21 octobre 2007

Quand la droite xénophobe progresse en Suisse

L'Union démocrate du centre (UDC) "joue beaucoup sur le manichéisme : on est soit son ami soit son ennemi. Son discours musclé sur l'immigration, la sécurité et contre l'Europe est très clair : les gens qui votent pour elle savent pourquoi ils le font et les gens qui sont contre sont vraiment contre et la rejettent fermement. Tout ceci a créé une polarisation gauche-droite", explique au site internet de LCI Pascal Sciarini, politologue. Les Suisses ont procédé ce dimanche à l'élection de leur parlement bicaméral, l'Assemblée fédérale. La chambre basse, le Conseil national, se compose de 200 députés élus à la proportionnelle, tandis que la chambre haute, le Conseil des Etats, représente les cantons à travers 46 sièges - 43 seront renouvelés cette année. Le 12 décembre prochain, le parlement procédera à la formation du Conseil fédéral, dit de la "formule magique": deux socialistes, deux radicaux de la droite libérale, deux UDC et un démocrate chrétien du centre-droit.

L'UDC, le parti de Christoph Blocher, est crédité de 27% d'intentions de vote. La formation s'est distinguée par une campagne insistant sur la peur de l'étranger, par le biais d'une affiche polémique mettant en scène des moutons blancs - symboles du parti - expulsant du territoire suisse un mouton noir. "La force de l'UDC, c'est de faire croire à des problèmes. Elle entretient le fleuve de la peur et des dangers pour les rentabiliser électoralement. Plus que la situation économique, elle met surtout l'accent sur l'identité, la culture et les traditions helvétiques -bref sur la Suisse traditionnelle - qui seraient menacées, selon elle, par les étrangers", selon Pascal Sciarini. Les Nations-Unies sont intervenues pour rappeler des règles de base et tenter d'éviter que le parti ne franchisse la ligne jaune. L'UDC a également orienté sa communication sur la Toile, avec une application permettant aux internautes de "chasser" les moutons noirs de la Suisse.

Mais bien plus qu'une opération de communication, l'enjeu du scrutin de ce dimanche - les élections législatives suisses ont lieu tous les quatre ans - réside dans une interrogation autour d'un éventuel consensus au sein du futur gouvernement. En effet, la polarisation droite-gauche du débat politique pourrait aboutir à de vives tensions entre l'UDC et le PS, faisant vaciller l'équilibre politique en place.