04.01.2008
Un pétrole cher à long terme: des conséquences économiques néfastes ?
Le Brent, côté à Londres, a lui aussi battu un nouveau record (98,50 USD) ce jeudi. Le Brent est le pétrole de référence en Europe et en Afrique. Le gisement éponyme de la mer du Nord est devenu un mélange de bruts côté sur le marché à terme londonien. Le brut s'est pour sa part établi à 100,09 dollars en cours de séance à New York.
Ces nouveaux records plongent les agents économiques dans le spectre d'un pétrole cher à long terme, accentuant de jour en jour le fossé entre des économies capables de résister à ces évolutions et les pays en voie de développement qui subissent le poids d'une énergie chère, entravant une fois de plus les capacités économiques des agents. Les pays pauvres qui ne produisent pas sont de plus en plus dépendants de l'or noir du fait d'une efficacité énergétique réduite. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l'allègement de la dette des pays pauvres voté en 2005 au sommet du G8. Certains Etats d'Afrique réfléchissent à l'idée de la création d'un "fonds de stabilisation" destiné à amortir la volatilité des prix.
Les Etats-Unis, premier consommateur mondial d'or noir avec un quart de la consommation mondiale, font preuve d'une dépendance difficilement réduisible. Les récentes mesures adoptées par certains gouverneurs d'Etats ne produiront leurs premiers effets qu'à long terme. L'administration Bush a par ailleurs indiqué sa volonté de réduire de 20% la consommation de carburant en dix ans; la campagne pour l'élection présidentielle devrait voir son lot de propositions. Le dollar étant faible, les consommateurs américains doivent faire face à une réduction de leur pouvoir d'achat. De plus, selon les statistiques du Département américain de l'Energie (DoE), lors de la semaine achevée le 28 décembre, les stocks de brut ont baissé de 4 millions de barils, à 289,6 millions de barils, soit leur plus bas niveau depuis janvier 2005. Lors des quatre dernières semaines, les Américains ont consommé 21,2 millions de barils de produits pétroliers par jour en moyenne, soit 2,1% de plus qu'en 2006 à la même période.
"Une révision des prélèvements obligatoires" qui tiendra compte "à la fois les taxes sur les produits pétroliers et les taxes ou les incitations sur les nouveaux types d'approvisionnement" a été évoquée par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui a rappelé l'existence d'accords pour limiter la hausse des prix à la pompe. "Je suis contente qu'on ait négocié avec les producteurs-distributeurs de pétrole au mois de novembre pour obtenir de leur part un engagement de répercuter les baisses immédiatement et de lisser les hausses. C'est ce qu'ils font actuellement", a encore déclaré la ministre de l'Economie. "On va être extrêmement vigilant pour s'assurer que c'est bien le cas", a-t-elle indiqué. L'UFC-Que Choisir pointe du doigt la répartition des effets d'une hausse en fonction des composantes de la population: "pour un couple en milieu rural qui a deux voitures et se chauffe au fuel domestique, l'impact est violent alors que pour un jeune actif parisien qui utilise les transports en commun et se chauffe à l'électrique, il est presque indolore". Il apparaît cependant important de rappeler que la facture pétrolière n'a représenté que 2% du PIB français en 2006, contre le double en 1980.
Les banques centrales doivent pour leur part faire face à l'inflation, une augmentation des prix de l'énergie pouvant provoquer une hausse générale des prix. Un relèvement des taux d'intérêt est l'arme des banquiers centraux pour faire face à l'inflation; les partenaires sociaux peuvent quant à eux négocier une hausse des salaires qui provoquent des "effets de second tour" difficiles à maîtriser par la suite.
Des agents économiques bénéficiaires de la hausse des prix
La financiarisation de l'économie semble être une des données clefs dans le cadre de cette envolée des cours. La crise des subprimes a incité des investisseurs à se reporter sur les marchés des matières premières et à entretenir la spéculation autour des cours élevés de l'or noir. En pleine déconfiture du dollar et hausse de la demande asiatique, le pétrole devient un élément incontournable du portefeuille de certains fonds d'investissement.
Les pays producteurs de pétrole sont à la fête, hormis la baisse du dollar qui pourrait les amener à prendre des mesures. Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. L'Arabie saoudite affiche sa forte dépendance à l'or noir, avec 90% des exportations, 50% du PIB et 80% des recettes budgétaires. L'Iran a vu pour sa part ses recettes liées au pétrole tripler entre 202 et 2006. Sur le plan géopolitique, la menace d'un blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% du brut mondial, est une des actions redoutées par les observateurs internationaux. Quant au Vénézuéla, des cours élevés confortent Hugo Chavez dans sa volonté de nationaliser les gisements d'or noir.
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02.01.2008
ÉDITION SPÉCIALE: LE PÉTROLE À 100 DOLLARS

18:29, puis mises à jour Les cours du pétrole brut, le light sweet crude, se sont établis ce mercredi sur la barre des 100 dollars à New York, ce qui en fait un record historique. A Londres, le Brent aussi a battu un nouveau record. Il est parvenu lui aussi à un seuil exact,celui de 98 dollars. "Les ponctions du pétrole pourraient dépasser le seuil supportable dès le début de 2008", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Véronique Riches-Flores, économiste en chef à la Société Générale. Pour en revenir au brut, le précédent sommet datait du 21 novembre dernier, à 99,29 dollars le baril. Les tensions géopolitiques sont au coeur de cette flambée des cours de l'or noir. Quatre policiers ont été tués en Algérie dans un attentat suicide à Naciria, et 18 personnes sont mortes dans des attaques rebelles à Port Harcourt. "Les prix augmentent en raison de nouvelles violences au Nigeria, d'inquiétudes sur la stabilité du Pakistan, des prévisions pour les stocks pétroliers et de températures hivernales froides", indique à l'AFP Phil Flynn, analyste d'Alaron Trading, à l'AFP. "Nous avons enfin touché cette barre des 100 dollars et nous allons y rester tant qu'il y aura un déséquilibre entre l'offre et la demande", selon Bart Melek, analyste de BMO Capital Markets.
Cette relance des cours à la hausse est de mauvaise augure pour le gouvernement, le budget 2008 étant calqué sur un baril à 73 dollars. Le prix du pétrole a ainsi progressé de 57% en 2007. Les statistiques qui seront annoncées demain par le département américain de l'énergie (DoE) seront surveillées de près par les investisseurs. A 18:20 heure de Paris, le baril de light sweet crude pour livraison en février s'arrogeait 3,48 dollars à 99,46 dollars. Les quantités sont en nombre limitées, et le raffinage s'avère coûteux. L'Agence internationale de l'Energie anticipait en novembre une hausse de 55% de la demande énergétique mondiale d'ici à 2030.
Un ralentissement de la croissance américaine n'est plus à exclure, selon les nombreux analystes interrogés par les agences de presse. Avec 13 millions de barils consommés par jour, les Etats-Unis, également pénalisés par le dollar, sont au premier rang des Etats qu'un pétrole cher à long terme peut affecter. "J'ai le sentiment que, si baisse il y a, le pétrole n'ira plus en dessous des 60 dollars. On a une situation très tendue actuellement, et il suffirait qu'il y ait quelque part des restrictions d'offres et que la croissance économique va se poursuivre partout pour que l'on atteigne à plus ou moins brève échéance des niveaux à 100, 120 voire 150 dollars", estime dans un entretien accordé au Figaro.fr Jean-Marie Chevalier, directeur du Centre de géopolitique de l'Energie et des Matières premières. L'économie américaine est plus sensible aux cours du pétrole que ne le sont les économies occidentales: en effet, l'Insee estime que la hausse des cours du pétrole a entraîné un surcroît annuel de dépense pour chaque Américain de 330 euros en 2005 contre 120 euros en France ou 176 euros en Allemagne. L'euro fort protège le Vieux continent de fortes variations.
Bourse 24.TV revient sur la dernière semaine de cotations de l'année 2007:
· Les perspectives pour l'année
· Décryptage: vers un baril à 100 dollars
· Le niveau des réserves en question
L'Union française des industries pétrolières (UFIP) propose chaque semaine un relevé des prix des carburants automobiles sur son site. Il s'agit d'une comparaison par rapport au baril de Brent (parité euro/dollar, au 31 décembre 2007). Ce document sert de référence pour pouvoir constater l'évolution des prix au fil des jours, une donnée importante en plein débat sur le pouvoir d'achat. L'organisme établit aussi un graphique relatif aux cours du brut, du Brent et du Dubaï.
"Les défaillances records des raffineries nationales" ont récemment fait la Une du New York Times, et pour cause: au maximum, elles ne fonctionnent qu'à 90% de leurs capacités totales. Selon le spécialiste Raymond Learsy, cité par Libération, "il est difficile de croire qu’autant de désastres se sont abattus sur cette malheureuse industrie qui fait de son mieux pour nous fournir un produit au prix le plus élevé possible". Aucune nouvelle raffinerie n'a été construite par les majors sur le sol américain au cours des trente dernières années. "En créant une situation d’approvisionnement tendu, elles contrôlent les prix et n’ont aucun intérêt à augmenter la capacité de raffinage", analyse Mark Cooper, de la Consumer Federation of America.
Les compagnies pétrolières doivent se prémunir face aux convoitises suscitées par les cours élevés de l'or noir. Reportage de France 24 au Nigéria:
22:28 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole, vidéo
26.12.2007
L'or noir, objet de convoitises permanentes
La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le 14 septembre 1960, avait pour origine une volonté de stopper la baisse des prix du pétrole liée à une diminution du dollar sur le marché des changes. L'Iran, l'Arabie Saoudite, le Venezuela, l'Irak et le Koweit inaugurent le groupe, rejoint les années suivantes par le Qatar, l'Indonésie, la Libye, et trois pays africains (l'Algérie, le Nigeria, l'Equateur et le Gabon). Les cours du brut sont multipliés par quatre en quelques mois à la suite du déclenchement de la guerre du Kippour, en 1973: les producteurs arabes décrètent un embargo contre les pays, dont les Etats-Unis, qui soutiennent Israël. On assiste au premier choc pétrolier. L'embargo sera levé en 1974.
En 1979, le second choc pétrolier survient à la suite de la révolution iranienne. Les islamistes renversent le Shah, provoquant une perturbation des approvisionnements en provenance du golfe Arabo-Persique. Afin de maintenir le niveau des cours, des quotas de production sont fixés pour la première fois en 1982.
Un contre-choc pétrolier se produit en 1986: les prix du pétrole s'effondrent à la suite d'une hausse de la production de l'Arabie Saoudite. Le baril chute de 30 à 15 dollars. En 1997, le scénario se répète: les cours chutent de 40% suite à l'augmentation de 10% de la production de l'Opep. En 2003, l'Irak réintègre l'Opep à la suite de l'intervention de la coalition américano-britannique. L'ouragan Katrina détruit en 2005 certaines interventions pétrolières off shore dans le golfe du Mexique. En 2007, les 95 dollars le baril sont pulvérisés, affichant ainsi des niveaux jamais atteints.
19:16 Publié dans Les sentiers de la connaissance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole
21.12.2007
La flambée du pétrole pourrait être un lointain souvenir
Difficile pour les économistes de s'accorder sur les évolutions potentielles des cours du baril de pétrole, aussi bien à New York qu'à Londres, tant les incertitudes planent autour de la matière première. "Les ponctions du pétrole pourraient dépasser le seuil supportable dès le début de 2008", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Véronique Riches-Flores, économiste en chef à la Société générale. Hervé Lièvre, chez Axa Investment Managers, est pour sa part moins confiant quant à la possibilité d'atteindre de nouveaux sommets pour l'or noir: "un recul est très probable en 2008. La spéculation, provoquée en grande partie par les fonds d'investissement qui se sont réfugiés vers les matières premières après la crise des subprimes, ajoute à elle seule 30 dollars par baril", rappelle-t-il à L'Expansion.
Un changement de comportement des consommateurs pourrait confirmer les propos de l'analyste. Il a même déjà commencé, comme le prouvent les données de l'Insee. "Les hausses des prix des carburants, en 1990-2000 et depuis 2004, ont entraîné une décélération de la consommation automobile, et même une baisse en 2005. La consommation de carburants, qui constitue le poste le plus important de la consommation des ménages, se réduit depuis 2003 (-6% en quatre ans)", constate l'Institut. Un choc pétrolier comparable à celui subi en 1973 est peu probable, l'or noir représentant aujourd'hui un tiers de l'énergie consommée en France contre 68% à l'époque. De plus, la quantité de brut nécessaire à la création d'un euro de PIB est inférieure de 40% à la situation de 1972, selon L'Expansion. Par ailleurs, l'Opep a les moyens d'augmenter les quantités produites.
Les hypothèses d'un relâchement des cours ne sont cependant pas totalement fiables. L'attitude des pays sera déterminante quant à la tenue des prix: une volonté de mieux maîtriser les ressources naturelles apparaît dans un nombre croissant d'Etats, et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ne feront qu'accroître l'inquiétude sur les marchés. Les menaces terroristes figurent au premier rang des hypothèses les plus redoutées, tout comme une aggravation du conflit en cours entre la Turquie et l'Iran.
18:56 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Perspectives 2008, dossier pétrole
12.12.2007
Les banques centrales font remonter le baril de brut
La spectaculaire chute des cours du pétrole enregistrée au début du mois semble n'être plus qu'un lointain souvenir au vu de l'actualité des dernières heures. Le baril de light sweet crude pour livraison en janvier était côté à 92,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange vers 16H30 GMT. Selon les données fournies par le Département américain de l'Energie (DoE), les stocks de brut ont atteint leur plus bas niveau depuis mars 2005, en chutant de 700.000 unités à 304,5 millions de barils. En parallèle, l'annonce d'une importante fuite de pétrole en mer du Nord (au large de la Norvège) a contribué à attiser les tensions.
Les marchés se montrent également réactifs suite à l'initiative prise par la Fed, la BCE, la Banque d'Angleterre et les banques centrales canadiennes et suisses. Il s'agit de stimuler la liquidité du système financier et de contrer les tensions croissantes observées sur le marché monétaire en adoptant "des mesures visant à soulager les pressions élevées sur les marchés du financement à court terme". Un système d'injection de liquidités par enchères sera proposé. La Fed a annoncé hier la baisse de son taux directeur d'un quart de point comme prévu, mais la nouvelle n'a pas été accueillie favorablement dans l'immédiat. La mesure annoncée aujourd'hui semble cependant porter ses fruits, le CAC 40 clôturant en hausse de 0,32% à 5.743,32 points et le Dow Jones et le Nasdaq progressant à mi-séance.
18:42 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole, finance, Fed
05.12.2007
Les marchés insensibles au statu quo de l'Opep
En restant fixés sous la barre des 90 dollars, les cours du light sweet crude côté à New York semblent s'être éloignés durablement du seuil des 100 dollars, comme le prouvent les réactions des marchés suite à deux annonces phares survenues ce mercredi: le statu quo de l'Opep quant à une éventuelle hausse de la production d'une part, et d'autre part la chute des stocks américains.
La production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole restera donc inchangée. Elle avait été relevée de 500.000 barils par jour à la suite d'une précédente réunion en septembre. La chute des prix du baril, diminuant de 10 dollars en l'espace d'une semaine, n'y est sans doute pas étrangère. Le risque d'un ralentissement de la consommation de pétrole tiré notamment par les Etats-Unis est en ligne de mire. De plus, l'Opep rappelle depuis quelques semaines que les tensions géopolitiques ne reflètent en rien l'offre et la demande réelle d'or noir. Un hiver doux est également redouté. Une prochaine réunion se tiendra le 1er février.
La baisse des stocks américains à 305,2 millions de barils, soit une diminution de 8 millions, les fait retomber à leur plus bas niveau depuis mars 2005. Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à une baisse de seulement 800.000 barils. "La réaction du marché risque de ne pas être celle qu'on attend, surtout parce que la demande continue d'être faible, notamment la demande d'essence. La hausse des distillats pendant une période où, habituellement, il y a des retraits saisonniers montre bien que la demande est atone", explique à l'agence Eric Wittenauer, analyste chez A.G. Edwards. Les stocks d'essence ont progressé de 4 millions de barils. Ce soir, à New York, le cours du baril de brut s'élève à 89,89 dollars.
23:23 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole
21.11.2007
99,29 dollars
Les cours du pétrole repartent à la hausse. Ce matin, le baril de brut a atteint 99,29 dollars le baril lors des échanges électroniques en Asie, frôlant ainsi la barre symbolique des 100 dollars. Il a clôturé hier à un niveau record (98,03 dollars). Le baril de Brent pour livraison en janvier est pour sa part parvenu à 96,23 dollars, toujours lors de transactions électroniques. La faiblesse du dollar face à l'euro fait partie des principaux facteurs explicatifs de ces records: "les banques centrales des principaux pays exportateurs de pétrole ont adopté une gestion différente de leurs réserves de change depuis deux ou trois ans. Elles veulent diversifier leurs réserves pour ne plus détenir uniquement du billet vert. Les contrats pétroliers étant libellés en dollars, elles en revendent une partie pour acheter du yen et de l’euro, ce qui fait pression à la baisse de la devise américaine", expliquait en octobre dernier aux Echos Frédéric Lasserre, responsable de la recherche sur les matières premières à la Société Générale.
Les réactions du marché sont aussi guidées par des événements affectant les installations, à l'instar d'une raffinerie canadienne de Shell où un incendie s'est déclenché ce matin. Avec 155.000 barils par jour de pétrole issu des sables bitumineux, sa production devrait être amputée de moitié. Parallèlement à ces événements, le sentiment d'échec du sommet de l'Opep réuni ce week-end s'ajoute à ces facteurs. "Nous avons décidé de continuer à assurer l'approvisionnement du marché du pétrole d'une manière qui soit suffisante et fiable pour répondre aux besoins mondiaux", indique le communiqué final, consensuel et sans réelle avancée. Elle représente près de 40% de la production mondiale.
Les marchés seront aussi attentifs aux chiffres délivrés dans la journée par le Département américain de l'Energie (DoE) à propos des stocks de brut. La hausse attendue par les analystes interrogés par Reuters est en moyenne de 1,2 million de barils.
10:05 Publié dans Economie , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole
01.11.2007
Vers un baril à 100 dollars ?
Mise à jour 10:14 | 96,24 dollars. Ce nouveau record absolu a été atteint ce jeudi, et concerne le baril de "light sweet crude" pour livraison en décembre. Les cours du Brent, côté à Londres, sont parvenus pour leur part à 91,10 dollars le baril, un record là aussi.
Cette succession de records enregistrée depuis le début du mois trouve ses racines immédiates dans un contexte financier particulier (baisse des taux de la Fed et faiblesse du dollar), une baisse des stocks américains, l'arrêt d'installations pétrolières situées dans le golfe du Mexique avant le passage annoncé de tempêtes tropicales, et les tensions à la frontière entre la Turquie et l'Iran. Selon le Département américain de l'Energie, lors de la semaine qui s'est achevée hier, les réserves de brut ont diminué de 3,9 millions de barils à 312,7 millions de barils (un baril représente 158,98 litres).
Deux grands types de pétrole font office de référence sur les marchés. Le brut, côté à New York sous l'appellation de West Texas Intermediate, est extrait des gisements et n'est pas raffiné lors de sa cotation. Les bruts les plus recherchés, donc aux prix les plus élevés, sont les plus légers. "En termes physiques, le WTI n'est qu'un brut américain négligeable, qui représente 200.000 barils sur une production mondiale de 56 millions de barils. Mais, en termes boursiers, il constitue l'un des deux contrats pétroliers de référence avec le brent et s'échange deux fois plus que ce dernier", expliquait le 22 octobre dernier aux Echos Frédéric Lasserre, responsable de la recherche sur les matières premières à la Société Générale. Le Brent, pour sa part, est le pétrole de référence en Europe et en Afrique. Le gisement éponyme de la mer du Nord est devenu un mélange de bruts côté sur le marché à terme londonien.
Ce n'est pas la première fois que les prix du pétrole affolent la scène internationale. La création de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le 14 septembre 1960, a pour origine une volonté de stopper la baisse des prix du pétrole liée à une diminution du dollar sur le marché des changes. L'Iran, l'Arabie Saoudite, le Venezuela, l'Irak et le Koweit inaugurent le groupe, rejoint les années suivantes par le Qatar, l'Indonésie, la Libye, et trois pays africains (l'Algérie, le Nigeria, l'Equateur et le Gabon). Les cours du brut sont multipliés par quatre en quelques mois à la suite du déclenchement de la guerre du Kippour, en 1973: les producteurs arabes décrètent un embargo contre les pays, dont les Etats-Unis, qui soutiennent Israël. On assiste au premier choc pétrolier. L'embargo sera levé en 1974. En 1979, le second choc pétrolier survient à la suite de la révolution iranienne. Les islamistes renversent le Shah, provoquant une perturbation des approvisionnements en provenance du golfe Arabo-Persique. Afin de maintenir le niveau des cours, des quotas de production sont fixés pour la première fois en 1982. Un contre-choc pétrolier se produit en 1986: les prix du pétrole s'effondrent à la suite d'une hausse de la production de l'Arabie Saoudite. Le baril chute de 30 à 15 dollars. En 1997, le scénario se répète: les cours chutent de 40% suite à l'augmentation de 10% de la production de l'Opep. En 2003, l'Irak réintègre l'Oper à la suite de l'intervention de la coalition américano-britannique. L'ouragan Katrina détruit en 2005 certaines interventions pétrolières off shore dans le golfe du Mexique. En 2007, les 95 dollars le baril sont pulvérisés, affichant ainsi des niveaux jamais atteints. La chute des réserves américaines de brut, annoncée de semaine en semaine, stimule les cours.
Le spectre de l'épuisement
Selon le cercle Energy Watch Group, créé par le député Vert allemand Hans-Josef Fell, le pic pétrolier, à savoir l'instant où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006. L'extraction pétrolière diminuerait depuis de 3% par an, un chiffre qui tombe au plus mauvais point. Le dynamisme de la croissance mondiale, située à environ 5%, est poussé par la demande en hausse constante de la part des pays émergents, Chine et Inde en tête. Tandis que les économies développées tentent de trouver des alternatives à l'or noir, ces pays tirent la consommation vers le haut. "La baisse bien plus importante que prévu des réserves de brut a propulsé le pétrole à de nouveaux records. Il continue d'y avoir une crainte qu'il n'y ait pas assez de pétrole en réserve", indique à l'AFP Bart Melek, analyste chez BMO Capital Markets.
Christophe de Margerie, PDG de Total, pointe pour sa part le manque de volonté des pays producteurs. Il s'exprimait début septembre au Financial Times: "Le monde a changé. Il y a la volonté pour un certain nombre de pays de garder leurs réserves pour le long terme. Ils gagnent suffisamment d'argent avec leur production, et ils sentent qu'il est bon pour leur peuple de conserver leurs réserves pour l'avenir... Ils ne veulent pas les exploiter trop vite". L'Organisation des pays exportateurs de pétrole ne juge pas utile de relever sa production de brut, annoncée à 500.000 barils par jour à compter du premier novembre. L'Opep préfère faire porter le chapeau aux difficultés rencontrées par les raffineries, comme il est indiqué dans son dernier rapport: "Ces dernières années, les marchés de produits ont fait face à une forte correction baissière en septembre, pesant sur l'ensemble du complexe pétrolier. Cependant, cette tendance a été significativement atténuée cette année du fait d'importantes maintenances saisonnières dans le bassin Atlantique et par des préoccupations sur le front des tempêtes, qui se sont manifestées sur la seconde moitié de septembre".
La faiblesse du dollar et des tensions géopolitiques en ligne de mire

Comme le démontre ce graphique réalisé par les journalistes du quotidien économique belge L'Echo, la corrélation entre les cours du dollar et ceux du pétrole, sur le WTI et le Brent comme exposé ci-dessus, ne cesse de progresser depuis 2005. "Je suis de ceux qui pensent que la faiblesse du dollar explique la hausse du brut. Alors que les stocks de l'OCDE augmentent, que la demande est revue à la baisse, que la production de l'Opep augmente et que la saison des ouragans est relativement clémente, c'est le dollar qui semble bien être la principale explication", analyse Anatol Feygin, responsable de la stratégie matières premières de Bank of America. Les banques centrales des pays exportateurs de pétrole gèrent différemment leurs réserves de changes depuis quelques années, et ne souhaitent plus détenir uniquement du dollar. Une partie des contrats pétroliers, libellés en dollars, est revendue pour acheter de l'euro et du yen, ce qui exerce une pression sur la devise américaine. Parallèlement à cette corrélation, le marché "craint les conséquences d'une possible intervention militaire de la Turquie contre les rebelles du Parti des travailleurs kurdes (PKK) réfugiés en Irak, de l'autre côté de la frontière", indique l'AFP. Le transport des hydrocarbures est à relier à ce problème: les détroits surchargés de pétroliers doivent faire l'objet d'une surveillance accrue afin de protéger l'or noir. 40 millions de barils de pétrole transitent quotidiennement les océans.
Les réactions du marché en question
"Ce serait trop simpliste de dire que c'est l'OPEP qui fixe les prix. Ceux-ci sont en réalité le résultat d'une interaction entre l'annonce d'une quantité de production fixée par l'OPEP et l'interprétation que le marché fait de cette annonce. Si le marché estime que les quotas ne sont pas respectés par les pays membres et que l'annonce n'a aucune valeur, la déclaration de l'OPEP n'aura pas d'impact sur les prix. [...] Chaque fait, petit ou grand, provoque sa litanie de supputations : les traders se préoccupent non pas d'avoir une interprétation correcte des faits, mais d'anticiper l'interprétation que vont en avoir les autres acteurs du marché !", expliquait en décembre 2002 au Monde Robert Malbro, à la tête de l'Oxford Institute for Energy Studies. La crise du subprime est aussi à ajouter à la longue liste de paramètres pouvant expliquer cette flambée des cours du pétrole. Après des prises de bénéfices, certains investisseurs se sont rabattus sur les marchés des matières premières.
"Le super-cycle mondial d’investissement, alimenté par les immenses besoins des nouveaux géants de l'économie globale, devrait durer de nombreuses années, et même dans les pays de l'OCDE, nous croyons que le cycle est très loin d’être terminé. Par conséquent, nous prévoyons une hausse significative des prix du brut à partir de 2009", font savoir Eric Chaney, chef économiste Europe chez Morgan Stanley, et son homologue américain, Richard Berner, dans le cadre d'une analyse publiée sur le site de la plate-forme intellectuelle Telos. Les prix à la pompe n'ont pas encore suffisamment augmenté pour provoquer un changement de comportement des consommateurs. Cette transition constitue l'inconnue la plus importante de l'univers pétrolier.
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25.10.2007
92,05 dollars le baril
Mise à jour 26/10 à 09:11 De nouveaux seuils ont été franchis aujourd'hui sur les marchés, à New York et à Londres. Le baril de "light sweet crude" s'est hissé pour la première fois à 90,60 dollars le baril, soir 63,47 euros selon Le Monde. Les 87,12 dollars ont été atteints pour le cours du baril de Brent (côté à Londres) pour l'échéance de décembre. Cette nouvelle poussée des cours trouve une nouvelle fois sa source dans deux faits majeurs: des tensions géopolitiques (cf. vidéo) et des incertitudes quant à l'approvisionnement. "Tout se produit en même temps, il y a de nouvelles inquiétudes liées à ces sanctions contre l'Iran et la crainte que l'Opep ne parvienne pas à accroître suffisamment sa production pour répondre à la demande", confirme Phil Flynn, analyste chez Alaron Trading à l'AFP.
Le transit du pétrole par la Turquie n'est pour l'instant pas touché, mais il apparaît que si une initiative militaire turque était engagée, l'acheminement de l'or noir en serait rendu plus difficile. La décision de la Turquie de s'autoriser à intervenir en Irak contribue en partie à cette hausse des cours. Un autre point de tensions est à ajouter sur la liste: Washington demande des sanctions aux militaires iraniens et à trois banques nationales. Elles sont accusées de soutenir le terrorisme. Parallèlement à ces tensions, les doutes quant à l'approvisionnement continuent d'alimenter les spéculations. Les réserves américaines de brut ont diminué de 5 millions de barils la semaine passée, et celles d'essence et de produits distillés (diesel et fioul de chauffage) de 2 millions de barils chacunes. À l'approche de l'hiver, les investisseurs continuent à se pencher sur l'or noir. Le pétrole brut léger américain pulvérise ce vendredi un nouveau record de 92,05 dollars le baril, et le Brent à 89,30 dollars.
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18.10.2007
Pétrole: pourquoi ça monte ?
Mises à jour 19.10 à 09:19 et 13:57 Les 89,57 dollars ont été atteints, puis la barre des 90 dollars franchie avant de voir le cours redescendre. "Le prix du baril de brut de pétrole a dépassé pour la première fois jeudi soir à New York le seuil des 90 dollars, lors des échanges électroniques d'après-séance", explique ce vendredi l'AFP (90,02 dollars exactement) Les 90,07 dollars ont été atteints ce vendredi. Ce record du baril de "light sweet crude" à New York (ici, pour livraison en novembre) trouve avant tout sa source dans un conflit géopolitique, comme indiqué dans le précédent article de ce dossier. Le Parlement turc a donné au gouvernement son aval pour agir militairement de l'autre côté de la frontière avec l'Irak, pour déloger de leurs bases les rebelles du Parti des travailleurs kurdes, le PKK. "Le PKK lutte depuis 1984 contre le pouvoir central turc, et selon Ankara, les Kurdes d'Irak le soutiennent en armes et explosifs", explique l'AFP. "Les tensions dans le nord de l'Irak préoccupent le marché, car elles ternissent l'espoir que les exportations de pétrole irakien reprennent via la Turquie", indique le courtier Sunden. Ces données ne constituent pourtant qu'une partie des raisons expliquant cette flambée des cours - le West Texas Intermediate s'est apprécié de plus de 10% depuis le début de la semaine.
Francisco Blanch, en charge de la recherche matières premières chez Merrill Lynch, a annoncé en début de semaine "ne pas pouvoir exclure l'éventualité d'une poussée du prix du pétrole au-delà des 100 dollars le baril à court terme si l'hiver s'annonce rigoureux". Parallèlement à cette inquiétude quant à une éventuelle hausse soudaine de la consommation, forc est de constater que la baisse des taux de la Fed il y a quelques semaines a provoqué un afflux massif d'investisseurs sur les marchés des matières premières.
Christophe de Margerie, PDG de Total, pointe pour sa part le manque de volonté des pays producteurs. Il s'exprimait début septembre au Financial Times: "Le monde a changé. Il y a la volonté pour un certain nombre de pays de garder leurs réserves pour le long terme. Ils gagnent suffisamment d'argent avec leur production, et ils sentent qu'il est bon pour leur peuple de conserver leurs réserves pour l'avenir... Ils ne veulent pas les exploiter trop vite". L'Opep ne juge pas utile de relever sa production de brut, annoncée à 500.000 barils par jour à compter du premier novembre. L'organisation préfère faire porter le chapeau aux difficultés rencontrées par les raffineries, comme il est indiqué dans son dernier rapport: "Ces dernières années, les marchés de produits ont fait face à une forte correction baissière en septembre, pesant sur l'ensemble du complexe pétrolier. Cependant, cette tendance a été significativement atténuée cette année du fait d'importantes maintenances saisonnières dans le bassin Atlantique et par des préoccupations sur le front des tempêtes, qui se sont manifestées sur la seconde moitié de septembre".
Le chef d'entreprise met aussi en cause l'augmentation des coûts parapétroliers, à savoir le forage, la géophysique, l'ingénierie et la construction d'équipements. "Je ne pleure plus sur les résultats des entreprises parapétrolières à condition qu'ils s'arrêtent. Nous ne pouvons laisser dériver les coûts de développement des projets", a-t-il déclaré le 10 octobre dernier, selon Le Monde. Selon Christophe de Margerie, depuis trois ans, le coût des projets en mer progresse de 16% chaque année. Des coûts qui, cette fois-ci, pourraient directement pénaliser les consommateurs, jusque là protégés par l'euro fort.
"Le marché du pétrole est avant tout une question de psychologie, une histoire de légendes. Il prend ses décisions non pas en fonction de la réalité, mais de sa perception de la réalité. Un trader qui anticipe une chute des prix et souhaite vendre doit trouver des acheteurs qui pensent le contraire. Le marché du pétrole, c'est en quelque sorte une perception qui cherche sa contrepartie", indiquait au journal en 2002 Robert Mabro, directeur de l'Oxford Institute for Energy Studies.
21:45 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole
