09 janvier 2008

La croissance mondiale, l'inconnue de l'année

Un ralentissement de la croissance mondiale n'est pas à exclure selon le Fonds Monétaire International (FMI), qui tablait en octobre sur 4,8% pour l'année 2008 après 5,2% en 2007 et 5,4% en 2006. L'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, indiquait pour sa part prévoir une croissance de 2,3% pour ses membres dans ses "perspectives semestrielles" rendues publiques début décembre, contre 2,7% annoncés en juillet. Le ralentissement le plus spectaculaire est annoncé aux Etats-Unis, où le rythme de croissance, en rythme annuel, passerait de 5% au troisième trimestre 2007 à 1,8% pour le premier trimestre de l'année 2008. La Banque Mondiale estime ce mercredi que le croissance mondiale s'élevera à 3,3% cette année. Elle indique que que le PIB mondial a progressé de 3,6% en 2007 et annonce un rebond de la croissance en 2009, à +3,6%. "Une décélération beaucoup plus marquée de l'activité aux États-Unis constitue un risque réel qui pourrait assombrir les perspectives à moyen terme des pays en développement", explique à l'AFP Uri Dadush, directeur du groupe d'étude sur les perspectives de développement. La BCE a quant à elle abaissé ses prévisions de croissance de 2,3% à 2% pour la zone euro.

L'ONU exorte la BCE à réduire dès maintenant ses taux d'intérêt

"C'est à la BCE de faire quelque chose et elle doit agir maintenant, sans attendre que tout le monde se rende compte que l'Europe ralentit", a indiqué Heiner Flassbeck, directeur de la division pour la mondialisation et les stratégies de développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. "L'économie américaine ayant de gros ennuis, les plus gros depuis 20 ans, il revient à l'Europe de stimuler l'économie plus qu'elle ne le fait actuellement", a-t-il expliqué, redoutant "qu'une fois de plus la BCE agisse trop tard et pas suffisamment". L'institution présidée par Jean-Claude Trichet devrait en effet jouer le statu quo en laissant son taux d'intérêt directeur à 4% à l'issue de sa réunion de demain. Selon la Banque Mondiale, la croissance dans la zone euro devrait s'élever à 2,1% en 2008, puis à 2,4% en 2009. Les pays doivent aussi faire face à des problèmes de compétitivité liés à l'euro fort; ainsi, en novembre, le déficit commercal français s'est creusé à 4,792 milliards d'euros.

Les subprimes comme objet d'inquiétude de l'année

"L'année 2008 concentrera l'essentiel du choc, avec le blocage du crédit bancaire, la remontée du coût du risque, l'accélération de la baisse des prix de l'immobilier aux Etats-Unis mais aussi au Royaume-Uni et en Espagne, la menace de faillites en chaîne d'entreprises ou de ménages (plus de 2 millions pour les seuls Etats-Unis). Avec à la clé un net recul de la croissance mondiale de 5,2 % autour de 3,5 %, une récession potentielle aux Etats-Unis, une croissance molle de l'ordre de 1,5 % en Europe et au Japon, un ralentissement des pays émergents" Nicolas Baverez, Le Monde, 8 janvier

Les répercussions de la crise financière sont amenés à se faire sentir au cours de l'année, si l'on en croît les différents économistes et institutions amenés ces jours-ci àprendre la parole. Les subprimes, ces prêts hypothécaires à risque dont la dilution dans l'économie mondiale par le biais de la titrisation (transformation des prêts en obligations) ont provoqué une crise de confiance dans la chaîne des refinancements interbancaires. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car les établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Les conditions d'attribution des crédits devraient se renforcer, les subprimes ayant concerné la frange de la population américaine la plus endettée. L'économie américaine est la première concernée par cette crise. George W.Bush étudie un plan destiné à soutenir la croissance. Une diminution du niveau de retenue à la source et un allègement temporaire des impôts pour les classes moyenne sont envisagés. Ces annonces feraient suite aux précédentes mesures annoncées fin 2007 en faveur des populations touchées par la crise des subprimes.

Goldman Sachs estime par ailleurs que "les chiffres récents suggèrent que l'économie américaine est en train de tomber dans la récession". Selon la banque, la Fed devra "mettre de côté ses inquiétudes résiduelles sur l'inflation". Son principal taux directeur est actuellement fixé à 4,25%.


La Chine en ligne de mire

11,5% de croissance en 2007, d'importantes réserves en devises: l'économie chinoise semble afficher des chiffres insolents en plein ralentissement à l'échelle de la planète. Plusieurs données mettent cependant en péril une éventuelle accélration de cette croissance pour 2008. D'une part, la demande en provenance des Etats-Unis, qui représente 25% des exportations. "En soi, ce n'est pas un ralentissement local aux Etats-Unis pesant sur la demande de biens chinois qui inquiète, que les effets cumulatifs d'un ralentissement global", tempère au Monde un membre de la Mission économique à Pékin. L'inflation guette, ainsi que des incertitudes de la compétitivité de la Bourse dans un contexte de mondialisation, le nombre d'actions échangeables (le "flottant") étant extrêmement réduit. De plus, le système bancaire figure au premier rang des freins à l'expansion économique chinoise. Le niveau de bancarisation reste faible au regard de l'étendue du territoire. Enfin, la recherche est trop focalisée sur les hautes technologies. L'université se vante certes de former 600.000 ingénieurs par an, mais cela n'empêche pas la Chine de faire les frais d'un manque chronique "de dirigeants de talent et de chercheurs hautement qualifiés", selon l'OCDE.

05 janvier 2008

Marchés: quelles prévisions pour 2008 ?

2/01 La crise est passée par là. La tourmente issue de la crise de confiance issue des subprimes américains a jeté un froid dans la sphère financière, avec un gain de seulement 1,31 % pour le CAC 40 en 2007. Quelques 110 opérations de LBO ont été réalisées au premier semestre 2007, pour une valeur de 15.8 milliards d'euros. Une acquisition par endettement, le leverage buy-out, consiste à racheter une entreprise en s'appuyant sur un effet de levier financier, c'est-à-dire en faisant appel à des organismes spécialisés qui financent cette reprise par de l'endettement. On parle aussi de rachat par effet de levier. Un resserrement des conditions d'octroi des crédits, consécutif à la crise financière, a cependant fait nettement ralentir le volume de ce type d'opérations.

La conjoncture sera au coeur d'une éventuelle reprise de ce type d'activité et d'un retour de la confiance sur les marchés. La consommation sera scrutée de près par les analystes, et ce en particulier outre-Atlantique. La chute des prix de l'immobilier risque de peser sue le budget des ménages; Alan Greenspan, ancien président de la Fed, a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d'une récession. Des tensions inflationnistes pourraient survenir. En cette année d'élection présidentielle, les Etats-Unis sont donc surveillés de près par les acteurs de la finance mondiale: les mesures consécutives à la crise du subprime présentées par l'administration Bush doivent prendre effet dans les semaines à venir, et les propositions de chacun des candidats pourront intervenir dans le débat. L'attitude de la Fed quant à son taux directeur s'annonce comme déterminante, la baisse des taux étant censée soutenir l'activité. Le plan Bush est censé apporter une réponse aux inquiétudes des ménages quant à une possible saisie de leurs biens suite à la contraction d'un prêt subprime. De 400.000 à 500.000 procédures de faillites personnelles sont cependant attendues chaque trimestre. Les taux variables des emprunteurs doivent être gelés pendant cinq ans, et le système de refinancements fluidifié.

Le pétrole en ligne de mire. Un ralentissement de la croissance américaine pourrait avoir des conséquences sur les cours du pétrole, tout comme les variations du dollar, monnaie de référence sur les marchés. Après avoir franchi le seuil des 99 dollars en novembre puis s'être calmés, les cours du light sweet crude sont repartis à la hausse suite à l'assassinat de Benazir Bhutto et les tensions géopolitiques qui en découlent. La demande des pays émergents, en particulier de la Chine, s'annonce comme une donnée incontournable pour l'année 2008. L'attitude de certains Etats consistant à nationaliser leurs gisements au détriment des majors s'annonce aussi comme une donnée clef à prendre en compte dans le cadre de l'évolution des prix de l'or noir.

500 posts, et un nouveau blog. Comme annoncé précédemment, le blog Ce qui fait débat devient Problématiques.fr: www.problematiques.fr
 
Problématiques.fr propose un décryptage quotidien de l’actualité économique et sociale à travers une approche communautaire. Chaque article est ouvert à un dialogue entre internautes et rédacteurs. Les contenus des lecteurs sont également mis en avant. On passe ainsi d'un blog à un véritable site d'information interactif et réactif, qui exploitera dans les semaines à venir toutes les fonctionnalités multimédia: vidéos, photos, sons.

Ce blog reste en consultation, et permettra d'annoncer les mises à jour du site. Pour toute demande d'information: contact@problematiques.fr ou franckstassi@live.fr (MSN).

22 décembre 2007

Vers une chute de l'immobilier ?

La crise des subprimes a jeté un froid sur les constructions aux Etats-Unis, le nombre de saisies progressant et le surplus de logements étant déjà conséquent (2 millions). Les mises en chantier outre-Atlantique chutent de 20 à 30% l'an depuis plusieurs mois, la variation du nombre de mises en chantier de logements est devenue négative dans l'Hexagone en 2007, et le nombre de transactions au Royaume-Uni est 15% inférieur à celui qu'il était il y a un an.

Un possible resserrement des conditions de crédit suite à la crise financière ne devrait pas aider à améliorer ces statistiques, le recours à l'emprunt pouvant être stimulé par un possible scénario consistant en ce que les prix repartent à la hausse. "Si les prix des maisons augmente à un rythme supérieur à celui des taux d'intérêt, les ménages continuent d'être incités à s'endetter puisque la valeur des biens achetés progresse plus vite que la dette. Cette dynamique reste à l'oeuvre au Royaume-Uni", expliquait début décembre à Enjeux-Les Echos Patrick Artus, directeur des études chez Natixis.

Le plan présenté par l'admnistration Bush doit entrer en vigueur au premier trimestre de l'année 2008, censé apporter une réponse aux inquiétudes des ménages quant à une possible saisie de leurs biens suite à la contraction d'un prêt subprime. De 400.000 à 500.000 procédures de faillites personnelles sont cependant attendues chaque trimestre. Les taux variables des emprunteurs doivent être gelés pendant cinq ans, et le système de refinancements fluidifié.

17 décembre 2007

La répartition des risques comme déclencheur de la crise financière

Décryptage. La crise financière qui agite les marchés depuis l'été a permis de mettre en lumière des comportements et des produits jusque-là inconnus du grand public. Celui-ci restera avant tout marqué par les longues files d'attente devant les agences de la Northern Rock britannique en proie à une crise de refinancement, mais c'est l'ensemble du secteur de la finance, discipline mondiale et globalisée, qui est concerné.

A l'origine des turbulences, les subprimes. Ils représentent plus de 40% des prêts immobiliers souscrits en 2006 et 2007. Un important nombre des ménages concernés appartient à la frange la plus endettée de la population. La chute des prix de l'immobilier conjuguée à une hausse des taux d'intérêt depuis 2003 a rendu le cocktail difficile à digérer pour des ménages pris à la gorge. Les subprimes sont en effet des prêts hypothécaires à risques dont les taux d'intérêt remontent au bout de deux ans, une donnée souvent ignorée. La remontée des taux de quatre points a étranglé ces ménages, ce qui a conduit à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit sont conduites au dépôt de bilan. La crise se propage à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des investisseurs du monde entier.

La titrisation s'impose comme la seconde variable de cette crise. Afin d'accroître leur activité, les entreprises de prêts immobiliers ont revendu les dettes à d'autres entrepreneurs, les sommes générées leur permettant de pouvoir financer de nouveaux emprunts. Le détenteur de l’emprunt perçoit les remboursements de l’emprunteur. Enfin, on a assisté à une dissociation des risques entre la banque, prêteur initial, et le détenteur de l'actif titrisé, qui supporte le risque. La première peut donc se permettre d'être moins regardante sur la qualité du risque, rappelle sur le site de la plateforme intellectuelle Telos l'économiste Hervé Boulhol. Et l'on a assisté à une telle diffusion des risques qu'une crise de confiance est arrivée.

A l'aube des fêtes, cinq mois après le début de la crise, les acteurs s'en mordent les doigts. Les saisies immobilières se multiplient aux Etats-Unis. De nouveaux comportements en vue sont-ils à prévoir pour 2008 ?

LIEN Les répercussions de la crise financière font plonger les places boursières

16 décembre 2007

Les entreprises, premières victimes de la crise des subprimes

La BCE a annoncé le déclenchement de son opération destinée à fournir 10 mlliards de dollars aux banques de la zone euro. Cette procédure, incluse dans le cadre de la concertation avec quatre autres banques centrales, sera lancée lundi pour une durée de 28 jours. L'institution présidée par Jean-Claude Trichet espère ainsi calmer les tensions qui prévalent actuellement sur les marchés monétaires, suite à la crise des subprimes initiée fin août. L'effet est incertain: jeudi, une baisse généralisée a eu lieu sur les places boursières, indiquant que l'opération a été vécue comme une aggravation de la crise - une telle intervention des banquiers centraux n'avait pas eu lieu depuis le 11 septembre 2001. Selon les analystes interrogés par Les Echos, "l'ensemble de ces mesures contribue à améliorer les perspectives de moyen terme pour l'économie et les marchés mais d'autres actions devront sans doute être mises en oeuvre pour que les risques à court terme ne se matérialisent pas".

Les banques centrales souhaitent opérer la distinction entre la fourniture de liquidités (le problème majeur actuellement pour les banques) et la politique monétaire via les taux d'intérêt. Une baisse de ces derniers devrait être moins probable suite à cette opération. Selon la Banque de France, l'investissement pourrait faire les frais de la crise: en effet, près de 30% des banquiers annoncent un durcissement des conditions de prêt aux entreprises. Or, selon une enquête de l'Insee parue en octobre, 37% des industriels se heurtent à des capacités de production trop limitées, ce que les mesures envisagées par les banques ne vont pas faciliter. Selon Les Echos, au premier semestre, les entreprises ont pu financer seulement 53% de leurs investissement par l'autofinancement: il y a donc besoin d'accès au crédit.

13 décembre 2007

Les répercussions de la crise financière font plonger les places boursières

Douche froide à la Bourse de Paris. Le CAC 40 a clôturé en recul de 2,65%, une baisse jamais égalée depuis le 16 août dernier, en pleine déconvenue suite à l'apparition des dégâts causés par les subprimes. Les valeurs financières ont tiré l'indice à la baisse, tout comme les technologiques. Le Footsie-100 londonien cédait pour sa part 2,94%. Le Dow Jones et le Nasdaq ont pour leur part ouvert en baisse.

"La baisse des marchés actions mondiaux aujourd'hui souligne le fait que l'action des banques centrales mondiales ne pourra pas mettre fin au climat d'inquiétude et d'incertitude qui règne sur les marchés, et qui est la cause fondamentale de la réticence des institutions financières à se prêter de l'argent les unes aux autres", explique à l'AFP Derek Halpenny, économiste à la Bank of Tokyo-Mitsubishi. Une action concertée de cinq banquiers centraux a été engagée mardi afin d'apaiser les tensions en cours sur les marchés monétaires, sous forme d’un "term auction facility", un système d’enchères de liquidités impliquant toutes les banques centrales parties prenantes.

En parallèle, la BCE indique constater une hausse des risques pour la stabilité des marchés financiers. "En même temps, la hausse des leviers, dans le LBO notamment, augmente la probabilité d’un retournement dans le cycle de crédit, impliquant une augmentation des défauts de paiement. Les investisseurs non bancaires étaient clairement devenus dépendants des notations d’agences plutôt que de mener leurs propres vérifications. Quand la liquidité s’est évaporée pour les produits structurés complexes, les risques ont encore été aggravés", explique l'institution dirigée par Jean-Claude Trichet.

Le Fonds monétaire international est pour la première fois intervenu dans la crise ce jeudi en invitant les banques à faire peuve de davantage de transparence vis-à-vis de leur exposition aux subprimes. "Je veux souligner en particulier qu'une action rapide et volontaire pour régler les problèmes d'évaluation est déterminante pour faire avancer le règlement de cette crise", a indiqué le porte-parole Masood Ahmed. "Dans la mesure où les inquiétudes demeurent sur l'étendue de la détérioration du crédit, les opérations de liquidité des banques centrales, ne sont qu'une façon de régler les problèmes en cours sur les marchés financiers", a-t-il ajouté.

LIEN Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire

08 décembre 2007

Les dommages collatéraux de la crise des subprimes en ligne de mire

 

Jusqu'alors discret sur la question, George W.Bush est sorti de sa réserve pour présenter son plan en faveur des victimes de la crise des subprimes mortgage, les crédits hypothécaires à risque américains à l'origine de la crise financière estivale. La crise a été déclenchée, outre-Atlantique, par l'évolution défavorable des taux d'intérêt, les ménages américains s'endettant principalement à taux variables. Ils ne bénéficient cependant d'aucune protection en cas de remontée des taux, ce qui s'est produit. Les foyers ayant contracté des prêts à risques sont extrêmement sensibles aux variations des taux, car ils appartiennent à la frange percevant le moins de revenus et la plus endettée.

Les marchés ont réagi favorablement, jeudi soir, à l'annonce du plan présenté par l'administration Bush, bien que des craintes puissent survenir quant au fait que les mécanismes de marché se retrouvent ainsi grippés. Il s'agit de demander à l'ensemble du secteur de geler pour une période de cinq ans les taux d'intérêt sur certains pris souscrits entre le début de l'année 2005 et l'été dernier. Deux millions de foyers sont concernés par les taux variables, qui doivent être revus à la hausse dans les mois à venir, selon les analystes. Aucune intervention des pouvoirs publics ne devrait avoir lieu, "Qui va investir dans des obligations ou des titres si le gouvernement peut de façon arbitraire réduire des rendements garantis contractuellement ?", s'interroge dans le Wall Street Journal Martin Feldstein, ancien conseiller de Ronald Reagan.

Une enquête du FBI

La Fed pourrait abaisser ses taux directeurs le 11 décembre, une nouvelle diminution face à un possible ralentissement de la consommation. En l'espace d'un an, le prix des propriétés a chuté de 5%, mais le nombre de saisies immobilières a doublé. Le FBI et la Commission des titres financiers et des bourses cherchent par ailleurs à savoir de quelle manière des propriétés ont été délibérement surévaluées afin de faciliter l'octroi de prêts. L'enjeu est aussi de prouver comment des courtiers ont réussi à placer auprès de foyers modestes des crédits dont il ne les informaient pas que les taux remontaient de 30% à l'issue de la troisième année. Crédit vidéo: NYFP

27 novembre 2007

Richard Branson au secours de Northern Rock

L'injection de 24 millions de livres (33 millions d'euros) avait sauvé en septembre dernier Northern Rock de la déroute. Le geste du gouvernement britannique se devait d'être temporaire, sous forme d'avance, en attendant la manifestation d'éventuels repreneurs. L'établissement bancaire s'était retrouvé, le 9 septembre dernier, en incapacité de lever des fonds. Un mouvement de panique s'était répandu parmi les clients de la banque, et le Trésor avait du se porter garant du remboursement de leur épargne. La Commission européenne a par ailleurs fait savoir qu'elle rendra son avis sur la comptabilité avec les règles européennes "le plus vite possible", les aides au sauvetage devant se limiter à six mois.

Virgin, le conglomérat dirigé par Richard Branson, propose d'injecter 1,3 milliard de livres de capitaux frais (1,8 milliard d'euros) dans Northern Rock, et de procéder au remboursement de 11 des 24 millions de livres injectés en septembre par les autorités. "C'est une bonne nouvelle que Virgin propose de rembourser ce montant dès que l'opération sera bouclée. Je ne crois pas que les autres candidats proposaient mieux", a expliqué le secrétaire d'Etat britannique aux Entreprises, John Hutton. "Nous allons mener à bien cette opération sans coût supplémentaire pour le contribuable et nous allons offrir aux actionnaires la possibilité de participer à la croissance future de l'activité. L'offre mettra un terme à la réduction de l'activité et préservera des milliers d'emplois", a indiqué Richard Branson aux clients de l'établissement afin de les informer de sa proposition de reprise.

Northern Rock a fait office de victime collatérale de la crise des subprimes, car elle s'était propagée à la sphère financière mondiale, les établissements prêteurs ayanttransformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier. Une crise de confiance, pénalisant la chaîne des refinancements interbancaires, s'était ainsi instaurée.

LIEN Jusqu'à 2.000 milliards de dollars de pertes pour les banques

22 novembre 2007

Inquiétude sur les marchés mondiaux

 

"La principale question porte sur le comportement à venir des consommateurs américains, alors qu'ils représentent les deux tiers de la croissance du PIB. Que se passera-t-il si le secteur immobilier se dégrade davantage et si les ménages ne peuvent faire face à des conditions hypothécaires plus restrictives ? Et si le cours du pétrole se maintient au-dessus de 90 dollars, le budget essence viendra-t-il pénaliser les autres dépenses ?", explique aux Echos Sam Stovall, responsable de la stratégie actions chez Standard and Poor's. Le marché américain est en ligne de mire sur les marchés, avec les répercussions de la crise du subprime. L'OCDE a estimé à 300 millions de dollars les pertes liées à la crise du crédit hypothécaire aux Etats-Unis.

Le CAC 40 est passé hier sous la barre des 5.400 points, en baisse de 2,28%, Francfort a reculé de 1,5%, Londres de 2,5% et le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,62% La tourmente qui touche les places boursières n'est pas sans rappeler la crise financière de l'été, mais l'ampleur est moindre et les causes différentes. L'envolée des cours du pétrole constitue cette première variable: de 60 dollars en janvier, le WTI côté à New York est désormais positionné aux alentours des 95 dollars. L'approche de l'hiver dope le baril, également poussé à la hausse par la chute du dollar. Les banques centrales des pays exportateurs de pétrole gèrent différemment leurs réserves de changes depuis quelques années, et ne souhaitent plus détenir uniquement du dollar. Une partie des contrats pétroliers, libellés en dollars, est revendue pour acheter de l'euro et du yen, ce qui exerce une pression sur la devise américaine.

Parvenue lundi à 1,48 dollar pour un euro, la devise américaine est la seconde variable explicative de l'inquiétude qui règne. La Fed a indiqué mardi ne tabler sur une croissance comprise qu'entre 1,8 et 2,5% pour 2008, contre une fouchette de 2,5 à 2,75% initialement prévue. "Les consommateurs américains pourraient ressentir une réelle pression sur leur capacité à dépenser si le prix du pétrole reste durablement à un niveau élevé, si l'inflation progresse ou si les choses se gâtent côté emploi. [...] Wall Street s'attend à voir la Réserve fédérale continuer à baisser ses taux directeurs pour éviter un recul de la consommation. Mais les investisseurs craignent que les niveaux actuels du pétrole et du dollar alimentent l'inflation et donc obligent la Fed à stopper son assouplissement", indique Sam Stovall.

20 novembre 2007

Subprimes: jusqu'à 2.000 milliards de dollars de pertes pour les banques

Le Monde rapporte ce soir des données de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs sur les répercussions de la crise du subprime auprès des banques. Les banques pourraient, selon le rapport, perdre 2.000 milliards de dollars, soit plus que le PNB de l'Italie (1.724,9 milliards de dollars). Fin octobre, la Deutsche Bank estimait le préjudice à 400 milliards de dollars. Goldman Sachs s'appuie sur des scénarios catastrophes afin d'anticiper les possibles effets de cette crise qui émane des Etats-Unis. Moins une banque gagne de l'argent , moins elle en prête: à partir de ce raisonnement, un calcul a été établi, selon lequel un dollar perdu dans les crédits hypothécaire engendre la perte de dix dollars pour la promotion de nouveaux crédits.

Les répercussions de cette crise sont encore visibles dans l'économie américaine, comme le prouvent les chiffres du secteur immobilier. Le chiffre des permis de construire est emblêmatique de ce ralentissement: ils ont chuté de 6,6% en octobre à 1,178 million, en-deça du 1,2 million prévu. Les chiffres de mise en chantier de logements se situent à leur plus bas niveau depuis dix ans. Ils progressent de 3% par rapport à septembre, à 1,229 millions d'unités.

Les premières difficultés d’établissements spécialisés dans la distribution de crédits immobiliers à risque, les "subprime mortgage", sont apparues fin 2006. Après l’éclatement de la bulle Internet en 2000, la Fed a ramené par étape son taux d’intérêt directeur jusqu’à 1% en 2004, permettant à ces individus d’accéder plus facilement à la propriété, d’autant plus que les conditions de crédit s’étaient relâchées dans ces établissements. Les foyers ayant contracté ces prêts à risques sont très sensibles aux variations des taux. La remontée des taux de quatre points a étranglé ces ménages, ce qui a conduit à une explosion du nombre de défauts de paiement. Plusieurs banques spécialisées dans ce type de crédit ont été amenées au dépôt de bilan. La crise s'est propagée à la sphère financière mondiale, car ces établissements prêteurs avaient transformé leurs créances en obligations vendues à des invetsisseurs du monde entier.

LIEN Crise sur les marchés: récit d'une correction boursière

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