09.01.2008
La croissance mondiale, l'inconnue de l'année
Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.
L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt
"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.
Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année
"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier
Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.
Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.
La Chine en ligne de mire
11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.
18:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, conjoncture, BCE, subprimes, croissance, finance, Fed
05.01.2008
Marchés: quelles prévisions pour 2008 ?
2/01 La crise est passée par là. La tourmente issue de la crise de confiance issue des subprimes américains a jeté un froid dans la sphère financière, avec un gain de seulement 1,31 % pour le CAC 40 en 2007. Quelques 110 opérations de LBO ont été réalisées au premier semestre 2007, pour une valeur de 15.8 milliards d'euros. Une acquisition par endettement, le leverage buy-out, consiste à racheter une entreprise en s'appuyant sur un effet de levier financier, c'est-à-dire en faisant appel à des organismes spécialisés qui financent cette reprise par de l'endettement. On parle aussi de rachat par effet de levier. Un resserrement des conditions d'octroi des crédits, consécutif à la crise financière, a cependant fait nettement ralentir le volume de ce type d'opérations.
La conjoncture sera au coeur d'une éventuelle reprise de ce type d'activité et d'un retour de la confiance sur les marchés. La consommation sera scrutée de près par les analystes, et ce en particulier outre-Atlantique. La chute des prix de l'immobilier risque de peser sue le budget des ménages; Alan Greenspan, ancien président de la Fed, a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une récession. Des tensions inflationnistes pourraient survenir. En cette année d'élection présidentielle, les Etats-Unis sont donc surveillés de près par les acteurs de la finance mondiale: les mesures consécutives à la crise du subprime présentées par l'administration Bush doivent prendre effet dans les semaines à venir, et les propositions de chacun des candidats pourront intervenir dans le débat. L'attitude de la Fed quant à son taux directeur s'annonce comme déterminante, la baisse des taux étant censée soutenir l'activité. Le plan Bush est censé apporter une réponse aux inquiétudes des ménages quant à une possible saisie de leurs biens suite à la contraction d'un prêt subprime. De 400.000 à 500.000 procédures de faillites personnelles sont cependant attendues chaque trimestre. Les taux variables des emprunteurs doivent être gelés pendant cinq ans, et le système de refinancements fluidifié.
Le pétrole en ligne de mire. Un ralentissement de la croissance américaine pourrait avoir des conséquences sur les cours du pétrole, tout comme les variations du dollar, monnaie de référence sur les marchés. Après avoir franchi le seuil des 99 dollars en novembre puis s'être calmés, les cours du light sweet crude sont repartis à la hausse suite à l'assassinat de Benazir Bhutto et les tensions géopolitiques qui en découlent. La demande des pays émergents, en particulier de la Chine, s'annonce comme une donnée incontournable pour l'année 2008. L'attitude de certains Etats consistant à nationaliser leurs gisements au détriment des majors s'annonce aussi comme une donnée clef à prendre en compte dans le cadre de l'évolution des prix de l'or noir.
500 posts, et un nouveau blog. Comme annoncé précédemment, le blog Ce qui fait débat devient Problématiques.fr: www.problematiques.fr
Problématiques.fr propose un décryptage quotidien de l’actualité économique et sociale à travers une approche communautaire. Chaque article est ouvert à un dialogue entre internautes et rédacteurs. Les contenus des lecteurs sont également mis en avant. On passe ainsi d'un blog à un véritable site d'information interactif et réactif, qui exploitera dans les semaines à venir toutes les fonctionnalités multimédia: vidéos, photos, sons.
Ce blog reste en consultation, et permettra d'annoncer les mises à jour du site. Pour toute demande d'information: contact@problematiques.fr ou franckstassi@live.fr (MSN).
12:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bourse, finance, LBO, subprimes
17.12.2007
La répartition des risques comme déclencheur de la crise financière
Décryptage. La crise financière qui agite les marchés depuis l'été a permis de mettre en lumière des comportements et des produits jusque-là inconnus du grand public. Celui-ci restera avant tout marqué par les longues files d'attente devant les agences de la Northern Rock britannique en proie à une crise de refinancement, mais c'est l'ensemble du secteur de la finance, discipline mondiale et globalisée, qui est concerné.
A l'origine des turbulences, les subprimes. Ils représentent plus de 40% des prêts immobiliers souscrits en 2006 et 2007. Un important nombre des ménages concernés appartient à la frange la plus endettée de la population. La chute des prix de l'immobilier conjuguée à une hausse des taux d'intérêt depuis 2003 a rendu le cocktail difficile à digérer pour des ménages pris à la gorge. Les subprimes sont en effet des prêts hypothécaires à risques dont les taux d'intérêt remontent au bout de deux ans, une donnée souvent ignorée. La remontée des taux de quatre points a étranglé ces ménages, ce qui a conduit à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit sont conduites au dépôt de bilan. La crise se propage à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des investisseurs du monde entier.
La titrisation s'impose comme la seconde variable de cette crise. Afin d'accroître leur activité, les entreprises de prêts immobiliers ont revendu les dettes à d'autres entrepreneurs, les sommes générées leur permettant de pouvoir financer de nouveaux emprunts. Le détenteur de l’emprunt perçoit les remboursements de l’emprunteur. Enfin, on a assisté à une dissociation des risques entre la banque, prêteur initial, et le détenteur de l'actif titrisé, qui supporte le risque. La première peut donc se permettre d'être moins regardante sur la qualité du risque, rappelle sur le site de la plateforme intellectuelle Telos l'économiste Hervé Boulhol. Et l'on a assisté à une telle diffusion des risques qu'une crise de confiance est arrivée.
A l'aube des fêtes, cinq mois après le début de la crise, les acteurs s'en mordent les doigts. Les saisies immobilières se multiplient aux Etats-Unis. De nouveaux comportements en vue sont-ils à prévoir pour 2008 ?
LIEN Les répercussions de la crise financière font plonger les places boursières
18:00 Publié dans Economie , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : subprimes, finance, vidéo
13.12.2007
Les répercussions de la crise financière font plonger les places boursières
Douche froide à la Bourse de Paris. Le CAC 40 a clôturé en recul de 2,65%, une baisse jamais égalée depuis le 16 août dernier, en pleine déconvenue suite à l'apparition des dégâts causés par les subprimes. Les valeurs financières ont tiré l'indice à la baisse, tout comme les technologiques. Le Footsie-100 londonien cédait pour sa part 2,94%. Le Dow Jones et le Nasdaq ont pour leur part ouvert en baisse.
"La baisse des marchés actions mondiaux aujourd'hui souligne le fait que l'action des banques centrales mondiales ne pourra pas mettre fin au climat d'inquiétude et d'incertitude qui règne sur les marchés, et qui est la cause fondamentale de la réticence des institutions financières à se prêter de l'argent les unes aux autres", explique à l'AFP Derek Halpenny, économiste à la Bank of Tokyo-Mitsubishi. Une action concertée de cinq banquiers centraux a été engagée mardi afin d'apaiser les tensions en cours sur les marchés monétaires, sous forme d’un "term auction facility", un système d’enchères de liquidités impliquant toutes les banques centrales parties prenantes.
En parallèle, la BCE indique constater une hausse des risques pour la stabilité des marchés financiers. "En même temps, la hausse des leviers, dans le LBO notamment, augmente la probabilité d’un retournement dans le cycle de crédit, impliquant une augmentation des défauts de paiement. Les investisseurs non bancaires étaient clairement devenus dépendants des notations d’agences plutôt que de mener leurs propres vérifications. Quand la liquidité s’est évaporée pour les produits structurés complexes, les risques ont encore été aggravés", explique l'institution dirigée par Jean-Claude Trichet.
Le Fonds monétaire international est pour la première fois intervenu dans la crise ce jeudi en invitant les banques à faire peuve de davantage de transparence vis-à-vis de leur exposition aux subprimes. "Je veux souligner en particulier qu'une action rapide et volontaire pour régler les problèmes d'évaluation est déterminante pour faire avancer le règlement de cette crise", a indiqué le porte-parole Masood Ahmed. "Dans la mesure où les inquiétudes demeurent sur l'étendue de la détérioration du crédit, les opérations de liquidité des banques centrales, ne sont qu'une façon de régler les problèmes en cours sur les marchés financiers", a-t-il ajouté.
LIEN Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire
22:43 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bourse, finance, subprimes, BCE
12.12.2007
Les banques centrales font remonter le baril de brut
La spectaculaire chute des cours du pétrole enregistrée au début du mois semble n'être plus qu'un lointain souvenir au vu de l'actualité des dernières heures. Le baril de light sweet crude pour livraison en janvier était côté à 92,23 dollars sur le New York Mercantile Exchange vers 16H30 GMT. Selon les données fournies par le Département américain de l'Energie (DoE), les stocks de brut ont atteint leur plus bas niveau depuis mars 2005, en chutant de 700.000 unités à 304,5 millions de barils. En parallèle, l'annonce d'une importante fuite de pétrole en mer du Nord (au large de la Norvège) a contribué à attiser les tensions.
Les marchés se montrent également réactifs suite à l'initiative prise par la Fed, la BCE, la Banque d'Angleterre et les banques centrales canadiennes et suisses. Il s'agit de stimuler la liquidité du système financier et de contrer les tensions croissantes observées sur le marché monétaire en adoptant "des mesures visant à soulager les pressions élevées sur les marchés du financement à court terme". Un système d'injection de liquidités par enchères sera proposé. La Fed a annoncé hier la baisse de son taux directeur d'un quart de point comme prévu, mais la nouvelle n'a pas été accueillie favorablement dans l'immédiat. La mesure annoncée aujourd'hui semble cependant porter ses fruits, le CAC 40 clôturant en hausse de 0,32% à 5.743,32 points et le Dow Jones et le Nasdaq progressant à mi-séance.
18:42 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dossier pétrole, finance, Fed
04.12.2007
L'Europe inquiète face à la dégringolade du dollar

Peer Steinbrück, le ministre des finances allemand, prétendait jusqu'alors "adorer l'euro fort". Il a du se résoudre à faire volte-face, en admettant que "le taux de change du dollar et les prix du pétrole pourraient peser sur le développement économique". Louis Gallois, patron d'EADS, maison-mère d'Airbus, a pour sa part lancé un signal fort quant à de potentiels risques de délocalisation de la production en zone dollar. "Nous allons être obligés de faire fabriquer des pièces d’avion, des portes, des éléments de fuselage, des éléments d’aile, à l’extérieur de l’Europe", a-t-il indiqué, ajoutant hier soir que "tout le monde doit être conscient du fait qu'une partie de l'industrie aéronautique et spatiale européenne est menacée par l'évolution du dollar". Une nouvelle réunion du G7 ayant pour thème la parité euro-dollar serait le bienvenue pour l'ex-président de la SNCF: en effet, "il y a une crise profonde dans un certain nombre d'industries due uniquement au fait que les Américains mène une politique qui se traduit par une baisse sans fin du dollar".
Depuis 2002, le billet vert a glissé de plus de 40% par rapport à l'euro. Ces trois derniers mois, la baisse par rapport à la monnaie américaine est de 10%. A l'origine de cette dégringolade: les finances américaines. Le déficit courant des Etats-Unis s'élève à 5,5% du PIB, en dépit d'un redressement des exportations. Une consommation excessive et un manque d'épargne concourent à la chute du billet vert. Il apparaît aussi un doute quant à la politique que mèneront des pays tels que la Chine ou l'Arabie Saoudite, détentrices d'importantes réserves en dollar. De plus, la crise du crédit a précipité l'effondrement de la devise américaine. Auparavant considérées comme des valeurs refuges, les obligations d'Etat américaines sont moins prisées des banques centrales de pays émergents, qui préfèrent se rabattre sur les obligations d'entreprises. Des produits plus risqués mais plus rémunérateurs les attirent.
Pour Avinash Persaud, professeur à la London School of Economics, "la chute du dollar ne s'interrompra que lorsque son cours sera assez bas pour provoquer un changement de politique monétaire en Europe". Il s'exprimait dans l'Agefi hebdo du 22 novembre. A un mois du neuvième anniversaire de l'euro, un défi majeur pour l'ensemble de la zone est à surmonter.
LIEN L'Europe ne souhaite pas supporter les conséquences de déséquilibres mondiaux
11:06 Publié dans Economie , Monde , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dollar, euro, finance, BCE
22.11.2007
Inquiétude sur les marchés mondiaux

"La principale question porte sur le comportement à venir des consommateurs américains, alors qu'ils représentent les deux tiers de la croissance du PIB. Que se passera-t-il si le secteur immobilier se dégrade davantage et si les ménages ne peuvent faire face à des conditions hypothécaires plus restrictives ? Et si le cours du pétrole se maintient au-dessus de 90 dollars, le budget essence viendra-t-il pénaliser les autres dépenses ?", explique aux Echos Sam Stovall, responsable de la stratégie actions chez Standard and Poor's. Le marché américain est en ligne de mire sur les marchés, avec les répercussions de la crise du subprime. L'OCDE a estimé à 300 millions de dollars les pertes liées à la crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis.
Le CAC 40 est passé hier sous la barre des 5.400 points, en baisse de 2,28%, Francfort a reculé de 1,5%, Londres de 2,5% et le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,62% La tourmente qui touche les places boursières n'est pas sans rappeler la crise financière de l'été, mais l'ampleur est moindre et les causes différentes. L'envolée des cours du pétrole constitue cette première variable: de 60 dollars en janvier, le WTI côté à New York est désormais positionné aux alentours des 95 dollars. L'approche de l'hiver dope le baril, également poussé à la hausse par la chute du dollar. Les banques centrales des pays exportateurs de pétrole gèrent différemment leurs réserves de changes depuis quelques années, et ne souhaitent plus détenir uniquement du dollar. Une partie des contrats pétroliers, libellés en dollars, est revendue pour acheter de l'euro et du yen, ce qui exerce une pression sur la devise américaine.
Parvenue lundi à 1,48 dollar pour un euro, la devise américaine est la seconde variable explicative de l'inquiétude qui règne. La Fed a indiqué mardi ne tabler sur une croissance comprise qu'entre 1,8 et 2,5% pour 2008, contre une fouchette de 2,5 à 2,75% initialement prévue. "Les consommateurs américains pourraient ressentir une réelle pression sur leur capacité à dépenser si le prix du pétrole reste durablement à un niveau élevé, si l'inflation progresse ou si les choses se gâtent côté emploi. [...] Wall Street s'attend à voir la Réserve fédérale continuer à baisser ses taux directeurs pour éviter un recul de la consommation. Mais les investisseurs craignent que les niveaux actuels du pétrole et du dollar alimentent l'inflation et donc obligent la Fed à stopper son assouplissement", indique Sam Stovall.
14:21 Publié dans Economie , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Bourse, banque, subprimes, finance
25.10.2007
Les fonds souverains à l'assaut du globe
"Trois mois de réserves de change suffiraient à la Chine pour acheter n'importe quelle société du CAC 40", explique à L'Expansion Stephen Jen, chez Morgan Stanley. La sphère financière se passionne pour l'émergence d'investisseurs d'un nouveau genre, les fonds d'investissement souverains. La réunion du G7 Finances qui s'est tenue la semaine dernière a évoqué pour la première fois les Soveraign Wealth Funds (SWF); ils deviennent des agents majeurs au coeur des marchés de capitaux.
Les SWF se caractérisent par la fait que les capitaux sont détenus par les Etats, ce qui laisse planer des interrogations quant à une éventuelle tentative d'exercer une influence politique dans des entreprises et structures étrangères, comme l'avait laissé entendre Angela Merkel cet été. le passé montre qu'ils ne se comportent pas en activistes politiques", indique Nicolas Véron, économiste au centre de réflexion européen Bruegel. Il s'exprimait il y a quinze jours dans L'Agefi hebdo. "En 1990 les fonds souverains détenaient probablement 500 milliards de dollars tout au plus ; il sont actuellement estimés à 2 500 ou 3 000 milliards de dollars et, compte tenu de l'évolution probable des comptes courants, ils pourraient atteindre 10 000 milliards de dollars d'ici à 2012", analyse pour sa part l'économiste en chef du FMI Simon Johnson dans Le Figaro.
Les pétrodollars ou les excédents commerciaux de certains pays leur permettent de pouvoir investir à l'étranger et ainsi de prendre part au jeu de l'économie mondiale. "Ces fonds, et en particulier celui de la Chine, ne veulent plus se contenter des 4 ou 5% de rémunération offerts par les bons du Trésor, ils déplacent leurs avoirs sur les actions, bien plus rémunératrices", indique Jean-Patrick Yanitch, conseiller financier de l'ambassade de France à Pékin. Investir, mais pour quoi faire? Le retour sur investissement semble bien plus important aux yeux des responsables des SWF que le contrôle de sociétés, les fonds étant notamment destinés au fonctionnement intérieur dex Etats, tels les régimes de retraite. Le meilleur rendement est donc privilégié.
Des prises de participation spectaculaires en guise de vitrine
Les fonds d'investissement souverains ne sont pas inconnus des spécialistes de la finance. Après le premier choc pétrolier des années 1970, les pays producteurs ont constitué des entités et des fonds de pension destinés à placer cette nouvelle manne de "pétrodollars". A l'aube des années 2000, c'est la zone asiatique du globe qui a, à son tour, pris part à ce système, croissance économique et flambée des matières premières aidant. Les Etats accumulent des réserves principalement en dollars, et souscrivent à des obligations. Aujourd'hui, la tentation est grande pour les SWF de s'aventurer sur les marchés actions, où les dividendes peuvent se faire plus appétissants. Quelques opérations symboliques assurent par ailleurs la notoriété de ces fonds: en 2006, la banque publique russe VTB prenait 5% du capital d'EADS, et au début de l'année 3,5% pour le fonds de Dubai. Plus tôt, en 2005, Abu Dhabi entrait au capital de Ferrari à hauteur de 5%.
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14.10.2007
Les financiers des temps modernes
"Depuis quelques années, les banques et les Bourses sont à la recherche d'investisseurs à long terme capables de fournir des financements stables", explique à L'Agefi Hebdo Steffen Kern, économiste chez Deutsche Bank. Qu'ils soient de Dubaï, du Qatar, de Chine ou de Singapour, les "fonds souverains" ont profité de l'effet d'eclipse de la crise financière pour réaliser de spectaculaires prises de participation dans des structures aussi diverses que le distributeur britannique Sainsbury ou la Bourse de Londres, le London Stock Exchange (LSE), dont la Bourse de Dubaï et la Qatar Investment Autority (QIA) détiennent désormais la moitié. "Notre objectif premier est de construire une Bourse de dimension internationale et à forte croissance hors de Dubaï", rappelait début septembre Essa Kazim, président de cette place financière. Et il s'en donne les moyens: la QIA, qui contrôle la Bourse de Dubaï, créee en 2000, gère déjà 40 milliards de dollars d'actifs, selon les données de DB Research. Le pétrole constitue la source des capitaux, comme à Abu Dhabi ou en Arabie Saoudite. Les Etats du Moyen-Orient ne sont pas les seuls à prendre des participations sur la scène internationale, comme le prouvent les exemples de la Norvège ou de la Russie, dont les pétrodollars sont là aussi à l'origine de ces investissements.
"Nous n'assistons pas à une montée de l'Etat dans les pays émergents mais à une montée des pays émergents, dans lesquels l'Etat est très présent, mais où, exception faite de la Russie, sa place recule dans l'économie", indique au Monde Nicolas Véron, économiste au centre de réflexion européen Bruegel. Et d'ajouter dans L'Agefi Hebdo que "le passé montre que [ces fonds] ne se comportent pas en activistes politiques", ce qui désamorce les craintes exprimées en juillet dernier par la chancelière allemande Angela Merkel. "La question est de savoir si la prise de participation d'un fonds doté de capitaux publics n'est pas liée à la volonté d'exercer une influence politique", avait-elle alors déclaré.
Les économistes de Deutsche Bank recensent une quarantaine de fonds d'investissement souverains, mais les Etats peuvent aussi investir directement sur les marchés financiers. Axel Pierron, consultant chez Celent, exprime ses craintes quant à une potentielle prise de controle du Nasdaq par un fonds souverain. "Ce n'est pas du tout la même chose d'avoir une entreprise privée qui cherche à obtenir des bénéfices et des fonds souverains, dirigés par des royaumes aux populations faibles en nombre, où la politique dirige très fortement l'économie nationale", analyse-t-il dans l'Agefi Hebdo. Nicolas Véron rappelle pour sa part que l'investissement dans des Places de marché de la part de fonds souverains permet aux Etats de renforcer leur intégration dans la sphère financière mondiale, et d'engendrer des connaissances et des compétences à propos du fonctionnement de l'économie.
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04.10.2007
La semaine de l'économie
·La Banque centrale européenne tient bon. L'institution a maintenu son principal taux directeur, celui de refinancement (la possibilité proposée à une banque d'obtenir des liquidités auprès d'une autre banque ou de la banque centrale) à 4%, après avoir reculé l'hypothèse d'une hausse début septembre suite à la crise financière. Certains experts attendaient ce statu quo, de peur d'un ralentissement de la croissance au sein de la zone euro. Mais ce n'est pas le seul chantier pour Jean-Claude Trichet, qui doit faire face à la fronde de certains gouvernements face à l'euro fort. "Je veux que la BCE reste indépendante et qu'elle accepte le débat. Ce qui me frappe souvent, c'est d'entendre les responsables de la BCE expliquer en quoi la situation a changé, en quoi elle est préoccupante, et ne rien faire", expliquait hier Didier Reynders, ministre belge des Finances. Il y a deux semaines, Nicolas Sarkozy avait enjoint la BCE de suivre les pas de la Fed, la réserve fédérale américaine: "Quand la Banque centrale américaine baisse ses taux, tout repart. Quand nous, nous ne baissons pas les nôtres, on s'enfonce. Il y a quand même un petit problème. Je dis à M. Trichet (...) regardez ce que font les autres, l'enfer ce n'est pas toujours les autres", avait-il alors indiqué.
·Soupçons de délit d'initié chez EADS. Forgeard, Enders, Lagardère: autant de noms qui sont revenus sur la scène de l'actualité après la publication d'éléments d'une "note préliminaire" de l'AMF, hier dans Le Figaro. En janvier 2005, l'action EADS s'établit à 21,56 euros à Paris. Le 11 mai 2005, l'A380 subit un premier report de livraison, suivi, en juin, d'un remaniement de l'exécutif de l'entreprise. En novembre 2005, les présidents de DaimlerChrysler et du groupe Lagardère font part de leur volonté de réduire leur participation dans EADS. Vente de titres de la part de dirigeants du groupe. En janvier 2006, l'action EADS vaut 30,69 euros. En mars 2006, certains dirigeants exercent leurs stock-options, à savoir des sommes versées par une entreprise à ses salariés sous forme d'épargne, et qui peuvent être investies en actions de l'entreprise. Entre le 8 et le 24 mars 2006, des ventes massives d'actions sont effectuées par certains dirigeants. Le 4 avril, DaimlerChrysler et Lagardère cèdent 7,5% de leurs parts dans EADS. Le 13 juin 2006, EADS fait part de reports de livraison de l'A380 et de résultats à la baisse. Le lendemain, le cours de Bourse chute de 26%. Il vaut alors 18,73 euros. Un troisième retard est annoncé en octobre 2006, puis, le 23 novembre, le parquet ouvre une information judiciaire pour dlit d'initié, suite à la plainte de petits actionnaires. Selon Le Figaro, l'Autorité des marchés financiers constate "quatre informations privilégiées identifiées par les enquêteurs" pour faire état du délit: les évolutions des programmes de l'A350 (modifié) et de l'A380, le projet de vente partielle des titres détenus par DaimlerChrysler et Lagardère, et les prévisions financières d'EADS pour la période courant de 2006 à 2008. Thierry Breton, alors ministre de l'Economie, sera entendu ce vendredi par une commission.
·Le pétrole toujours au plus haut. Selon le Département américain de l'Energie, sur les quatre dernières semaines, les Américains ont réduit leur consommation de produits pétroliers par rapport à l'an dernier. Les stocks de brut ont augmenté de 1,2 million de barils, pour se fixer à 321,8 millions. Les derniers chiffres sur le logement américain, la dépreciation continue du dollar, la révision à la baisse de chiffres sur la consommation de pétrole en juillet: tous ces facteurs auraient pu contribuer à une baisse du baril de pétrole brut au cours de la semaine écoulée, mais il n'en a rien été, le baril de light sweet crude s'accrochant à la barre des 80 dollars. Pour expliquer cette stabilité, certains analystes avancent la crainte de nouvelles tempêtes dans le golfe du Mexique, mais les chiffres démontrent aussi l'importance de la spéculation autour de la rareté de l'or noir.
23:05 Publié dans Economie , Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : BCE, Euro, dossier pétrole, EADS, refinancement, finance