28 septembre 2007
L'inquiétude française monte face à l'euro fort
"Nous avons toujours insisté ces quatre dernières années sur les risques que faisait peser un excès de volatilité des monnaies. Il est vrai que la perte de valeur du dollar nous préoccupe. Les économies de la zone euro ne sont pas responsables de la situation. Contrairement à celle des États-Unis et de la Chine, notre balance des transactions courantes est équilibrée. S'il est question de nous faire payer, à nous Européens, les conséquences de ces déséquilibres, on ne peut pas s'attendre à ce que nous restions passifs": dans un entretien accordé au Figaro, Joaquin Alunia, commissaire européen aux Affaires économiques, analyse la situation actuelle. En effet, depuis janvier, l'euro s'est apprécié de plus de 10% par rapport au dollar. Il indique que l'Eurogroupe doit adopter un message unique et cohérent en direction d'économies telles que les Etats-Unis et la Chine, faisant référence aux Allemands, qui ne se sentent pas concernés par l'euro fort. L'Allemagne a développé une politique axée sur la R&D et la mise au point de produits innovants afin d'être moins tributaire des désordres monétaires.
Joaquin Almunia, même s'il insiste sur le fait que l'économie européenne n'a pas à faire les frais des politiques monétaires américaines et chinoises, et qu'il rappelle que la hausse de l'euro témoigne de la confiance des investisseurs européens et permet de se protéger de la hausse rapide des cours du pétrole, ne dédouane pas la France. Nicolas Sarkozy s'était exprimé la semaine dernière en faveur d'une intervention de la BCE, mais, selon le commissaire, cela n'empêche pas la France de faire des efforts. "Il existe des raisons en France d'être préoccupé par la hausse de l'euro, mais il ne faut pas oublier non plus les autres facteurs qui expliquent les déséquilibres de la balance commerciale française. Ainsi, les secteurs de spécialisation de vos entreprises ne correspondent pas forcément à l'évolution de la demande mondiale", juge-t-il.
Concernant les finances hexagonales, Joacquin Alunia "ne voit pas pourquoi" il devrait douter de la volonté du gouvernement de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2010. Par ailleurs, déficit public ne doit pas excéder 3% du PIB. Selon les analystes du gouvernement, une hausse de 10% de l'euro ampute la croissance de 0,2 à 0,4 point de PIB. Nous exportons plus de biens de consommation que nos voisins qui s'en tirent mieux, ce qui fait que les importateurs peuvent plus facilement se tourner vers d'autres fournisseurs. Malgré les difficultés, Bercy table sur une hausse de 4,75% des investissements des entreprises en 2008 et de 5,75% des exportations, comptant sur les effets du "paquet fiscal" pour atteindre ses objectifs. Mais équilibrer les finances publiques en 2010 ne sera pas chose facile, l'OFCE tablant sur un creusement du déficit public à 3% du PIB pour l'an prochain.
22:40 Publié dans Economie, Permanent | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Euro, conjoncture, finances publiques