qui est surtout bu dans le sud du pays, le whisky est vendu maintenant partout en Chine", indique à l'AFP Philippe Guetta, directeur de la filiale chinoise de Pernod-Ricard. Les investissements promotionnels et publicitaires de la part de groupes occidentaux au whisky et au cognac sont passés, en Chine, de 71 millions de yuans (6,8 millions d'euros) à 2 625 millions en cinq ans. "Il n'y pas encore de tradition de boire à la maison. Chez soi, c'est plutôt du vin, des alcools doux ou des alcools blancs, ce n'est pas une question d'argent, le whisky ou le cognac sont davantage liés à une atmosphère, une ambiance", explique pour sa part Stefen Deng, co-directeur du distributeur Maxxium, qui vend en Chine l'américain Jim Beam ou l'écossais Highland Distillers. La Chine ne représente qu'environ 5 % des ventes de Pernod-Ricard, mais l'Asie dans son ensemble compte déjà pour 26 % du total.
19:40 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine
19 mai 2007
Les limites de la coopération Chine-Afrique en question
"Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines", a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8, qui s'est tenu le 19 mai à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique "à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains", a-t-il indiqué, ajoutant que "cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés". "Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement", déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Afrique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Pekin importe du coton, du pétrole, et une flopée d'autres matières premières. La Chine, qui n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993, dépend de ressources africaines pour 25 % de ses fournitures en pétrole. Un autre point qui inquiète la France et les Etats-Unis concerne les conditions de ce commerce bilatéral. Car, pour aider l'Afrique dans un but lucratif, la Chine ferme les yeux quant au caractère peu démocratique de certains régimes. Le principe de "non-ingérence dans les affaires intérieures" est mis en avant par les autorités chinoises. Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, proposé en 2001 par une coalition de pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigéria), ne risque-t-il pas d'être remis en cause par l'irruption chinoise? Dans le cadre de ce contrat, l'aide publique au développement peut être confiée aux autorités publiques lorsqu'elles apportent la preuve de la bonne gouvernance de leur Etat. Une série de critères rentre en ligne de compte, au premier rang desquels l'existence d'un régime démocratique.
L'enjeu du développement de l'Afrique est important pour la Chine, au vu des investissements progressivement engagés sur le continent. La mise en place d'infrastructures puissantes et la relance de l'économie dans les Etats d'Afrique subsaharienne se révèlent être des combats de longue haleine qui ne seront pas achevés dans l'immédiat, mais Pekin n'a pour l'instant pas lâché le morceau. Les caractéristiques du développement des nouveaux pays d'industrialisés d'Asie, telle la Corée du Sud et Singapour, semblent difficiles à se reproduire sur un continent aussi hétéroclite que l'Afrique: un rythme de croissance économique rapide, une part importante du secteur manufacturier dans le PNB, et de forts excédents commerciaux. L'importance du développement de cultures d'exportation dans une logique de produiction accrue apparaît aujourd'hui comme une évidence.
Aujourd'hui, la Chine semble prête à poursuivre ses investissements en Afrique, mais n'inquiète pas les gouvernements répressifs et corrompus. Alors que la Banque Mondiale et le FMI incitent les Etats aidés à mettre en place des politiques d'austérité et de régulation des ressources, notamment pétrolières, Pékin ferme les yeux sur ces critères, ce qui satisfait bon nombre de dirigeants. Mais qui en sortira vainqueur? Seulement les intérêts économiques de la Chine, ou aussi les africains par le biais des investissements? Car, au-delà des purs intérêts financiers, une opération d'image serait un atout pour Pékin. Mais l'épineuse question du respect des droits de l'Homme n'a jamais été réglée par les dirigeants occidentaux, étant donnée la peur de ces gouvernants à se couper d'un acteur incontournable sur la scène économique mondiale.
23:40 Publié dans Economie, Magazine, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine