03.05.2007

Peu avant 23 heures, l'incident sur les handicapés


Edition spéciale entre-deux tours: après le débat

"Je ne voterai pas pour Sarkozy". C'est cette phrase, recueillie par le Monde, qui crée l'évènement aujourd'hui: François Bayrou n'accordera pas sa voix au candidat de l'UMP. "Il risque d'aggraver les déchirures du tissu social", explique-t-il au quotidien, qui appelle à voter en faveur de la candidate socialiste: "Ségolène Royal a esquissé un "désir" de changement, tracé une perspective. Sa victoire lui donnerait l'autorité pour engager ce travail de réinvention indispensable. C'est un pari. Pour le pays, il mérite d'être tenté". Il n'y a "aucun vainqueur ni perdant manifeste", note La libre Belgique, tandis que le magazine allemand Der Spiegel indique que "pendant deux heures et demie, ils se sont rendu coup pour coup. Et, à la fin, aucun des deux protagonistes n'était K.-O". 12.979.720 personnes ont suivi le débat sur TF1, contre 7.085.000 sur France 2, victime d'un problème de son sur les réseaux numériques. C'est plus qu'en 1995, mais moins qu'en 1981 et 1988. Les chiffres d'hier soir devraient être augmentés par le biais des chaines d'information.
C'est l'incident sur les handicapés (en vidéo) qui a marqué le débat. A 22:55, Ségolène Royal sort de ses gonds suite à l'introduction du thème par Nicolas Sarkozy. La proposition du candidat de l'UMP d'un droit opposable à la garde d'enfants glisse sur la question de l'intégration en milieu scolaire des enfants handicapés.
"Ségolène Royal : Les gens vont aller devant les tribunaux alors qu'ils sont déjà débordés et qu'ils ont autre chose à faire? Ce n'est pas sérieux!
Nicolas Sarkozy : Ce n'est pas gentil de dire des choses comme cela. Je vais prendre un exemple qui va peut-être vous toucher. L'affaire des enfants handicapés dans les écoles. Je considère qu'il est scandaleux qu'un enfant ayant un handicap ne puisse pas être scolarisé dans une école "normale." C'est important pour l'enfant ayant un handicap et pour les autres enfants qui n'ont pas de handicap, qui au contact de cet enfant différent apprendront que la différence est une richesse. Dans les démocraties du nord de l'Europe, 100 % des enfants ayant un handicap sont scolarisés en milieu scolaire classique. En France, c'est 40 %. Je veux créer un droit opposable. Cela veut dire quoi ? Qu'une famille au bout de cinq ans, à qui on refuserait une place dans une école, pourrait aller devant le tribunal en disant : la République m'a promis un droit. Un homme politique s'est engagé et n'a pas tenu sa promesse. Que se passe-t-il ? Je veux en finir avec les discours creux (pas le vôtre, je ne veux pas être désagréable) avec ces promesses incantatoires, cette grande braderie au moment de l'élection, on rase gratis, on promet tous. Quand on ne sait pas promettre, on promet une discussion. Je veux m'engager sur des résultats, sur du concret. Je veux dire à toutes les familles ayant rencontré le drame du handicap que je ferai une place à chacun de leurs enfants dans les écoles, que je donnerai les moyens aux écoles pour les accueillir. La preuve de ma bonne foi sera le droit opposable et la capacité d'aller devant un tribunal pour faire-valoir ses droits. Ce n'est ni ridicule, ni accessoire. C'est peut-être même ce qui fait la différence entre la vieille politique et la politique moderne.
Ségolène Royal : Là, on atteint le summum de l'immoralité politique. Je suis scandalisée par ce que je viens d'entendre, parce que jouer avec le handicap comme vous venez de le faire est proprement scandaleux. Pourquoi ? Lorsque j'étais Ministre de l'enseignement scolaire, c'est moi qui ai créé le plan Handiscol qui a demandé à toutes les écoles d'accueillir tous les enfants handicapés. Pour cela, j'avais créé parmi les aides éducateurs que vous avez supprimés, 7000 postes d'aides éducateurs, d'auxiliaires d'intégration. J'avais doté toutes les associations de parents d'enfants handicapés des emplois liés à l'accompagnement et aux auxiliaires d'intégration dans les établissements scolaires. C'est votre gouvernement qui a supprimé non seulement le plan Handiscol, qui a supprimé les aides éducateurs, qui fait qu'aujourd'hui, moins d'un enfant sur deux qui était accueilli il y a cinq ans dans l'école de la République ne le sont plus aujourd'hui. Vous le savez parfaitement. Je trouve que la façon dont vous venez de nous décrire, la larme à l'œil,  le droit des enfants handicapés d'intégrer l'école, alors que les associations des parents d'handicapés ont fait des démarches désespérées auprès de votre Gouvernement pour réclamer la restitution des emplois, pour faire en sorte que leurs enfants soient à nouveau accueillis à l'école, y compris les enfants en situation de handicap mental à l'école maternelle, où avec moi tous les enfants handicapés mentaux étaient accueillis à l'école maternelle dès lors que les parents le demandaient. Laissez de côté les tribunaux, les démarches pour les parents qui en ont assez de leurs souffrances, d'avoir vu leur enfant ne pas pouvoir être inscrit lors des rentrées scolaires lorsque vous étiez au Gouvernement. Laissez cela de côté. La façon dont vous venez de faire de l'immoralité politique par rapport à une politique qui a été détruite, à laquelle je tenais particulièrement, parce que je savais à quel point cela soulageait les parents de voir leurs enfants accueillis à l'école. Vous avez cassé cette politique! Et aujourd'hui, vous promettez en disant aux parents qu'ils iront devant les tribunaux?! Tout n'est pas possible dans la vie politique, ce discours, cet écart entre le discours et les actes, surtout lorsqu'il s'agit d'enfant handicapé, ce n'est pas acceptable. Je suis très en colère. Les parents et les familles…
Nicolas Sarkozy : Calmez-vous et ne me montrez pas du doigt avec cet index pointé!
Ségolène Royal : Non, je ne me calmerais pas!
Nicolas Sarkozy : Pour être Président de la République, il faut être calme.
Ségolène Royal : Non, pas quand il y a des injustices! Il y a des colères saines, parce qu'elles correspondent à la souffrance des gens. Il y a des colères que j'aurai, même quand je serai Présidente de la République". Vidéo: Le Figaro/Dailymotion

02.05.2007

Le débat de l'entre-deux tours (suite)

Edition spéciale entre-deux tours: le débat en direct

22:00,22:02,22:04,22:05,22:06,22:07,22:08,22:09,22:10,22:11,22:12,22:14,22:16,22:17,22:18,22:19, 22:21,22:22,22:24,22:25,22:26,22:28,22:29,22:31,22:25,22:36,22:37,22:38,22:39,22:41,22:42,22:43,22:44,22:45, 22:46,22:48,22:49,22:50,22:51,22:53,22:54,22:55,22:57,22:59,23:01,23:03,23:04,23:06,23:07,23:08,23:10,23:12, 23:13,23:14,23:19,23:20,23:21,23:22,23:23,23:25,23:27,23:28,23:29,23:31,23:32,23:33,23:34,23:37,23:38 I "Je réformerai les régimes spéciaux", indique le candidat de l'UMP, qui embraye sur le logement. "Il faut qu'on favorise la propriété" pour les Français, indique-t-il. Pour la protection sociale, il faut "créer un cinquième risque, celui de la dépendance", et "engager un plan contre l'Alzheimer. S.Royal s'interroge sur le financement des mesures abordées par le candidat de l'UMP, compte tenu des medium_h_9_ill_904567_debat3.jpgbaisses de prélèvements obligatoires qu'il a promis. La candidate PS "souhaite réformer les petites retraites". "La relance de la croissance économique va aussi permettre des côtisations supplémentaires", affirme S.Royal. "Je me suis engagé à réformer l'indice des prix", indique Mme Royal. "La réforme de la loi Fillon a crée une injustice insupportable compte tenu des femmes" qui se sont arrêtées de travailler plus tôt pour élever leurs enfants. La "pénibilité des tâches" est abordée par la candidate socialiste. "Pour la première fois, on voit, en France, des jeunes qui sont inquiets de leur retraite". N.Sarkozy souhaite ramener le débat du financement des retraites à toute la classe politique. "Ca dépend de la pénibilité du travail!" indique S.Royal, qui ajoute que "toutes les branches de la Sécurité sociale sont en déficit". Les régimes spéciaux reviennent sur le devant de la scène. S.Royal s'attaquera à la question des régimes spéciaux, et notamment à celui des parlementaires. "La grande discussion, il faut qu'elle débouche sur quelque chose!", indique N.Sarkozy, qui ne "remet pas à plat la loi Fillon". "Je garantis le financement des régimes de retraites", indique S.Royal. "Le problème de la France, c'est qu'on paie trop d'impôts", indique N.Sarkozy. "On ne peut pas imposer aux entreprises des prélèvements plus lours de ceux qu'elles paient dans les autres pays", lance-t-il. "Une politique d'évaluation de toutes les politiques publiques" sera lancée, selon le candidat de l'UMP. "On parle des impôts, s'il vous plaît", demande Patrick Poivre d'Arvor. Il faut lancer "un plan massif d'isolation dans les logements déjà construits", selon S.Royal. "Je veux un impôt juste", lance Mme Royal ("il faut faire attention aux injustices fiscales"). La question de l'accession à la propriété est abordée par la candidate socialiste, qui créera, si elle est élue, "un service public de la caution". "moi je considère qu'un pays libre, c'est un pays dans lequel chacun peut disposer librement" du fruit qu'il a récolté en travaillant, indique Mr Sarkozy. La question de l'environnement est abordée. "Le nucléaire, c'est une énergie propre", affirme le candidat de l'UMP, qui revient sur le logement. "Mon ambition, c'est de faire de la France une France de propriétaires", indique-t-il. Il souhaite "supprimer les droits de succession". "J'entends faire de la France le pays de l'excellence écologique", annonce Ségolène Royal. "Votre projet a reçu la note de 8/20", indique-t-elle en direction de Nicolas Sarkozy. Les chiffres sur la part du nucléaire divisent les candidats. "L'EPR n'est pas une nouvelle centrale, c'est un prototype. Vous mélangez tout!" indique Mme Royal. La question des ressources en uranium est abordée. "On referme ce chapitre provisoirement, si ça vous ne gêne pas", indique Patrick Poivre d'Arvor. Le débat sur l'éducarion est lancé. Nicolas Sarkozy "veut une école du respect", où "les enfants de familles modestes acceptent aux grands auteurs", qui "transmettent une morale commune", et où chacun "à un parcours qui est adapté à ses problèmes". Il propose l'intauration d'un service d'études dirigées, au collège et au lycée, et le choix de l'école pour son enfant. La question de la notation est remise en cause par le candidat. "Il nous faut un nouveau pacte éducatif dans l'école de la République", selon Ségolène Royal. La question de la violence scolaire et des emplois jeunes est abordée par la candidate. "Je veux que tous les enfants sortent de l'école avec un bagage", indique-t-elle. L'école sera rendue "obligatoire à partir de l'âge de trois ans", et un "soutien scolaire individualisé" pourra être mis en place. "Je veux renforcer les moyens dans les zones d'éducation prioritaires", indique-t-elle. "Je veux renforcer l'autonomie des établissements", lance S.Royal, qui évoque la "culture" et la carte scolaire (son "contournement", du fait qu'elle soit "trop rigide"). "Dans les quartiers difficiles, je rendrais dès cet été les 5 000 postes d'enseignants qui ont été supprimés", indique Mme Royal. La place des parents à l'école est abordée par Mme Royal. Il faut "diviser les gros collèges", selon la candidate du PS. "La place des familles est centrale" à l'école, selon Mr Sarkozy. "Quand il y a des familles défaillantes, je souhaite que les allocations familiales soient mises sous tutelle", indique-t-il. "Le droit opposable à la garde d'enfants" est proposé par N.Sarkozy. "Moi, je m'engage sur des résultats", lance-t-il. "Je pense que l'on atteint le summum de l'immoralité politique", indique Ségolène Royal, suite aux propos de Nicolas Sarkozy sur l'intégration des enfants handicapés en milieu scolaire. "Je suis très en colère", lance-t-elle. "Il faut que les discours soient cohérents avec les actes", déclare Mme Royal. "Vous avez la vision sectaire de la gauche", réplique Mr Sarkozy. L'Europe, thème introduit par Arlette Chabot, est débattu en premier par Ségolène Royal. "Je veux relancer l'Europe par la preuve, et je veux à nouveau consulter les Français par référendum", déclare la candidate socialiste. Nicolas Sarkozy s'exprime: "je crois très important d'arrêter la course en avant à l'élargissement tant qu'on aura pas doté l'Europe de nouvelles institutions". Il indique ses souhaits, et sa volonté de faire de l'Europe une "Europe de protection des français". Pour S.Royal, "le peuple français sera consulté par référendum" sur l'adhésion ou non de la Turquie à l'UE, que Nicolas Sarkozy refuse catégoriquement. "Ca fait quarante ans qu'on leur fait croire...", commence N.Sarkozy, qui rappelle que la Turquie se situe en Asie mineure. "Ce sont les dirigeants de ce pays qui sont extrêmement dangereux", déclare Mr Sarkozy à propos du nucléaire iranien. Ségolène Royal consolide sa position. L'Afrique, et plus particulièrement le Darfour, sont abordés, dans le cadre d'un débat introduit par le journaliste de TF1. Le candidat de l'UMP embraye sur la thématique de "l'immigration choisie". Nicolas Sarkozy attaque Ségolène Royal sur ses positions vis-à-vis de la Chine. Ségolène Royal aborde les problèmes au Darfour puis, plus généralement, en Afrique. Arlette Chabot lance le débat sur l'immigration. Nicolas Sarkozy ne fera "pas de régularisation globale". "La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", selon le candidat de l'UMP. "C'est un problème très difficile", selon Ségolène Royal. "Je n'ai jamais demandé de régularisation globale", affirme la candidate socialiste, qui n'a "pas l'intention" d'entrer dans une logique de "récupération politicienne". "Il y a des droits et des devoirs", indique-t-elle. Patrick Poivre d'Arvor et Ségolène Royal relancent le débat sur les institutions. N.Sarkozy fustige le débat Royal-Bayrou de samedi dernier, et la proposition d'une sixième République. "Je pense qu'il faut réformer en profondeur les institutions", indique S.Royal, qui ajoute que "le cumul des mandats sera désormais interdit". Elle évoque les "jurys citoyens". Chacun aura trois minutes pour conclure le débat. Patrick Poivre d'Arvor souhaite faire parler les candidats de leurs éventuels "points communs", et de leur adversaire. Nicolas Sarkozy indique que le mot "fatalité" ne fait pas partie de son vocabulaire. "Je voudrais m'adresser aussi à ceux qui hésitent encore", indique Mme Royal. "Je veux être aus ervice de la France, avec l'expérience qui est la mienne", indique-t-elle. Les journalistes concluent le débat.

Le débat de l'entre-deux tours

Edition spéciale entre-deux tours: le débat en direct

21:01,21:02,21:03,21:05,21:06,21:08,21:09,21:12,21:13,21:14,21:16,21:18,21:21,21:24,21:26,21:27,21:28,21:29, 21:30,21:31,21:32,21:34,21:36,21:39,21:41,21:42,21:43,21:45,21:46,21:47,21:49,21:51,21:52,21:57,22:00 I  Ce qui fait débat réactive son dispositif de soirée électorale via le débat de l'entre-deux tours.L'émission vient de commencer sur les antennes de radio-télévision. Les medium_h_9_ill_904567_debat3.jpgcandidats s'expriment sur leur "état d'esprit": S.Royal va "très bien", et M.Sarkozy est "concentré".

Première question, "quel président serez-vous si vous êtes élu? Quel style voulez-vous donner à cette présidence?" Nicolas Sarkozy commence à parler: "j'essaierais (...) d'être un président de la République qui s'engagera sur des résultats". La question des nominations est abordée sur le candidat de l'UMP, qui ne souhaite pas dépasser deux mandats. PPDA relance, Ségolène Royal souhaite "sortir la France de la situation de la situation dans laquelle elle se trouve aujourd'hui". La question des retraites est soulevée, tout comme celles du pouvoir d'achat et de l'insécurité. Elle cite le nom de son adversaire politique, qui a été Ministre de l'Intérieur. Nicolas Sarkozy réagit sur la question de l'insécurité, en attaquant la gauche sur ce thème, en faisant référence à la défaite du PS en 2002: "sur les cinq ans de gouvernement Jospin, la délinquance avait progressé de 18%". Le "problème" de la dette est abordé. S.Royal revient sur la question de la sécurité, et affirme par ailleurs qu'elle ne diminuera pas le nombre de fonctionnaires. Il faut, selon la candidate PS, "davantage d'agents publics". "La morale politique, puisque vous venez de prononcer ce mot, demande que l'on rende des comptes", indique S.Royal. En revanche, dans le cadre de la "régionalisation", la lutte contre "toutes les formes de gaspillage d'argent public" sera déclenchée. Une joute verbale oppose les deux protagonistes sur la question de la sécurité. N.Sarkozy propose qu'il "n'y ait plus un seul délinquant sexuel" qui ne sorte pas de prison sans traitement. La question de la récidive est abordée par le candidat de l'UMP. Ma question des fonctionnaires est soulevée, tout comme celles de la productivité et de l'hôpital - "ce sont les 35 heures qui ont" affaibli "l'hôpital public français". S.Royal mettra "en place" l'encadrement "militaire". Sa priorité "sera sur la prévention, et sur la sanction". Elle "veut réconciler la France avec les entreprises". "Je vais concentrer sur les PME les aides publiques", affirme S.Royal, qui leur accordera des avantages fiscaux. Le "levier écologique" sera mis en place, selon la candidate du PS. N.Sarkozy l'attaque sur le fait qu'elle "veut survoler tous les sujets en même temps". Pour le candidat de l'UMP, il faut "considérer le travail", en "libérant la possibilité de travailler en France". Il commence à questionner Mme Royal sur la question du financement du projet. "Les 35 heures, ça coûte 17 milliards d'euros chaque année!", clame-t-il. Il souhaite obtenir le "plein emploi". S.Royal a dit, selon ses mots, qu'elle "maintenait le nombre de fonctionnaires". "Vous plaisantez!", lance-t-elle dans un vif échange. La thématique du travail est abordée, la proposition de N.Sarkozy est "dangereuse" selon Mme Royal (cf. libéralisation des heures supplémentaires). "Je propose de créer, sur les cinq années, les 500.000 emplois-tremplins pour les jeunes". Ceux-ci "ne coûtent rien". La question du MEDEF et de sa présidence est abordée. "Comme il n'y aura pas de charge, les entreprises pourront créer", affirme N.Sarkozy, qui "souhaite créer un service public de l'emploi". Les chômeurs "ne pourront pas refuser plus de deux offres d'emploi successives". "Il n'y aura plus aucun licenciement économique si je suis Président de la République", indique-t-il, tout en attaquant la gauche sur la question des 35 heures. La candidate cite Zapatero et Prodi, et lance le débat sur la question des bas salaires. "Vous faites semblant de ne pas comprendre", dit-elle. "Nous rediscuterons des 35 heures" à propos de leur application, affirme-t-elle. "Il n'y aura plus de loi qui ne sera imposée dans le domaine social tant qu'il n'y aura pas eu de dialogue avec les partenaires sociaux", indique-t-elle. "Je veux relancer la croissance", réaffirme-t-elle. Arlette Chabot souhaite recentrer le débat sur la question du pouvoir d'achat. "J'ai ma liberté de parole, et vous l'avez", lance S.Royal. "A quoi ça sert, les RTT, quand on a pas de quoi payer" les vacances, demande N.Sarkozy. Les allègements de charges sont évoqués par le candidat de l'UMP. "On ne peut plus maintenant demander aux contribuable de financer les pré-retraites à guichets ouverts", indique N.Sarkozy. La question des "talents" (S.Royal) est abordée. Elle "sera la Présidente de la République qui fera en sorte que la matière grise reste en France". "Vous avez une capacité à tout mélanger qui est remarquable", lance N.Sarkozy. Les pôles de compétitivité sont abordés. S.Royal souhaite se placer sur le terrain de la contestation des propos de N.Sarkozy ("aucune exonération fiscale n'est arrivée"). Le fincancement des retraites; "je garantirais l'application des lois Fillon", lance N.Sarkozy.

Les candidats préparent le débat

Edition spéciale entre-deux tours: le débat à 21 heures

medium_h_9_ill_904567_debat3.jpgMises à jour 18:38 et 18:42 I Les protagonistes du premier face-à-face d'entre-deux tours depuis quatorze ans se préparent en vue du programme, qui débutera à 21 heures, en direct des studios de la SFP à Boulogne-Billancourt. Dans un décor de 200 mètres carrés, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, l'un placé à droite, l'autre à gauche, s'affronteront dans le cadre d'un débat radio-télévisé modéré par Patrick Poivre d'Arvor (TF1) et Arlette Chabot (France 2). Plusieurs thématiques seront abordées au cours de la soirée: la France et ses institutions, les questions économiques et sociales, l'éducation, la recherche et l'environnement, avant de conclure par les familles, l'écologie et le développement durable, et l'Europe. " Nous serons là pour arbitrer et pour ordonnancer le débat. Nous pourrons relancer les candidats mais sans relever d'éventuelles contradictions, comme nous l'avons fait dans nos émissions respectives", déclare au Figaro le journaliste de TF1. Pour sa consoeur de France 2, la "principale mission" des modérateurs est que "est que chacun puisse s'exprimer à égalité sur chaque sujet et qu'en aucun cas on ne donne le sentiment de privilégier l'un ou l'autre. Mais les deux candidats sont suffisamment rodés à la télévision pour que leur face-à-face soit vif et animé". Nicolas Sarkozy prendra la parole en premier, et a affirmé ce matin sur France inter être détendu: "Je ne pense pas que les Français choisissent pour cinq ans un président de la République sur la seule impression d'un débat de deux heures". Pour Ségolène Royal, le même optimisme est de rigueur, comme elle l'annonçait lundi: "Pourquoi voulez-vous que je redoute quelque chose ? Toute ma vie politique a été faite de dialogues et de débats, je n'en ai fui aucun". "Ce que je trouve positif, c'est la nouvelle occasion trouvée ce soir pour Nicolas Sarkozy dont le principe de la campagne a été d'expliquer et convaincre", indique pour sa part au Nouvel Observateur Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale.François Hollande estime pour sa part que le débat de ce soir "va contribuer à forger la conviction de beaucoup de nos concitoyens qui n'ont pas encore décidé".

01.05.2007

"Rassembler toutes les énergies d'où qu'elles viennent"

Edition spéciale entre-deux tours

Comment donner la réplique à Nicolas Sarkozy, deux jours après un meeting ayant réuni 40.000 militants à Bercy? En faisant différent et plus fort, selon l'équipe de campagne de Ségolène Royal, qui a inialement opté pour un lieu ouvert, le stade Charléty à Paris. Selon le Parti Socialiste, ce sont 60.000 militants qui se sont rendus sur les lieux, pour assister à une série de concerts et au discours de la candidate socialiste. Après une fin d'après-midi musicale, Ségolne Royal est entrée sur scène à 19 heures.

Cette dernière a indiqué avoir "entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès : rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial", et a "salué" le "peuple libre, peuple fier, peuple insoumis et qui veut la victoire". "Doc Gynéco, ce n’est pas André Malraux, François Mauriac ce n’est pas Bernard Tapie, et M. Sarkozy ce n’est pas le général de Gaulle", a-t-elle lancé, damant le pion à son rival sur la question des symboles et de mai 68 (dimanche, "la machine a remonter le temps était en marche", selon la candidate PS). "Il disait que tout était de la faute de mai 68. Quelle mouche l'a piqué? Car Mai 68, c'était il y a 40 ans", a-t-elle ajouté. La France mérite, selon Mme Royal, "d'autres formes de gouvernement et d'autres choix politiques". Elle a remercié la foule venue se presser dans l'enceinte habituellement encline à voir défiler des athlètes: "votre présence exceptionnelle, enthousiaste, conquérante mais aussi tolérante et fraternelle me va droit au cœur. Merci pour ce bonheur".

Le site internet du Nouvel Observateur rend public ce soir une "lettre aux Français" rédigée par la candidate à l'élection présidentielle. Elle y indique que "le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire". Crédit vidéo PS/Dailymotion

29.04.2007

Nicolas Sarkozy se pose en "porte-parole" des Français

Edition spéciale entre-deux tours

medium_urne_plexiglas-50.jpgSouhaitant adopter la posture d'un "porte-parole du peuple français", Nicolas Sarkozy a tenu un meeting cet après-midi à Bercy, devant 17.000 personnes, auxquelles s'ajoutent celles ayant dû suivre le discours du candidat de l'UMP sur des écrans géants.

"Durant ces quatre mois, je vous le jure, j'ai tout donné", a-t-il indiqué, s'appuyant sur une scénographie plaçant le candidat au coeur de la foule. La proposition de la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale a été évoquée au cours de ce discours: "le besoin de politique a pour corollaire le besoin de nation. On la disait condamnée, et la voilà de retour, contre l'inquiétude née de la mondialisation. Je réclame le droit de pouvoir parler de l'identité nationale française sans être traité de nationaliste".  "Au lieu d'apporter leur soutien aux forces de l'ordre qui ont fait un travail", des adversaires ont prononcé "cette phrase qui devrait rester dans les annales des campagnes présidentielles : Il est inquiétant de constater qu'un fossé se creuse entre la police et la jeunesse. Cette gauche la n'a rien compris. C'est une insulte a la jeunesse de France que de les assimiler aux casseurs", a-t-il indiqué en référence aux émeutes de la gare du Nord. La question de la morale a aussi été évoquée, complétée de référence aux évènement de mai 1968, dont il faut "tourner la page": "nous conjurerons le pire en remettant de la morale dans la politique. Le mot morale ne me fait pas peur. La morale, après 1968, on ne pouvait plus en parler. Pour la première fois depuis des décennies, elle a été au coeur d'un campagne". Il y a trente-neuf ans, "il n'y avait plus aucune différence entre bien et le mal, le beau et le laid, le vrai et le faux; l'élève valait le maître". Nicolas Sarkozy devra cependant faire preuve de tact afin de convaincre les électeurs de François Bayrou, qui ont été au nombre de 6,8 millions au premier tour de l'élection présidentielle. Des bannières "J'ai voté François, je vote Nicolas" sont apparues cet après-midi, au moment où Hervé Morin, président des députés UDF à l'Assemblée Nationale, a annoncé qu'il votera Nicolas Sarkozy "sans hésitation".

28.04.2007

Bayrou/Royal: je t'aime, moi non plus

Edition spéciale entre-deux tours

medium_urne_plexiglas-50.jpg13:10 I Mises à jour 13:14, 13:18, 13:22 I Le dialogue télévisé entre François Bayrou et Ségolène Royal s'est déroulé entre 11:00 et 13:00 sur les antennes de BFMTV et de RMC. Reporté plusieurs fois, il a été organisé par NextRadioTV et modéré par Jean-Jacques Bourdin et Olivier Mazerolle.

"Il m'a semblé interessant de voir sur quels thèmes nous pouvons faire un bout de chemin ensemble", a indiqué Ségolène Royal au début de l'échange, qui s'est tenu dans un hôtel du premier arrondissement de Paris. "Je n'attends pas un ralliement, car ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs. (...) Mais, sur un certain nombre de sujets difficiles, nous pouvons faire émerger un certain nombre de convergences, qui vont permettre à la France de se redresser", a-t-elle déclaré à propos de ce débat dont elle avait lancé mercredi l'invitation à François Bayrou. Les questions économiques se sont révélées être le principal thème de désaccord entre les deux protagonistes. Pour François Bayrou, l'idée d'un SMIC européen n'est "pas sérieuse", contrairement à Ségolène Royal, qui considère que ce "principe" ne doit pas être abandonné. Pour le président de l'UDF, un euro faible serait à même "d'affaiblir l'économie française". "Si on voulait schématiser le débat, on a des convergences du point de vue institutionnel, mais je suis en désaccord avec la vision économique de Ségolène Royal", a indiqué François Bayrou. La question des retraites s'est aussi révélée être un point de distensions entre la candidate PS et le troisième homme du premier tour. "Ceux qui pensent qu'on peut revenir sur la loi Fillon se trompent", a indiqué ce dernier, tandis que Ségolène Royal a indiqué que la gauche "reviendra" sur cette mesure. "La France ce n'est pas un signe extérieur, c'est des valeurs", a lancé le leader centriste, souhaitant clarifer sa position vis-à-vis de la position de Ségolène Royal sur l'éventuelle possession d'un drapeau français dans chaque domicile.

27.04.2007

Le débat Bayrou/Royal aura lieu demain

Edition spéciale entre-deux tours

Mises à jour 17:15 et 18:25 I Appelée de ses voeux dès mercredi par Ségolène Royal, la confrontation avec François Bayrou, dans l'optique de récupérer les voix de ses sept millions d'électeurs, se révèle plus compliquée à organiser que prévu. Initialement prévue aujourd'hui avec le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), la rencontre avait été annulée hier matin en raison d'une réponse négative de ce dernier. "Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a indiqué Ségolène Royal, tandis que le candidat de l'UMP a refusé tout débat avec le président de l'UDF, hier soir sur l'antenne de TF1. "Je le démens formellement. Il n'y a pas eu la moindre pression de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas eu de contact", a pour sa part indiqué sur LCI Jacques Camus, un des responsables du syndicat. Le débat devait par la suite se tenir demain sur ls antennes de Canal+, i>télé et France inter, mais a été annulé hier soir par la chaîne cryptée en raison de problèmes liés à l'égalité des temps de parole. Le CSA a démenti être intervenu dans l'annulation de ce débat. Ce matin, Jean-Louis Bianco, co-directeur de la campagne de la candidate socialiste, a annoncé que la confrontation aura lieu demain. Elle sera retransmise de 11:00 à 12:30 sur RMC et BFMTV, et sera animée par Jean-Jacques Bourdin et Olivier Mazerolle. Un temps d'antenne compensatoire sera accordé à Nicolas Sarkozy sur les antennes de ces médias.

25.04.2007

François Bayrou annonce la création d'un nouveau parti, mais l'organisation d'un débat avec Ségolène Royal se complique

Edition spéciale entre-deux tours


Mises à jour 16:36, 16:53, 16:59, 17:57 I 26.04 à 08:52, 15:30 et 19:05 I "Le Parti démocrate proposera de refonder nos institutions pour que le mot démocratie trouve son sens en France" a indiqué François Bayrou lors d'une conférence de presse, cet après-midi à Paris. Le président de l'UDF va transformer son parti en une nouvelle entité, qui "présentera des candidats à toutes les élections à venir, et d'abord aux élections législatives, pour représenter les Français qui veulent une politique nouvelle, indépendante, libre dans son expression et décidée à défendre les citoyens sans se laisser intimider par les menaces ou les tentations diverses liées au pouvoir". François Bayrou ne "donnera pas de consigne de vote", mais il a exprimé ses opinions quant à chacun des deux candidats au second tour de l'élection présidentielle. Il a reproché la conception du pouvoir ("l'intimidation", symbole d'une campagne "tellement archaique", et un système "concentrationnaire") de Nicolas Sarkozy, et le programme de Ségolène Royal, notamment sur le plan économique et l'interventionnisme de l'Etat. Il a accepté l'idée d'un débat avec Ségolène Royal, et a lancé une invitation pour un échange similaire avec Nicolas Sarkozy. Il a indiqué d'abord se consacrer à l'intérêt du pays avant de participer à un quelconque gouvernement. De plus, il ne participera pas à un gouvernement dont il "récuse les principes": pour le président de l'UDF, accepter une fonction ministérielle se révèle "absolument impossible, dans la situation actuelle".

François Bayrou et ses collègues devront sans doute songer à une autre appellation ou négocier: l'adresse http://www.lepartidemocrate.org/ appartient déjà à un parti politique qui porte le fameux nom évoqué depuis déjà quelques jours, et aujourd'hui par le président de l'UDF.

Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou se tiendra finalement samedi à 11:00 sur le plateau de i>télé, Canal+ et France inter. Un des deux modérateurs sera Michel Denisot. Initialement prévue vendredi avec le syndicat de la presse quotidienne régionale (SPQR), la rencontre avait été annulée ce matin en raison d'une réponse négative de ce dernier. "Ce n'est pas le président de la PQR qui, paraît-il, a été reçu ce matin par Nicolas Sarkozy, qui va empêcher le moindre débat", a indiqué Ségolène Royal, tandis que le candidat de l'UMP a refusé tout débat avec le président de l'UDF, hier soir sur l'antenne de TF1. "Je le démens formellement. Il n'y a pas eu la moindre pression de la part de l'entourage de Nicolas Sarkozy. Nous n'avons pas eu de contact", a pour sa part indiqué sur LCI Jacques Camus, un des responsables du syndicat. L'enjeu pour la candidate PS est de parvenir à tirer profit du réservoir de voix de François Bayrou, qui s'élève à près de sept millions d'électeurs. Dernière minute: le débat ne sera pas organisé par Canal+, annonce la chaîne dans un communiqué, en raison de règles du CSA. Crédit vidéo: Bayrou.fr/Dailymotion

24.04.2007

Analyse des résultats du premier tour: les enjeux du second

Edition spéciale entre-deux tours

medium_actualite.2.jpgVictoires et défaites. Dimanche à 20 heures, les Français ont pu prendre connaissance de l'issue du premier des deux tours qui les passionnent depuis l'Automne. Une journée ensoleillée, un taux de participation exceptionnel (seulement 14,65%), une mise à genoux des extrêmes pour retrouver deux partis traditionnels au second tour. Aujourd'hui, plusieurs enjeux se dessinent, selon les partis. Comment vont se reporter les voix des électeurs de François Bayrou, le troisième homme avec 18,76% des voix, soit trois fois plus qu'en 2002? Pourquoi le FN a-t-il perdu près d'un million d'électeurs? L'écart de voix entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal peut-il se renverser? Autant d'interrogations qui sont au centre de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle.

Une participation record depuis 1965. 15,25% d'abstention au premier tour de l'élection présidentielle de 1965, 21,6% en 1995, 28,4% en 2002, 15,4% dimanche: plus de 36,9 millions d'électeurs se sont mobilisés dimanche dernier. Plus de 87,8% des inscrits ont exprimé leurs voix dans quatre départements de l'Ouest, et dans une large zone allant des Landes à la Lozère. C'est en Ile-de-France que la hausse de la participation est la plus significative, avec dix-neuf points de plus en cinq ans.

Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, le duo sans surprise qui peut en révéler. L'optimisme est de mise à l'UMP. Nicolas Sarkozy a recueilli dimanche 31,11% des voix et a été immédiatement encensé par Alain Juppé, Michèle Alliot-Marie, Jean-Pierre Raffarin et le premier ministre Dominique de Villepin. "Finalement, c'est Sarkozy qui avait la bonne stratégie", s'est pour sa part félicité le premier ministre en fonction entre 2002 et 2005. Tous espéraient récolter le meilleur score, mais c'est l'ampleur de la vague en faveur de l'UMP qui a surpris: plus de 30% des suffrages exprimés. Jusqu'en mars 2007, il s'est accroché à son poste de ministre, à partir duquel, à l'Intérieur après un bref passage aux Finances, il a su, à coups de phrases chocs et de sondages, s'emparer de l'opinion et de l'UMP. Ravalant sa rancoeur de ne pas avoir été nommé premier ministre, il souhaite aujourd'hui accéder à la fonction suprême. Lors d'un déplacement aux Antilles, en mars, il avait indiqué qu'au "soir du premier tour, c'est une autre campagne qui commence. J'ai expliqué le changement, il faudra expliquer le rassemblement". Les conseillers du candidat de l'UMP ont commencé dès dimanche soir à analyser les résultats. Il faut aussi séduire les électeurs centristes. Reste à corriger l'image du présidentiable, de peur que le scrutin du 6 mai ne se transforme en référendum pour ou contre Sarko.

Ségolène Royal est quant à elle la plus soulagée des deux candidats en lice pour le second tour. Cinq ans après le traumatisme du 21 avril, elle s'est qualifiée avec 25,83% des voix. "La bataille commence dès ce soir. Je n'appartiens plus seulement aux électeurs socialistes", a-t-elle déclaré quelques heures après l'annonce de sa victoire, du moins partielle. Une large partie de l'extrême gauche, dont Arlette Laguiller, qui n'avait jamais fait cela depuis 1974, a appelé à contrer Nicolas Sarkozy. La candidate socialiste est donc la mieux placée pour recueilir ces voix, mais l'enjeu réside dans celles de François Bayrou. Selon France 2, pas moins de 30% des électeurs de François Bayrou se déclarent sympathisants de la gauche. En attendant la réponse du candidat centiste, elle s'est fixée pour but de ne pas céder de terrain médiatique à son adversaire et à combler son retard.

L'enjeu des voix centristes. François Bayrou s'exprimera ce mercredi à 15:30 sur ses intentions futures, mais ce sont ses 6.750.006 électeurs qui sont au centre de toutes les convoitises. Son rêve s'est en partie concrétisé: "Je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007, je suis élu en 2012". L'UDF est à un tournant de son histoire: elle est forte de 18,55% des suffrages exprimés, mais a joué le jeu du "ni droite, ni gauche". Cette position apparaît difficile à tenir en vue des législatives, élections auxquelles des accords avec l'UMP ont été conclus par le passé. Ségolène Royal a écrit et va envoyer une lettre au leader centriste, en vue du second tour de l'élection présidentielle. Le parti présentera 577 candidats les 10 et 17 juin prochains, mais si le nouveau parti démocrate appelé de ses voeux par François Bayrou lui-même ne voit pas le jour rapidement, le potentiel centriste risque de s'évaporer.

Jean-Marie Le Pen s'effondre. Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop, résume parfaitement la situation: la participation record "a noyé l'électorat frontiste, qui est toujours très mobilisé". Le leader du FN perd près d'un million de voix par rapport à 2002, et retrouve, avec 10,51% des voix, un score inférieur à celui de 1988. Jamais le parti d'extrême droite n'avait imaginé pareille déconfiture après la qualification pour le second tour en 2002: non seulement les électeurs supplémentaires ne se sont pas portés sur la personne de Jean-Marie Le Pen, mais ses thèmes de prédilection ont fait l'objet de déclaration des autres candidats, en particulier Nicolas Sarkozy. Le rôle de Marine Le Pen, directrice stratégique de la campagne de son père, devrait figurer au menu des débats qui suivront cette défaite.

L'extrême gauche  rejoint des profondeurs abyssales. "Un grand moment de réflexion pour tirer les enseignements de la campagne", tel est selon Marie-Georges Buffet l'objet du congès national extraordinaire qui sera convoqué avant la fin de l'année. Avec 1,93% des voix, le PCF obtient le plus bas score de son histoire. Porté par le "non" au référendum de 2005, le PCF n'a pas su transformer l'essai et parvenir à unir la gauche anti-libérale. "Je pense qu'il faudra tirer les leçons avec un congrès qui pourrait se tenir assez rapidement d'ici la fin de l'année dans la mesure où cette stratégie nous a amené à une impasse", déclarait mardi matin André Gérin, député-maire de Vénissieux. Le parti n'est pas épargné dans ses fiefs historiques, parmi lesquels le Val-de-Marne. Le PCF y récolte dix fois moins de voix que pour Ségolène Royal. Pour Gérard Schivardi, c'est un score confidentiel qui a été réalisé, 0,34% des voix exprimées. Les Verts sont à 1,57% Seul Olivier Besancenot se détache du lot: la LCR réalise 4,15%. Mais aucun de ces candidats n'a réussi à dépasser la barre des 5%.

Pour les observateurs, la balle est au centre et dans l'image des deux candidats en lice pour le second tour de l'élection présidentielle. Débat le 2 mai, les urnes le 6 mai, nouveau président dans moins de deux semaines.

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