12 décembre 2007
"À l'instant où je vous parle, la Belgique a cessé d'exister"
Le 13 décembre 2006, la Belgique a cessé d'exister (ou presque). Le docu-fiction diffusé par la première chaîne du service public francophone a provoqué un électrochoc, mettant en lumière des divisions entre Flamands et Wallons dont l'une des issues serait la séparation. Personnalités interloquées, transports interrompus, manifestations spontanées et scènes de joies et de cris, rien n'a été oublié par l'équipe de l'ancienne émission (toujours diffusée en France) Strip-Tease pour faire croire au pire. Le journaliste en charge de la présentation du journal du soir dans son décor habituel, avec pour seule indication initiale: "ceci n'est peut-être pas une fiction". Un an plus tard, la RTBF s'apprête à revenir sur ce coup médiatique qui prend tout son sens au regard de la crise politique dans laquelle la Belgique est plongée depuis six mois.
"Cela a été une pièce très utile dans le débat. Ça a poussé à ce que les gens se positionnent clairement par rapport à la problématique. Ç’a été un choc", indique à La libre Belgique Frédéric Deborsu, journaliste à la RTBF. "Nous voulions anticiper les élections de juin 2007, dont nous savions qu'elles allaient être sujettes à des blocages. Comment traiter le sujet avec l'écriture Strip-Tease ? Nous avons voulu conserver notre regard décalé", explique au Monde 2 Philippe Dutilleul, auteur du programme. 400.000 télespectateurs, soit 29% de parts de marché, se sont laissés prendre au jeu, non sans inquiétude comme l'a prouvé la quantité d'appels reçu à la RTBF. "Le choix d'une émission de fiction a été fait par l'ensemble des responsables de l'information, de la télévision, des rédactions, dans le respect de la procédure interne de la RTBF: il n'était donc pas improvisé et je l'assume", déclarait au lendemain de la diffusion Jean-Paul Philippot, administrateur général de la Radio-télévision belge francophone.
La démarche des concepteurs était d'ouvrir le débat sur les potentiels débouchés des lignes de fracture entre Flamands et Wallons; la question d'introduire le thème par la fiction fait encore débat. Il est avant tout question de la signalétique adaptée, un bandeau avertissant qu'il s'agissait d'une fiction n'étant intervenu qu'après la première demi-heure de diffusion. Il apparaît aujourd'hui que le programme a eu le mérite de mettre en lumière un scenario qui, même s'il semble peu plausible dans l'immédiat, revient régulièrement sur le devant de la scène.
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01 septembre 2007
La crise politique belge vue par la presse
La crise politique belge vue par la presse, jeudi et vendredi à Bruxelles "Par prudence, sans doute, par inexpérience, peut-être, Yves Leterme n'a pas endossé, au mois d'août, les habits d'un formateur et, donc, ceux d'un futur Premier ministre", indique, dans La libre Belgique, Francis Delpérée, sénateur CDH (centre) et constitutionnaliste. Dans ce long papier, l'auteur détaille le scénario qui a abouti, le 25 août dernier, aux prémices d'une crise politique. A Val Duchesse, où se sont tenues les négociations, les tranches de vie ne manquent pas. Les francophones tentent de faire valoir leurs positions face aux attentes flamandes, mais comment? "Sur l'heure de midi, déjeuner des négociateurs francophones. Au menu : un lapin à la kriek. Plus sérieusement : il s'agit de concevoir une position commune après l'énoncé des nonante et un points qui composent le programme institutionnel des partis flamands. Comment se positionner face à des demandes qui risquent de compromettre l'équilibre de l'Etat fédéral ? Il peut paraître vain de critiquer chacun des points retenus. Il semble plus utile de rappeler un certain nombre de thèmes que les francophones ont déjà mis sur la table à l'occasion d'autres négociations". Le courrier des lecteurs ne manque pas d'épingler l'attitude des négociateurs francophones, et en particulier de celle de la présidente du CDH, Joelle Milquet. "Quand on observe le comportement de madame Milquet, on est sidéré du vide politique qui l'habite ou, du moins, dont elle fait preuve. Car enfin, lancer un slogan aussi simpliste que 'non', entrer en discussion en clamant haut et fort nous ne demandons rien, c'est faire preuve d'une inconsistance coupable, d'une démagogie pernicieuse. [...] Et voilà donc le 'front francophone' qui entrait tous les jours à Val Duchesse, le sourire narquois au bord des lèvres sur l'air de: 'Eh bien, oui, nous y allons, parce qu'il faut bien jouer le jeu, mais rassurez-vous, nous ne demandons rien, nous ne cèderons sur rien, c'est non, et non et non'", commente un lecteur, Jacques van Doormaal.
L'éventuelle scission de la Belgique est analysée sous l'angle économique par L'Echo. "Les francophones doivent-ils craindre pour leur niveau de bien-être dans l'hypothèse d'une scission du pays? Prétendre le contraire serait naïf. La plupart des estimations aboutissent à une réduction moyenne des budgets des entités francophones de l'ordre de 20%. Concrètement, cela signifie que chaque Wallon devrait se passer de 1.000 euros par an, tandis que chaque Bruxellois serait ponctionné de 200 euros sur son budget actuel", indique le quotidien. La fiscalité est au centre des points à analyser dès maintenant, selon J.P.Bombaerts, l'auteur du papier: "Partant du constat qu'une bonne partie du malaise au Nord découle d'un sentiment de payer trop d'impôts pour le Sud, certains économistes prônent une réflexion générale sur la fiscalité en Belgique". Michel Quévit, professeur à l'Université catholique de Louvain, déclare qu'il faut "casser le mythe d'une Wallonie pauvre": "Compte tenu des transferts, il y aura certainement une chute du niveau de vie. Mais en même temps, il faut casser le mythe des Wallons pauvres face à des Flamands riches. Par rapport à un PIB européen moyen de 100, la Flandre se situe à un niveau de 123 d'après les chiffres de 2004, tandis que la Wallonie est à un niveau de 90. La Flandre ne fait donc pas partie des régions les plus riches d'Europe [...] On peut dès lors se demander si la stratégie de la Flandre ne consiste pas à récupérer les moyens financiers qui lui permettraient de réintégrer le peloton de tête européen. Ce qui explique pourquoi la pression flamande porte surtout sur des compétences à incidence financière". Ce samedi, cela fait 83 jours que la Belgique n'a pas de gouvernement.
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19 mai 2007
Un "traître magnifique"?
15:45 I La nomination de Bernard Kouchner au poste de Ministre des affaires étrangères et européennes est "commenté jusqu'en Belgique", indique le quotidien belge Le Soir. Mais le journal ne s'arrête pas au constat, et indique en Une qu'il est un "traître magnifique", selon les mots du journaliste Olivier Mouton. "L'ancien secrétaire d'Etat à l'Action humanitaire et ex-ministre de la Santé peut être opportuniste quand il s'agit de servir ses idées. D'autant que le parti de son coeur n'a jamais donné suite à ses ambitions. Un PS qu'il critiquait souvent, parlant d'une gauche contenant beaucoup d'archaïsmes", indique et rappelle l'un des premiers quotidiens à Bruxelles et en Wallonie. L'expression fait suite à l'annonce de François Hollande, qui a déclaré que Bernard Kouchner ne faisait plus partie du PS. "On ne devient pas socialiste avec François Mitterrand pour devenir sarkozyste avec Nicolas Sarkozy", a lancé hier le premier secrétaire du PS. Dans Le Monde de cet après-midi, Bernard Kouchner publie une tribune dans laquelle il détaille les raisons qui l'ont amené à occuper ce poste. "J'ai toujours été et je demeure un homme libre, militant d'une gauche ouverte, audacieuse, moderne, en un mot social-démocrate. En acceptant aujourd'hui de travailler avec des gens qui sur bien des sujets ne pensent pas comme moi, je ne renie pas mes engagements socialistes", écrit le nouveau ministre, qui ajoute que "la politique extérieure de notre pays n'est ni de droite ni de gauche. Elle défend les intérêts de la France dans un monde qui se réinvente chaque jour. Elle doit être déterminée et novatrice. En me faisant l'honneur de me proposer de diriger la diplomatie de la France, le président de la République n'a pas imaginé que je devienne sarkozyste". "J'espère que ce n'est pas seulement un coup tactique de Sarkozy avant les législatives. Kouchner a un parler vrai, des idées claires, il connaît bien la politique internationale. C'est un Européen convaincu, atlantiste par pragmatisme. Quant au devoir d'ingérence, je suis très attentif à ce principe. Nous devons regarder les crises pour les résoudre sans nous soucier du droit ni de la distance. Lui, il va faire quelque chose pour le Darfour", indique pour sa part un ancien humanitaire et membre du CDH, le parti centriste francophone belge, dans Le Soir.
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05 mai 2007
La revue de presse.51
Edition spéciale second tour
Si vous comptiez y échapper, c'est raté. Cette revue de presse est exclusivement consacrée au second tour de l'élection présidentielle. Le Soir en propose un bon exemple. Le quotidien belge propose les "derniers échos de la campagne", et donne la parole à Alain Duhamel. L'éditorialiste politique n'a pu couvrir en radio et en télévision la campagne électorale, à l'occasion d'une émission diffusée sur la chaîne câblée Be TV. "Je regarde les choses de façon différente. J'ai eu plus de temps pour réfléchir à la nature de la campagne, voir les candidats, leurs collaborateurs et m'exprimer de façon différente dans des cadres différents". Un débat sur Mai 68 est aussi proposé. Pour Paris Match, le duel se fera "jusqu'au bout". Un reportage photo est consacré à chacun des candidats: "Sarkozy allume le feu à Bercy", tandis que "Ségolène soulève les foules". La génération Sarko et la génération Ségo sont passés au crible par le biais de portraits de militants. Wolinski n'hésite pas à croquer les deux prétendants à l'Elysée: "Vive la France, plus juste et plus forte!" pour la candidate PS, "Vive la France, plus morale, et plus forte!" pour le candidat UMP. Challenges fait le point sur le train de vie du palais, et rappelle que lorsque le Président quitte sa fonction, il peut bénéficier d'un bureau payé par l'Etat. Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis, livre son regard sur les programmes des deux candidats, et déclare que "la vraie différence entre les deux, c'est leur vision du marché du travail". Enfin, Le Monde 2 se met au diapason avec un débat entre les intellectuels Edgar Morin et Luc Ferry, agrémenté d'un dossier consacré aux caricatures de Plantu sur le sujet. "J'ajoute de la fraîcheur dans les joues de Ségolène", confie-t-il, ajoutant que "Sarkozy, il faut le faire de façon géométrique". Le supplément hebdomadaire du Monde semble avoir trouvé la bonne formule pour conclure: "Adieu, monsieur le Président".
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14 avril 2007
Nicolas Sarkozy suscite la désapprobation en Belgique
La campagne vue par les médias étrangers C'est un article et un éditorial publiés ce matin dans le quotidien belge Le Soir qui interpellent le lecteur. Disponibles sur le site internet du journal, les deux articles dénoncent le virage à droite du candidat de l'UMP. C'est Joëlle Meskens, correspondante à Paris du journal, qui signe les deux papiers.
"Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants": la journaliste commence par affirmer que rarement le journal belge francophone prend position lors d'élections, mais explique "qu'on ne peut plus rester sans le dire". Etant donné la situation géographique des deux pays, la campagne présidentielle est abondemment couverte par les médias d'outre-Quièvrain (La libre Belgique de mardi proposait un dossier sur l'ouverture de la campagne officielle).
Dans l'article indépendant de l'édito, la correspondante du journal à Paris revient sur un des évènements de la précampagne: "déjà, alors que Jean-Marie Le Pen peinait à recueillir les 500 parrainages nécessaires à sa candidature, Nicolas Sarkozy lui avait offert un coup de pouce. Il avait alors conseillé aux maires sans étiquette de parrainer des candidats en difficulté, par souci démocratique. La tactique avait alors semblé répondre à un calcul : ne pas froisser les électeurs de Le Pen, qui se seraient vengés sur le candidat de l'UMP".
15:10 Publié dans Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielles, Sarkozy, dossier médias belges
07 avril 2007
La revue de presse du Samedi.47
"Deux journaux télévisés, deux regards différents": le quotidien belge "Le Soir" propose actuellement une grande série consacrée à l'opposition Nord/Sud, entre la Flandre et la Wallonie. Dans l'édition de ce matin, François de Brigode, présentateur du JT sur la RTBF (le service public audiovisuel belge francophone) et Vim de Vilder, son homologue à la VRT (l'équivalent flamand de la RTBF) confrontent leur façon de traiter l'information. Le quotidien se penche aussi sur l'élection présidentielle française: "l'Hexagone en quête d'un second souffle". Les taux d'abstention entre la présidentielle de 2002 et les législatives belges de 2003 font l'objet d'un comparatif, à la différence près que le vote est obligatoire outre-Quièvrain.
Pour Ségolène Royal, il faut changer la pratique de la fonction présidentielle. Elle répond, cette semaine, aux questions de "L'Express": "je pense, par exemple, que la commission de la Défense de l'Assemblée nationale doit être informée des décisions concernant l'engagement des forces militaires sur des théâtres extérieurs. Je pense que le Parlement devrait être beaucoup plus associé qu'il ne l'est à la définition de la politique étrangère du pays. Le président ne devrait plus être non plus, depuis longtemps, à la tête du Conseil supérieur de la magistrature. Son pouvoir de nomination devrait, dans certains cas, être plus limité qu'il ne l'est. Est-ce à lui, et est-ce aux présidents des Assemblées, de choisir les membres des structures indépendantes? Voyez tous les abus actuels. Voyez la manière dont les membres des cabinets ministériels sont recasés dans les derniers jours d'un quinquennat. C'est l'équilibre général qu'il faut changer. Et c'est cela, aussi, que j'entends lorsque je parle de VIe République". "Paris Match" préfère proposer un portrait de Nicolas Sarkozy: "l'homme derrière le candidat".
"Spécial recrutement 2007: 100.000 stages à saisir": "Challenges" propose cette semaine un dossier consacré aux stages à pourvoir actuellement. Jean-Paul Agon, directeur général de L'Oréal, indique qu'en trois mois de stage, il a découvert l'entreprise de sa vie.
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14 décembre 2006
La RTBF fait éclater la Belgique
Mercredi, 20h22, le magazine hebdomadaire d’information de la Une (chaine publique) vient de débuter… Le programme s’arrête, et le générique du JT démarre… « Emission Spéciale ». François de Brigode prend l’antenne pour annoncer l’invraisemblable : Le Parlement flamand vient de déclarer l’indépendance de la Flandre. Le divorce à la Belge est consommé…
Le présentateur enchaîne les directs avec le Parlement flamand, où la RTBF est personna non gratta, depuis le Palais royal où on apprend que le Roi Albert II s’est mis dans l’impossibilité de régner, et que la famille royale était en partance pour l’aéroport militaire de Mesbroeck…. A Namur, siège du Parlement wallon, où on est stupéfait par la nouvelle et un peu pris au dépourvu ; à Bruxelles, le Gouvernement régional se réuni dans une 10ème boule de l’Atomium, jusque-là inconnue des touristes. A Eupen, le Ministre-Président de la Communauté germanophone prend l’antenne et annonce un référendum sur l’avenir de la petite communauté (Indépendance ou rattachement à l’Allemagne ou au Luxembourg ?). La population est en émoi. Le standard téléphonique de la RTBF est débordé dès les premières minutes d’émission, le site de la chaîne est saturé… Les gens s’envoient des SMS et s’appellent en se demandant si c’est la réalité…
Télé ou réalité ?
La réalité, le mot est lancé… cette émission spéciale est un docu-fiction. Le projet était sur les rails depuis deux ans, mais tenu au plus grand secret. Les intervenants (Ministres, historiens, même Axelle Red ou Annie Cordy) ont joué le jeu. Après une demi-heure, la chaîne diffuse un bandeau permanent « Ceci est une fiction », tellement les téléspectateurs appelaient la RTBF pour en savoir plus. Mieux, Bel-RTL, la radio concurrente, dans ses flashes de la soirée, devait expliquer aux auditeurs le contenu de l’émission de la RTBF… Pendant nonante minutes, ce « vrai-faux JT » explique les conséquences d’une scission du Royaume. Fin de la solidarité en matière de sécurité sociale, partage de la colossale dette de l’Etat belge, établissement d’une frontière physique entre la Flandre et la Wallonie, les nouvelles plaques de voitures, les trains qui s’arrêtent aux points-frontières pour contrôler les passagers… Même l’Europe entre dans le jeu ! Une délégation flamande est reçue par la Commission pour parler du cas « Belgique », le sommet des chefs d’Etats et de Gouvernements des 14 et 15 décembre, sera parasiter par la création des nouveaux états. Rien n’est oublié. Comme c’est la Flandre qui s’en va, elle perd ses droits au sein de l’UE. Plus de représentations au sein de l’Union pour une période transitoire. Plus d’euros, le retour du Franc…flamand !
Les politiciens dans le panneau !
L’objectif de l’émission était de susciter le débat à l’approche des élections fédérales de 2007. A ce niveau-là la RTBF à gagner. Coté audience aussi, la une a été leader avec 29% de PDM (RTL : 25 et TF1 : 18%). Mais, ce qui surprend le plus, ce sont les réactions des politiciens, tant au Nord qu’au sud du pays. Guy Verhofstadt, Premier Ministre, trouve ce programme déplacé, Yves Leterme, Ministre-président flamand qualifie l’émission de « détestable !» ; et les Présidents des partis francophones sont unanimes, la RTBF a outrepassé ses obligations en tant qu’institution publique, par le mélange des genres qui a abouti à une tromperie du public. La Ministre francophone de l’Audiovisuel, Fadila Laanan, va convoquer la direction de la télévision publique pour obtenir plus d’explications et va demander un enquête interne. Elle précise qu’elle ne peut accepter ce type de dérive de la part de la RTBF.
Avec cette « Emission Spéciale » menée (...) par François de Brigode, la RTBF est sortie grandie de cette soirée qui s’est poursuivie par un débat de fond, vrai, celui-là. On reprochait trop souvent à la RTBF, son manque d’audace. On retiendra aussi, la façon dont le monde politique est tombé dans le panneau. A méditer… Pierre Bertinchamps, à Charleroi
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12 septembre 2006
La Belgique au carrefour de l’audiovisuel
Tant du côté français… que du côté belge, la RTBF fait parler d’elle. RTBF Sat, la chaîne belge des expatriés va-t-elle changer de nom pour s’appeler la trois? La TNT en Belgique, rêve ou réalité ? Tentatives d’explications.
La rentrée 2006 de la RTBF (Radio-Télévision Belge Francophone, service public) est marquée sous le signe du changement. Nouvel habillage pour la une exit le noir qui faisait frissonner le nouveau directeur des antennes dès son arrivée en avril dernier. Nouvelle identité pour la deux, dont il faut un peu plus féminiser l’audience. Bref, la griffe de Yves Bigot commence à se faire sentir. Même s’il le dit lui-même, d’autres changements seront plus visibles encore dès 2007 notamment en matière de fiction avec une nouvelle série belge et « Septième ciel » saison 2.
RTBF Sat, la chaîne des Belges à l’étranger, lancée en 2001 fait l’objet de nombreux forums français, et, plus étonnant puisqu’elle n’est quasi pas visible en Belgique, coté belge. Avec comme question : RTBF Sat changera-t-elle de nom pour devenir « la trois » ? D’un point de vue, le changement de nom n’aurait pas d’intérêt, si ce n’est de rendre la chaîne encore moins visible à l’étranger. la trois… si on ne reçoit ni la une ni ladeux, ça va pas dire grand chose aux téléspectateurs, surtout s’il tombe au milieu d’un Fata Morgana ou Ici Bla-bla ! Donc, la chaîne des Belges à l’étranger restera bien RTBF Sat.
L’idée d’une troisième chaîne de la RTBF en Belgique, par contre, n’est pas utopiste. En effet, on parle d’une chaîne des archives, puisque le contrat de gestion de la RTBF impose des émissions mettant en valeur les archives de la télévision publique belge. La RTBF est riche d’images et de documentaires qui restent dans les placards du Boulevard Reyers. Cette chaîne serait disponible sur les plates-formes numériques des câblos et sur la TNT. Mais pas avant 2007, la Ministre de l’Audiovisuel renégocie le nouveau contrat de gestion de l’institution publique, et c’est là que tout va se décider. Comme le déplafonnement de la publicité et la suppression de l’interdiction de faire de la pub 5 minutes avant et après un programme pour enfants.
Un autre projet de « troisième chaîne » verra le jour dès le 25 septembre 2006, c’est arte Belgique. Depuis 1993, la RTBF est membre associé d'arte. Au début, cela s’est traduit par Arte 21, qui permis de diffuser en Belgique les programmes de la chaîne franco-allemande de 19h à 1h du matin, le reste de la journée la RTBF proposait sur ce canal ses propres émissions, entre autre, culturelles. En 1996, vu l’échec audimétrique, arte a conservé son canal sur le câble et 21 est (re)devenue la deuxième chaîne de la RTBF (la deux par la suite). La nouveauté cette année, c’est que la RTBF va diffuser des fenêtres belges dans la grille d’arte. Ces émissions ne seront visibles qu’en Belgique. Une quotidienne en semaine de 20h15 à 20h45 (« 50° Nord »), et une mensuelle, le dernier mercredi du mois (...). Ce sera la première fois que arte fera l’objet d’une double programmation pour un public spécifique. Cette « nouvelle chaîne » risque de modifier la réception de la RTBF. Les émetteurs devraient relayer ces émissions, et donc il n’est pas exclu de ne plus recevoir RTBF-Sat depuis l’émetteur de Tournai (canal 60). Arte négocie avec la RTBF ce cas de figure, ce qui permettrait aussi la réception 24h/24 et non plus sur un canal partagé avec France 5 comme actuellement.
L’année 2007 sera aussi une échéance importante pour l’audiovisuel belge de la Communauté française, puisque la TNT devrait officiellement faire son apparition. On sait déjà que la RTBF aura son bouquet fait de la une, ladeux, (la trois) et RTBF Sat. Francetélévisions est en négociations pour être relayée sur la TNT, histoire de la rendre un peu attractive. Par contre pas de nouvelles du coté de RTL et BeTV. RTL est fortement liée au télédistributeurs, même si, à TVi (la première chaine privée belge) on ne cache pas que RTL TVi, Club RTL et PLUG TV doivent être reçues par un maximum de gens. La TNT utiliserait les émetteurs de la RTBF et c’est de là que le problème viendrait. Il serait préférable d’avoir un diffuseur indépendant comme TDF en France. Pour BeTV, les câblos wallons sont actionnaires de la chaîne à péage, et on imagine moins un autre procédé de diffusion que la télédistribution. L’offre belge de la TNT comporterait 8 canaux… et aucune chaîne ne serait créée pour l’occasion. Pour rappel, le taux de pénétration du câble en Belgique dépasse les 80% pour un territoire équipé à 97% !
La Belgique vit actuellement de grands bouleversements audiovisuels depuis l’avènement du câble en 1975, la TNT ne devrait pourtant pas avoir le même succès qu’en France. Le câble est très présent et beaucoup plus attractif en terme de programmes. C’est pas encore demain que les antennes râteaux réapparaîtront sur les toits de nos maisons. Pierre Bertinchamps, à Charleroi
19:25 Publié dans Communication, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chroniques des lecteurs, belgique, dossier médias belges