27 novembre 2007

Richard Branson au secours de Northern Rock

L'injection de 24 millions de livres (33 millions d'euros) avait sauvé en septembre dernier Northern Rock de la déroute. Le geste du gouvernement britannique se devait d'être temporaire, sous forme d'avance, en attendant la manifestation d'éventuels repreneurs. L'établissement bancaire s'était retrouvé, le 9 septembre dernier, en incapacité de lever des fonds. Un mouvement de panique s'était répandu parmi les clients de la banque, et le Trésor avait du se porter garant du remboursement de leur épargne. La Commission européenne a par ailleurs fait savoir qu'elle rendra son avis sur la comptabilité avec les règles européennes "le plus vite possible", les aides au sauvetage devant se limiter à six mois.

Virgin, le conglomérat dirigé par Richard Branson, propose d'injecter 1,3 milliard de livres de capitaux frais (1,8 milliard d'euros) dans Northern Rock, et de procéder au remboursement de 11 des 24 millions de livres injectés en septembre par les autorités. "C'est une bonne nouvelle que Virgin propose de rembourser ce montant dès que l'opération sera bouclée. Je ne crois pas que les autres candidats proposaient mieux", a expliqué le secrétaire d'Etat britannique aux Entreprises, John Hutton. "Nous allons mener à bien cette opération sans coût supplémentaire pour le contribuable et nous allons offrir aux actionnaires la possibilité de participer à la croissance future de l'activité. L'offre mettra un terme à la réduction de l'activité et préservera des milliers d'emplois", a indiqué Richard Branson aux clients de l'établissement afin de les informer de sa proposition de reprise.

Northern Rock a fait office de victime collatérale de la crise des subprimes, car elle s'était propagée à la sphère financière mondiale, les établissements prêteurs ayanttransformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Une crise de confiance, pénalisant la chaîne des refinancements interbancaires, s'était ainsi instaurée.

LIEN Jusqu'à 2.000 milliards de dollars de pertes pour les banques

17 août 2007

Finances et immigration en France et en Grande-Bretagne

Pour Gordon Brown, il faut limiter l'endettement public à 40% du PIB. Pour Eric Woerth, Ministre du Budget, il convient de faire une "pause" dans la réduction du déficit public afin de pratiquer une politique de relance. La lutte contre le chômage a peu été évoquée dans le cadre de la campagne électorale française, mais Tony Blair en a fait pour sa part son cheval de bataille. Les réformistes du monde entier citent en exemple le modèle britannique, alliant flexibilité - embauche et licenciement facilités - et sécurité - création d'un salaire minimum. Les job centers font office de relais avec les demandeurs d'emploi, et des objectifs leurs sont assignés. Parallèlement à cette mesure, les chômeurs ne peuvent, comme l'a par ailleurs proposé Nicolas Sarkozy, refuser un poste au-delà d'un certain nombre de propositions. La réforme de l'assurance-chômage a été mise en oeuvre outre-Manche, et figure au programme du nouveau chef de l'Etat français. En 1997, Tony Blair a décidé d'ouvrir les frontières du Royaume-Uni aux travailleurs étrangers. Pour réguler le flux d'arrivants, un système d'immigration plus sélectif, à base de points, sera mis en place à l'été en fonction des besoins et du niveau de qualification de chaque demandeur. Pour Nicolas Sarkozy, c'est justement le principe d'immigration "choisie" qui est à mettre en oeuvre. La question de la réforme de l'Etat fait pour sa part l'objet d'un désaccord entre les deux hommes: Tony Blair a poussé le processus jusqu'à sous-traiter certaines activités, comme la perception des impôts locaux. Dès la fin 2001, le gouvernement britannique n'a pas hésité à augmenter la pression fiscale sur les ménages pour financer un programme d'investissements massifs dans les services publicas. Nicolas Sarkozy souhaite pour sa part baisser les prélèvements obligatoires de quatre points, mais malgré tout investir abondemment dans un certain nombre de secteurs.