04.01.2008

Un pétrole cher à long terme: des conséquences économiques néfastes ?

Le Brent, côté à Londres, a lui aussi battu un nouveau record (98,50 USD) ce jeudi. Le Brent est le pétrole de référence en Europe et en Afrique. Le gisement éponyme de la mer du Nord est devenu un mélange de bruts côté sur le marché à terme londonien. Le brut s'est pour sa part établi à 100,09 dollars en cours de séance à New York.

Ces nouveaux records plongent les agents économiques dans le spectre d'un pétrole cher à long terme, accentuant de jour en jour le fossé entre des économies capables de résister à ces évolutions et les pays en voie de développement qui subissent le poids d'une énergie chère, entravant une fois de plus les capacités économiques des agents. Les pays pauvres qui ne produisent pas sont de plus en plus dépendants de l'or noir du fait d'une efficacité énergétique réduite. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l'allègement de la dette des pays pauvres voté en 2005 au sommet du G8. Certains Etats d'Afrique réfléchissent à l'idée de la création d'un "fonds de stabilisation" destiné à amortir la volatilité des prix.

Les Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir avec un quart de la consommation mondiale, font preuve d'une dépendance difficilement réduisible. Les récentes mesures adoptées par certains gouverneurs d'Etats ne produiront leurs premiers effets qu'à long terme. L'administration Bush a par ailleurs indiqué sa volonté de réduire de 20% la consommation de carburant en dix ans; la campagne pour l'élection présidentielle devrait voir son lot de propositions. Le dollar étant faible, les consommateurs américains doivent faire face à une réduction de leur pouvoir d'achat. De plus, selon les statistiques du Département américain de l'Energie (DoE), lors de la semaine achevée le 28 décembre, les stocks de brut ont baissé de 4 millions de barils, à 289,6 millions de barils, soit leur plus bas niveau depuis janvier 2005. Lors des quatre dernières semaines, les Américains ont consommé 21,2 millions de barils de produits pétroliers par jour en moyenne, soit 2,1% de plus qu'en 2006 à la même période.

"Une révision des prélèvements obligatoires" qui tiendra compte "à la fois les taxes sur les produits pétroliers et les taxes ou les incitations sur les nouveaux types d'approvisionnement" a été évoquée par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a rappelé l'existence d'accords pour limiter la hausse des prix à la pompe. "Je suis contente qu'on ait négocié avec les producteurs-distributeurs de pétrole au mois de novembre pour obtenir de leur part un engagement de répercuter les baisses immédiatement et de lisser les hausses. C'est ce qu'ils font actuellement", a encore déclaré la ministre de l'Economie. "On va être extrêmement vigilant pour s'assurer que c'est bien le cas", a-t-elle indiqué. L'UFC-Que Choisir pointe du doigt la répartition des effets d'une hausse en fonction des composantes de la population: "pour un couple en milieu rural qui a deux voitures et se chauffe au fuel domestique, l'impact est violent alors que pour un jeune actif parisien qui utilise les transports en commun et se chauffe à l'électrique, il est presque indolore". Il apparaît cependant important de rappeler que la facture pétrolière n'a représenté que 2% du PIB français en 2006, contre le double en 1980.

Les banques centrales doivent pour leur part faire face à l'inflation, une augmentation des prix de l'énergie pouvant provoquer une hausse générale des prix. Un relèvement des taux d'intérêt est l'arme des banquiers centraux pour faire face à l'inflation; les partenaires sociaux peuvent quant à eux négocier une hausse des salaires qui provoquent des "effets de second tour" difficiles à maîtriser par la suite.

Des agents économiques bénéficiaires de la hausse des prix

La financiarisation de l'économie semble être une des données clefs dans le cadre de cette envolée des cours. La crise des subprimes a incité des investisseurs à se reporter sur les marchés des matières premières et à entretenir la spéculation autour des cours élevés de l'or noir. En pleine déconfiture du dollar et hausse de la demande asiatique, le pétrole devient un élément incontournable du portefeuille de certains fonds d'investissement.

Les pays producteurs de pétrole sont à la fête, hormis la baisse du dollar qui pourrait les amener à prendre des mesures. Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. L'Arabie saoudite affiche sa forte dépendance à l'or noir, avec 90% des exportations, 50% du PIB et 80% des recettes budgétaires. L'Iran a vu pour sa part ses recettes liées au pétrole tripler entre 202 et 2006. Sur le plan géopolitique, la menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du brut mondial, est une des actions redoutées par les observateurs internationaux. Quant au Vénézuéla, des cours élevés confortent Hugo Chavez dans sa volonté de nationaliser les gisements d'or noir.

24.12.2007

Les relations sino-américaines sous l'angle du renseignement

Entre 1949 et 1973, même si l'URSS reste alors la priorité numéro 1, la CIA surveille attentivement les Chinois. L'absence de station en Chine oblige la CIA  a travailler depuis les stations a l'étranger,entre autres celles qui entourent la Chine communiste. La station de Rangoon a aussi une section spécialisée en direction des Chinois. Une autre base avancée est la station de Bangkok, d'ou la CIA envoie des changkaïchekistes. Après les ratées dans les tentatives d'envahir par les provinces du Sud de la Chine communiste,a partir de la Birmanie et de la Thaïlande de l'armée du général Li Mee et l'absence de soulèvements comme l'espérait la CIA,la station de Bangkok fut utlisée pour former des chinois et les envoyer sur le territoire de la Chine communiste.

La priorité de la CIA concernant la Chine communiste,la RCP,est la collecte de renseignements. Difficile de recruter des chinois ou de les pousser a faire défection. La CIA obtiendra néanmoins quelques résultats:Zhao Fu,responsable de la sécurité de l'ambassade de Chine a Stockholm,prend la fuite en 1962.C'était la 1ere fois que les autorités pékinoises ont reconnues la fuite d'un des leurs. En mai 1964,c'est Dong Jiping,qui a été envoyé a Burundi en tant qu'attaché culturel adjoint en 1963,qui fait déféction au profit de la CIA.Né a Shanghai en 1940,il y suit les cours de l'Institut des langues étrangères,et intègre ensuite le service de renseignement extérieur chinois. Il livre l'ordre de bataille du renseignement chinois en Afrique a la CIA; ce qui est fort précieux, sachant que l'Afrique est justement un des continents ou la Chine cherche le plus a s'implanter.

La station de la CIA à Beijing

En janvier 1986,le sénateur américain Orrin Hatch part pour Pékin.Le régime chinois aide la CIA en la fournissant en équipements qui sont ensuite transmis aux moudjahidins afghans via les services secrets militaires pakistanais,l'ISI. Accompagné du chef des services de renseignement du Département d'Etat Morton Abramowitz,du directeur-adjoint de la Direction des Opérations de la CIA et du chef de station de la CIA a Beijing.Hatch demandera aux officiels chinois d'aider les Etats-Unis dans leur soutien,pour équiper les moudjahidins en matériel plus sophistiqué.Par exemple en missiles Stinger. Les Chinois donneront leur accord.

Dans un communiqué en date du 18 septembre 1989, le Guojia Anquanbu, le service de renseignements extérieur et de contre-espionnage chinois,s'inquiète de l'augmentation des affaires d'espionnage. Selon le rapport, ont été mises en cause pas moins d'une centaine de personnes pour espionnage,travaillant dans l'armée, les services gouvernementaux,le domaine politique. L'ouverture de la Chine a en effet facilité l'établissement de contacts avec les Chinois; sa montée en puissance inquiète les rivaux ainsi que les pays alentours,d'ou une activation des services de renseignements pour obtenir des informations dans les différents domaines: politique,économique et militaire.

Les relations sino-américaines en question

Les relations sino-américaines,néanmoins,qui s'étaient dégradées suite aux événements de la Place Tian An Men en 1989 ,et normalisées ensuite,subissent un nouveau coup suite à une erreur monumentale: en pleine guerre du Kosovo en 1999, les forces de l'OTAN bombardent Belgrade. Et un des sites touchés est l'ambassade de Chine a Belgrade,provoquant la fureur des autorités de Pékin et des manifestations devant son ambassade.Dans son édition du 11 mai 1999, le Figaro indique que sur ordre de Langley,la station de la CIA a Beijing (Alors dirigée par Timothy Long?) détruit les documents les plus sensibles dès le début du siège de l'ambassade. Il est hors de question que ,comme en 1979 à Téhéran,une foule ne s'empare de l'ambassade et des documents de la station de la CIA..Cette information du Figaro n'a,toutefois,pas été confirmée par d'autres sources. Etant donné le climat latent, elle paraît néanmoins fort probable. Ensuite, le calme reviendra.

Evidemment, une des menaces est la puissance militaire chinoise. La CIA devra tenir compte de la réussite des essais chinois de leur nouveau missile,le DF-31, le 02 août 1999,par la deuxième base d'artillerie de l'Armée Populaire de Libération chinoisedans la province de Shanxi, tandis que le point d'impact était à Lob Nor.

Donc, début septembre 1999 est rendue publique une analyse de la CIA  sur les pays représentant un danger pour les Etats-Unis avec leurs missiles ballistiques. Le danger n°1 est la Russie, avec ses 1000 ICBM (Missiles Intercontinentaux Ballistiques. On appelle ses missiles des ICBM car les ICBM ont une portée pouvant aller de 6000 a 13000 Kilomètres.On les distingue des missiles tactiques- missiles balistiques a courte portée, les SRBM- dont la portée est inférieure a 800 kilomètres,et des IRBM,a portée intermédiaire,entre 2400 et 6400 Kilomètres ), et la menace numéro 2 est la Chine communiste avec 20 missiles capables d'atteindre les Etats-Unis.En cette année 1999, la Chine a essayée un système de missiles du nom de DF-31 qui dispose d'un rayon d'action de 8000 kilomètres. Ses missiles,toutefois,sont dirigés non pas contre les Etats-Unis,mais contre les pays d'Asie et la Russie. La CIA estime néanmoins que vers 2015 la Chine aura une dizaine de ICBM dirigés contre les Etats-Unis,et qui donc menaceront le territoire national.

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Cyril Gelibter

22.12.2007

L'économie américaine voit son avenir en noir

Tout semblait pourtant écrit: le pays de l'Oncle Sam continuerait cette année encore à être le fleuron de l'économie mondiale, jouissant d'une puissance sans pareil. Las! La crise des subprimes a changé la donne, précipitant une situation enclenchée avec la flambée des cours du pétrole et l'essouflement du marché de l'emploi. Le déficit de la balance courante américaine s'élevera l'an prochain à 766 milliards de dollars, une donnée-clef qui contribue à l'affaiblissement de sa devise.

Le dollar peine, malgré son rebond enregistré cette semaine, à faire le poids face à l'euro. Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. Ces trois derniers mois, la baisse par rapport à la monnaie américaine est de 10%. A l'origine de cette dégringolade: les finances américaines. Le déficit courant des Etats-Unis s'élève à 5,5% du PIB, en dépit d'un redressement des exportations. Une consommation excessive et un manque d'épargne concourent à la chute du billet vert. Il apparaît aussi un doute quant à la politique que mèneront des pays tels que la Chine ou l'Arabie Saoudite, détentrices d'importantes réserves en dollar. De plus, la crise du crédit a précipité l'effondrement de la devise américaine. Auparavant considérées comme des valeurs refuges, les obligations d'Etat américaines sont moins prisées des banques centrales de pays émergents, qui préfèrent se rabattre sur les obligations d'entreprises. Des produits plus risqués mais plus rémunérateurs les attirent. 

La structure des échanges commerciaux pèse également sur le bilan économique des Etats-Unis: les exportations ne représentaient que 12% du PIB en 2006, et la demande intérieure 78%. Des causes structurelles peuvent aussi expliquer le raplentissement de la croissance, les gains de productivité faiblissant et la population active connaissant une hausse moins rapide qu'auparavant. Le nombre de ménages touchés par la crise des subprimes contribue par ailleurs, via les saisies, à nourrir l'excès de 2 millions de logements, soit l'équivalent d'une année de construction.

08.12.2007

Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire

 

Jusqu'alors discret sur la question, George W.Bush est sorti de sa réserve pour présenter son plan en faveur des victimes de la crise des subprimes mortgage, les crédits hypothécaires à risque américains à l'origine de la crise financière estivale. La crise a été déclenchée, outre-Atlantique, par l'évolution défavorable des taux d'intérêt, les ménages américains s'endettant principalement à taux variables. Ils ne bénéficient cependant d'aucune protection en cas de remontée des taux, ce qui s'est produit. Les foyers ayant contracté des prêts à risques sont extrêmement sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange percevant le moins de revenus et la plus endettée.

Les marchés ont réagi favorablement, jeudi soir, à l'annonce du plan présenté par l'administration Bush, bien que des craintes puissent survenir quant au fait que les mécanismes de marché se retrouvent ainsi grippés. Il s'agit de demander à l'ensemble du secteur de geler pour une période de cinq ans les taux d'intérêt sur certains pris souscrits entre le début de l'année 2005 et l'été dernier. Deux millions de foyers sont concernés par les taux variables, qui doivent être revus à la hausse dans les mois à venir, selon les analystes. Aucune intervention des pouvoirs publics ne devrait avoir lieu, "Qui va investir dans des obligations ou des titres si le gouvernement peut de façon arbitraire réduire des rendements garantis contractuellement ?", s'interroge dans le Wall Street Journal Martin Feldstein, ancien conseiller de Ronald Reagan.

Une enquête du FBI

La Fed pourrait abaisser ses taux directeurs le 11 décembre, une nouvelle diminution face à un possible ralentissement de la consommation. En l'espace d'un an, le prix des propriétés a chuté de 5%, mais le nombre de saisies immobilières a doublé. Le FBI et la Commission des titres financiers et des bourses cherchent par ailleurs à savoir de quelle manière des propriétés ont été délibérement surévaluées afin de faciliter l'octroi de prêts. L'enjeu est aussi de prouver comment des courtiers ont réussi à placer auprès de foyers modestes des crédits dont il ne les informaient pas que les taux remontaient de 30% à l'issue de la troisième année. Crédit vidéo: NYFP

09.09.2007

Les premières répercussions de la crise financière

Eric Le Boucher, chroniqueur économique au Monde, revient ce dimanche sur la crise financière qui a agité les marchés boursiers ces dernières semaines. "Des gens si bien payés ont fait des bêtises, ils ne méritent aucune impunité. Ils doivent nettoyer leurs écuries, estimer dès maintenant l'ampleur de leurs pertes, le dire, reprendre les crédits normaux à l'économie réelle et prendre les moyens pour s'interdire de recommencer. Sinon, il faudra le leur imposer", estime-t-il, tandis que les répercussions de la crise se font sentir sur l'économie américaine, notamment à travers de nombreuses suppressions de postes. En août, le solde mensuel des créations d'emplois aux Etats-Unis a été négatif, et ce, pour la première fois depuis 2003. 4.000 emplois ont été supprimés en août, contre 68.000 crées en juillet. "Cette mauvaise surprise, due notamment à la contraction de l'emploi dans les secteurs manufacturier et public, ne témoigne pas encore pleinement des conséquences sur l'emploi de la crise de l'immobilier, sans compter les mauvaises surprises à attendre aussi du côté du secteur des services financiers", indique au quotidien Jean-Marc Lucas, de BNP Paribas. "Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le consommateur américain: l'immobilier est déprimé, les marchés financiers sont en proie aux turbulences, et maintenant voilà que le marché de l'emploi faiblit nettement", complète Audrey Childe-Freeman, économiste à CIBC (La Tribune). "Ce que nous vivons sur le marché du crédit a la capacité de pénaliser la croissance, mais l'économie va continuer à croître dans la seconde moitié de l'année", a pour sa part précisé le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Bloomberg-TV. Fin août, l'enquête semestrielle de l'Association américaine des économistes d'entreprise révêlait que 32% d'entre eux ont placé "l'effet des subprime" et "l'endettement excessif des ménages et des entreprises" en tête des problèmes qui pèsent sur l'économie outre-Atlantique, devant la menace terroriste.

Le subprime morgage, le crédit hypothécaire à risques, a représenté 13,6% du crédit immobilier américain accordé en 2006. L'aggravation de la crise financière est avant tout liée à l'incertitude qui plane sur les pertes provoquées à la suite des turbulances frappant les subprimes. Plus de deux millions de maisons ont été mises en chantier par an en dix ans aux Etats-Unis, mais à quel prix? Un certain nombre de ménages a été victime de l'appétit d'organismes de crédit peu regardants sur la solvabilité des personnes concernées (et qui en paient aujourd'hui le prix). Il a été garanti à ses ménages que le prix de leur logement allait monter, et ces prêts ont été revendus - ou titrisés - à des fonds. Des hedge funds ont racheté massivement ces crédits afin de les diluer dans des produits complexes dont on ne sait l'exposition réelle aux subprimes. Un certain nombre de banques s'est montré client pour ce type de produits, aussi appelés structured investment vehicules. La remontée des taux d'intérêt et la baisse des prix des logements depuis deux ans aux Etats-Unis ont étranglé le segment des subprimes américains. L'inquiétude planant sur les marchés provient essentiellement du flou entourant le nombre d'opérations effectuées autour de ces produits. "Nous avons eu une baisse significative du marché du logement aux Etats-Unis car il progressait à des niveaux qui n'étaient pas tenables. Vous ne pouvez pas avoir une correction pareille sans que cela fasse des dégâts. Il est trop tôt pour dire si c'est terminé mais je pense que c'est le cas. On en saura plus dans un mois ou deux", expliquait Henry Paulson en mai dernier. C'est aujourd'hui chose faite.

LIEN Faut-il craindre la crise américaine ?

28.08.2007

Faut-il craindre la crise américaine?

"La crise du subprime a dégénéré en une crise des marchés. Les banques ne veulent plus prêter et les investisseurs ne veulent plus acheter d'actifs risqués. Cette aversion au risque ne me semble pas de nature durable. En revanche, les Américains consomment moins, donc importent moins. Un point de croissance perdu aux Etats-Unis entraîne à peu près 0,4 point de croissance en moins en France. Le monde va perdre 6 ou 7 dixièmes de point de croissance en 2008 du fait de la situation américaine, mais seuls en souffriront ceux qui ont par ailleurs des problèmes intérieurs comme l'Hexagone", indique au Monde Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis.

Selon l'enquête semestrielle de l'Association américaine des économistes d'entreprise, 32% d'entre eux ont placé "l'effet des subprime" et "l'endettement excessif des ménages et des entreprises" en tête des problèmes qui pèsent sur l'économie outre-Atlantique, devant la menace terroriste. Cette étude prouve l'importance de la crise financière qui a frappé ces dernières semaines la sphère économique, d'abord aux Etats-Unis puis dans le reste du monde. "Nous avons vu un rétablissement, un certain retour à la normale cette semaine, mais je pense qu'il est bien trop tôt pour juger que la crise est terminée", a déclaré dimanche Larry Summers, ancien secrétaire américain au Trésor, sur la chaîne de télévision ABC. Selon M.Summers, le risque de récession le plus élevé aux Etats-Unis depuis 2001. "Je ne pense pas que nous ayons les éléments nécessaires pour prédire une récession mais je dirais que les risques que nous en ayons une sont les plus élevés depuis les attentats du 11-Septembre", a-t-il déclaré. Il fait référence à un assèchement du crédit provoqué par le manque de visibilité dans le cadre de la crise des prêts hypothécaires américains, et à un manque de confiance.

"Nous n'avons pas encore d'indications de la consommation en août, mais je m'attends à des signes d'affaiblissement dans les prochaines semaines. Même si les marchés se calment, l'offre de crédit va se réduire ce qui aura un impact sur la consommation. Des gens croyant avoir accès au crédit vont rencontrer des conditions plus difficiles que prévu" explique au Figaro Dana Johnson, économiste en chef de Comerica, une banque de Detroit, dans le Michigan. Les ventes de maisons ont plongé de 16% dans le comté de Washington DC. Le PIB des Etats-Unis a progressé de 3,4% au second trimestre, après +0,6% au premier. Cependant, les composantes de la croissance laissent apparaître que la consommation des ménages, qui pèse pour 70% dans l'activité du pays, a fortement décéléré, avec une hausse de 1,3% contre une progression de 3,7% au trimestre précédent. "Les dépenses durables des ménages, qui comprennent notamment les achats immobiliers, ont continué à baisser de 9,3%", complète L'Expansion.

"Les problèmes que connaissent les Etats-Unis à cause du subprime n'arriveront pas en France, tout simplement parce que ce produit n'existe pas chez nous", explique René Pallincourt, président de la Fédération nationale des agents immobiliers (FNAIM). Les banques sont contraintes par la loi d'engager une étude complète sur la situation financière du client, et les taux d'intérêt sont moins élevés qu'outre-Atlantique, où ils peuvent être compris entre 10 et 12%.

LIEN Quelles victimes après la crise financière?