15 novembre 2007

Le marché de la bière en pleine effervescence

medium_biere_verre_pompe_1.jpgLe néerlandais Heineken et le danois Carlsberg ont proposé 10,2 millions d'euros pour racheter Scottish & Newcastle, mais le conseil d'administration du brasseur britannique a opposé une fin de non-recevoir à l'opération. Il a "rejeté sans hésiter cette proposition hautement inadéquate, qui sous-évalue susbtantiellement les atouts uniques et les parts de marché. La proposition modestement augmentée de Carlsberg et Heineken est une nouvelle tentative pour s'emparer du portefeuille d'activités incomparable de S&N à vil prix". Un relèvement à 750 pence par action avait pourtant été entrepris avant la présentation de cette nouvelle offre. "La valorisation du premier brasseur britannique s'établit ainsi à 7,3 milliards de livres (10,2 milliards d'euros). Le 17 octobre, les deux alliés avaient émis une première offre à 720 pences soit 6,8 milliards de livres (9,54 milliards d'euros)", explique la rédaction du site internet de La Tribune. Carlsberg souhaite, avec cette opération, s'emparer de Kronenbourg, qui détient 35% de parts de marché en France, et des activités en Grèce. Heineken prendrait de nouvelles positions en Grande-Bretagne.

Si l'acquisition de S&N se concrétise, des marques aussi répandues que Grimbergen ou Foster's tomberont également dans l'escarcelle d'Heineken et de Carlsberg. L'enjeu pour Heineken est de consolider ses acquis dans un contexte de diminution globale de la consommation en Europe et une hausse dans les pays émergents. Une consolidation globale se dessine dans le secteur, aboutissant à deux leaders mondiaux (Anheuser-Busch et InBev). Une fusion entre les deux revient régulièrement dans les discussions sur les marchés.

Heineken dispose déjà de multiples atouts à travers sa marque, synonyme de qualité qui lui permet d'être vendue au consommateur jusqu'à 50% plus chère que la bière locale. La firme pilote le concept-store Culture bière sur les Champs-Elysées, où toutes les dimensions de la bière sont mises en avant (alimentation, beauté, livres). Heineken fait figure de leader mondial sur le segment des "premium" interationales, symbole de haut de gamme à l'échelle mondiale. Mais pour tenir face à Anheuser-Busch et InBev, l'entreprise encore majoritairement familiale doit se développer, et accroître son emprise sur son domaine. Elle ne réalise que 44% de ses ventes dans les pays émergents, contre 80% pour InBev.

LIEN InBev entend devenir le meilleur des brasseurs

01 septembre 2007

InBev entend devenir le meilleur des brasseurs

medium_biere_verre_pompe_1.jpgMise à jour le 2/09 "Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre quête pour être le meilleur brasseur", a déclaré Felipe Dutra le directeur financier d'InBev, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, côté à Bruxelles. L'entreprise belgo-brésilienne entend avoir le résultat brut d'exploitation (Ebitda) la plus élevée de toute l'industrie. Au cours des six premiers mois de l'exercice en cours, le volume de bière écoulé à progressé de 4,59%, à 59 millions d'hl. Les analystes tablaient sur 67 millions d'hectolitres, mais le volume total (bière et non-bière) écoulé s'est élevé à 68,16 millions d'hl, soit une hausse de 5%. Les ventes en volume en Amérique du Nord ont baissé de 2,6%, et de 4% en Europe de l'Ouest. La perte de part de marché la plus significative revient au marché britannique, où les volumes ont perdu jusqu'à 10,7%, notamment en raison du prix de la Stella Artois. Le différenciel de prix entre la Stella, positionnée comme une premium, et les autres marques sur le marché était devenu trop important aux yeux des consommateurs, dont l'attitude a changé, note Felipe Dutra. La hausse des coûts des matières premières a entraîné une envolée des coûts des ventes par hectolotre de 3,6%. "La hausse de ces coûts devrait rester sous l'inflation sur l'ensemble de l'exercice", selon le directeur financier. Le secteur de la bière est touché par la hausse des cours: pour produire un litre de bière blonde, il faut 200 grammes de malt. Le malt est tiré de l’orge, dont le cours ne cesse de grimper. CEO d'InBev, Carlos Brito a défini au printemps derniers les grands dossiers devant permettre au brasseur de se positionner comme "le meilleur". Une progression du chiffre d'affaires plus élevée que la hausse des volumes, une croissance interne des volumes supérieure à celle du marché, et une réduction permanente des coûts sont de mise, tout comme la croissance. "Nous ne voulons pas de consolidation pour la consolidation", avait indiqué Brito, rappelant que 95% du management d'InBev avait pour mission la croissance interne. InBev souhaite pénétrer le marché indien dès 2008 grâce à une alliance avec le groupe local de boissons RKJ. "Nous pensons que nous avons trouvé en RKJ le partenaire adéquat pour pénétrer le marché indien. RKJ est le plus grand embouteilleur de Pepsi en Inde, il dispose d'un bon réseau de distribution et leur management s'accorde au nôtre", indiquait au printemps dernier Marianne Amssoms, porte-parole du groupe.

Theo Vervloet, président des brasseurs belges, indiquait à La libre Belgique de jeudi dernier qu'InBev (détenteur de 56% de part de marché en Belgique) se montre aujourd'hui "moins agressif" envers les autres acteurs du marché belge de la bière, ajoutant "qu'il n'y a pas d'incident. Il y a une plus grande ouverture d'InBev au niveau de la fédération, une attitude plus conciliante. Il faut apprendre à vivre avec le plus grand". Aussi à la tête de la brasserie d'Affligem, Vervloet souhaitre consolider les positions des brasseurs belges à l'exportation, sans laquelle la moitié d'entre eux auraient mis la clé sous la porte: "En termes d'exportation, les chiffres sont bons et doivent le rester. Il faut réfléchir à comment on peut consolider cette situation. La bière qui voyage garde son goût. Elle est juste mieux filtrée". Deux problèmes sont à-même de faire montée le prix de la bière selon le président des brasseurs belges, à savoir la flambée des prix des matières premières et le peu de producteurs de verre, ce qui limite l'offre et la concurrence. Les pils représentent 75% de la consommation de bière en Belgique, et les bières spéciales 25%. La fédération souhaite mettre en valeur l'offre produite en Belgique par le biais du week-end de la bière, une manifestation organisée jusqu'à ce dimanche soir sur la Grand-Place de Bruxelles.

LIEN Tensions sur le marché de la bière

22 août 2007

Bien plus que du houblon

medium_biere_verre_pompe_1.jpgCequifaitdebat.blogspirit.com propose le dernier volet de cette série consacrée aux plaisirs gourmands (à consommer avec modération dans le cas présent). L'actualité continue sur le blog économique.

Quatre ingrédients principaux rentrent dans la fabrication de la bière: l’eau, qui doit être exempte de toute bactérie. 95% des brasseries ont leur propre puits naturel ou leur propre source. L’orge, une céréale présentant l’avantage de pouvoir se conserver longtemps après la récolte. Elle doit d’abord être maltée (voir ci-dessous) pour pouvoir renter en ligne de compte dans la fabrication de la bière. S’ajoutent aussi à cette liste le houblon, qui donne l’amertume à la bière, et les levures, transformant les sucres du moût en alcool et en gaz carbonique. Certaines épices peuvent également être employées. Première étape de la fabrication de la bière, le maltage. Il a pour but de faire germer les grains d’orge afin qu’ils puissent être employées dans la fabrication de la bière. Il dure entre cinq et dix jours. Les grains sont immergés dans l’eau, puis à les laisser germer pendant cinq jours avant d’interrompre le processus de germination en injectant de l’air chaud pour les sécher à environ 65°C (touraillage). Ensuite, vient le brassage, le temps de la fabrication du moût. Les grains de malt sont d’abord écrasés – c’est l’étape du concassage – de manière à ce qu’ils puissent se dissoudre dans l’eau. De l’eau chaude est ajoutée, à une température progressivement augmentée de 30°C à 75°C. Les enzymes commencent alors leur travail et transforment les amidons en sucres et les protéines en acides aminés, indispensables à l’alimentation des levures. Un jus sucré très chaud est obtenu, puis filtré par le biais d’enveloppes de grains concassés qui se trouvent au fond de la cuve. C’est alors qu’est obtenu le moût, liquide qui va dans les cuves où le houblon y est ajouté (110 à 300 grammes par hectolitre). Le moût est ensuite refroidi afin de permettre son ensemencement par les levures. La fermentation est l’étape qui suit. Celle-ci consiste à ajouter la levure au moût refroidi. Cet ajout provoque la transformation des sucres en alcool et en gaz carbonique et confère une grande partie du goût à la bière. Trois types de fermentations principaux sont distingués en Belgique (basse, avec des levures à des températures comprises en 6 et 10°C, haute, avec des levures actives entre 15 et 25°C, et spontanée, spécifique à la région de Bruxelles, qui dépend de certains micro-organismes). Enfin, beaucoup de brasseurs ajoutent à la bière de multiples substances.

03 août 2007

Une histoire de bière

medium_biere_verre_pompe_1.jpgD'après Brasseurs de France, 20,2 millions d'hectolitres ont été vendus en 2006, ce qui correspond à une baisse de 0,4% par rapport à 2005. "Entre l'été et l'hiver, la consommation varie du simple au double", indique à la séquence économie du Journal du Net Fabien Duvilla, directeur de la marque Kronenbourg. En France, Kronenbourg détient 19,7% de parts de marché sur le secteur alimentaire, à savoir les ventes en magasins, contre 14,3% de parts de marché en valeur pour l'hollandais Heineken. Pour relever la tête, la firme a mis le paquet en lançant à la fin 2006 le Beertender, qui permet de réaliser chez soir une bière pression. Réalisé avec le concours de Seb, l'objet ne permet cependant que d'utliser de la bière maison. La machine sans fût est vendue au prix de 249,99€, mais il s'en est écoulé 20.000 lors des fêtes de fin d'année. De plus, le concept Culture bière a été décliné sous forme d'une boutique sur les Champs-Elysées, à Paris. Le nouveau terrain d'affrontement entre les deux marques réside dans le succès du panaché en période estivale. Moins alcoolisé que la bière traditionnelle, il permet de toucher une cible familiale mais peine à recruter de nouveaux clients et à interesser la grande distribution. "Cela nous intéresse de rester acteur sur ce marché car nous arrivons à toucher un noyau familial et à capter de nouveaux consommateurs, comme les amateurs de soft-drinks", déclare au mensuel professionnel Rayon Boissons Philippe Ligouy, chef de produits sans alcool aux Brasseries Kronenbourg. Les brasseries françaises ont produit 16 millions d’hectolitres de bière l’année dernière. Les ventes ont chuté de 25 % en vingt-cinq ans. En 2006, la consommation française s’élevait à 20,2 millions d’hectolitres, soit 33 litres par an et par habitant. En Europe, l’Irlande et l’Allemagne sont devant, avec 124 et 121 litres par an et par habitant. La consommation s'effectue avec modération.

27 juillet 2007

Matières premières agricoles: les raisons de la hausse

medium_agriculture.2.jpg23:59 I L'embellie des cours semble inexorable. Le monde agricole retrouve des couleurs, à l'exception de la viticulture, et Bruxelles lève progressivement les carcans qui ont encadré le marché pendant de nombreuses années, à l'image de la mise entre parenthèses de la jachère obligatoire pour 2008. En 2006, les revenus agricoles ont grimpé de 17 %. Le cours du blé a crû de 70% en un an, le maïs a pris 52 %, le soja 40 % et la poudre de lait 85 %. Les aléas climatiques ont fortement affecté les récoltes, avec une importante sécheresse en Australie, un hiver rude et long en Russie, un climat difficile aux Etats-Unis et des récoltes en baisse pour certaines denrées. L'impact du phénomène El Nino sera particulièrement surveillé ces prochains mois. Au-delà de ces éléments imprévisibles sur le long terme, des facteurs d'ordre structurel sont à même d'affecter le cours de nombreuses matières premières agricoles. Le rapport de Cyclope, société d'analyse spécialisée dans l'étude des marchés mondiaux des matières premières,  en date de cette année pointe du doigt l'explosion de la demande en provenance des pays émergeants, au premier rang desquels la Chine et l'Inde dans le cadre de la demande de soja et de blé. Le blé profite d'une situation mondiale particulièrement tendue où la demande est supérieure à l'offre et où les stocks sont au plus bas. Dans ce contexte, le moindre incident climatique a des répercussions immédiates sur les prix", indiquait le mois dernier un analyste à l'AFP. La sécheresse annonce une baisse des récoltes en Europe centrale et en Russie, tandis que depuis le début de la semaine, les pluies diluviennes qui tombent sur les Etats-Unis perturbent le début de la moisson du blé d'hiver dans les Grandes Plaines. Selon une récente publication du ministère américain de l'Agriculture (USDA), 5% seulement des blés d'hiver auraient pu être ramassés à la date du 10 juin contre 17% l'an dernier à la même époque. Au même moment, la Jordanie, l'Arabie saoudite et le Maroc recherchent d'importants volumes sur le marché mondial. Parallèlement à cette hausse de la demande non entièrement satisfaite, la flambée du cours du pétrole, ralentie ces dernières heures par plusieurs indicateurs de nature à satisfaire les marchés de manière temporaire, déclenche une prise de conscience d'un certain nombre d'Etats qui lorgnent sur l'expansion des biocarburants. La production de sucre, céréales, oléagineux et de certaines huiles risque d'être guidée par cette nouvelle donne. Le développement des usages non-agricoles du blé se répercute sur les autres céréales, dans un contexte favorable aux carburants végétaux: selon l'institut Global Insight, le diester et le bioéthanol représenteront 15% de la demande mondiale de carburant d'ici à 2030. Le bioéthanol fait partie de ces énergies vertes. Des cultures de plantes céréalières et sucrières sont fermentées et transformées en sucre, puis en alcool. Un mélange à des produits pétroliers est effectué, puis est incorporé à l'essence, les véhicules équipés Flex Fuel étant le mieux placés pour en profiter.

"Cette situation tendue aggrave considérablement le prix de revient des produits alimentaires déjà touchés par les augmentations importantes du prix de l’énergie et des emballages", indique l'Association nationale des industries agroalimentaires qui n'exclut pas une possible hausse du prix des produits de grande consommation comme les yaourts, les fromages, les crèmes et le lait de près de 5% d'ici à la fin de l'année. Le secteur de la bière est touché par la hausse des cours: pour produire un litre de bière blonde, il faut 200 grammes de malt. Le malt est tiré de l’orge, dont le cours ne cesse de grimper. "Les orges qu’il achetait il y a trois ans à 90 euros la tonne sont à 250 euros aujourd’hui! C’est une situation comme je n’en ai jamais connue. Et je suis depuis trente ans à la tête de l’entreprise", rapporte à Libération Michel Haag, PDG de la brasserie Météor. "Le blé dur, base quasi exclusive des pâtes alimentaires, connaît une situation préoccupante sans précédent depuis plus de vingt ans. Son prix a subi une augmentation de 40 % en l’espace de quelques semaines ce qui se traduira par une forte augmentation du prix des pâtes", indique pour sa part le Syndicat des industriels fabricants de pâtes alimentaires de France. Les exploitants de cinéma devront quant à eux se serrer la ceinture, quitte à rogner sur leur marge: bien que le pop-corn soit un produit incontournable dans les salles obscures, l'augmenter trop fortement reviendrait à faire détourner la clientèle des comptoirs.

LIEN À qui profite la hausse des matières premières agricoles?

01 avril 2006

Les petits secrets de la bière

Avant tout liée à l'Alsace pour les Français, la bière n'en est pas moins appréciée de ses habitants, avec 33,7 litres par an. Cependant, ce chiffre est loin d'égaler les scores de nos voisins irlandais (118 litres), allemands (117 litres) et danois ( 96 litres). La bière, qu'elle soit blanche, ambrée, rousse, blonde ou brune, requiert un processus de fabrication particulier: après une germination de plus de trente heures, l'orge subit une succession de trempages et de séchages. L'orge est la plus utilisée des céréales car non seulement elle est facile à cultiver, mais elle présente aussi les meilleures qualités brassicoles. Par ailleurs, en France, la réglementation impose au moins 50% d'orge. En Allemagne, seule l'orge est autorisée, et ce en vertu d'une loi de 1516. L'orge, gorgé d'eau, se transforme en malt. Celui-ci est plus ou moins rôti pour obtenir une bière puis le malt  est réduit en farine. Le brassage consiste à infuser ou à porter à ébullition dans de l'eau de plus en plus chaude afin de dissoudre tous les sucres. Après plusieurs filtrages, on ajoute le houblon à chaud pour parfumer la bière. Enfin, on passe à la fermentation et au conditionnement. Les techniques d'élaboration des bières sont de plus en plus sophistiquées et rigoureuses, donnant ainsi des produits d'une qualité de plus en plus importante. Dans la recette traditionnelle de la bière, c'est le maltage de l'orge qui détermine la couleur de la bière. En ce qui concerne le degré d'alcool, le degré des bières dites de "table" est de 2 à 3°, 4 à 5° pour les bières de "luxe", et de 5 à 8° pour les "spéciales". Pour contrer la baisse de la consommation, les brasseurs ont mis l'accent sur les bières sans alcool, avec des températures moins basses que les bières classiques. La bière la plus alcoolisée du monde est de 25°. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.