24 décembre 2007

Les relations sino-américaines sous l'angle du renseignement

Entre 1949 et 1973, même si l'URSS reste alors la priorité numéro 1, la CIA surveille attentivement les Chinois. L'absence de station en Chine oblige la CIA  a travailler depuis les stations a l'étranger,entre autres celles qui entourent la Chine communiste. La station de Rangoon a aussi une section spécialisée en direction des Chinois. Une autre base avancée est la station de Bangkok, d'ou la CIA envoie des changkaïchekistes. Après les ratées dans les tentatives d'envahir par les provinces du Sud de la Chine communiste,a partir de la Birmanie et de la Thaïlande de l'armée du général Li Mee et l'absence de soulèvements comme l'espérait la CIA,la station de Bangkok fut utlisée pour former des chinois et les envoyer sur le territoire de la Chine communiste.

La priorité de la CIA concernant la Chine communiste,la RCP,est la collecte de renseignements. Difficile de recruter des chinois ou de les pousser a faire défection. La CIA obtiendra néanmoins quelques résultats:Zhao Fu,responsable de la sécurité de l'ambassade de Chine a Stockholm,prend la fuite en 1962.C'était la 1ere fois que les autorités pékinoises ont reconnues la fuite d'un des leurs. En mai 1964,c'est Dong Jiping,qui a été envoyé a Burundi en tant qu'attaché culturel adjoint en 1963,qui fait déféction au profit de la CIA.Né a Shanghai en 1940,il y suit les cours de l'Institut des langues étrangères,et intègre ensuite le service de renseignement extérieur chinois. Il livre l'ordre de bataille du renseignement chinois en Afrique a la CIA; ce qui est fort précieux, sachant que l'Afrique est justement un des continents ou la Chine cherche le plus a s'implanter.

La station de la CIA à Beijing

En janvier 1986,le sénateur américain Orrin Hatch part pour Pékin.Le régime chinois aide la CIA en la fournissant en équipements qui sont ensuite transmis aux moudjahidins afghans via les services secrets militaires pakistanais,l'ISI. Accompagné du chef des services de renseignement du Département d'Etat Morton Abramowitz,du directeur-adjoint de la Direction des Opérations de la CIA et du chef de station de la CIA a Beijing.Hatch demandera aux officiels chinois d'aider les Etats-Unis dans leur soutien,pour équiper les moudjahidins en matériel plus sophistiqué.Par exemple en missiles Stinger. Les Chinois donneront leur accord.

Dans un communiqué en date du 18 septembre 1989, le Guojia Anquanbu, le service de renseignements extérieur et de contre-espionnage chinois,s'inquiète de l'augmentation des affaires d'espionnage. Selon le rapport, ont été mises en cause pas moins d'une centaine de personnes pour espionnage,travaillant dans l'armée, les services gouvernementaux,le domaine politique. L'ouverture de la Chine a en effet facilité l'établissement de contacts avec les Chinois; sa montée en puissance inquiète les rivaux ainsi que les pays alentours,d'ou une activation des services de renseignements pour obtenir des informations dans les différents domaines: politique,économique et militaire.

Les relations sino-américaines en question

Les relations sino-américaines,néanmoins,qui s'étaient dégradées suite aux événements de la Place Tian An Men en 1989 ,et normalisées ensuite,subissent un nouveau coup suite à une erreur monumentale: en pleine guerre du Kosovo en 1999, les forces de l'OTAN bombardent Belgrade. Et un des sites touchés est l'ambassade de Chine a Belgrade,provoquant la fureur des autorités de Pékin et des manifestations devant son ambassade.Dans son édition du 11 mai 1999, le Figaro indique que sur ordre de Langley,la station de la CIA a Beijing (Alors dirigée par Timothy Long?) détruit les documents les plus sensibles dès le début du siège de l'ambassade. Il est hors de question que ,comme en 1979 à Téhéran,une foule ne s'empare de l'ambassade et des documents de la station de la CIA..Cette information du Figaro n'a,toutefois,pas été confirmée par d'autres sources. Etant donné le climat latent, elle paraît néanmoins fort probable. Ensuite, le calme reviendra.

Evidemment, une des menaces est la puissance militaire chinoise. La CIA devra tenir compte de la réussite des essais chinois de leur nouveau missile,le DF-31, le 02 août 1999,par la deuxième base d'artillerie de l'Armée Populaire de Libération chinoisedans la province de Shanxi, tandis que le point d'impact était à Lob Nor.

Donc, début septembre 1999 est rendue publique une analyse de la CIA  sur les pays représentant un danger pour les Etats-Unis avec leurs missiles ballistiques. Le danger n°1 est la Russie, avec ses 1000 ICBM (Missiles Intercontinentaux Ballistiques. On appelle ses missiles des ICBM car les ICBM ont une portée pouvant aller de 6000 a 13000 Kilomètres.On les distingue des missiles tactiques- missiles balistiques a courte portée, les SRBM- dont la portée est inférieure a 800 kilomètres,et des IRBM,a portée intermédiaire,entre 2400 et 6400 Kilomètres ), et la menace numéro 2 est la Chine communiste avec 20 missiles capables d'atteindre les Etats-Unis.En cette année 1999, la Chine a essayée un système de missiles du nom de DF-31 qui dispose d'un rayon d'action de 8000 kilomètres. Ses missiles,toutefois,sont dirigés non pas contre les Etats-Unis,mais contre les pays d'Asie et la Russie. La CIA estime néanmoins que vers 2015 la Chine aura une dizaine de ICBM dirigés contre les Etats-Unis,et qui donc menaceront le territoire national.

_______________________

Cyril Gelibter

22 mai 2007

Litvinenko: une inculpation

Mises à jour 12:34, 12:52 et 17:05 I "Je suis parvenu aujourd'hui à la conclusion que les éléments qui nous ont été transmis par la police sont suffisants pour procéder à l'inculpation d'Andreï Lougovoï pour le meurtre de M. Litvinenko par empoisonnement volontaire", a indiqué dans un communiqué Ken MacDonald, responsable du Crown Prosecution Service, le parquet britannique. Celui-ci vient en effet d'annoncer l'inculpation du Russe Andreï Lougovoï pour le meurtre de l'ancien espion Alexandre Litvinenko. Ken MacDonald a également indiqué avoir demandé à ses services d'entamer les premières démarches pour obtenir son extradition de Russie. "Dans ces circonstances, j'ai demandé aux avocats [du parquet] de prendre des mesures immédiates pour tenter d'obtenir l'extradition rapide d'Andreï Lougovoï de Russie vers le Royaume-Uni, afin qu'il soit inculpé de meurtre et comparaisse rapidement devant un tribunal de Londres pour être poursuivi pour ce crime extraordinairement grave", a-t-il ajouté. La Russie avait déjà fait savoir qu'elle s'opposerait à toute extradition de l'un de ses ressortissants dans le cadre de cette affaire. Plus de six mois après le début de son agonie observée par le monde entier - Litivienko est mort le 23 novembre 2006 et venait d'acquérir la nationalité britannique, un homme est donc officiellement accusé d'avoir assassiné l'ancien espion russe exilé en Grande-Bretagne. Andreï Lougovoï, est un ancien de la Lubyenka, le siège du KGB. Il a par la suite assuré la sécurité de l'oligarque russe Boris Berezovski, tombé en disgrâce dans son pays et opposant notoire à Poutine. Dans une déclaration rendue publique après sa mort, Litvinenko, ancien agent du KGB, a accusé le président russe Vladimir Poutine d'être à l'origine de son décès. Ces affirmations avaient été niées en bloc par Vladimir Poutine. Du 13 mars 1954 au 6 novembre 1991, le KGB fut l'organisation en charge de la sécurité de l'Union soviétique, de la police secrète, et des services de renseignement. Andreï Lougovoï, avec deux autres hommes, Dimitri Kovtoun et Viatcheslav Sokolenko, avait, selon l'AFP, rencontré Litvivenko trois semaines avant son décès. "Je n'ai pas tué Litvinenko, n'ai aucun rapport avec sa mort et suis fondé à exprimer de la méfiance sur les soit-disants preuves rassemblées par la justice britannique", a déclaré Lougovoï, selon plusieurs agences de presse russes, reprises par Le Figaro. Son inculpation répond selon lui à des "motivations politiques". Il annonce par ailleurs son intention de faire dans les prochains jours des déclarations qui "vont faire sensation dans l'opinion publique britannique et pourront changer de manière radicale la perception des événements qui se sont produits ces dernières années en Grande-Bretagne autour de certaines personnalités d'origine russe".

13 mars 2007

Un haut responsable de la Défense iranienne a fait défection

Chroniques des lecteurs I Le monde du renseignement Cyril, Paris

11.03.07 I Mise à jour 13.03.07 I L'information a commencé à circuler samedi dernier, mais les grands médias ne l'ont pas reprise jusqu'à présent: la communauté occidentale du renseignement vient de marquer un point, apparement d'importance,contre la République islamique d'Iran: un ancien très haut responsable du Ministère de la Défense iranienne,Ali Askari (ou Asquari),63 ans, avait disparu d'Istanbul, en Turquie le 7 février dernier.Les iraniens avaient aussitôt accusés le Mossad ,ou la CIA, de l'avoir enlevé.Les journalistes qui avaient leurs contacts informels au sein du Mossad (donc non autorisés par la direction du Mossad) ont eu une réponse très claire: le Mossad n'est absolument pas lié à cette affaire.Donc,apparement, exit le Mossad! Et comme le constate l'ESISC,il paraissait risqué que la CIA mène une telle opération,étant donné tous les scandales qui s'accumulent autour du renseignement extérieur américain (L'affaire des vols de la CIA).

Restait donc comme hypothèse la défection de M.Askari, hypothèse qui semble se confirmer: les informations obtenues indiquent que le général Askari a fait déféction au profit de la CIA et est, actuellement, soit débriéfé dans un pays européen,soit aux Etats-Unis même (Etant donné que sa déféction date d'il y a un mois maintenant, et connaissant le fonctionnement de la CIA, qui a toujours préféré amener les transfuges sur le sol américain par sécurité, donc la dernière hypothèse est la plus probable.

Si l'information est confirmée, ce sera sans doute une des plus belles réussites, de par les postes qu'Askari a occupé: Askari,proche de l'ayatollah Khomeiny (le guide spirituel de la Révolution islamique iranienne décédé en 1989) a aussi été général des Pasdarans (Les Gardiens de la Révolution iranienne),ou il a entre autres été chargé de la liaison entre l'Iran et le Hezbollah au Liban dans les années 80 et au début des années 90.Il est à noter que Asghari,selon des anciens du Mossad,aurait joué un rôle fondamental dans la création du Hezbollah, ce qui reste à confirmer. Revenu du Liban,il a été nommé vice-Ministre de la Défense iranienne,jusque sa retraite, qu'il a prise en 2005. Se pose la question des connaissances du Général Askari ,aussi,sur le programme nucléaire iranien.

La question se pose de savoir si cette défection a été menée par le général seul, ou si il était en contact avec un service secret depuis un certain temps pour la planifier? Sur ce point,il n'y a pas (du moins pas encore) de réponse précise,mais selon les informations obtenues par le Washington Post,le Mossad aurait joué un rôle fondamental dans le recrutement de Asghari,et son exfiltration de Turquie.

13.03 I Abordé le 7 mars par le blog "La communauté du renseignement" et la semaine précédente par certaines sources, le sujet ne fait l'objet d'une enquête dans la presse nationale que ce matin, à savoir dans "Le Figaro". Georges Malbrunot, grand reporter, apporte des éléments de réponse à plusieurs questions qui se posent autour de la potentielle défection du général Ali Reza Asghari, ancien vice-ministre iranien de la Défense. Haut fonctionnaire au ministère de la Défense à Tel-Aviv et expert des réseaux chiites libano-iraniens, l'Israélien Uri Lubrani indique au "Figaro" qu'il s'agit d'une "défection organisée". F.S.

LIEN Retrouvez cet article sur http://lemondedurenseignement.hautetfort.com/