22.12.2007

L'économie américaine voit son avenir en noir

Tout semblait pourtant écrit: le pays de l'Oncle Sam continuerait cette année encore à être le fleuron de l'économie mondiale, jouissant d'une puissance sans pareil. Las! La crise des subprimes a changé la donne, précipitant une situation enclenchée avec la flambée des cours du pétrole et l'essouflement du marché de l'emploi. Le déficit de la balance courante américaine s'élevera l'an prochain à 766 milliards de dollars, une donnée-clef qui contribue à l'affaiblissement de sa devise.

Le dollar peine, malgré son rebond enregistré cette semaine, à faire le poids face à l'euro. Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. Ces trois derniers mois, la baisse par rapport à la monnaie américaine est de 10%. A l'origine de cette dégringolade: les finances américaines. Le déficit courant des Etats-Unis s'élève à 5,5% du PIB, en dépit d'un redressement des exportations. Une consommation excessive et un manque d'épargne concourent à la chute du billet vert. Il apparaît aussi un doute quant à la politique que mèneront des pays tels que la Chine ou l'Arabie Saoudite, détentrices d'importantes réserves en dollar. De plus, la crise du crédit a précipité l'effondrement de la devise américaine. Auparavant considérées comme des valeurs refuges, les obligations d'Etat américaines sont moins prisées des banques centrales de pays émergents, qui préfèrent se rabattre sur les obligations d'entreprises. Des produits plus risqués mais plus rémunérateurs les attirent. 

La structure des échanges commerciaux pèse également sur le bilan économique des Etats-Unis: les exportations ne représentaient que 12% du PIB en 2006, et la demande intérieure 78%. Des causes structurelles peuvent aussi expliquer le raplentissement de la croissance, les gains de productivité faiblissant et la population active connaissant une hausse moins rapide qu'auparavant. Le nombre de ménages touchés par la crise des subprimes contribue par ailleurs, via les saisies, à nourrir l'excès de 2 millions de logements, soit l'équivalent d'une année de construction.

04.12.2007

L'Europe inquiète face à la dégringolade du dollar

Peer Steinbrück, le ministre des finances allemand, prétendait jusqu'alors "adorer l'euro fort". Il a du se résoudre à faire volte-face, en admettant que "le taux de change du dollar et les prix du pétrole pourraient peser sur le développement économique". Louis Gallois, patron d'EADS, maison-mère d'Airbus, a pour sa part lancé un signal fort quant à de potentiels risques de délocalisation de la production en zone dollar. "Nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d’avion, des portes, des éléments de fuselage, des éléments d’aile, à l’extérieur de l’Europe", a-t-il indiqué, ajoutant hier soir que "tout le monde doit être conscient du fait qu'une partie de l'industrie aéronautique et spatiale européenne est menacée par l'évolution du dollar". Une nouvelle réunion du G7 ayant pour thème la parité euro-dollar serait le bienvenue pour l'ex-président de la SNCF: en effet, "il y a une crise profonde dans un certain nombre d'industries due uniquement au fait que les Américains mène une politique qui se traduit par une baisse sans fin du dollar".

Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. Ces trois derniers mois, la baisse par rapport à la monnaie américaine est de 10%. A l'origine de cette dégringolade: les finances américaines. Le déficit courant des Etats-Unis s'élève à 5,5% du PIB, en dépit d'un redressement des exportations. Une consommation excessive et un manque d'épargne concourent à la chute du billet vert. Il apparaît aussi un doute quant à la politique que mèneront des pays tels que la Chine ou l'Arabie Saoudite, détentrices d'importantes réserves en dollar. De plus, la crise du crédit a précipité l'effondrement de la devise américaine. Auparavant considérées comme des valeurs refuges, les obligations d'Etat américaines sont moins prisées des banques centrales de pays émergents, qui préfèrent se rabattre sur les obligations d'entreprises. Des produits plus risqués mais plus rémunérateurs les attirent. 

Pour Avinash Persaud, professeur à la London School of Economics, "la chute du dollar ne s'interrompra que lorsque son cours sera assez bas pour provoquer un changement de politique monétaire en Europe". Il s'exprimait dans l'Agefi hebdo du 22 novembre. A un mois du neuvième anniversaire de l'euro, un défi majeur pour l'ensemble de la zone est à surmonter.

LIEN L'Europe ne souhaite pas supporter les conséquences de déséquilibres mondiaux