01.09.2007

InBev entend devenir le meilleur des brasseurs

medium_biere_verre_pompe_1.jpgMise à jour le 2/09 "Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre quête pour être le meilleur brasseur", a déclaré Felipe Dutra le directeur financier d'InBev, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, côté à Bruxelles. L'entreprise belgo-brésilienne entend avoir le résultat brut d'exploitation (Ebitda) la plus élevée de toute l'industrie. Au cours des six premiers mois de l'exercice en cours, le volume de bière écoulé à progressé de 4,59%, à 59 millions d'hl. Les analystes tablaient sur 67 millions d'hectolitres, mais le volume total (bière et non-bière) écoulé s'est élevé à 68,16 millions d'hl, soit une hausse de 5%. Les ventes en volume en Amérique du Nord ont baissé de 2,6%, et de 4% en Europe de l'Ouest. La perte de part de marché la plus significative revient au marché britannique, où les volumes ont perdu jusqu'à 10,7%, notamment en raison du prix de la Stella Artois. Le différenciel de prix entre la Stella, positionnée comme une premium, et les autres marques sur le marché était devenu trop important aux yeux des consommateurs, dont l'attitude a changé, note Felipe Dutra. La hausse des coûts des matières premières a entraîné une envolée des coûts des ventes par hectolotre de 3,6%. "La hausse de ces coûts devrait rester sous l'inflation sur l'ensemble de l'exercice", selon le directeur financier. Le secteur de la bière est touché par la hausse des cours: pour produire un litre de bière blonde, il faut 200 grammes de malt. Le malt est tiré de l’orge, dont le cours ne cesse de grimper. CEO d'InBev, Carlos Brito a défini au printemps derniers les grands dossiers devant permettre au brasseur de se positionner comme "le meilleur". Une progression du chiffre d'affaires plus élevée que la hausse des volumes, une croissance interne des volumes supérieure à celle du marché, et une réduction permanente des coûts sont de mise, tout comme la croissance. "Nous ne voulons pas de consolidation pour la consolidation", avait indiqué Brito, rappelant que 95% du management d'InBev avait pour mission la croissance interne. InBev souhaite pénétrer le marché indien dès 2008 grâce à une alliance avec le groupe local de boissons RKJ. "Nous pensons que nous avons trouvé en RKJ le partenaire adéquat pour pénétrer le marché indien. RKJ est le plus grand embouteilleur de Pepsi en Inde, il dispose d'un bon réseau de distribution et leur management s'accorde au nôtre", indiquait au printemps dernier Marianne Amssoms, porte-parole du groupe.

Theo Vervloet, président des brasseurs belges, indiquait à La libre Belgique de jeudi dernier qu'InBev (détenteur de 56% de part de marché en Belgique) se montre aujourd'hui "moins agressif" envers les autres acteurs du marché belge de la bière, ajoutant "qu'il n'y a pas d'incident. Il y a une plus grande ouverture d'InBev au niveau de la fédération, une attitude plus conciliante. Il faut apprendre à vivre avec le plus grand". Aussi à la tête de la brasserie d'Affligem, Vervloet souhaitre consolider les positions des brasseurs belges à l'exportation, sans laquelle la moitié d'entre eux auraient mis la clé sous la porte: "En termes d'exportation, les chiffres sont bons et doivent le rester. Il faut réfléchir à comment on peut consolider cette situation. La bière qui voyage garde son goût. Elle est juste mieux filtrée". Deux problèmes sont à-même de faire montée le prix de la bière selon le président des brasseurs belges, à savoir la flambée des prix des matières premières et le peu de producteurs de verre, ce qui limite l'offre et la concurrence. Les pils représentent 75% de la consommation de bière en Belgique, et les bières spéciales 25%. La fédération souhaite mettre en valeur l'offre produite en Belgique par le biais du week-end de la bière, une manifestation organisée jusqu'à ce dimanche soir sur la Grand-Place de Bruxelles.

LIEN Tensions sur le marché de la bière