27.09.2007

La jachère suspendue pour un an

medium_agriculture.2.jpgConformément à ce qui avait été annoncé durant l'été, les ministres européens en charge de l'Agriculture ont supprimé hier, pour une durée d'un an, l'obligation de mise en jachère des terres céréalières, afin de permettre aux producteurs de répondre de manière plus favorable à la demande. Par ce moyen, Bruxelles tente de faire face à la flambée des prix, qui se répercute auprès des consommateurs. "Ce changement vise à répondre à la situation de plus en plus tendue sur le marché des céréales. Il devrait permettre d'augmenter la récolte de céréales de l'année prochaine de 10 millions de tonnes au moins", indique la Commission européenne dans un communiqué. Ce système, introduit en 1998, a pour objet de limiter les risques de surproduction. A noter que cela correspond au volume de céréales importé par l'Europe l'an dernier.

Une autre mesure est à l'étude pour tenter de ralentir la flambée des prix est évoquée ce matin par Le Figaro, à savoir la suspension des droits de douane sur les importations de céréales, débutant rétroactivement au 30 juin 2007 et courant jusqu'en juillet 2008. Ces droits s'élèvent à 93 euros la tonne d'orge et à 95 euros la tonne de blé tendre de moyenne et de basse qualité. La Commission tente par ce moyen de répondre aux problèmes d'approvisionnement des céréales. Michel Barnier, ministre français de l'Agriculture, fait part de ses réserves dans un entretien accordé au quotidien. " J'ai fait observer que les contingents d'importation à droit de douane nulle ne sont, à ce jour, pas atteints. Ce n'est donc pas seulement un problème d'importation mais d'abord de disponibilité de la matière première agricole. J'ai souligné également que l'expérience prouve que, même si cette décision est temporaire, il sera très difficile de remettre des barrières douanières une fois qu'on les aura retirées", explique-t-il. Le blé dur et le blé tendre de haute qualité sont exonérés de droits de douane. En ce qui concerne le maïs, les droits se limitent à 1,93 euro la tonne, mais l'Europe reste réticente à l'importation de maïs OGM.

Le prix mondial du maïs a progressé de 85% entre 2005 et 2006, et celui du blé de 60% depuis l'an dernier. Le prix du lait payé par les industriels aux producteurs a pour sa part augmenté de 20% durant le troisième trimestre de 207, par rapport à la même période en 2006. En cause, l'insuffisance de la collecte pour le lait (la France n'arrive pas à atteindre le maximum du quota qui lui a été accordé jusqu'en 2015), et une récolte européenne jugée décevante pour le blé. En 2006, elle s'est élevée à 266 millions de tonnes. Trop de pluie en Europe occidentale et une canicule en Europe centrale vont plomber la récolte de cette année.

LIEN Matières premières agricoles: les raisons de la hausse

27.07.2007

Matières premières agricoles: les raisons de la hausse

medium_agriculture.2.jpg23:59 I L'embellie des cours semble inexorable. Le monde agricole retrouve des couleurs, à l'exception de la viticulture, et Bruxelles lève progressivement les carcans qui ont encadré le marché pendant de nombreuses années, à l'image de la mise entre parenthèses de la jachère obligatoire pour 2008. En 2006, les revenus agricoles ont grimpé de 17 %. Le cours du blé a crû de 70% en un an, le maïs a pris 52 %, le soja 40 % et la poudre de lait 85 %. Les aléas climatiques ont fortement affecté les récoltes, avec une importante sécheresse en Australie, un hiver rude et long en Russie, un climat difficile aux Etats-Unis et des récoltes en baisse pour certaines denrées. L'impact du phénomène El Nino sera particulièrement surveillé ces prochains mois. Au-delà de ces éléments imprévisibles sur le long terme, des facteurs d'ordre structurel sont à même d'affecter le cours de nombreuses matières premières agricoles. Le rapport de Cyclope, société d'analyse spécialisée dans l'étude des marchés mondiaux des matières premières,  en date de cette année pointe du doigt l'explosion de la demande en provenance des pays émergeants, au premier rang desquels la Chine et l'Inde dans le cadre de la demande de soja et de blé. Le blé profite d'une situation mondiale particulièrement tendue où la demande est supérieure à l'offre et où les stocks sont au plus bas. Dans ce contexte, le moindre incident climatique a des répercussions immédiates sur les prix", indiquait le mois dernier un analyste à l'AFP. La sécheresse annonce une baisse des récoltes en Europe centrale et en Russie, tandis que depuis le début de la semaine, les pluies diluviennes qui tombent sur les Etats-Unis perturbent le début de la moisson du blé d'hiver dans les Grandes Plaines. Selon une récente publication du ministère américain de l'Agriculture (USDA), 5% seulement des blés d'hiver auraient pu être ramassés à la date du 10 juin contre 17% l'an dernier à la même époque. Au même moment, la Jordanie, l'Arabie saoudite et le Maroc recherchent d'importants volumes sur le marché mondial. Parallèlement à cette hausse de la demande non entièrement satisfaite, la flambée du cours du pétrole, ralentie ces dernières heures par plusieurs indicateurs de nature à satisfaire les marchés de manière temporaire, déclenche une prise de conscience d'un certain nombre d'Etats qui lorgnent sur l'expansion des biocarburants. La production de sucre, céréales, oléagineux et de certaines huiles risque d'être guidée par cette nouvelle donne. Le développement des usages non-agricoles du blé se répercute sur les autres céréales, dans un contexte favorable aux carburants végétaux: selon l'institut Global Insight, le diester et le bioéthanol représenteront 15% de la demande mondiale de carburant d'ici à 2030. Le bioéthanol fait partie de ces énergies vertes. Des cultures de plantes céréalières et sucrières sont fermentées et transformées en sucre, puis en alcool. Un mélange à des produits pétroliers est effectué, puis est incorporé à l'essence, les véhicules équipés Flex Fuel étant le mieux placés pour en profiter.

"Cette situation tendue aggrave considérablement le prix de revient des produits alimentaires déjà touchés par les augmentations importantes du prix de l’énergie et des emballages", indique l'Association nationale des industries agroalimentaires qui n'exclut pas une possible hausse du prix des produits de grande consommation comme les yaourts, les fromages, les crèmes et le lait de près de 5% d'ici à la fin de l'année. Le secteur de la bière est touché par la hausse des cours: pour produire un litre de bière blonde, il faut 200 grammes de malt. Le malt est tiré de l’orge, dont le cours ne cesse de grimper. "Les orges qu’il achetait il y a trois ans à 90 euros la tonne sont à 250 euros aujourd’hui! C’est une situation comme je n’en ai jamais connue. Et je suis depuis trente ans à la tête de l’entreprise", rapporte à Libération Michel Haag, PDG de la brasserie Météor. "Le blé dur, base quasi exclusive des pâtes alimentaires, connaît une situation préoccupante sans précédent depuis plus de vingt ans. Son prix a subi une augmentation de 40 % en l’espace de quelques semaines ce qui se traduira par une forte augmentation du prix des pâtes", indique pour sa part le Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France. Les exploitants de cinéma devront quant à eux se serrer la ceinture, quitte à rogner sur leur marge: bien que le pop-corn soit un produit incontournable dans les salles obscures, l'augmenter trop fortement reviendrait à faire détourner la clientèle des comptoirs.

LIEN À qui profite la hausse des matières premières agricoles?

23.07.2007

À qui profite la hausse des matières premières agricoles?

medium_agriculture.2.jpg"Si l’augmentation du prix des matières premières est favorable aux producteurs de cultures énergétiques, elle implique des coûts supplémentaires pour les agriculteurs qui en ont besoin pour nourrir leur bétail. En revanche, un coût plus faible des bioénergies par rapport à l’essence et au diesel pourrait faciliter la mécanisation et notamment l’utilisation des tracteurs et des équipements de transformation des produits agricoles. Mais ce sont les grands producteurs agricoles et les sociétés transnationales de négoce qui sont les mieux placés pour tirer profit de cette nouvelle donne du marché. La communauté internationale doit mettre l’accent sur l’accès au sol et à l’eau, les conditions de productivité, de production et de marketing et l’investissement dans les infrastructures rurales", estime dans un entretien accordé à Libération Jacques Diouf, directeur général de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation. Le prix des matières agricoles enregistre un décollage sans précédent, dû en grande partie au succès des biocarburants. Le développement des usages non-agricoles du blé se répercute sur les autres céréales, dans un contexte favorables aux carburants végétaux: selon l'institut Global Insight, le diester et le bioéthanol représenteront 15% de la demande mondiale de carburant d'ici à 2030. L'espoir de voir la rentabilité des parcelles agricoles s'accroître est amplifié par le fait que l'Europe ait décidé de réduire la surface de jachère obligatoire dès 2008, et par les potentiels de marché que représentent les énergies vertes et la demande des pays émergents, en particulier en viande. La récolte 2006-2007 est par ailleurs incriminée afin d'expliquer cette flambée des cours des matières agricoles, étant donnée la sécheresse survenue en Australie et en Ukraine. Pour protéger le marché intérieur, Kiev a suspendu les exportations de blé jusqu'à nouvel ordre: l'offre se réduit tandis que la demande ne cesse de s'amplifier. "Le blé profite d'une situation mondiale particulièrement tendue où la demande est supérieure à l'offre et où les stocks sont au plus bas. Dans ce contexte, le moindre incident climatique a des répercussions immédiates sur les prix", indiquait mi-juin un analyste à l'AFP. Selon le Conceil international des céréales, la consommation dépasse la production: l'offre s'élève à 4,656 milliard de tonnes cntre une demande de 1,675 milliard. Cette poussée des cours se ressent jusqu'à l'intérieur de la sphère financière: selon Raphaël Dubois, gérant à la Société générale, "l’exposition aux produits agricoles dans le portefeuille matières premières est passée de 2 % à 6 % cette année". Les pays fortement dotés en terers cultivables sont amenés à profiter de cette hausse, mais la manne financière ne profitera pas à tous. En effet, si le revenu du pays concerné augmente, le pouvoir d'achat de la population sera amené à se réduire au vu des prix des denrées alimentaires. Les produits peu ou prou transformés sont amenés à enregistrer une hausse dans les linéaires, les distributeurs hésitant à réduire leur marge de manière trop importante. Une possible hausse du prix des produits de grande consommation comme les yaourts, les fromages, les crèmes et le lait de près de 5% d'ici à la fin de l'année. Le cours du blé a progressé de 50% en un an, celui du soja de 40% et celui de la poudre de lait de 85%.

LIEN Le cours du blé flambe