29 septembre 2007

Des pistes pour améliorer le fonctionnement du marché du travail britannique

Document. Les économistes de l'OCDE proposent des clés afin de fluidifier le marché du travail outre-Manche.

a6994ef9b07bf4506640b56f23541f5f.jpgL'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) vient de rendre publique une étude de l'économie du Royaume-Uni pour l'année 2007. En dix ans, son PIB par habitant est passé de la dixième place à la troisième parmi les membres du G7. Selon l'étude, le pays a délibérément choisi de s'intégrer au processus de mondialisation, ce qui constitue un atout pour le futur de l'économie. Cette volonté de prendre parti au développement de liens d'interdépendance entre hommes produit déjà des effets au vu des performances économiques enregistrées.

"Par rapport à ses grands voisins européens, le Royaume-Uni s’est montré plus enclin à s’adapter aux forces économiques internationales. En témoignent son soutien au libre-échange, son ouverture à l’investissement direct étranger, la volonté d’ouvrir les marchés du travail aux ressortissants des États qui ont rejoint l’Union européenne en mai 2004, l’adoption de politiques de la réglementation prônant l’efficience, ainsi qu’un cadre d’action macroéconomique qui a renforcé la capacité d’adaptation de l’économie. Cette propension à s’emparer des possibilités offertes par la mondialisation bénéficie le plus souvent d’un large soutien chez les principaux protagonistes que sont notamment la classe politique, les dirigeants syndicaux et les employeurs. Cette attitude a été récompensée par une performance économique en hausse", est-il indiqué.

Les instruments de flexibilité mis en oeuvre afin d'encourager la mobilité professionnelle et la réinsertion de chômeurs sont salués par les auteurs, qui soulignent néanmoins la nécessité de mettre en oeuvre des politiques ayant pour trait l'aide aux travailleurs jeunes et peu qualifiés. "La meilleure façon d’améliorer les perspectives de revenu des travailleurs peu qualifiés consiste à faciliter la hausse de leur taux d’activité et encourager le relèvement du niveau de leurs compétences. S’agissant du taux d’activité, la performance britannique est mitigée. D’un côté, le système prélèvements-prestations du Royaume-Uni est parvenu, pour la majorité des individus concernés, à réduire au maximum les trappes à chômage. Mais le niveau élevé des frais de garde des enfants continue de faire peser un fort prélèvement fiscal implicite sur le deuxième apporteur de revenu ayant repris une activité professionnelle, ce qui diminue le taux d’activité de cette catégorie de la population. Il faudrait améliorer les incitations à l’activité des deuxièmes apporteurs de revenu peu qualifiés en étoffant l’offre d’aides à la garde des enfants", préconise l'OCDE.

Il faut "stimuler la croissance de la productivité", selon les auteurs: "Parmi les priorités, il faudrait faciliter l’entrée d’entreprises sur le marché en réformant et en simplifiant les règles d’urbanisme, notamment pour commerce de détail. [...] De la même conviendrait de libérer davantage de terrains pour les programmes immobiliers réétudiant les frontières des "ceintures vertes" des zones en croissance faudrait également améliorer les incitations à l’aménagement foncier". Les transports sont aussi pointés du doigt: "De bonnes liaisons de transport ont leur importance pour assurer l’efficience des mouvements de marchandises et soutenir l’efficacité et la flexibilité des marchés du travail. Après bien des années de sous-investissement dans les infrastructures de transport, celles-ci ont été mieux loties récemment, mais ces apports semblent encore insuffisants face aux objectifs fixés par le plan décennal pour les transports du gouvernement".

L'OCDE rappelle que les défis qui se présentent au Royaume-Uni sont autant de passerelles à saisir afin de récolter les fruits de la mondialisation.

LIEN La synthèse de l'étude, au format PDF

23 septembre 2007

OCDE: pourquoi les réformes sont-elles nécessaires en Europe ?

Document. Dans le dernier numéro de son périodique Synthèses, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dresse un bilan de l'économie de l'Union Européenne.

a6994ef9b07bf4506640b56f23541f5f.jpg"L’économie de l’Union européenne connaît actuellement une forte reprise conjoncturelle. L’emploi a progressé et le taux de croissance durable semble avoir cessé de baisser. Les réformes commencent à porter leurs fruits, notamment dans les pays où elles ont été engagées plus tôt. Cela étant, on observe un écart de PIB par habitant important vis-à-vis des pays de l’OCDE les plus performants, et cet écart s’est creusé au cours de la dernière décennie. En outre, la croissance et la situation de l’emploi sont très variables au sein même de l’Union. Les pays qui accusent un retard doivent prendre exemple sur les plus performants": le bilan est dressé, place aux actes à accomplir. L'OCDE, dans le cadre du numéro de son périodique Synthèses daté du mois de septembre, lance des pistes afin de relever un certain nombre de défis, parmi lesquels les changements induits par les nouvelles technologies, la mondialisation (au sein de laquelle les économies rigides se retrouvent désavantagées), et le vieillissement démographique, qui pèse sur les mécanismes de protection sociale.

Au premier plan des réformes à accomplir, promouvoir le marché interne. En effet, "aucun effort ne doit être épargné pour éliminer les derniers obstacles aux échanges. La mise en place de mécanismes de recours plus rapides et moins coûteux pour les particuliers contribuerait à lever certains des obstacles qui subsistent. (...) Le marché interne suppose une meilleure réglementation, une stricte application des règles de concurrence, ainsi qu’une réduction et un meilleur ciblage des aides d’État." Autre volet d'une politique permettant d'appréhender ces mutations, ouvrir les industries de réseau à la concurrence, et lever les obstacles à la mobilité des travailleurs. "Une main-d’oeuvre mobile peut constituer une soupape de sécurité sur le plan économique et favoriser l’innovation et la productivité dans les entreprises en y introduisant des idées et compétences nouvelles. Il serait possible d’améliorer la mobilité en facilitant la transférabilité des retraites, en améliorant la reconnaissance des qualifications et en éliminant les restrictions à l’encontre des travailleurs venant des nouveaux États membres", estime l'organisation internationale d'études économiques, qui compte 30 pays membres. Enfin, il faut procéder à un renforcement de la politique de cohésion régionale, et réaffirmer la place de l'Union européenne sur la scène commerciale mondiale.

De plus, l'utilité des réformes en Europe est démontrée par l'OCDE, comme l'atteste le paragraphe suivant: "Les perspectives économiques s’améliorent, mais il faut se garder de tout optimisme excessif. Dans l’UE des Quinze, les revenus moyens sont inférieurs de près d’un tiers à ce qu’ils sont dans les pays de l’OCDE les plus performants et plus d’un tiers de la population en âge de travailler est inactive. Le taux d’emploi a augmenté, mais il demeure inférieur à l’objectif de 70 % que l’UE s’est elle-même fixé et près de la moitié des chômeurs sont sans emploi depuis un an au moins. Le besoin de réforme est également mis en évidence par des différences au sein même de l’Europe. Certains pays ont obtenu de très bons résultats, aussi bien en termes de productivité que sous l’angle de la croissance de l’emploi. L’enjeu est de faire en sorte que les pays qui accusent un retard suivent l’exemple des meilleurs. (...) De plus, comme certains pays européens l’ont montré, la réforme économique et le raffermissement de la croissance n’impliquent pas nécessairement que soient sacrifiés les objectifs sociaux".

LIEN La dette de la France pointée du doigt

05 septembre 2007

L'OCDE révise la croissance des pays du G7 à la baisse

"Les perspectives de croissance sont bien moins bonnes" qu'avant la crise des subprimes dans les pays du G7, selon Jean-Philippe Cotis, chef économiste de l'OCDE. La crise financière devrait aboutir à une moindre croissance des pays industrialisés. L'Organisation, qui compte 30 pays, a dressé un bilan pour certains d'entre eux, révisant à la baisse la croissance française. Cette dernière est désormais estimée à 1,8%, contre 2,2%. Pendant ce temps, le gouvernement maintient ses prévisions de 2,25% pour l'année en cours. "Un certain nombre de clignotants de confiance sont allumés au vert, il n'y a pas de raison de redescendre au rouge sur un résultat moyen au deuxième trimestre. Tous nos calibrages de budget ont été faits sur la base de 2,25%", a réagi Christine Lagarde. L'organisation a revu en baisse de 0,1 point à 2,2% sa prévision de croissance pour le G7 cette année. La prévision de croissance des Etats-Unis à été abaissée de 0,2%, à 1,9%, contre 2,1% auparavant. Les prévisions concernant l'Allemagne ont elles aussi été abaissées, de 2,9% à 2,6%. "Ces changements ont largement été influencés par ce qui s'est passé au deuxième trimestre et par des chiffres Eurostat très inférieurs aux prévisions de mai de l'OCDE", a estimé Vincent Koen, conseiller économique de l'organisation", a indiqué Vincent Koen, conseiller économique de l'OCDE. En revanche, les attentes concernant le Royaume-Uni ont été révisées à la hausse, de 2,7% à 3,1%. Elles sont maintenues pour le Japon, à 2,4%.

Au vu des turbulences des dernières semaines, l'OCDE "conseille" à la BCE "d'attendre et de voir" l'évolution des marchés avant une nouvelle hausse des taux. Jean-Philippe Cotis ajoute par ailleurs que les banques centrales ne doivent pas "secourir les investisseurs ayant pris des risques excessifs". Il juge que la Fed pourrait "avoir des raisons" de baisser son taux directeur, le 18 septembre prochain, afin d'éviter une récession aux Etats-Unis.

29 août 2007

La Chine peine à s'imposer sur le terrain de la R&D

Mise à jour 2/09/07 "La Chine a encore un long chemin à parcourir pour se doter d'un système d'innovation moderne et hautement performant", estime l'OCDE dans une étude rendue publique en début de semaine. L'enquête décrit le pays comme encore trop dépendant d'une production à faible valeur ajoutée. Les exportations de produits de haute technologie ont certes explosé entre 1996 (7,9% des exportations totales) et 2005 (29,9), mais elles restent pour 88% le fait d'entreprises étrangères installées dans le pays. Les dépenses annuelles de recherche et développement ont, selon l'étude réalisée en collaboration avec la ministère chinois de la Science et des technologies, augmenté de 19% en rythme annuel depuis 1995, mais le pays ne pointe toujours qu'au sixième rang mondial. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés". La recherche est trop focalisée sur les hautes technologies au détriment de pôles majeurs pour le développement du pays, à savoir les services, l'énergie et la protection de l'environnement. Le système bancaire et financier figure parmi les freins à l'expansion économique de la Chine. Les start-up peinent à se développer. "Des marchés de capitaux plus ouverts et plus efficients permettraient aux entrepreneurs davantage de risque et d'investir dans des secteurs comme la biotechnologie", complète l'OCDE. "En ce moment, il y a de grands pays comme la Chine qui se développent vite et il est nécessaire de respecter les règles du jeu", a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel devant son homologue Wen Jiabao, qui réfûte la thèse de la "menace chinoise". La Chine est pointée du doigt pour le manque de respect des brevets (contrefaçon) et le manque de sécurité de certains produits, notamment pointé du doigt au cours de l'été avec l'affaire des jouets rappelés par Mattel.

·La presse  financière se penche ce matin sur l'actualité économique chinoise. "En Chine, le gigantesque barrage des Trois Gorges s’avère de plus en plus être un désastre pour l’environnement et la stabilité de l’écosystème. Longue analyse de Shai Oster en pages 14 et 15 du Wall Street Journal Europe. Si on inclut la place de Hong Kong, en terme de capitalisation boursière totale, la Bourse chinoise est à présent plus importante que la Bourse japonaise. La hausse brutale des actions chinoises depuis 18 mois est-elle un signe de bulle financière ? C’est l’avis de nombreux analystes étrangers. Article de Geoff Dyer en page 27 du Financial Times", décrypte l'analyste Vincent Colot sur son blog.

LIEN Quel est le réel poids économique de la Chine?