09 janvier 2008
La croissance mondiale, l'inconnue de l'année
Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.
L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt
"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.
Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année
"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier
Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.
Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.
La Chine en ligne de mire
11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.
18:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, conjoncture, BCE, subprimes, croissance, finance, Fed
12 décembre 2007
Les banques centrales font remonter le baril de brut
La spectaculaire chute des cours du pétrole enregistrée au début du mois semble n'être plus qu'un lointain souvenir au vu de l'actualité des dernières heures. Le baril de light sweet crude pour livraison en janvier était côté à 92,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange vers 16H30 GMT. Selon les données fournies par le Département américain de l'Energie (DoE), les stocks de brut ont atteint leur plus bas niveau depuis mars 2005, en chutant de 700.000 unités à 304,5 millions de barils. En parallèle, l'annonce d'une importante fuite de pétrole en mer du Nord (au large de la Norvège) a contribué à attiser les tensions.
Les marchés se montrent également réactifs suite à l'initiative prise par la Fed, la BCE, la Banque d'Angleterre et les banques centrales canadiennes et suisses. Il s'agit de stimuler la liquidité du système financier et de contrer les tensions croissantes observées sur le marché monétaire en adoptant "des mesures visant à soulager les pressions élevées sur les marchés du financement à court terme". Un système d'injection de liquidités par enchères sera proposé. La Fed a annoncé hier la baisse de son taux directeur d'un quart de point comme prévu, mais la nouvelle n'a pas été accueillie favorablement dans l'immédiat. La mesure annoncée aujourd'hui semble cependant porter ses fruits, le CAC 40 clôturant en hausse de 0,32% à 5.743,32 points et le Dow Jones et le Nasdaq progressant à mi-séance.
18:42 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole, finance, Fed
08 décembre 2007
Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire
Jusqu'alors discret sur la question, George W.Bush est sorti de sa réserve pour présenter son plan en faveur des victimes de la crise des subprimes mortgage, les crédits hypothécaires à risque américains à l'origine de la crise financière estivale. La crise a été déclenchée, outre-Atlantique, par l'évolution défavorable des taux d'intérêt, les ménages américains s'endettant principalement à taux variables. Ils ne bénéficient cependant d'aucune protection en cas de remontée des taux, ce qui s'est produit. Les foyers ayant contracté des prêts à risques sont extrêmement sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange percevant le moins de revenus et la plus endettée.
Les marchés ont réagi favorablement, jeudi soir, à l'annonce du plan présenté par l'administration Bush, bien que des craintes puissent survenir quant au fait que les mécanismes de marché se retrouvent ainsi grippés. Il s'agit de demander à l'ensemble du secteur de geler pour une période de cinq ans les taux d'intérêt sur certains pris souscrits entre le début de l'année 2005 et l'été dernier. Deux millions de foyers sont concernés par les taux variables, qui doivent être revus à la hausse dans les mois à venir, selon les analystes. Aucune intervention des pouvoirs publics ne devrait avoir lieu, "Qui va investir dans des obligations ou des titres si le gouvernement peut de façon arbitraire réduire des rendements garantis contractuellement ?", s'interroge dans le Wall Street Journal Martin Feldstein, ancien conseiller de Ronald Reagan.
Une enquête du FBI
La Fed pourrait abaisser ses taux directeurs le 11 décembre, une nouvelle diminution face à un possible ralentissement de la consommation. En l'espace d'un an, le prix des propriétés a chuté de 5%, mais le nombre de saisies immobilières a doublé. Le FBI et la Commission des titres financiers et des bourses cherchent par ailleurs à savoir de quelle manière des propriétés ont été délibérement surévaluées afin de faciliter l'octroi de prêts. L'enjeu est aussi de prouver comment des courtiers ont réussi à placer auprès de foyers modestes des crédits dont il ne les informaient pas que les taux remontaient de 30% à l'issue de la troisième année. Crédit vidéo: NYFP
00:05 Publié dans Economie, Monde, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, Etats-Unis, Fed, vidéo
24 août 2007
Crise sur les marchés : récit d’une correction boursière
21.08 - 11:30 I La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé vendredi son taux d'escompte, à savoir le taux auquel les banques peuvent se procurer des liquidités supplémentaires, de 0,50 point, à 5,75%. Une mesure d'une telle ampleur n'avait pas été observée depuis les attentats du 11 septembre 2001, et n'avait jamais été mise en oeuvre par l'actuel président de la Fed, Ben Bernanke, depuis son arrivée à la tête de l'institution. Les places boursières ont immédiatement réagi à l'annonce de la Fed, avec un gain de 1,82% pour le Dow Jones et de 2,2% pour le Nasdaq (cotations à New York), un gain de 3,50% à Londres (FTSE 100), et un CAC 40 qui s'est apprécié à Paris de 1,86% après s'être envolé de 3% en séance. L'action de la Fed « a un effet plus permanent que l'injection de liquidités pour faire baisser le coût du crédit. La Fed a mis une grosse goutte d'huile dans le système, mais les inquiétudes demeurent. Si un établissement de crédit ‘subprime’ fait faillite la semaine prochaine, la Bourse repartira à la baisse », décrypte au « Monde » Jean-Louis Mourier, d’Aurel Leven. Les précédentes interventions de banques centrales (afin de permettre aux banques de faire face à une pénurie de liquidités, ces établissements hésitant mutuellement à se prêter de l'argent), parmi lesquelles l’injection de plus de 200 millions d’euros par la BCE et de 90 milliards de dollars (67 milliards d’euros) par la Fed, n’ont pas suffi à apaiser les tensions.
Le scénario de la crise se dessine aux yeux des acteurs des milieux financiers et politiques. Fin 2006, sont apparues les premières difficultés d’établissements spécialisés dans la distribution de crédits immobiliers à risque, les « subprime mortgage », destinés aux personnes à faible revenu. Après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la Fed a ramené par étape son taux d’intérêt directeur jusqu’à 1% en 2004, permettant à ces individus d’accéder plus facilement à la propriété, d’autant plus que les conditions de crédit s’étaient relâchées dans ces établissements. Les foyers ayant contracté des prêts à risques, dits « subprimes », sont très sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange de la population percevant le moins de revenus et la plus endettée. La remontée des taux de quatre points étrangle ces ménages, ce qui amène à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit sont conduites au dépôt de bilan. La crise se propage à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. BNP Paribas, après s’être affirmé se situer en-dehors de cette crise, a annoncé le 9 août dernier le gel de trois sicav (société d’investissement à capital variable) qui avaient massivement investi dans les « subprime ». La chaîne des refinancements interbancaires est ébranlée, et l’ampleur de la crise est incertaine. Les prises de bénéfices se multiplient, aboutissant à une correction boursière. Quatre banques centrales (voir l’édition du 16 août) sont intervenues, sans pour autant rétablir la confiance. De nombreux investisseurs rapatrient les capitaux investis dans les pays émergents. « Les marchés les plus touchés sont ceux d’Europe centrale », indique aux « Echos » Robert Davy, gérant de fonds sur les marchés émergents pour Schroders.
Les récents résultats financiers publiés par les entreprises pourraient faire changer la donne, surtout s’ils sont conformes aux attentes ou les dépassent, comme pour de nombreux trimestriels récemment publiés en Asie. Ces prises de bénéfices, qui s’étendent jusqu’aux matières premières (dont les métaux de base), apportent la preuve d’une opinion négative sur les marchés, que l'annonce, samedi dernier, du sauvetage d'une banque allemande - le deuxième depuis le début de la crise - ne devrait pas contribuer à apaiser.
11:00 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bourse, crise financière, banque, FED, BCE, subprimes