09 janvier 2008
La croissance mondiale, l'inconnue de l'année
Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.
L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt
"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.
Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année
"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier
Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.
Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.
La Chine en ligne de mire
11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.
18:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, conjoncture, BCE, subprimes, croissance, finance, Fed
23 décembre 2007
Le spectre de l'inflation en toile de fond
Le taux annuel d'inflation de la zone euro s'est élevé à 3,1% en novembre selon Eurostat, l'office statistique des Communautés européennes. Il atteignait seulement 1,9% un an auparavant. "Le taux annuel mesure l’évolution des prix entre le mois pris en compte et le même mois de l’année précédente. Cette mesure est sensible à des changements récents du niveau des prix, mais peut être affectée par des effets exceptionnels dans l’un ou l’autre des mois", est-il rappelé. De tels niveaux n'avaient pas été atteints depuis 2001. La hausse annuelle des prix à la consommation aux Etats-Unis était quant à elle de 3% en octobre. L'inflation correspond à une hausse durable des prix; l'indice des prix à la consommation fait figure d'outil de référence. Il s'agit - en France, pour l'Insee - de sélectionner un certain nombre de produits jugés représentatifs de la consommation des ménages.
La flambée des cours d'un certain nombre de matières premières s'inscrit dans le cadre de cette tendance. Cependant, un certain nombre d'investisseurs qui s'étaient repliés sur ces marchés suite à la crise des subprimes pourraient déserter leurs positions sur certains postes, selon certains économistes. Les hausses commencent par ailleurs à être répercutées sur les prix au détail, impactant directement le budget des ménages. Les cours du pétrole représentent une donnée non négligeable dans une poursuite, ou non, de la poussée inflationniste enregistrée ces dernières semaines: après avoir frôlé la barre des 100 dollars à New York, ceux-ci se sont repliés autour des 90 dollars.
Le niveau d'interventionnisme des banques centrales semble à même d'influer sur la tendance, avec un possible relèvement des taux directeurs de la Fed et de la BCE. Ceux-ci ont en effet chuté en 2007 face à une des conséquences de la crise financière, à savoir un système de refinancement interbancaire grippé. Toujours est-il que l'inflation est au coeur des préoccupations des Français, avec la question lancinante du pouvoir d'achat.
17:38 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Perspectives 2008, conjoncture
20 décembre 2007
Selon l'Insee, la France devrait résister à la crise financière en 2008
Document. L'Insee vient de publier sa note de conjoncture détaillant les prévisions pour l'année 2008. Extraits.
"L'économie française ne devrait pas échapper entièrement au ralentissement mondial. En l'absence de grèves dans les transports, la croissance du PIB français aurait été de 0,6 % au quatrième trimestre 2007 puis de 0,4 % par trimestre au cours du premier semestre de 2008."
La crise financière qui frappe les économies globalisées depuis l'été dernier a ajouté une nouvelle variable à la liste établie de facteurs susceptibles d'altérer la croissance de l'économie mondiale, comme le rappelle l'Insee ("Chute jusqu'ici ininterrompue du marché immobilier américain ; crise des prêts immobiliers à haut risque aux Etats-Unis débouchant, à partir du mois d'août, sur une panne de liquidité générale ; forte hausse des cours du pétrole au second semestre"). La croissance du PIB pour 2007 se révélerait donc inférieure aux attentes du gouvernement, s'élevant seulement à 1,9%. Le choc de confiance censé être provoqué par la loi Travail, Emploi et Pouvoir d'achat votée au début de l'été s'avère donc difficile à s'installer, Christine Lagarde ayant affirmé son intention de voir la croissance s'afficher à 2,25% sur l'année. Par ailleurs, Laurence Parisot avait rapellé lors des grèves de l'automne les dommages causés par les grèves vis-à-vis de la compétitivité de l'Hexagone.
"Les grèves viendraient altérer à la marge ce profil, en abaissant d'un dixième de point la croissance du quatrième trimestre et en la relevant d'autant au premier trimestre de 2008. La nette appréciation de l'euro devrait peser sur les exportations à la fin de 2007 et au début de 2008. L'investissement des entreprises, encore dynamique en fin d'année 2007 selon les enquêtes de conjoncture, serait progressivement freiné par le durcissement des conditions de financement et le ralentissement de la demande étrangère. La consommation serait soumise, quant à elle, à des influences contradictoires : la hausse de l'inflation énergétique et alimentaire pèserait sur le revenu réel des ménages mais ceux-ci parviendraient cependant à maintenir leur rythme de consommation en abaissant leur taux d'épargne, corrigeant ainsi en partie sa forte progression de début 2007."
Le pouvoir d'achat s'impose comme l'inquiétude phare des Français en ce début d'année. Les récentes mesures annoncées par le gouvernement ne feront effet qu'en 2008, ce qui ne permettra pas d'insuffler un bol d'air pour les fêtes. Le rachat de RTT, dans la limite de 10 jours pour 2007, est la mesure emblêmatique censée donner aux Français de nouvelles sources de revenus. Selon l'Insee, le revenu brut disponible des ménages devraît croître de 3,3% pour 2007, puis nettement ralentir en 2008 (2,5%). "Entre juillet 2007 et juin 2008, l'envolée des cours des matières premières alimentaires serait responsable d'une élévation de 0,4 point de l'inflation totale", rappelle l'Institut.
"Les créations d'emploi devraient également fléchir et le chômage baisser moins rapidement. Le taux de chômage au sens du BIT reviendrait néanmoins à 7,7 % de la population active au deuxième trimestre de 2008."
Les récents chiffres publiés et la satisfaction du gouvernement devraient de ce fait être plus rarement à la une de l'actualité en 2008. 348.000 emplois ont malgré tout été créees cette année, et 282.000 en 2006.
22:59 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conjoncture, croissance, perspectives 2008
30 octobre 2007
Le chômage en baisse de 1,4%
Sur le mois de septembre, le nombre de chômeurs inscrits à l'ANPE en catégorie 1, à savoir les personnes cherchant un emploi à temps plein en CDI et n'ayant pas travaillé plus de 78 heures dans le mois écoulé, a baissé de 1,4%, après une hausse de 0,6% en août. On enregistre une baisse de 8,7% sur la tranche 25-49 ans, soit -8,8% sur un an. Chez les plus de 50 ans, la baisse est de 10,3% sur un an (-8,9% en septembre).
La fiabilité de ces chiffres est cependant remise en cause. Ceux-ci ne prennent pas en compte la définition du Bureau international du travail, seule source de comparaison à l'échelle internationale. Un chômeur au sens du BIT se définit de la façon suivante: être en âge de travailler (15 ans ou plus) et répondre simultanément à trois conditions: être sans emploi, donc ne pas avoir travaillé, durant une semaine de référence, être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours, et chercher activement un emploi ou en avoir trouvé un qui commence ultérieurement. Le 12 novembre, l'Insee publiera des chiffres portant sur le deuxième trimestre 2007 selon un nouveau mode de calcul. "L'Insee modifiera en effet le critère de recherche active d'emploi : une personne sans emploi et disponible, qui s'inscrit à l'ANPE, mais ne cherche pas d'emploi, ne sera plus comptée comme chômeur", explique l'Observatoire français des conjonctures économiques.
22:40 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Conjoncture, chômage
04 octobre 2007
L'Insee revoit à la baisse sa prévision de croissance
C'est une prévision de croissance en 2007 en deça des prévisions gouvernementales qu'a annoncé l'Insee. En effet, cette estimation est révisée à la baisse à 1,8%. "Nous prévoyons une croissance douce cette année à 1,8 % avec un net rebond de la croissance au troisième trimestre et un ralentissement au quatrième", a expliqué Pierre-Olivier Beffy, en charge de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee. La consommation des ménages est pour sa part "soutenue essentiellement par l'accélération du pouvoir d'achat (+3,2 % en 2007) et l'amélioration du marché du travail (340 000 créations)".
L'équipe gouvernementale table pour sa part sur une croissance 2007 dans le bas de sa fourchette de prévisions de 2% à 2,5%, et a élaboré le budget 2008 sur l'hypothèse médiane d'une croissance de 2,25%. L'Insee confirme une prévision de croissance du PIB au troisième trimestre de 0,7%, mais revoit à la baisse sa prévision pour le quatrième trimestre (+0,5%). "A l'époque de nos prévisions de juin, les enquêtes de conjoncture étaient bien orientées et dans ce contexte nous avions prévu une croissance de 0,6 % au deuxième trimestre. Elle n'a été malheureusement que de 0,3 %", a indiqué hier M. Beffy lors d'une conférence de presse.
09:25 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conjoncture, croissance
28 septembre 2007
L'inquiétude française monte face à l'euro fort
"Nous avons toujours insisté ces quatre dernières années sur les risques que faisait peser un excès de volatilité des monnaies. Il est vrai que la perte de valeur du dollar nous préoccupe. Les économies de la zone euro ne sont pas responsables de la situation. Contrairement à celle des États-Unis et de la Chine, notre balance des transactions courantes est équilibrée. S'il est question de nous faire payer, à nous Européens, les conséquences de ces déséquilibres, on ne peut pas s'attendre à ce que nous restions passifs": dans un entretien accordé au Figaro, Joaquin Alunia, commissaire européen aux Affaires économiques, analyse la situation actuelle. En effet, depuis janvier, l'euro s'est apprécié de plus de 10% par rapport au dollar. Il indique que l'Eurogroupe doit adopter un message unique et cohérent en direction d'économies telles que les Etats-Unis et la Chine, faisant référence aux Allemands, qui ne se sentent pas concernés par l'euro fort. L'Allemagne a développé une politique axée sur la R&D et la mise au point de produits innovants afin d'être moins tributaire des désordres monétaires.
Joaquin Almunia, même s'il insiste sur le fait que l'économie européenne n'a pas à faire les frais des politiques monétaires américaines et chinoises, et qu'il rappelle que la hausse de l'euro témoigne de la confiance des investisseurs européens et permet de se protéger de la hausse rapide des cours du pétrole, ne dédouane pas la France. Nicolas Sarkozy s'était exprimé la semaine dernière en faveur d'une intervention de la BCE, mais, selon le commissaire, cela n'empêche pas la France de faire des efforts. "Il existe des raisons en France d'être préoccupé par la hausse de l'euro, mais il ne faut pas oublier non plus les autres facteurs qui expliquent les déséquilibres de la balance commerciale française. Ainsi, les secteurs de spécialisation de vos entreprises ne correspondent pas forcément à l'évolution de la demande mondiale", juge-t-il.
Concernant les finances hexagonales, Joacquin Alunia "ne voit pas pourquoi" il devrait douter de la volonté du gouvernement de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2010. Par ailleurs, déficit public ne doit pas excéder 3% du PIB. Selon les analystes du gouvernement, une hausse de 10% de l'euro ampute la croissance de 0,2 à 0,4 point de PIB. Nous exportons plus de biens de consommation que nos voisins qui s'en tirent mieux, ce qui fait que les importateurs peuvent plus facilement se tourner vers d'autres fournisseurs. Malgré les difficultés, Bercy table sur une hausse de 4,75% des investissements des entreprises en 2008 et de 5,75% des exportations, comptant sur les effets du "paquet fiscal" pour atteindre ses objectifs. Mais équilibrer les finances publiques en 2010 ne sera pas chose facile, l'OFCE tablant sur un creusement du déficit public à 3% du PIB pour l'an prochain.
22:40 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Euro, conjoncture, finances publiques
La dette de la France s'élève à 66,6% du PIB selon l'Insee
L'Insee vient de publier son estimation de la dette publique, située "approximativement" à 66,6% du PIB. Ci-dessous, l'extrait incriminé de la publication Informations Rapides, disponible sur le site de l'Institut.
"Au deuxième trimestre de l’année 2007, la dette publique a augmenté de 32,3 Mds€ pour s’établir à 1216,4 milliards d’euros au 30 juin 2007 contre 1184,1 milliards d’euros au 30 mars 2007. Exprimée en pourcentage du PIB, la dette se situe approximativement à 66,6 %, en progression de 1,2 point par rapport au trimestre précédent. La dette de l’État a progressé de 27,7 Mds€ lors du deuxième trimestre. Cette augmentation est liée en grande partie à l’accroissement de la trésorerie de l’État, notamment pour faire face à des remboursements de titres négociables au mois de juillet. La dette des organismes divers d’administration centrale a augmenté de 1,4 Md€ au deuxième trimestre de 2007. Celle des administrations publiques locales a diminué de 2,6 Mds€. La dette des administrations de sécurité sociale a progressé de 5,8 Mds€ au cours de ce trimestre", est-il indiqué.
Parallèlement à cette information, le moral des ménages chute. L'indice était en hausse de 6 points en mai dernier, peu après l'élection de Nicolas Sarkozy, mais il s'établit en septembre à - 21 points, contre - 15 en juillet. L'opinion des ménages sur les perspectives d'évolution du niveau de vie en France chute de 15 points, laissant planer le doute que les Français n'ont pas pris en compte les effets attendus par la mise en place du "paquet fiscal".
16:00 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conjoncture
09 septembre 2007
Les premières répercussions de la crise financière
Eric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, revient ce dimanche sur la crise financière qui a agité les marchés boursiers ces dernières semaines. "Des gens si bien payés ont fait des bêtises, ils ne méritent aucune impunité. Ils doivent nettoyer leurs écuries, estimer dès maintenant l'ampleur de leurs pertes, le dire, reprendre les crédits normaux à l'économie réelle et prendre les moyens pour s'interdire de recommencer. Sinon, il faudra le leur imposer", estime-t-il, tandis que les répercussions de la crise se font sentir sur l'économie américaine, notamment à travers de nombreuses suppressions de postes. En août, le solde mensuel des créations d'emplois aux Etats-Unis a été négatif, et ce, pour la première fois depuis 2003. 4.000 emplois ont été supprimés en août, contre 68.000 crées en juillet. "Cette mauvaise surprise, due notamment à la contraction de l'emploi dans les secteurs manufacturier et public, ne témoigne pas encore pleinement des conséquences sur l'emploi de la crise de l'immobilier, sans compter les mauvaises surprises à attendre aussi du côté du secteur des services financiers", indique au quotidien Jean-Marc Lucas, de BNP Paribas. "Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le consommateur américain: l'immobilier est déprimé, les marchés financiers sont en proie aux turbulences, et maintenant voilà que le marché de l'emploi faiblit nettement", complète Audrey Childe-Freeman, économiste à CIBC (La Tribune). "Ce que nous vivons sur le marché du crédit a la capacité de pénaliser la croissance, mais l'économie va continuer à croître dans la seconde moitié de l'année", a pour sa part précisé le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Bloomberg-TV. Fin août, l'enquête semestrielle de l'Association américaine des économistes d'entreprise révêlait que 32% d'entre eux ont placé "l'effet des subprime" et "l'endettement excessif des ménages et des entreprises" en tête des problèmes qui pèsent sur l'économie outre-Atlantique, devant la menace terroriste.
Le subprime morgage, le crédit hypothécaire à risques, a représenté 13,6% du crédit immobilier américain accordé en 2006. L'aggravation de la crise financière est avant tout liée à l'incertitude qui plane sur les pertes provoquées à la suite des turbulances frappant les subprimes. Plus de deux millions de maisons ont été mises en chantier par an en dix ans aux Etats-Unis, mais à quel prix? Un certain nombre de ménages a été victime de l'appétit d'organismes de crédit peu regardants sur la solvabilité des personnes concernées (et qui en paient aujourd'hui le prix). Il a été garanti à ses ménages que le prix de leur logement allait monter, et ces prêts ont été revendus - ou titrisés - à des fonds. Des hedge funds ont racheté massivement ces crédits afin de les diluer dans des produits complexes dont on ne sait l'exposition réelle aux subprimes. Un certain nombre de banques s'est montré client pour ce type de produits, aussi appelés structured investment vehicules. La remontée des taux d'intérêt et la baisse des prix des logements depuis deux ans aux Etats-Unis ont étranglé le segment des subprimes américains. L'inquiétude planant sur les marchés provient essentiellement du flou entourant le nombre d'opérations effectuées autour de ces produits. "Nous avons eu une baisse significative du marché du logement aux Etats-Unis car il progressait à des niveaux qui n'étaient pas tenables. Vous ne pouvez pas avoir une correction pareille sans que cela fasse des dégâts. Il est trop tôt pour dire si c'est terminé mais je pense que c'est le cas. On en saura plus dans un mois ou deux", expliquait Henry Paulson en mai dernier. C'est aujourd'hui chose faite.
21:30 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, conjoncture, Etats-Unis
05 septembre 2007
L'OCDE révise la croissance des pays du G7 à la baisse
"Les perspectives de croissance sont bien moins bonnes" qu'avant la crise des subprimes dans les pays du G7, selon Jean-Philippe Cotis, chef économiste de l'OCDE. La crise financière devrait aboutir à une moindre croissance des pays industrialisés. L'Organisation, qui compte 30 pays, a dressé un bilan pour certains d'entre eux, révisant à la baisse la croissance française. Cette dernière est désormais estimée à 1,8%, contre 2,2%. Pendant ce temps, le gouvernement maintient ses prévisions de 2,25% pour l'année en cours. "Un certain nombre de clignotants de confiance sont allumés au vert, il n'y a pas de raison de redescendre au rouge sur un résultat moyen au deuxième trimestre. Tous nos calibrages de budget ont été faits sur la base de 2,25%", a réagi Christine Lagarde. L'organisation a revu en baisse de 0,1 point à 2,2% sa prévision de croissance pour le G7 cette année. La prévision de croissance des Etats-Unis à été abaissée de 0,2%, à 1,9%, contre 2,1% auparavant. Les prévisions concernant l'Allemagne ont elles aussi été abaissées, de 2,9% à 2,6%. "Ces changements ont largement été influencés par ce qui s'est passé au deuxième trimestre et par des chiffres Eurostat très inférieurs aux prévisions de mai de l'OCDE", a estimé Vincent Koen, conseiller économique de l'organisation", a indiqué Vincent Koen, conseiller économique de l'OCDE. En revanche, les attentes concernant le Royaume-Uni ont été révisées à la hausse, de 2,7% à 3,1%. Elles sont maintenues pour le Japon, à 2,4%.
Au vu des turbulences des dernières semaines, l'OCDE "conseille" à la BCE "d'attendre et de voir" l'évolution des marchés avant une nouvelle hausse des taux. Jean-Philippe Cotis ajoute par ailleurs que les banques centrales ne doivent pas "secourir les investisseurs ayant pris des risques excessifs". Il juge que la Fed pourrait "avoir des raisons" de baisser son taux directeur, le 18 septembre prochain, afin d'éviter une récession aux Etats-Unis.
23:45 Publié dans Economie, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : OCDE, G7, croissance, subprimes, conjoncture
24 juillet 2007
Le PIB russe a atteint 7,8% au premier semestre
Les investissements directs étrangers en Russie affichent une hausse de 27,2% sur un an, passant de 12,8 milliards de dollars en 2005 à 28,7 milliards en 2006. "Les chiffres de croissance des tigres asiatiques ne paraissent plus aussi impressionnants. Nous répétons depuis longtemps que le boom de l'investissement est là pour durer. Etant donné ces chiffres, l'essor de la production industrielle vers une croissance à deux chiffres en juin 2007 n'a plus rien de surprenant", font ramarquer à La Tribune des analystes de Deutsche UFG. La croissance donne à nouveau confiance aux investisseurs, par le passé plutôt favorables aux investissements à court terme. "Les taux de croissance sont élevés, supérieurs à nos prévisions initiales. Une nouvelle tendance se dégage cette année: la croissance économique est moins soutenue par des facteurs externes et s'appuie principalement sur la demande intérieure", a indiqué ce mardi à des agences de presse russes le vice-Premier ministre Alexandre Joukov, en charge des questions économiques au sein du gouvernement. Il a expliqué cette performance par l'accélération de la production industrielle, qui a progressé de 10,9% en juin. En juin, les prix à la production ont augmenté de 12,5% sur un an.
· En France, la consommation des ménages français en produits manufacturés a augmenté de 1,6% en juin après un recul de 1,0% en mai (-0,8% en première estimation), selon des chiffres corrigés des variations saisonnières et des jours ouvrables publiés par l'Insee. Sur douze mois (juin 2007 par rapport à juin 2006), les dépenses de consommation des ménages en biens manufacturés affichent une progression de 3,1%.
23:20 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Russie, conjoncture, PIB, croissance